Musée Magnin

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Musée Magnin
Illustration.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Dijon
Adresse Hôtel Lantin
4 rue des Bons Enfants
21 000 Dijon
Coordonnées 47° 19′ 15″ N 5° 02′ 32″ E / 47.320967, 5.04226247° 19′ 15″ Nord 5° 02′ 32″ Est / 47.320967, 5.042262  
Informations générales
Date d’inauguration 1938
Nombre d’œuvres environ 2000
Informations visiteurs
Site web www.musee-magnin.fr

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Musée Magnin

Le Musée Magnin est un musée national situé à Dijon, en Bourgogne. Il présente une collection d'environ 2 000 œuvres d'art réunies au cours de leur vie par deux amateurs d'art, Maurice Magnin et sa sœur Jeanne.

Cour du Musée

Historique[modifier | modifier le code]

Une fratrie de collectionneurs[modifier | modifier le code]

Le Musée national Magnin, situé à Dijon, en Bourgogne, présente la collection de plus de 2 000 œuvres d'art réunies par Maurice Magnin (1861-1939), conseiller maître à la cour des comptes, passionné de peinture, et sa sœur Jeanne Magnin (1855-1937), peintre amateur et critique d’art.

Ces deux collectionneurs constituèrent, entre 1881 et 1935, une collection formée essentiellement en vente publique. Ils eurent le souci d’évoquer les différentes tendances artistiques en France et à l’étranger et ont acquis des œuvres peu convoitées ou peu connues, comme le soulignait[Où ?] Jean-Gabriel Goulinat, leur ami et restaurateur de peintures au musée du Louvre. Les Magnin léguèrent leur collection à l’État en 1938. Sans doute l’exemple de certaines donations antérieures, qui avaient permis la création de musées, comme Jacquemart-André à Paris (legs de 1912) ou Bonnat à Bayonne (legs de 1922), a pu les inciter à ce choix.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Les Magnin choisirent de présenter leur collection dans l'Hôtel Lantin, un hôtel particulier du XVIIe siècle à Dijon. L'hôtel passa en différentes mains, puis fut acquis en 1829 par Jean-Hugues Magnin, le grand-père des collectionneurs. Une transformation importante, mais réalisée avec un souci d'unité, fut l'adjonction en 1851 d'un étage aux écuries situées au fond de la cour.

Transmis à Joseph Magnin, qui habita cet hôtel, le bâtiment fut ensuite la propriété de son fils Maurice. Celui-ci confia l'aménagement des anciens communs à Auguste Perret, qui y travailla en 1930-1931. Il concilia l'utilisation du béton armé avec l'architecture classique de l'hôtel, en particulier dans la galerie zénithale. Dans le reste du bâtiment, le musée a gardé selon les vœux des collectionneurs son esprit de cabinet d’amateur et de demeure habitée.

Dans les collections on trouve des objets d'art, des peintures, des dessins et estampes, présentés dans les pièces de l'hôtel Lantin dans l'esprit d'un cabinet d’amateur et d'une demeure habitée, comme le souhaitaient les Magnins.

Collections[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Les Magnins tenaient à une présentation traditionnelle : dense et par « écoles ».

La visite débute par les salles consacrées aux écoles du Nord. Des peintures flamandes du XVIe et du début du XVIIe siècle, encore souvent anonymes, émergent les paysages de Pieter Brueghel le Jeune, Paul Bril et Tobias Verhaecht. À l'exception des marines, tous les genres et styles de la peinture flamande et surtout hollandaise du XVIIe siècle sont présents. Le paysage est classicisant chez Jan Weenix et Frans Van Bloemen, baroquisant chez Jacques d'Artois, italianisant chez Frederik de Moucheron et échappe à toute convention dans un suggestif paysage orageux de Reynier van der Laeck. Le portrait est servi par Nicolas Maes, Abraham van den Tempel et surtout Bartholomeus van der Helst, les figures par Jacob Jordaens et Hendrick Bloemaert.

Représentant de l'école d'Utrecht, Jan van Bijlert s'illustre dans une importante composition mythologique aux accents religieux. On trouve encore Pieter Lastman, maître de Rembrandt, et Gérard de Lairesse, chantre du classicisme au seuil du XVIIIe siècle.

Les 170 peintures italiennes du musée appartiennent pour l'essentiel à une période allant de la Haute Renaissance au XVIIIe siècle. Parmi les exceptions figure une Vierge à l'Enfant du Maître de San Torpè (Pise, vers 1310). Pour le XVIe siècle, un Christ et la femme adultère du bergamasque et vénitien Giovanni Cariani fait face à une Suzanne et les vieillards d'Alessandro Allori, élève de Bronzino. Le maniérisme appuyé de Ferraù Fenzoni, peintre de Faenza, contraste avec celui, tardif et tempéré, du lombard Giovanni Battista Crespi.

Au XVIIe siècle, le florentin Carlo Dolci manifeste un extrême raffinement, alors que le Portrait de Giovanni Donato Correggio en Persée, livré par Bernardo Strozzi donne dans une théâtralité toute vénitienne. Une dramatique Pietà de Giovanni Stefano Danedi (il Montalto) est typique du clair-obscur lombard. Les paysages de Pietro Paolo Bonzi et Giovanni Francesco Grimaldi témoignent chacun à leur manière du rôle précurseur d'Annibal Carrache à Bologne.

Pour Rome, Pietro Bianchi laisse un modello à la figure de Christ. La clarté et l'élégance de la peinture parisienne du milieu du siècle a déteint sur la manière de Giovanni Francesco Romanelli. Pour le XVIIIe siècle, Venise (Giovanni Antonio Pellegrini, Giambattista Tiepolo, Giovanni Battista Crosato) et Naples (Giacomo del Po, Corrado Giaquinto, Gaspare Traversi) constituent les temps forts de la collection. Grâce à leur indépendance de goût, les Magnin surent rassembler également des peintres rares dans les musées français : Benedetto Zalone, Claudio Ridolfi ou Jacopo Bertoja.

Avec 650 pièces, l'école française représente la moitié de la collection de peintures. Les années 1630-1650 sont un domaine d'excellence. Le XIXe siècle se signale par de nombreux petits formats, œuvres intimistes et attachantes ou d'artistes aujourd'hui recherchés des amateurs.

Des années 1630 datent un portrait d'homme attribué à Philippe de Champaigne jeune et deux compositions historiques de Claude Vignon encore réminiscentes de l'École de Fontainebleau. Les Magnin ont constitué un ensemble quantitativement restreint mais qualitativement exceptionnel d'œuvres du temps de Mazarin. Les peintures d'Eustache Le Sueur, Laurent de La Hyre, Sébastien Bourdon au premier chef, et de Michel Dorigny, Lubin Baugin, Charles-Alphonse Dufresnoy ont été qualifiées au XXe siècle d'atticisme parisien : compositions équilibrées, couleurs claires, expression pondérée sont quelques caractéristiques qui ont fait songer à la langue pure, élégante et délicate des écrivains de l'antique Athènes. Deux peintures de premier plan des années 1670 complètent cet ensemble : Le Sermon sur la montagne de Jean-Baptiste de Champaigne et le Portrait de la fille de l'artiste peignant son frère de Claude Lefebvre.

À l'exception de l'autoportrait rembranesque d'Alexis Grimou, le début du XVIIIe siècle français est évoqué par des élèves de Charles Le Brun : Charles de La Fosse, Louis de Silvestre et Patel le jeune pour le paysage classique. Le goût des Magnin pour l'esquisse se manifeste avec des œuvres de Hyacinthe Collin de Vermont, Jacques-François Amand, le baroquisant Michel-François Dandré-Bardon et pour le renouveau du classicisme par Gabriel-François Doyen, Guillaume Lethière, François-Xavier Fabre, Antoine-Jean Gros et Philippe Chéry (Portrait de femme en grand chapeau sur fond de parc).

Les Magnin se sont également beaucoup intéressés au paysage, d'abord au XVIIIe siècle avec les nocturnes de Simon Lantara et l'anonyme Effet de soir tombant, puis aux abords de 1800 avec de petites peintures de Georges Michel, Lazare Bruandet et de rarissimes Anne-Louis Girodet. Au XIXe siècle, les paysages classicisants de Joseph Bidauld et Jean-Victor Bertin précèdent un Constant Troyon. Aux courants novateurs tels que Barbizon et a fortiori l'impressionnisme, les Magnin ont préféré les noms moins attendus de Nicolas-François Chifflart, Jean-Michel Grobon, Achille Benouville, Prosper Marilhat, Hippolyte Margottet et surtout Jules Bastien-Lepage qui, en 1881, se distingue par une nocturne proche de Whistler.

Le portrait est un autre point fort de la collection. Parmi les plus remarquables, l'homme au turban de Pierre-Narcisse Guérin fait face à La Sultane attribuée à Claude Marie Dubufe. Plusieurs portraits de la Restauration en quête d'attribution, dont la Jeune fille au collier de jais, côtoient les représentations intimistes de Jean-Louis Hamon, Louis-Léopold Boilly ou l'autoportrait romantique d'Ary Scheffer. Les Magnin ont cherché des portraits d'expression, y compris chez des artistes qui ont donné dans la mondanité comme Gustave Jacquet et Emile-Auguste Carolus-Duran. Ils les ont également trouvés dans les portraits d'intimes, tel celui que Jules-Elie Delaunay fit du peintre Auguste Toulmouche, Martin Drölling de sa fille ou Joseph-Désiré Court de sa femme.

Typiques d'une collection privée, les œuvres intimistes des années 1830 de François-Marius Granet, Etienne Bouhot, Jean-François Dunant et Jean-Pierre Franque sont contemporaines de l'esprit romantique de Théodore Géricault, Paul Delaroche, Alexandre-Evariste Fragonard et Eugène Devéria. Des œuvres ingresques de Jules Ziegler ou Amaury-Duval témoignent de l'éclectisme des Magnin. L'orientalisme qui traverse tout le XIXe siècle est à nouveau honoré par de petites toiles dues à Narcisse Berchère, Adrien Dauzats, Léon Belly, Horace Vernet et Félix Ziem.

Si la collection est dispersée, les Magnin ont voulu redécouvrir des artistes en leur temps oubliés comme Anne-Louis Girodet et Charles Meynier, en acquérant plusieurs de leurs œuvres. Les deux collectionneurs n'ont par ailleurs pas oublié leur origine bourguignonne et plus ancienne franc-comtoise lorsqu'ils ont choisi Bénigne Gagneraux, Jean-François-Gilles Colson, Jean-Claude Naigeon ou Faustin Besson et Jean Gigoux.

Objets d'art et arts graphiques[modifier | modifier le code]

Le musée Magnin n’est pas seulement consacré aux peintures. Il rassemble également plus de 600 dessins. On retiendra parmi les Britanniques un dessin préparatoire de David Wilkie, réalisé durant son Grand Tour. Le domaine nordique s'étend jusqu'à la période belge, avec des feuilles de Joseph Dromsius Odevaere, François Joseph Navez et Jacob Hendricus Maris. Chez les Italiens, une vigoureuse figure pour un décor du Cavalier d'Arpin au palais des conservateurs, deux exemples du portraitiste Ottavio Leoni, une Fuite en Égypte du napolitain Belisario Corenzio ainsi qu'une feuille d'étude du siennois Alessandro Casolani comptent parmi les feuilles les plus importantes.

La partie française est de loin la plus riche. Le XVIIe siècle comprend notamment une bataille typique de Jacques Courtois, des feuilles de Raymond de La Fage, artiste qui se consacra exclusivement aux arts graphiques. Le XVIIIe siècle est plus présent qu'en peinture, avec par exemple deux œuvres tardives et atypiques de Jean-Baptiste Greuze et François Boucher, des études de Charles Joseph Natoire, Jean-Baptiste Oudry, Carle van Loo, Gabriel François Doyen et Jean-Jacques de Boissieu.

Le néo-classicisme autour de 1800 est un point fort de la collection : l'étude de draperie de Jacques Louis David côtoie des œuvres de Jean Simon Berthélemy, Jean Germain Drouais, Jean Michel Moreau et Charles Meynier. Comme en peinture, le portrait est bien représenté (Claude Hoin, Jean-Baptiste Wicar), de même que le paysage, depuis les compositions fantaisistes du XVIIIe siècle (Joseph Marie Vien, Georges François Blondel, Nicolas Charles de Silvestre) jusqu'aux accents plus réalistes de Ferdinand Bourjot, Eugène Cicéri, Antoine Vollon et Jules Romain Joyant. Les années romantiques sont tout aussi honorées, avec les feuilles d'Eugène Isabey, Camille Roqueplan, Alexandre Evariste Fragonard mais aussi Théodore Géricault et Eugène Delacroix.

Les Magnin ont également acquis quelques dizaines de terres cuites qui souvent confirment dans le modelage leur goût de l'esquisse en peinture. Le modelé ferme des Quatre parties du Monde trahit la main du sculpteur baroque Jan Pieter van Baurscheit. Mentionnons également un bas-relief original de Jean-Pierre Dantan le jeune, des masques de Jean Falguière et surtout une rare esquisse à mi-chemin entre romantisme et symbolisme d'Augustin Préault.

Installés par les Magnin pour l'agrément du visiteur, les meubles sont, par leur intégration à la muséographie, particulièrement mis en valeur : secrétaire en laque de Coromandel d'Adrien Jérôme Jollain, commode en arbalète de Jacques Philippe Carel, table en cabaret de Jean-Pierre Dusautoy. Mais comme dans le reste de la collection, ce ne sont souvent pas les noms prestigieux qui sont ici les plus remarqués. Le visiteur s'attarde volontiers devant les meubles féminins billet-doux d'époque Restauration ou bonheur-du-jour Napoléon III. Le plus rare est le secrétaire à double pente pour jeunes filles estampillé Bon Durand (maître en 1761) exposé dans la chambre.

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • A. Brejon de Lavergnée, Catalogue des tableaux et dessins italiens (XVe et XIXe siècles), Paris, 1980
  • Les Peintures françaises, catalogue sommaire illustré, Dijon musée Magnin, préface d'Emmanuel Starcky, avec la participation d'Hélène Isnard, Paris 2000

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]