Années 1650

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Événements[modifier | modifier le code]

Cette carte montrant l'extension théorique de l'empire espagnol dans les années 1650 illustre le méridien défini lors du traité de Tordesillas; à l'est se trouve la zone terrestre dévolue à l'empire colonial portugais (carte).
En rouge, le vice-royaume du Pérou.


Personnalités significatives[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

  • 1649-1654 : le pape Innocent X réforme le clergé régulier. Il entreprend de le recenser et compte 70 000 religieux répartis dans 6 238 couvents (les Célestins, les Chartreux et Cisterciens échappent à ce recensement). Les congrégation issues de la Contre-Réforme (Barnabites, Somasques, Théatins, Jésuites) regroupent 5 000 religieux, les ordres mendiants 60 000 moines (34 000 Franciscains). La réforme doit supprimer 1 513 couvents, les plus petits et les plus pauvres. Nombres de moines, chassés de leur couvent, ne sont pas acceptés par les nouveaux établissements car leurs revenus sont trop faibles. Jetés à la rue, ils se transforment souvent en mendiants et en pillards, suscitant crises et troubles. Devant les protestations, Rome revient sur sa décision. La fermeture des couvents doit dépendre désormais d’une enquête locale qui décide de la viabilité des établissements. Quelques années plus tard, près de 40 % des couvents supprimés sont rétablis.
  • 1651-1654 : Le prédicateur cabaliste séfarade Shabbetaï Zevi est chassé par les rabbins de la communauté de Smyrne pour ses entorses à la Loi. Dépressif, il se dit poursuivit par des démons. Il erre à travers la Grèce et la Thrace, épouse un rouleau de Torah à Salonique d’où il est chassé, proclame l’abolition des commandements à Constantinople, visite les Lieux saint (1662), puis vit au Caire où il épouse une prostituée ashkénaze du nom de Sara. En avril 1665, il se rend à Gaza pour rencontrer Nathan Benjamin Levi, dit Nathan de Gaza, qui le reconnaît comme le Messie. Shabbetaï Zevi, d’abord sceptique, déclare publiquement être le Messie le .
  • 1654 :
    • Réforme catholique en Autriche.
    • Le Commonwealth d'Angleterre met en place une Église d’État, hostile aux anglicans et aux catholiques, mais tolérante aux sectes qui admettent les idées puritaines. Cette progression du protestantisme intransigeant à favorise l’alphabétisation et l’éducation de la population.
  • 1656 : condamnation du Jansénisme par l'Assemblée du clergé de France.


  • Fondation de la secte des Quakers par George Fox, animée d’un esprit profondément égalitaire et hostiles à tout dogmatisme. Ils veulent atteindre Dieu par une illumination intérieure mystique.
  • La Pologne compte 270 églises protestantes en 1650 (560 en 1572). Les Luthériens, essentiellement des Allemands, se maintiennent dans les villes de la Prusse royale comme Danzig ou Elbag, tandis que les calvinistes sont présents dans une centaine de paroisses en Lituanie.
  • De 1651 à 1673, les trois tribunaux de l'Inquisition du Portugal condamnent 184 victimes à être « relaxées » (remises dans les mains du pouvoir séculier pour leur exécution) en personne, 59 en effigie et 4793 à faire pénitence (baisse de deux tiers de la moyenne annuelle par rapport à la période précédente).
  • Inde : le fils de Shah Jahan, Dârâ Shukûh, est l’auteur d’un traité dans lequel il cherche à démontrer la convergence du soufisme et de l’hindouisme.

Art et culture[modifier | modifier le code]


Économie et société[modifier | modifier le code]

  • 1647-1652 : épidémie de peste en Espagne[1].
  • 1649-1652 : mauvaises récoltes en Scandinavie.
  • 1651 - 1686 : radoucissement du climat et vendanges précoces ou moyenne en France, excepté 1672-1675)[2].
  • 1650-1730 : « Disette monétaire » en Europe due à une chute brutale des arrivées de métaux précieux du Nouveau Monde vers l'Espagne (4 millions de piastres par an, puis 1,1 million à partir de 1660). 45 tonnes d’équivalent argent sont envoyées d’Amérique vers l’Espagne en 1650.
  • 1652 :
  • 1653-1655 : peste et famine en Irlande.
  • 1654 : introduction de la pomme de terre en Hongrie.
  • 1655 :
  • 1656 - 1658 : peste en Italie : Lente remontée démographique en Italie après la peste (explosion des mariages, reprise de la natalité). Les régions de latifundia (Pouilles, Latium du Nord, Maremme toscane) à forte natalité comblent leurs pertes en 30-40 ans, les régions de petites propriétés (Campanie) plus lentement.
  • 1655 :
    • Crise monétaire en Suède due à l’adoption du cuivre comme étalon monétaire (les pièces deviennent énormes). Fondation de la banque de Stockholm par Johan Palmstruch.
    • Crise monétaire en Russie. Le gouvernement décide de frapper des roubles de cuivre pour remplacer, avec un cours égal, les roubles d’argent (5 millions de roubles de cuivre frappés en 5 ans).
  • 1657 : le déficit budgétaire en Angleterre atteint 1,2 million de £.
  • 1659 : 300 000 émigrants portugais au Brésil depuis 1580.


  • Le commerce hanséatique, qui représentait les 3/4 du trafic avec la Baltique et la Norvège en 1620, ne correspond plus qu’au tiers sous l’effet de la concurrence hollandaise.
  • À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, les Habsbourg interviendront plus fréquemment dans leur possessions afin de protéger les paysans des excès du système seigneurial, et ainsi augmenter la rentabilité de la terre selon les données du mercantilisme. Malgré cela, la corvée est maintenue, y compris pour la construction de « châteaux baroques » à la campagne, alors à la mode. L’élevage se trouve entre les mains du seigneur qui importe des bêtes de race suisse et hollandaise et le pratique de façon intensive. Les forêts sont souvent des propriétés ecclésiastiques et l’on en commence l’exploitation systématique : celles du Wienerwald, possessions du souverain, servent à la construction de bateaux et de voitures.
  • En Bohême, les corvées atteignent 150 journées par an dans les années 1650-1660.
  • Plus de 200 000 luthériens sont expulsés de Bohême après 1650.
  • La baisse de la natalité en Angleterre provoque une augmentation des salaires réels. Les progrès techniques agricoles entraînent une amélioration du rendement. Un élargissement du marché économique s’amorce. Le commerce de détail se développe rapidement.
  • Les Néerlandais contrôlent 80 % du commerce de la laine espagnole. Les échanges avec la France (vin de Bordeaux notamment) dépassent 36 millions de livres.
  • Les Hollandais pratiquent une agriculture de plus en plus intensive (abandon de la jachère, assolements, amendements, engrais obtenus par l’augmentation de l’élevage, remembrements).
  • L’État suédois, appauvri par les guerres, se trouve dans l’obligation d’aliéner les terres de la couronne qui passent à la noblesse. Les propriétés de la noblesse suédoise s’étendent alors sur 72 % des terres (22 % en 1550, 30 % en 1700).
  • La noblesse danoise possède 44 % des terres (75 % à la fin du XVIIIe siècle).
  • Essor de Hambourg.
  • Dantzig exporte 250 000 tonnes de céréales en 1649 (40 000 tonnes en 1740).
  • En France, Colbert organise rationnellement la production nationale sous contrôle de l'État.


  • Grève des transporteurs du sel de New York. Ils sont traduits en justice[3].
  • Début de l'industrie sucrière dans les Antilles françaises.
  • 7500 esclaves noirs par an en moyenne entrent au Brésil de 1650 à 1700.
  • Épidémie de variole en Amérique du Nord : Un Hollandais parcourant la Nouvelle-Néerlande rapporte en 1656 que les Indiens affirment qu’avant l’arrivée des chrétiens et avant que la variole ne se propage chez eux, ils étaient dix fois plus nombreux. Les Indiens Wampanoag de Martha's Vineyard, épargnés par la guerre, qui étaient peut-être trois mille à l’arrivée des Anglais en 1642, ne seront plus que 313 en 1764. Ceux de Block Island, qui sont de 1200 à 1500 en 1662, ne seront plus que 51 en 1774.

Démographie[modifier | modifier le code]

  • L’Italie compte 11,5 millions d’habitants vers 1650-1660. La Plaine du a perdu plus de 22 % de sa population depuis 1600. Les pestes ont ponctionné de 10 à 15 % de la population. Les villes plutôt que les campagnes semblent avoir davantage souffert, notamment à Venise.
  • Au milieu du siècle, Alger compte 150 000 habitants, dont 15 000 vieux Algérois, 40 000 renégats, 25 000 Morisques, 10 000 Levantins, 5 000 Turcs, de 5 000 à 6 000 Juifs, 3 000 Noirs et plus de 35 000 esclaves chrétiens. On y parle le turc, l’arabe, le berbère et la « lingua franca », formée du mélange de plusieurs langues.
  • Potosi compte 160 000 habitants.
  • Istanbul compte de 7 à 800 000 habitants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raphaël Carrasco, L'Espagne des validos : 1598-1645, Presses Univ. du Mirail,‎ 2009 (ISBN 9782810700530, présentation en ligne)
  2. Emmanuel Leroy-Ladurie, Histoire du climat depuis l’An Mil, vol. 1, Flammarion,‎ 1983 (ISBN 9782080811080), p. 71
  3. Howard Zinn, A people's history of the United States : 1492-present, Pearson Education,‎ 2003 (ISBN 9780582772830, présentation en ligne)