Jean-Joseph Mouret

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Jean-Joseph Mouret

Naissance
Avignon, Vaucluse,
Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Décès (à 56 ans)
Charenton,
Val-de-Marne,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Compositeur
Style Musique baroque
Années d'activité 1707 - 1733

Œuvres principales

Jean-Joseph Mouret, né à Avignon (Vaucluse) le et mort à Charenton le , est un musicien et compositeur français.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Il est fils d'un marchand de soie qui lui fait donner une bonne éducation et, constatant ses dons précoces pour la musique, favorise ce choix. Il chante avec talent, commence à composer avec réussite et, vers l'âge de vingt-cinq ans, vient s'établir à Paris. Il ne tarde pas à se faire connaître et parvient à entrer en contact en 1708 avec Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine, aidé en cela par son caractère agréable. Sa carrière s'amorce sous ces auspices favorables et il devient Surintendant de la musique à la cour de Sceaux, participant aux salons littéraires et aux fêtes des Grandes Nuits de Sceaux, qu'elle donne dans son château de Sceaux, entourée de ses Chevaliers de la Mouche à Miel. Il sera au service du Duc et de la Duchesse jusqu'en 1736, tout en travaillant indépendamment à Paris. Il commença par être embauché par le Louis-Auguste de Bourbon (1670-1736), duc du Maine pour apprendre la musique à ses enfants survivants : Louis Auguste II de Bourbon (1700-1755), Prince des Dombes, joua du basson et deviendra même un musicien réputé au sein des spectacles que Madame de Pompadour donnaient dans son Théâtre des Petits Appartements de Versailles; Louis Charles de Bourbon (1701-1775) comte d'Eu, jouait du violon ; Louise-Françoise de Bourbon dite Mademoiselle du Maine (1707-1743) qui jouait du clavecin et chantait.

Il se marie et a une fille unique. Il collabore à l'Académie royale de Musique, ainsi qu'à la Comédie-Italienne, puis assume le poste de directeur du Concert Spirituel, ce qui lui procure l'aisance. Cependant, la fin de sa vie est assombrie par des déboires : il est atteint par la déchéance et la folie. Il finit pauvrement son existence dans l'Asile de Charenton en 1738.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Musique dramatique[modifier | modifier le code]

Académie royale de musique[modifier | modifier le code]

Titre Genre Librettiste Date de création
Les Fêtes de Thalie Ballet - Prologue et 3 entrées Joseph de La Font Août 1714
« La Critique des Fêtes de Thalie » Entrée ajoutée aux Fêtes de Thalie Joseph de La Font 9 octobre 1714
« La Veuve coquette » Entrée ajoutée aux Fêtes de Thalie Joseph de La Font 12 mars 1715
« La Provençale » Entrée ajoutée aux Fêtes de Thalie Joseph de La Font 17 septembre 1722
Ariane Tragédie en musique - Prologue et 5 actes Pierre-Charles Roy

François-Joseph de Lagrange-Chancel

6 avril 1717
Pirithoüs Tragédie en musique - Prologue et 5 actes Jean-Louis-Ignace de La Serre 26 janvier 1723
Les Amours des dieux Ballet héroïque - Prologue et 4 entrées Louis Fuzelier 14 septembre 1727
Le Triomphe des sens Ballet héroïque - Prologue et 5 entrées Pierre-Charles Roy 5 juin 1732
Les Grâces Ballet héroïque - Prologue et 3 entrées Pierre-Charles Roy 5 mai 1735
Le Temple de Gnide Divertissement en un acte Pierre-Charles Roy et Bellis 7 novembre 1741
Les Amours de Ragonde Opéra en 3 actes Philippe Néricault Destouches 30 janvier 1742

Comédie Italienne[modifier | modifier le code]

Compositeur attitré du Nouveau Théâtre Italien, Mouret compose de 1718 à 1737 la plupart des divertissements musicaux des comédies représentées sur ce théâtre. La musique (danse, airs et vaudevilles) est conservée dans les six Recueils de divertissements du Nouveau Théâtre Italien.

Comédie-Française[modifier | modifier le code]

  • Pan et Doris, pastorale héroïque (1729)

Autres scènes[modifier | modifier le code]

  • Les Amours de Ragonde (1714), Château de Sceaux, XIIIe Grande Nuit.
  • L'Impromptu de Villers-Cotterets (1722), paroles de Dufresny.

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • Airs sérieux et à boire : 3 livres (1719-1727)
  • Didon, cantate française (1718)
  • Cantates françaises à voix seule avec symphonie (1729) : « Andromède et Persée », « L'Absence », « La Naissance du bal », « L'Heureux hasard ».
  • Recueil de neuf Cantatilles : « Hymne à l'amour », « Eglé », « Léda », « Echo », « Le Raccommodement », « L'Amour vainqueur », « Thétis », « Epithalame », « L'Amour et l'Hymen ».
  • Cantatilles manuscrites : « L'Eté », « Amour, tout l'univers ».

Musique instrumentale[modifier | modifier le code]

  • Sonates à deux flûtes traversières (1725) : 6 sonates.
  • Fanfares pour des trompettes, timbales, violons et hautbois avec une suite de symphonies mêlées de cors de chasse (1729)
    • « Première suite » : (Rondeau), Gracieusement sans lenteur, (Gavotte), Gai (Gigue). Exécutée en 1729 au Concert Spirituel dont Jean-Joseph Mouret est directeur, et dédiée au fils de la duchesse du Maine, le prince des Dombes.
    • « Seconde suite » : Air ou Prélude, Allegro, Gracieusement I et II, Gavottes I et II, Fanfare, Air, Menuets I et II. Exécutée en 1729 à l'Hôtel de ville de Paris en présence du roi Louis XV.
  • Concert de chambre à deux et trois parties, Premier livre (1734) :
    • « Premier concert » : Ouverture, Vénitienne, Air, Rondeau, Passepieds I et II, Sarabande, Tambourins I et II, Chaconne.
    • « Airs à danser » : Entrée, Air en chaconne, Air de paysan, Menuet, Carillon, Rondeau, Passepieds I et II, Gigue, Cotillon.
  • Concert de chambre à deux et trois parties, Second livre (1738) : Second concert (Ouverture, Air, Fantaisie, Menuets I et II, Loure, Airs I et II, Airs pastoraux I et II, Rondeau, Chaconne).

Musique religieuse[modifier | modifier le code]

Dix Motets à une et deux voix avec symphonie, chantés au Concert Spirituel du château des Tuileries (1742).

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Dans le parc de Sceaux, près du Pavillon de l'Aurore sur une colonne de pierre est posée une plaque de marbre sur laquelle est inscrit :

" À
Jean-Joseph Mouret
1682-1738
Musicien provençal
surintendant des fêtes
de la Cour de Sceaux"

Galerie[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Les Amours de Ragonde, Marc Minkowski (dir.) et Les Musiciens du Louvre, Erato, 1992.
  • Divertissements pour les comédies de Marivaux, La Compagnie Baroque Michel Verschaeve, Assai, 1999.
  • Cantate « Andromède et Persée » dans Un Concert en Nouvelle-France, L'Ensemble Arion, CBC Records, 1995.
  • Motet « Usquequo Domine » dans The Concert Spirituel, Ensemble Battistin, ABC Classics, 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Évrard Titon du Tillet, Le Parnasse François, « CCLXXIV. Jean-Joseph Mouret », Paris, J.-B. Coignard Fils, 1732, pp. 703-706.
  • Renée Viollier, Jean-Joseph Mouret. Le musicien des grâces, Paris, Floury, 1950 [Genève, Minkoff Reprints, 1976].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]