Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en -122)

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Gnaeus Domitius Ahenobarbus encore nommé Cnaeus Ahénobarbus ou Cnaeus Barbe d'Airain, est un magistrat romain issu de la gens militaire des Domitii. Ce consul plébéïen élu en 122 av. J.-C., né avant 160 av. J.-C. dans une famille de militaires fait preuve de fortes compétences militaires en contribuant à la conquête de la Gaule transalpine. Nommé proconsul de cette province, le quadragénaire expérimenté s'affirme en pacificateur et constructeur de voies romaines, la célèbre via Domitia.

Consuls romains en guerre[modifier | modifier le code]

Caius Sextius Calvinus a enclenché un processus de conquête lors de son consulat puis de colonisation militaire de la Gaule au-delà des Alpes en détruisant la confédération salyenne et sa capitale Entremont, en remplaçant celle-ci par la colonie romaine Aquae Sextiae ou Aix-en-Provence en 122 av. J.-C. Mais des fuyards salyens ont remonté le Rhône et alerté les principaux peuples hégémoniques :

  • rive droite du Rhône, les puissants Arvernes menés par le roi Bituitos au faîte de sa gloire imposant sa protection et son tribut sécuritaire à tout le centre de la Gaule celtique.
  • rive gauche du Rhône, les Allobroges hégémoniques dans les Alpes du Nord, soit la Savoie et le Dauphiné actuels.

Ces deux grands peuples et leurs alliés gaulois se préparent à une terrible guerre punitive. Les Romains bénéficient de renseignements gaulois venant de groupes dominés qui indiquent une probable descente le long du Rhône afin d'y mener une expédition punitive au début de l'année 121 av. J.-C.. La peur d'une vaste coalition inquiète les chefs romains, un revers militaire réduirait à néant la première colonisation amorcée par Sextius Calvinus. Il convient donc d'agir fermement en combattant séparément les deux peuples qui entretiennent heureusement des relations distantes.

Aidé du second consul Quintus Fabius Maximus, Domitius Ahenobarbus intervient dès le printemps avec des renforts. Tout est calme en mars mais il faut être prêt à résister à une attaque gauloise venue du nord qui menacerait les nouveaux établissements romains. Trop prompts au combat, les Arvernes ont dévalé la vallée du Rhône. Les légions romaines commandées par Domitius se portent à leur rencontre et les arrêtent dans un bain de sang à la confluence de la Sorgue et du Rhône (Mourre de Sève ?). La victoire est complète et la seconde armée, commandée par Quintus Fabius, prend le relais en remontant la vallée du Rhône.

Domitius, informé de la progression de Fabius vers le nord, préfère ne pas dégarnir ses propres forces pour contrer le cas échéant quelques tribus celto-ligures qui étaient alliées des Salyens. Mais les Salyens qui se sont repliés vers le nord dans les Alpes provençales semblent y avoir laissé une réputation exécrable. Rassurées, les légions de Domitius peuvent appuyer la progression de l'armée de Fabius.

Commandés par le roi Bituitos, les Arvernes surgissent en août devant l'armée de Quintus Fabius au confluent de l'Isère et du Rhône. À marche forcée, Domitius rejoint le théâtre de la bataille et permet l'assaut victorieux. La cinglante défaite de la coalition des Arvernes de Bituitos, fait prisonnier, signe la fin de l'imperium arverne sur les peuples du centre de la Gaule. La conquête romaine se poursuit au-delà de Vienne jusqu'au confluent du Rhône et de la Saône.

Les négociations de paix attribuent aux Allobroges le statut de tribu cliente et la défaite arverne incite les tribus gauloises qui se trouvaient sous l'autorité de Bituitos à s'émanciper.

Proconsul en Gaule transalpine[modifier | modifier le code]

À la fin de son mandat, un petit sixième du territoire gaulois, compris entre les terres d'Ibérie romaine (l'Espagne) et la Gaule cisalpine (l'Italie) tombe théoriquement sous la coupe de Rome : cette Provincia Romana se nomme d'abord Gaule transalpine.

Le sénat romain nomme en 120 av. J.-C. Gnaeus Domitius Ahenobarbus proconsul en Gaule transalpine. Il doit réaliser une voie militaire de la Gaule cisalpine vers l'Ibérie romaine tout en continuant la colonisation et la pacification de ce territoire à riche potentiel. Voilà Cnaeus promu pacificateur à quarante ans, accompagné d'une foule d'arpenteurs, de géomètres, d'ingénieurs constructeurs de voie et d'architectes qui repart en campagne avec ses légions.

Le choix de la voie en construction privilégie la sécurité et la facilité de transport. Cnaeus retrouve le chemin emprunté en 218 av. J.-C. par Hannibal et son armée de 60000 hommes et de 37 éléphants. Les peuples celto-ligures verrouillent encore les contreforts enclavés des Alpes maritimes. Les laisser en paix est un gage de succès. De Turin la voie gagne le col du Montgenèvre nommé Summae Alpes, puis emprunte la vallée de la Durance par Gap, Sisteron, franchit le Rhône à hauteur de Nîmes, traverse la plaine du Languedoc et atteint le col du Perthus nommé Summum Pyrenaeum[1].

Domitius au cours de son long labeur terminé en 117 av. J.-C. ne trouve plus de résistance de la part des chefs de tribus locaux. Ils négocient des avantages ou proposent des esclaves pour les lourdes tâches que supervisent les légions et les ingénieurs. Il s'agit de minimiser le nombre d'ouvrages d'art, de passer à gué et de sécuriser la voie, construite en revêtement dur, mais non dallée hormis dans les rares villes, sommairement par des castra dans un premier temps. Plusieurs jalons sont réalisés simultanément dans un climat de paix. Cnaeus a ainsi décidé de la construction de castra protecteur et relais importants ainsi que des colonies romaines, dont la plus connue est Narbonne.

Le sénat donne à la voie le nom d'honneur de la famille du constructeur : c'est la Via Domitia ou Voie Domitienne. Gnaeus Domitius Ahenobarbus reste encore en Gaule transalpine deux années après son labeur avant de rejoindre Rome.

En 115 av. J.-C., il est nommé censeur.

Fondateur de Narbonne[modifier | modifier le code]

En 118 av. J.-C., il décide de créer une colonie romaine à mi-distance des deux massifs montagneux qui porte en germe le statut de capitale de Provincia. Elle porte le nom de Colonia Narbo Martius :

  • Narbo est le toponyme local, désignant le fleuve
  • Martius, le dieu romain de la guerre Mars que la colonie doit vénérer à l'instar du peuple romain.

Elle est située le long de l'Atax (l'Aude), à proximité de la mer. C'est l'actuelle ville de Narbonne aujourd'hui à quelques mille de la mer.

La création de cette colonie répond à plusieurs motivations:

  • L'implantation de colons romains, souvent d'anciens légionnaires, par le système de lots, à peu de frais,
  • Le renforcement des liens commerciaux entre les territoires conquis, Rome et les autres villes romaines,
  • La sécurisation de la zone par des fortins.

Narbonne menacée par les eaux croupissantes et les déluges venant des montagnes environnantes n'est pas à l'origine dans une région prospère. Le choix de Narbonne idéalement placée sur une voie appelée à une fonction militaire, puis publique sous Auguste a pourtant engendré une cité imposante de 50 000 habitants au Ier siècle. Cette colonie intégralement romaine a engendré une cité vaste, avec son capitole, son forum, son port et ses entrepôts marchands nommés horrea. Elle a stimulé l'économie locale en facilitant les échanges de cette province entre Ibérie et Italie. Elle devient par décision de l'empereur Auguste capitale de la Narbonnaise.

Un descendant du magistrat romain[modifier | modifier le code]

Un de ses arrière-petits-fils, Gnaeus Domitius Ahenobarbus, épouse l'héritière impériale Agrippine la Jeune. Leur unique enfant sera l'empereur Néron.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour certains auteurs, ce chemin qui relie l'Italie à l'Espagne existe déjà en partie en différents tronçons. On objectera qu'il n'était point construit à la romaine.