Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en -122)

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Cnaeus Domitius Ahenobarbus, né vers 165 av. J.-C. et mort vers 104 av. J.-C., est un général romain et consul en 122 av. J.-C. Il prend le commandement d'une campagne en Gaule, puis vainc les Allobroges avec le concours de son successeur Quintus Fabius Maximus Allobrogicus. Il est à l'instigation de la Voie Domitienne dans la région. Il est probablement le commanditaire de l'autel de Domitius Ahenobarbus et du Temple de Neptune à Rome. Il devient censeur en 115 av. J.-C.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est membre de la prestigieuse gens plébéienne des Domitii. Il est le fils de Cnaeus Domitius Ahenobarbus, consul suffect en 162 av. J.-C. et aussi le petit-fils de Cnaeus Domitius Ahenobarbus, consul en 192 av. J.-C.[1]

Il est né vers 165 av. J.-C.[N 1]

Il a au moins deux fils, le premier nommé lui aussi Cnaeus Domitius Ahenobarbus, pontifex maximus à partir de 103 puis consul en 96, et Lucius Domitius Ahenobarbus, consul en 94 av. J.-C., dont les descendants sont aussi consuls sur cinq générations, le dernier étant l'empereur romain Néron (54 - 68 apr. J.-C.), né Lucius Domitius Ahenobarbus[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Entre 129 et 128, il remporte une bataille navale au large de Samos sur Aristonicos qui a tenté de s'opposer à la donation testamentaire de Pergame à Rome effectuée par son frère le roi Attale III[2],[3]. Il sert alors comme légat du consul puis proconsul d'Asie Manius Aquilius[4].

Consulat et Proconsulat en Gaule (122-121)[modifier | modifier le code]

En l'an 122, il est élu consul aux côtés de Caius Fannius Strabo. Trois années plus tôt, appelés à l'aide par leurs alliés Marseillais, contre les Salyens, les Romains commencent des campagnes militaires dans les territoires de Gaule méridionale. Assez rapidement la zone de conflit s’étend par contiguïté, engageant des peuples puissants comme les Voconces puis les Allobroges et leurs alliés Arvernes, qui se trouvent en position hégémonique en Gaule[5]. Domitius Ahenobarbus prend le commandement de cette guerre. Les chefs Salyens se réfugient chez les Allobroges. Bituitos envoie alors une ambassade à Domitius Ahenobarbus, afin d’obtenir une paix. Le consul refuse cependant de traiter. Par ailleurs les Arvernes se portent contre les Éduens, alliés des Romains.

Il est nommé proconsul en l'an 121 pour continuer les opérations en Gaule, aux côtés de Quintus Fabius Maximus[6],[7]. La rivalité des deux généraux romains et le caractère fragmentaire de nos sources rend le récit de cette campagne souvent incertain. Après la victoire remportée par Domitius à Vindalium, près de la Sorgue sur les Allobroges, Fabius les écrase à son tour avec leur allié arverne Bituitos à la bataille du confluent. Il soumet également les Tolosates et les Rutènes[8],[6]. Avec son armée, il parcourt le pays à dos d'éléphant, et prend des dispositions pour la mise en place d'une voie romaine dans cette nouvelle province[9], qui suit le tracé d'une vieille voie héracléenne. Les Romains ne changent pas le statut de la région qui ne deviendra la province romaine de Gaule narbonnaise que deux décennies plus tard[5].

Fabius remplace Domitius comme proconsul en Gaule, achevant de vaincre les Allobroges et les Arvernes[7]. Leurs victoires valent le triomphe aux deux généraux[7], que Domitius célèbre à Rome en l'an 120[9].

Vers 118/117, à son instigation, les travaux de la voie romaine allant de l'Italie à l'Espagne commencent : la voie Domitienne, créée à partir d'un réseau de voies existantes. Il est décidé de la construction de castra protecteurs et relais importants ainsi que des colonies romaines, dont la plus connue est Narbonne (Colonia Narbo Martius). Cette voie est avant tout une route militaire et non une route commerciale[5].

Censure (115)[modifier | modifier le code]

En 115, il devient censeur aux côtés de Lucius Caecilius Metellus Diadematus[10],[11]. Trente-deux sénateurs sont expulsés du Sénat par les censeurs, dont le consul sortant Caius Licinius Geta et un ami de Caius Marius alors préteur, et ils font interdire des représentations théâtrales jugées immorales[a 1],[a 2],[a 3],[12],[11]. Le consul Marcus Aemilius Scaurus fait adopter une loi interdisant certains mets exotiques lors des banquets. Les censeurs nomment Scaurus princeps senatus[13],[11].

Autel de Domitius Ahenobarbus[modifier | modifier le code]

Il est probablement le commanditaire de l'autel de Domitius Ahenobarbus. Les reliefs semblent liés à la construction d'un temple dédié à Neptune sur le Champ de Mars. Ce temple est voué au dieu de la mer à la suite d'une victoire navale, peut-être la victoire remportée au large de Samos entre 129 et 128. La construction ou la restauration d'un temple préexistant ne daterait que de 122, année où Cnaeus Domitius Ahenobarbus atteint le consulat[14],[2].

Thiase marin des reliefs dit « de Domitius Ahenobarbus », panneau de devant.

Les reliefs de la base de la statue de culte, qui ne se composent à l'origine que des scènes mythologiques, auraient ensuite été complétés après la censure en 115 avec un quatrième panneau[15].

Face historique du relief de Domitius Ahenobarbus.

Pontife et décès[modifier | modifier le code]

Il est aussi membre du collège des pontifes[a 4] depuis une date inconnue[16]. Il meurt vers l'an 104 av. J.-C.[16].

Son fils, alors tribun de la plèbe, déçu de ne pas lui succéder pas en tant que pontife, alors choisi par cooptation et ayant fait face à l'opposition de Marcus Aemilius Scaurus, le princeps senatus, fait voter la Lex Domitia de sacerdotiis transférant l'élection des prêtres au peuple[a 4]. Celui-ci le choisira pour devenir le nouveau pontifex maximus à la mort de Lucius Caecilius Metellus Delmaticus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. S'il est devenu consul à 43 ans.
  • Sources modernes
  1. a et b Smith 1867, p. 84.
  2. a et b Coarelli 2007, p. 267.
  3. Coarelli 1997, p. 407-427.
  4. Broughton 1951, p. 505.
  5. a, b et c Hinard 2000, p. 575.
  6. a et b Hinard 2000, p. 573.
  7. a, b et c Broughton 1951, p. 524.
  8. Broughton 1951, p. 520.
  9. a et b Hinard 2000, p. 574.
  10. Hinard 2000, p. 571.
  11. a, b et c Broughton 1951, p. 531.
  12. Hinard 2000, p. 571-572.
  13. Hinard 2000, p. 572.
  14. Cels Saint-Hilaire 2011.
  15. Coarelli 1968.
  16. a et b Broughton 1951, p. 561.
  • Sources antiques
  1. Cicéron, Pro A. Cluentio, 191.
  2. Tite-Live, Periochae, 62.
  3. Plutarque, Marius, 5.
  4. a et b Suétone, Vie des douze Césars, Néron, 2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) T. Robert S. Broughton (The American Philological Association), The Magistrates of the Roman Republic : Volume I, 509 B.C. - 100 B.C., New York, Press of Case Western Reserve University (Leveland, Ohio), coll. « Philological Monographs, number XV, volume I », , 578 p.
  • (en) William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. 2,
  • Janine Cels Saint-Hilaire, La République romaine : 133-44 av. J.-C., Armand Colin,
  • Filippo Coarelli, Rome and environs : an archaeological guide, University of California Press, , 555 p. (ISBN 978-0-520-07961-8)
  • François Hinard (dir.), Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, (ISBN 978-2-213-03194-1)