Lac de Serre-Ponçon

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Lac de Serre-Ponçon
Savines et le lac de Serre-Ponçonvus depuis le pic de Morgon.
Savines et le lac de Serre-Ponçon
vus depuis le pic de Morgon.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Géographie
Coordonnées 44° 31′ Nord 6° 21′ Est / 44.516666666667, 6.35
Type Lac artificiel
Origine Barrage mise en eau en 1960
Superficie 28,2 km2
Altitude De 736 à 780 m
Profondeur 90 m
Volume 1,272 km3
Hydrographie
Bassin versant 3 600 km2
Alimentation la Durance, l'Ubaye
Émissaire(s) la Durance
Durée de rétention 6 mois[1]
Divers
Commentaire deuxième lac artificiel d'Europe par sa capacité
troisième par sa superficie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Lac de Serre-Ponçon

Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur

(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Lac de Serre-Ponçon

Le lac de Serre-Ponçon est un lac artificiel dans le sud des Alpes françaises à la limite des départements des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence. Il a été créé par l'établissement d'un barrage sur la Durance, deux kilomètres à l'aval de son confluent avec l'Ubaye.

Communes riveraines[modifier | modifier le code]

Dans les Hautes-Alpes :

  • Embrun, rive droite de la Durance ; l'étendue de la retenue située dans la commune d'Embrun a été ceinturée et transformée en un plan d'eau aménagé dont le niveau est maintenu constant ; un port flottant et une plage sur le lac proprement dit ont été aménagés du côté du Club nautique alpin. Le port ne permet un mouillage qu'en été, lorsque le niveau du lac est suffisamment élevé ;
  • Crots, rive gauche de la Durance, sur 6 kilomètres ; deux zones de loisirs en bordure du lac de part et d'autre du torrent de Boscodon (plages de Chanterenne, plage des Eaux-Douces) ;
  • Puy-Sanières, rive droite de la Durance, sur 4 kilomètres, pas d'accès aménagé au lac depuis les villages, mais l'accès se fait par Embrun en direction du Chadenas ;
  • Savines-le-Lac, seule commune dont le territoire est situé sur les deux rives du lac, sur environ 5 kilomètres sur chaque rive ; plusieurs zones de loisirs aménagées sur la rive gauche, promenades sur le lac en saison ;
  • Prunières, rive droite de la Durance, sur 4 kilomètres, plusieurs accès au lac depuis la RN 94, zone de loisirs aménagée dans la baie Saint-Michel ;
  • Chorges, rive droite de la Durance, sur 5 kilomètres non compris la baie des Moulettes ; plage sur la baie Saint-Michel, site aménagé à Chanteloube ;
  • Rousset, rive droite de la Durance, sur 5 kilomètres, petits accès aménagés sur la baie des Lionnets ;
  • le Sauze-du-Lac, entre Durance et Ubaye, sur 6 kilomètres, site aménagé à Port-Saint-Pierre (unique accès au lac) ; depuis la mise en eau de la retenue, la commune n'a plus de contact terrestre avec les autres communes de son département.

Dans les Alpes-de-Haute-Provence :

  • Pontis, rive gauche de la Durance, sur 3 kilomètres, accès au lac difficile ;
  • le Lauzet-Ubaye, rive droite de l'Ubaye, sur 6 kilomètres ; pas d'accès aménagé ;
  • la Bréole, rive gauche de l'Ubaye, sur 6 kilomètres, un seul accès au lac, spécialisé dans les loisirs nautiques ;
  • Saint-Vincent-les-Forts, rive gauche de l'Ubaye, sur 5 kilomètres ; zone de loisirs.

La chapelle Saint-Michel[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Michel et le lac au second plan
Chapelle Saint-Michel à basses eaux.

Aux environs de l'an 1020, l'abbaye Notre-Dame de Boscodon possédait un prieuré qui dominait la vallée de la Durance sur sa rive droite, entre Chorges et Prunières[2]. La chapelle, construite au XIIe siècle sur une petite éminence, associée à l'abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse[2], fut détruite en 1692 par les troupes du duc de Savoie Victor-Amédée II. Reconstruite au XVIIe siècle, elle devint un lieu de pèlerinage pour les paroissiens de Chorges et de Prunières, qui s'y rendaient en foule le 29 septembre, fête de la saint-Michel.

Lors de la construction du barrage, en 1961, la destruction de la chapelle était programmée, mais, comme elle était à une altitude légèrement supérieure à la cote maximale théorique du futur lac, elle fut finalement sauvegardée. Désormais la chapelle trône seule sur un îlot de quelques dizaines de mètres carrés au-dessus du niveau du lac. Le cimetière a été englouti, et la chapelle murée. On peut encore en approcher lors des basses eaux, mais pas y pénétrer. Des offices religieux sont parfois célébrés sur des embarcations à proximité de la chapelle.

L'îlot Saint-Michel est aujourd'hui l'un des sites les plus photographiés du département des Hautes-Alpes[3].

Le barrage de Serre-Ponçon[modifier | modifier le code]

Barrage de Serre-Ponçon
Image illustrative de l'article Lac de Serre-Ponçon
Le barrage de Serre-Ponçon
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Coordonnées 44° 31′ Nord 6° 21′ Est / 44.516666666667, 6.35
Cours d'eau Durance
Objectifs et impacts
Vocation Énergie et irrigation
Date de mise en service 1960[4]
Barrage
Type barrage en remblai[4]
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
124 m
Longueur du barrage 630 m
Réservoir
Altitude du réservoir 780 m
Volume du réservoir 1 272 millions de m3
Surface du réservoir 2 820 ha
Centrale hydroélectrique
Puissance installée 380 MW
Production annuelle 700 GWh/an
Irrigation
Surface irriguée 100 000 ha

Historique[modifier | modifier le code]

Pour essayer d’assagir la Durance, notamment après les crues dévastatrices de 1843 et 1856, la construction d’un barrage est envisagée[5] en travers de la cluse de Serre-Ponçon[6], verrou glaciaire large d’environ 150 m au niveau du lit majeur de la rivière, à l’aval du confluent de l’Ubaye, autre gros torrent aux crues violentes. Dès 1897[6] Ivan Wilhem, ingénieur des Ponts-et-Chaussées d'origine alsacienne[5], avait proposé la construction d’un barrage-poids et à partir de 1909, il avait présenté plusieurs variantes, enrochement, maçonnerie, béton. La même année une demande de concession est déposée par la Société pour la Régularisation de la Durance, en vue de créer un barrage au lieu-dit Serre-Ponçon[6]. Mais le projet est rapidement abandonné en raison de ses difficultés techniques[6], la mauvaise qualité apparente du rocher des versants, un calcaire en petits bancs diaclasés, séparés par des lits marneux, plus ou moins fracturés notamment en rive gauche, et l’épaisseur des alluvions estimée à un cent-dix mètres[5]. Toutefois, il n’est pas oublié : en 1912, un puits et une galerie d’étude sont forés dans le rocher en rive droite ; la galerie a été arrêtée par une grosse venue d’eaux thermo-minérales à 60 °C et l’étude a été interrompue. En 1912 toujours, l'ingénieur Wilhem publie un ouvrage sur l'intérêt du barrage[5]. Douze nouvelles campagnes de sondages sont menées jusqu'en 1927, et conduisent à estimer impossible la construction du barrage avec les techniques et moyens dont on disposait à l’époque[6].

Quoi qu'il en soit, s'il avait été réalisé, le barrage envisagé à cette époque aurait eu de bien moindres conséquences pour la vallée de la Durance que l'ouvrage que nous connaissons aujourd'hui : avec un barrage de cinquante mètres de hauteur soit deux fois et demie moins haut que l'ouvrage actuel, le lac n'aurait même pas touché l'ancien village de Savines, aujourd'hui noyé[6].

Aux États-Unis, les études de Terzaghi sur les grands barrages-digues « en terre » longtemps jugés dangereux – une trentaine de ruines en une centaine d’années –, avaient permis la construction rationnelle et sûre de ces ouvrages ; en France, la possibilité d’un aménagement hydroélectrique du site a relancé les études en 1946, par EDF maître d'ouvrage et le bureau d'étude Coyne et Bellier maître d'œuvre.

Ainsi, le barrage projeté aurait quatre fonctions principales, écrêtement des crues, production hydroélectrique, tête de l’aménagement hydroélectrique et de l’irrigation agricole de la vallée de la Durance en aval, ce qui justifiait largement sa construction ; il a eu ensuite une fonction accessoire devenue importante, l’aménagement touristique de sa retenue.

Le barrage n’a finalement jamais été inauguré du fait des événements d’Algérie. Alors que sa construction fut achevée en 1961, le Général de Gaulle qui devait présider la cérémonie de lancement n’a jamais pu remplir cet office. Pourtant l’édifice est à sa mesure puisqu’il représentait alors le « plus grand barrage d'Europe en capacité »[7],[8].

Étude et construction du barrage[modifier | modifier le code]

Des compléments d’étude géotechnique ont permis de tracer le profil en travers du verrou, montrant que la profondeur maximum du rocher est de 105 m. Un grand barrage « en terre » était envisageable, mais il fallait tout d'abord injecter sous le barrage un large et profond rideau d’étanchéité dans les alluvions sablo-graveleuses et des éboulis de pente ; compte tenu des dimensions du barrage, ce rideau devait être entièrement et définitivement réalisé avant sa construction puisqu'il ne serait plus possible de le compléter et/ou de le renforcer, la moindre fuite au travers de la construction aurait pu entrainer la ruine du barrage provoquant un gros retard sur lequel on n’aurait pas pu intervenir. Le succès au lac Noir du procédé des forages d’injection équipés de tubes à manchettes[N 1] garantissait le contrôle rigoureux du rideau avant d’entreprendre la construction de la digue et donc permettait cette construction. Les essais expérimentaux d’injection ont débuté en 1951 ; le rideau a été achevé et contrôlé en 1955.

Une vue du barrage de Serre-Ponçon et son profil
Le barrage de Serre-Ponçon sur la Durance - Vue générale - Profils en travers et en long - Tube à manchettes.

Construit d’avril 1957 à novembre 1959, le barrage est un massif zoné en « terre » haut de 123 m, large de 125 m en pieds, de 600 m en crête, long de 650 m à la base dans le sens du lit, d’un volume total de 14 millions de mètres cubes dont deux millions pour le noyau étanche ; pour l’adapter à une irrégularité morphologique et structurale du versant gauche – courbe d’ancien méandre encaissé –, sa crête est concave vers l’amont. Le massif est constitué de grave sableuse prélevée en aval dans la plaine alluviale d’Espinasses ; ses talus à pentes d’environ 20° à l’amont et 25° à l’aval sont protégés par une couche superficielle d’enrochements épaisse d’environ 1 m ; le noyau étanche est constitué d’argile provenant d’une carrière ouverte à cet effet en amont, dans les terres Noires de la retenue, préalablement épurées ; il comporte sur chaque face un écran filtre anticontaminant et sur la face aval, un écran drainant prolongé jusqu’au pied aval ; le rideau parafouille injecté d'argile colloïdale selon le procédé des tubes à manchette, prolonge le noyau jusqu’au substratum à 105 m de profondeur.

Au rythme de 50 t d’argile du noyau et de 20 000 m3 de grave du massif par jour, le chantier occupait environ trois mille spécialistes (pour l’essentiel, conducteurs d’engins – dragues, pelles, bouteurs, chargeurs, dumpers, compacteurs, niveleuses…) de deux heures du matin à dix heures du soir (l’arrêt de quatre heures étant nécessaire à l’entretien des engins).

Dimensions du barrage[modifier | modifier le code]

Le barrage de Serre-Ponçon est un barrage en remblai de 124 mètres de hauteur. Il mesure 630 mètres de longueur, sa largeur en pied est de 650 mètres et sa largeur en crête est de 9,35 mètres. Il représente un volume de remblais de 14 millions de mètres cubes[4].

La crête du barrage est à l'altitude de 783,5 mètres[9].

La cote d'exploitation du plan d'eau est fixée à l'altitude de 780 mètres, avec une variation saisonnière pouvant l'abaisser jusqu'à 736 mètres[10].

Ouvrages annexes[modifier | modifier le code]

Vue du site de l'aménagement de Serre-Ponçon
Site de l'aménagement de Serre-Ponçon.

Deux galeries au rocher de 900 m de long et 10,5 m de diamètre avaient préalablement été forées en rive gauche pour assurer la dérivation provisoire de la rivière ; dès le début des travaux, elles ont étalé la crue du 14 juin 1957 – 1 700 m3/s – particulièrement catastrophique en amont dans la vallée du Guil ; elles renforcent maintenant au besoin l’évacuateur de crues capable de débiter 3 500 m3/s.

La centrale électrique – architecte Jean de Mailly aidé de Jean Prouvé - est installée dans deux grandes chambres au rocher sur la rive gauche.

Le bassin de compensation a été aménagé dans la fouille d’extraction de grave d’Espinasses, barrée à l’aval par le pont-barrage de la RD 900 fondé sur un rideau de pieux sécants, ancêtre des parois moulées ; c’est un barrage en béton au fil de l’eau équipé de quatre vannes permettant le passage des grandes crues et assurant la prise du canal de la chute de Curbans, premier bief de l’aménagement hydroélectrique de la Durance.

L’aménagement de la retenue du barrage principal, en grande partie dans les terres Noires marneuses, a imposé la destruction de deux villages et le déplacement d’environ 1 500 personnes - Ubaye non reconstruit et Savines reconstruit plus haut sur la rive gauche, la restructuration des réseaux ferroviaire (~15 km) et routier (~50 km), avec en particulier pour traversée de la retenue par la RN 100 devant le nouveau Savines, la construction d’un pont-poutre de 924 m de long, comportant 24 fines demi-travées précontraintes en encorbellement de 38,5 m, portées par 12 piles fondées dans la marne, ouvrage exceptionnel à l’époque, toujours remarquable aujourd’hui.

En 1958, l'évacuation des habitants et la mise en eau de la retenue inspirèrent le film L'Eau vive de François Villiers, sur un scénario de Jean Giono. La chanson L'Eau vive, chantée par Guy Béart est devenue un classique de la chanson française.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

En amont, la superficie du bassin versant de la Durance et de ses principaux affluents, le Guil et l’Ubaye, est de 3 600 km2 ; leur régime est montagnard méditerranéen : en général, étiage hivernal, hautes eaux et violentes crues à la fin du printemps, lors de la fonte des neiges puis au début de l’été ; violentes crues en automne. À l’entrée du lac, le débit de la Durance est en moyenne de 80 m3/s, de 20 m3/s à l’étiage et de 1 700 m3/s pour la crue maximum observée (14 juin 1957).

La mise en eau de la retenue a débuté le 16 novembre 1959 pour s'achever le 18 mai 1961.

Le volume maximum de la retenue est de 1,272 km3, dont environ un tiers mobilisable pour l'exploitation. Son niveau maximum est à 780 mètres d’altitude ; il peut descendre à 722 mètres d’altitude à l'étiage et/ou pour des pics d'utilisation électrique et/ou agricole. Ce marnage annuel plus ou moins rapide qui peut donc approcher 20 m, dépend des conditions météorologiques pour l’alimentation et des conditions d’exploitation électrique et agricole pour le prélèvement. Il gêne évidemment l’exploitation touristique de la retenue ; à Embrun, pour y remédier en partie, un plan d’eau endigué à niveau constant a été isolé du lac.

Le risque de rupture du barrage[modifier | modifier le code]

Très largement surdimensionné pour résister aux deux principaux phénomènes naturels dangereux régionaux, crues et séismes, le barrage pourrait supporter un séisme de magnitude 7 jamais observé dans la région et un débit de crue maximal de 3 440 m3/s, double de la crue catastrophique du 14 juin 1957.

Le lac de Serre-Ponçon est l'un des plus grands lacs artificiels d'Europe ; la rupture du barrage dont la menace est infime, produirait une onde de submersion catastrophique d'un volume de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes et de plusieurs mètres de haut qui, en quelques heures, dévasterait la vallée de la Durance puis inonderait la basse vallée du Rhône ; la Camargue serait submergée, ainsi qu'Avignon et les autres villes riveraines. L'onde refluerait aussi dans les vallées adjacentes : Luye, Buëch, Jabron, Vanson, Verdon, Bléone, et dans la vallée du Rhône sur une vingtaine de kilomètres en amont du confluent, sans être arrêté par l'usine-écluse d'Avignon[11].

Pour parer ce risque, en plus des inspections courantes de tous les barrages français, des inspections décennales sous-marines permettent de contrôler l’état du barrage sans vider la retenue. À la mi-septembre 1971, en première mondiale, on utilisa la soucoupe plongeante de la Calypso (SP-350) : la soucoupe était pilotée par Albert Falco ; douze plongées d'une durée totale de 16 h 30 furent effectuées[12],[13].

Aménagements[modifier | modifier le code]

Aménagements utilitaires[modifier | modifier le code]

L'évacuateur de crue du barrage en service depuis le pont d'Espinasses
Évacuateur de crue du barrage de Serre-Ponçon vu du pont d'Espinasses - 30 mai 2008.

La « loi d'aménagement de Serre-Ponçon et de la Basse-Durance » du 5 janvier 1955 marque la volonté du législateur d'associer l'irrigation à l'hydroélectricité. Ainsi, à partir de la retenue, un canal, géré par EDF, conduit la plus grande partie de l'eau de la rivière vers des barrages-usines successifs situés tout au long de la vallée, et permet l'irrigation. Le « grand canal EDF » suit la Durance, sur l'une ou l'autre rive, sur plus de 100 kilomètres, et ne la quitte qu'à la hauteur de la « trouée de Lamanon », dans le nord des Bouches-du-Rhône, pour se diriger vers l'étang de Berre.

Travaux complémentaires[modifier | modifier le code]

Les élus des vallées concernées militèrent (au sein du comité d’action et de défense de la vallée de l’Ubaye) pour ne pas être à nouveau isolés : le barrage coupait de nombreuses routes, supprimait la gare de Prunières. Ils obtinrent, pour la première fois en France à l’occasion de la construction d’un barrage et du déplacement de villages, une indemnité pour le « préjudice moral causé par l’arrachement d’une population à son milieu naturel ». Au total, 50 km de routes et 14 km de voies ferrées sont construites. Le pont de Savines, d'une longueur totale de 924 m, est achevé en 1960. Il surplombe l'ancien village de 40 m. Enfin, une nouvelle route est construite pour restaurer une liaison directe entre les vallées de l'Ubaye et de la Durance, de Barcelonnette à Embrun : la route nationale 854, à caractère touristique.

Aménagements touristiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs lieux ont été aménagés afin de développer le tourisme sur les différentes communes autour du lac :

  • l'accueil du barrage à l'entrée de l'usine : salles d'expositions, histoire et informations sur la construction du barrage et la production d'énergie hydro-électrique par EDF
  • à Chorges, avec notamment la Baie Saint-Michel, le site de Chanteloube, et le centre de vacances du BTP
  • à Embrun, avec le plan d'eau, le port de Chadenas et plusieurs terrains de camping
  • à Crots, avec le site de Chanterenne
  • au Sauze-du-Lac, plus particulièrement l'aménagement de Port-Saint-Pierre
  • à Rousset, avec la plage de Bois-vieux, le Muséoscope du lac, la Maison des énergies EDF et des terrains de camping
  • à Savines-le-Lac avec l'aménagement du port, de plages et de terrains de camping
  • à Saint-Vincent-les-Forts avec l'aménagement de la mise à l'eau, de la plage et de terrains de camping
Panorama du lac de Serre-Ponçon
Panorama du lac de Serre-Ponçon depuis Savines-le-Lac.

Le SMADESEP[modifier | modifier le code]

Fondé en 1997, le Syndicat mixte d'aménagement et de développement de Serre-Ponçon[14] (SMADESEP) associe depuis 2003 le Conseil général aux collectivités riveraines des Hautes-Alpes pour assurer la gestion et l'aménagement touristique de la retenue. Cet établissement public, responsable de l'ensemble des équipements publics - plages surveillées et installations portuaires, a également vocation à instruire pour le compte d'EDF les demandes d'occupation temporaire du domaine public hydroélectrique. Le SMADESEP procède ainsi à l'installation de bénéficiaires de droit privé pour une durée maximale de 10 ans, en vertu d'un accord conventionnel souscrit en juin 2008 avec EDF. Cet accord prévoit non seulement la mise à disposition du SMADESEP du domaine public hydroélectrique, mais également d'autres dispositions comme le respect par EDF d'une cote minimale du lac pendant la période estivale ou l'obligation respective des cosignataires de s'engager dans des logiques d'information mutuelle.

Le lac de Serre-Ponçon, véritable petite mer intérieure avec un balisage nautique de 300 balises environ gérées par le SMADESEP, offre aujourd'hui neuf plages publiques surveillées, dont 4 disposaient du label "Pavillon bleu" d'Europe en 2015. Il dispose d'une capacité portuaire globale de près de 1 100 anneaux répartis dans les différents ports présents sur les 91 km de berge de la retenue. 3 stations-service sur ponton permettent l'avitaillement en carburant jusqu'à -10 à -12 mètres de marnage, alors que l'aire de carénage de la Baie Saint-Michel (Chorges) permet le nettoyage sécurisé des embarcations.

Vues du barrage de Serre-Ponçon et du lac d'Espinasses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Émile Escallier, Serre-Ponçon, miracle de l'homme, Gap, Société d'études des Hautes-Alpes, , 164 p.
  • Hélène Vésian et Claude Gouron, Serre-Ponçon : voyage photographique au confluent de l'Ubaye et de la Durance, Le Pontet, Barthélemy et Hangar, (ISBN 2-87923-165-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre MartinGéologie appliquée au BTP (Eyrolles, 2006) – 35363. Serre-Ponçon.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Aimé Bertin, « Le barrage de Serre-Ponçon, pièce maîtresse de l'aménagement de la Durance », Revue de géographie alpine, t. 48, no 4,‎ , p. 625-687 (DOI 10.3406/rga.1960.1888, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un tube à manchettes est mis en place dans un forage d'injection traversant une formation perméable, le plus souvent aquifère ; il est crépiné à intervalles réguliers et chaque crépine est masquée par un manchon en caoutchouc, la « manchette », qui fonctionne comme un clapet de non-retour permettant le passage du coulis vers le matériau à injecter et empêchant son reflux ; le coulis peut être du ciment, du sable, de l'argile purifiée à comportement colloïdal, un mélange, un gel de silicate… ; l’injection se fait crépine par crépine au moyen d’un double obturateur ; l’intérieur du tube demeure ainsi libre durant toute l’opération et on peut le réutiliser au besoin pour compléter l’injection d’une zone douteuse, révélée par des sondages de contrôle au cours desquels on réalise des essais de perméabilité et on prélève des échantillons ; une forêt de tubes à manchettes selon une maille de plus en plus serrée peut être mise en place et éventuellement complétée à la demande selon les résultats de ces contrôles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après le volume du lac et le débit moyen à la station de mesure de la Durance à Espinasses donné par la banque Hydro.
  2. a et b J. Roman, Dictionnaire topographique des Hautes-Alpes, , rééd. C.Lacour, Nîmes, 2000 (ISBN 2-84406-757-3), p. 145.
  3. Comité de Promotion de Serre-Ponçon, « La Chapelle Saint-Michel », sur www.serreponcon-tourisme.com (consulté le 4 novembre 2014).
  4. a, b et c Barrage de Serre-Ponçon sur Structurae.
  5. a, b, c et d Histoire du barrage, sur le site du muséoscope de Serre-Ponçon.
  6. a, b, c, d, e et f Bernard Mahiou et Pierre Balland, Le barrage de Serre-Ponçon : Retour d’expérience socio-économique de sa construction et évolution de son exploitation multi-usages, Comité français des barrages et réservoirs, (lire en ligne [PDF]).
  7. « La construction du barrage », sur smadesep.com.
  8. « Le barrage de Serre-Ponçon », sur Le Figaro,‎ .
  9. Fiche du barrage sur le site du Comité français des barrages et réservoirs [V].
  10. Cotes du lac, sur le site du SMADESEP.
  11. DREAL, « Cartographie de l'onde de submersion des grands barrages » [PDF], Région PACA, consulté le 11 août 2012
  12. « La soucoupe plongeante en eau douce », sur passion-Calypso.com
  13. (audio) « Récit de carrière de M. André Lacoste au service de la production hydraulique d’EDF (1954-1986) », sur memoire-orale.org,‎ , Collection : Les ingénieurs de la production hydraulique d'EDF.
  14. Site du Syndicat mixte d'aménagement et de développement de Serre-Ponçon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]