Teutons
Les Teutons étaient un peuple germanique.
Lors de la modification climatique des années -100, ce peuple a quitté le Nord de la Germanie et participé à la guerre des Cimbres. Au Moyen Âge, les Teutons inspireront leur nom aux chevaliers teutoniques. Plus tard, le nom de Teutons désignera de manière caricaturale les Allemands.
Sommaire
Ethnonymie[modifier | modifier le code]
Le nom des Teutons est issu du proto-germanique *þeudanōz (« ceux de la tribu »), nom passé d'abord en celtique puis latinisé en Teutoni. Il repose sur l'indo-européen *teutonōs « ceux de la tribu », dérivé du radical *teutā- « tribu ». Ce dernier élément est à l'origine du proto-germanique *þeudō (« peuple ») lequel a été aussi formé l'adjectif *þiudiskaz (« populaire ») dont procèdent l'allemand Deutsch, le néerlandais Duits et le suédois Tyska « Allemand », ou encore l'anglais Dutch « Néerlandais »[1],[2],[3], ainsi que l'adjectif français tudesque et l'italien tedesco « allemand » (ces derniers par l'intermédiaire du latin médiéval theudiscus)[4].
L'indo-européen *teutā- « tribu » est également à l'origine du celtique commun *teutā- > *toutā- > *tōtā- « tribu, peuple », attesté par le gaulois teuta, touta et le vieil irlandais tuath (voir Tuatha Dé Danann), de même sens, ainsi que le gallois tûd « contrée », le breton tud « les gens », etc. On retrouve cet élément dans le nom du dieu gaulois Teutates, « celui (le dieu) de la tribu »[5].
Guerre des Cimbres[modifier | modifier le code]
Alliés des Cimbres, les Teutons sont défaits par Caius Marius en 102 av. J.-C. à la bataille d'Aix, où leur roi Teutobod est fait prisonnier. On raconte que les femmes teutonnes prisonnières se suicidèrent en masse.
Acception moderne[modifier | modifier le code]
Au XIXe siècle, le mot teuton désignait également les Allemands de la Baltique qui étaient implantés depuis le Moyen Âge dans les provinces baltes, devenues provinces de l'Empire russe[6]. Les historiens modernes préfèrent utiliser désormais le mot germano-balte.
En argot, on désigne par « les Teutons » le peuple allemand. La connotation est péjorative, admirative, facétieuse ou ironique[7],[8],[9]. Dans ce dernier cas, on utilise « teuton » comme synonyme de « typiquement allemand » pour souligner des comportements, vertus ou d'autres particularités qui seraient toutes propres aux Allemands[9].
Le mot allemand Teutonengrill (« barbecue teuton ») est un néologisme pour désigner une plage dont la majorité des personnes sont des vacanciers allemands, ou du moins germanophones (autrichiens ou suisse-allemands)[8],[10].
Notes et références[modifier | modifier le code]
- Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Francke Verlag, Berne, t. 2, 1969, p. 1080.
- Calvert Watkins, The American Heritage Dictionary of Indo-European Roots, Houghton Mifflin Company, Boston, 1985, p. 71a.
- Gerhard Köbler, Indogermanisches Wörterbuch, 3. Auflage, 2000, p. 221-225.
- Paul Robert, Alain Rey, Josette Rey-Debove, Le Petit Robert — Dictionnaire de la langue française, Société du nouveau Littré, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1967.
- Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, éd. 2003, p. 294.
- Victor Cousin, Souvenir d'Allemagne.
- Brockhaus Wahrig, Deutsches Wörterbuch, 6e tome, 1984.
- Duden. Das große Fremdwörterbuch, 2e édition, Dudenverlag, 2000.
- Duden. Deutsches Universalwörterbuch, 5e édition, Dudenverlag, 2003.
- « Duden | Teutonengrill | Rechtschreibung, Bedeutung, Definition », sur www.duden.de (consulté le 13 août 2015).
Bibliographie[modifier | modifier le code]
- (en) Malcolm Todd, The early Germans, Malden, Blackwell Publishing, coll. « Peoples of Europe », , 2e éd., 266 p. (ISBN 978-1-4051-1714-2)
- James Patrick Mallory et Jean-Luc Giribone, À la recherche des Indo-Européens : langue, archéologie, mythe, Paris, Seuil, , 363 p. (ISBN 978-2-02-014390-5)
- Michel Balard et Jean-Philippe Genêt, Des Barbares à la Renaissance, t. 20, Paris, Hachette, coll. « Initiation à l'Histoire », , 280 p. (ISBN 978-2-010-06274-2)