Amélie Diéterle

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Amélie Diéterle
Description de cette image, également commentée ci-après
Amélie Diéterle par Léopold-Émile Reutlinger.
Nom de naissance Amélie Diéterle, légitimée Laurent
Naissance
Strasbourg
Décès (à 69 ans)
Cannes
Lieux de résidence Paris, Croissy-sur-Seine, Vallauris, Cannes
Activité principale Comédienne, artiste lyrique
Lieux d'activité Paris (France), Saint-Pétersbourg (Russie)
Années d'activité 1890-1922
Formation Conservatoire de Dijon
Maîtres Charles Laurent (1844-1904)
Alice Ducasse (1841-1923)
Ascendants Louis Alexis Laurent, capitaine, Chevalier de la Légion d'honneur
Distinctions honorifiques Officier d'académie (1902)
Officier de l'instruction publique (1908)

Répertoire

Amélie Diéterle, nom de scène d'Amélie Laurent, est une actrice, cantatrice et collectionneuse d'art française, née à Strasbourg le et morte à Cannes le .

Amélie Dieterle est une comédienne renommée et l'une des reines de Paris à la Belle Époque jusqu'au début des Années folles.

Icône de la mode, elle est la belle amie de Paul Gallimard et inspire les poètes Léon Dierx et Stéphane Mallarmé. Elle est également la muse des peintres Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec, Maxime Dethomas ou Alfred Roll.

Biographie[modifier | modifier le code]

Filiation[modifier | modifier le code]

Maison natale de l'actrice, née au 44 rue du Jeu-des-Enfants (Kinderspielgasse) à Strasbourg, le 20 février 1871.
Signature sous son nom d'artiste.

Amélie Diéterle[note 1] naît le 20 février 1871 à Strasbourg[1]. Elle est la fille naturelle d'une servante allemande originaire de Reichenbach[note 2] dans le Wurtemberg, Dorothée Catherine Dieterlé (Dorothee Katharine ou Katharina Dieterlé), née le 6 janvier 1851.

Dorothée Dieterlé donne également naissance le 15 février 1872 dans Strasbourg sous occupation allemande, d'un second enfant naturel : Ernest Dieterlé[2].

Chapitre détaillé : Drame familial.

Les grands-parents d'Amélie et d'Ernest sont Nicolas Dieterlé, tonnelier, et Anna Ehmann (ou Ehman). Dorothée Dieterlé a deux autres sœurs qui s'installent aussi en France :

Charlotte Dieterlé, l'aînée, est née à Reichenbach le 3 novembre 1842. Pour la période de 1870 à 1872, Charlotte est signalée dans la commune de Grez en Seine-et-Marne[note 3], puis à Paris au 53 rue de Grenelle-Saint-Germain dans le 7e arrondissement où elle exerce la profession de femme de chambre. Elle se marie le 9 juillet 1872 à Paris dans le 10e arrondissement avec Auguste Grado, marchand de café[3]. Le couple s'installe dans le 18e arrondissement pour ouvrir un commerce d'épicerie au 12 rue Boucry. De cette union sont nés trois enfants dans ce 18e arrondissement : Augustin le 3 juin 1874, Nicolas le 9 février 1876 mais il meurt deux ans plus tard le 15 mars 1878 et Anna-Pauline le 14 octobre 1877 qui deviendra professeur de musique, plus spécialement de piano.

La seconde sœur est Anne (Anna) Rosine Dieterlé, née en 1849 à Reichenbach où elle est domiciliée. Servante à Strasbourg dans les années 1870-1871, elle réside au 43 rue du Jeu-des-Enfants et juste en face de la maison où loge sa sœur Dorothée. Le 25 septembre 1871, à l'âge de 22 ans, elle met au monde un enfant naturel prénommé Henri, à Strasbourg[4]. L'identité du père ne sera pas connue et il est probable que la mère et l'enfant repartent pour l'Allemagne, malgré l'annexion.

Amélie Diéterle au cours d'un entretien dans une revue théâtrale concernant sa carrière, fait allusion à ses origines strasbourgeoises[5] : « La Kinderspielstrasse m'a vue naître ». Il s'agit de la Kinderspielgasse, nom alsacien de la rue du Jeu-des-Enfants, où l'artiste à l'avenir prometteur voit le jour au no 44[note 4]. La rue en 1870 échappe par miracle aux bombardements de la guerre franco-allemande.

Strasbourg vient de subir le siège des troupes allemandes depuis le 16 août 1870 et la ville est bombardée par un pilonnage intensif de l'artillerie prussienne. En 46 jours de siège, plus de 200 000 obus sont tombés sur la cité[6]. Des quartiers entiers sont détruits et de nombreux monuments sont réduits en cendres. La cathédrale est touchée, la bibliothèque incendiée et le centre ville est dévasté. Le musée des Beaux-arts, le tribunal, l'hôtel de la préfecture, le théâtre, le palais de justice, le temple neuf, l'hôtel de l'état major, disparaissent. Les pertes civiles françaises sont de 261 tués et environ 1 100 blessés. Strasbourg dénombre 10 000 personnes sans abri.

Les allemands entrent dans la capitale alsacienne dévastée, qui capitule le 28 septembre 1870[7]. L'annexion de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne a lieu le 10 mai 1871 en application du traité de Francfort.

Le père d'Amélie est un officier français, Louis Laurent, alors en garnison à Strasbourg. Ce militaire, formé à l'École de cavalerie de Saumur au Cadre noir de 1859 à 1860 sous le Second Empire, intègre le 11e régiment de chasseurs à cheval. Il a servi en Algérie de 1861 à 1865 en tant que maréchal des logis.

Lorsque la guerre franco-allemande éclate, il est en campagne dans l'Armée du Rhin, le 29 juillet 1870. Mais l'armée française après une série de revers, est vaincue le 1er septembre 1870 à la bataille de Sedan et l'empereur Napoléon III est fait prisonnier. Louis Laurent accède au grade de sous-lieutenant le 22 septembre de la même année puis il rejoint l'armée Versaillaise en 1871. Après cette date, il est en poste à Lunéville, la nouvelle ville-frontière avec l'Allemagne. Louis Laurent est nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 5 février 1878[8].

Le 11e régiment de chasseurs tient garnison en 1878 à Saint-Germain-en-Laye où Louis Laurent est muté. Il devient lieutenant-adjudant et demeure dans cette ville jusqu'au 1er juin 1882. À compter de cette date, il intègre le 26e régiment de dragons à Dijon et accède au grade de capitaine.

Cette dernière mutation de Louis Laurent dans la capitale de la Bourgogne où il réside jusqu'en 1890, l'amène à la fin de sa carrière militaire. Il prend sa retraite le 1er juin 1890 pour emménager par la suite à Paris avec sa famille.

Drame familial[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de l'ancienne caserne Heudelet à Dijon construite en 1879 et qui hébergeait la cavalerie du 26e régiment de Dragons. Aujourd'hui, le bâtiment restauré est le siège de Dijon Métropole, au 40 avenue du Drapeau.

La famille Diéterle est ainsi ballottée de ville en ville, au gré des changements d'affectation de Louis Laurent. Dorothée Diéterle et ses deux enfants arrivent à Dijon à la fin de l'année 1882. Le capitaine Laurent incorpore le 26e régiment de Dragons, stationné à la caserne Heudelet nouvellement construite en 1879 et qui héberge cette unité à partir de 1883. Dorothée de son côté, emménage au 5 rue Gagnereaux dans le Nord de la ville et proche du quartier à vocation militaire avec les implantations des casernes Vaillant et Heudelet[9].

Amélie termine sa scolarité dans la capitale bourguignonne et emprunte la voie artistique. Elle fait son entrée au Conservatoire rue Chabot-Charny en 1885. Ernest quant à lui, poursuit ses études. Officiellement, les enfants sont élevés par leur tante qui est veuve[note 5]. Pour le voisinage ou l'école, ce pieux mensonge dissimule qu'en certaines circonstances, toute vérité n'est pas bonne à dire, principalement la liaison d'un officier français avec une allemande et sa descendance illégitime dans le contexte de l'après-guerre de 1870. Ce simulacre va même s'imposer à la tragédie que va connaître notre couple.

Le samedi 16 juin 1888, le corps sans vie d'un enfant est découvert au petit matin dans les sablières de la Route de Ruffey, le quartier de La Maladière au Nord de Dijon[10]. Ce sont des sapeurs du 27e régiment d'infanterie de ligne en manœuvre de la caserne Vaillant qui découvrent la victime à 7 heures. La police arrive sur les lieux et une enquête est diligentée[11]. Le commissaire Garnier émet l'hypothèse d'une noyade accidentelle. L'inconnu est âgé de 18 ans environ et porte une cicatrice au dessous de l'oreille droite. Il avait déposé ses vêtements sur un talus et ne portait sur lui, qu'un caleçon et une chemise à plastron. Un signalement est diffusé dans la presse afin d'établir l'identité du mort avec la description de ses affaires dont une canne dite de rotin, un chapeau de paille jaune entouré d'un ruban blanc avec un écusson représentant un casque et une cuirasse, trois hallebardes et un drapeau rouge. Mais surtout un mouchoir blanc avec les initiales ; E D[11].

Le lundi 18 juin, une femme se rend à la morgue de la ville et vient reconnaître le corps de l'enfant où il a été transporté[12]. Cette femme est Dorothée Diéterle et il s'agit bien de son fils Ernest que les militaires ont trouvé. Le lendemain, le quotidien régional, Le Progrès de la Côte-d'Or, rapporte les informations que transmettent les Autorités : la victime se nomme Ernest Diéterley (sic), âgé de 16 ans, originaire de Strasbourg et demeurant au 5 rue Franoy[note 6] chez sa tante, Mme Diéterley, veuve[12]. Quant aux causes du décès, une hypothèse est émise : « Diéterley était atteint d'épilepsie ; on suppose qu'en se baignant il aura été pris d'une attaque et qu'il n'a pas eu la force de sortir de l'eau »[12].

Ce même lundi 18 juin, l'acte de décès d'Ernest Diéterle est rédigé sur la base des déclarations de François Eugène Lair, commissaire aux inhumations et Étienne Jacotot, comptable. L'heure approximative de la mort du 16 juin, au lieu-dit La Maladière, est mentionnée vers quatre heures du matin[13]. Aucun témoin pour corroborer le déroulement des événements et les circonstances du drame restent énigmatiques avec cette baignade en pleine nuit dans une sablière. Les suppositions sont les maîtres-mot et l'affaire est classée.

Des années plus tard et au faîte de sa célébrité, Amélie Diéterle dans ses entretiens avec la presse n'évoquera jamais son frère et encore moins cette disparition tragique. Un secret de famille douloureux et bien gardé.

Carrière[modifier | modifier le code]

Paul Gallimard, amant d'Amélie, de vingt-et-un ans son aîné, est un riche collectionneur. Il est le père de l'éditeur Gaston Gallimard.

La petite Amélie effectue la fin de ses études à Dijon où son père est en poste. Louis Laurent fait donner à sa fille une éducation très soignée si bien que la future actrice a cultivé avec ferveur l'art sévère des Gluck et des Palestrina[14]. Mais des revers de fortune vont contraindre la jeune élève à se tourner vers le théâtre[14].

Amélie Diéterle est inscrite au Conservatoire de musique de Dijon, installé à l'époque au 40-42 de la rue Chabot-Charny[note 7], bâtiments de l'ancien collège des Godrans[15]. Son maître principal est Charles Laurent[note 8],[16], dont la similitude du nom de famille n'aura pas échappé à Amélie. Le 28 juillet 1890, elle obtient à l'unanimité le Premier prix de chant et de solfège que lui remet Théodore Dubois, compositeur et professeur au Conservatoire de Paris[17].

Photographie d'Amélie Diéterle, alors enfant vers l'âge de six ans, prise à Lunéville ou Saint-Germain-en-Laye, au cours de la période 1877-1878.

Elle évoque à ce propos, sa motivation artistique et les conditions d'obtention de son examen à Dijon[5] :

« Pour mon bonheur, en face des fenêtres maternelles, il y avait un théâtre, et l'idée d'être actrice hanta ma cervelle de mioche à une époque où d'ordinaire, on ne rêve que de poupées.
De Strasbourg, les hasards de la vie m'amenèrent à Dijon. J'étais encore une gamine, mais comme j'avais un brin de voix, je me présentai hardiment au Conservatoire de cette bonne ville.
J'y serais restée si un heureux jour, M. Théodore Dubois, n'était venu me pêcher.
C'était le temps émouvant du concours. Malgré mes seize ans[note 9] j'étais si menue… si menue qu'on m'avait habillée en robe courte.
J'étais en outre si timide, que je chantais tout le temps en tournant le dos aux membres du jury.
Ne sachant à quoi tenait cette attitude, ceux-ci imaginèrent que j'avais quelque difformité physique et j'entendis le bon Théodore Dubois s'apitoyer à mon sujet :
- C'est malheureux. Elle ne pourra jamais faire de théâtre !
Je sursautai et me retournant brusquement, je demandai :
- Pourquoi cela, monsieur ?
On se mit à rire et j'eus mon prix ! »

Amélie Diéterle participe à un concert donné chez le maire de Is-sur-Tille qui la recommande à son oncle, régisseur au théâtre du Châtelet où siège l'Association artistique des Concerts Colonne[17]. Elle « monte » alors à Paris en 1890[18] avec ses parents qui s'installent dans le 17e arrondissement au 51 rue des Dames[note 10]. Elle est seule admise parmi quarante concurrentes pour entrer dans les chœurs de l'orchestre d'Édouard Colonne, en cette même année 1890[17],[19].

Amélie Diéterle aux Folies Bergère en 1901 par Jules Grün dans le ballet Napoli.
Amélie Diéterle par Nadar, vers 1895.
Carte postale avec Amélie Diéterle sur fond du parc de Saint-Cloud par Léopold-Émile Reutlinger.
Le Parisiana, café-concert parisien où se produit également l'artiste.
Amélie Diéterle dans sa loge vers 1920. Les croquis au nombre de quatre, affichés en haut à gauche de la photographie, sont d'Abel Faivre. Source : Ville de Paris - Bibliothèque Marguerite-Durand.
Portrait d'Amélie Diéterle par l'artiste peintre José Engel en 1902.

Lors de l'un de ces spectacles, le chef des chœurs M. Fock qui est également le chef d'orchestre du théâtre des Variétés depuis de longues années, distingue Amélie Diéterle[14]. Il présente la charmante divette au directeur des Variétés, Eugène Bertrand qui décide de l'engager. Elle joue aussitôt au mois de septembre 1890 dans une reprise de la comédie, Un chapeau de paille d'Italie, d'Eugène Labiche et Marc-Michel[19]. Elle débute sous le pseudonyme de Guimard mais elle reprend son nom de naissance Diéterle dès 1891[17] où il apparaît dans les annonces des scènes parisiennes. Son premier nom d'emprunt est si bref que des journaux annonçant la pièce de théâtre, Les Héritiers Guichard, publient l'un ou l'autre des deux alias pour le même rôle[20].

Au cours d'un entretien au journal Excelsior, Amélie Diéterle donne ses raisons sur le choix de son nom d'actrice et évoque sa parenté avec le peintre et décorateur de théâtre, Jules Diéterle[21] :

« Le nom de Diéterte que je porte actuellement n'est presque pas un pseudonyme. Lorsque je déclarai à ma famille que je désirais entrer au théâtre, mon père était encore capitaine de cavalerie en activité de service ; aussi mes parents me demandèrent-ils de prendre le nom de ma mère. J'y trouvai un double avantage : d'abord les syllabes en sont harmonieuses et ailées, si j'ose dire ; puis un Diéterle, cousin éloigné de mon grand-père, s'était déjà fait connaître comme décorateur au grand Opéra, à l'époque de Rossini et de Meyerbeer. Venu, m'a-t-on certifié, des environs de Stuttgart, là où habitaient nos ancêtres communs, il aurait commencé par travailler sous la direction de Desplechin et s'était par la suite associé avec son maître pour dessiner d'admirables maquettes qui sont maintenant exposées à la bibliothèque de l'Académie Nationale de Musique. Il n'en fallut pas davantage pour me convaincre, de sorte que je ne fis pas, comme vous voyez, grand effort d'imagination. »

En 1892, Amélie est enfin légitimée par son père. À ce moment, Louis Laurent, devenu capitaine et à présent retraité, épouse Dorothée Catherine Diéterle, le 20 février 1892 à Paris. Cette date est le jour anniversaire de leur fille, vingt-et-un ans, qui est donc reconnue lors de la célébration de ce mariage[22].

Il est probable que Louis Laurent a privilégié sa carrière militaire au détriment de sa vie familiale, dans le contexte de l'antagonisme franco-allemand qui suit la défaite française de 1870 et l'esprit de revanche qui prévaut alors dans l'opinion publique. Cette période est caractérisée par les discours belliqueux du général Georges Boulanger avec la montée de son mouvement politique, le boulangisme, et en parallèle l'affaire Schnæbelé. La liaison du capitaine Laurent avec une allemande d'où est né un enfant naturel et illégitime, de surcroît de la même nationalité que sa mère[note 11], expliquerait le retard d'une officialisation en ces temps troublés. Une partie de la presse et de l'opinion publique se font l'écho de cet esprit de vengeance et de la montée du nationalisme, face à l'ennemi allemand. Ainsi se développe un contexte de soupçon, d'espionnage et de trahison. En 1894, l'arrestation du capitaine Alfred Dreyfus illustre bien ce climat délétère et l'affaire du même nom a bouleversé la société française pendant douze ans. Admis à la retraite, Louis Laurent ne subit plus cette pression, sans doute de sa hiérarchie, décide le mariage et reconnaît sa fille. Néanmoins et malgré cette légitimité, la nouvelle artiste conserve son nom de naissance comme nom de scène. Par ailleurs, dans les différents entretiens publiés par la presse, Amélie évoque souvent sa mère mais très rarement son père. Enfin, que dire des déclarations de l'état civil au recensement de Saint-Germain-en-Laye en 1881 où Amélie Diéterle est mentionnée en tant que nièce et non comme fille de Dorothée Diéterle[23] ?

Amélie Diéterle devient l'élève de Mlle Alice Ducasse[18], ancienne chanteuse de l'Opéra-Comique, qui a quitté la scène pour reprendre l'enseignement à Paris[note 12].

Mais pour ses débuts sur les planches, notre apprentie comédienne est vite confrontée aux exigences des anciens qui ne laissent que peu de place aux novices et notre ingénue n'est pas au bout de ses peines[5] :

« J'eus un jour une grande émotion. C'était au théâtre des Variétés où je venais de me faire engager, mon premier engagement dans la capitale.
On m'avait dévolu un petit bout de rôle long comme rien, mais enfin c'était un petit bout de rôle. Je n'avais presque qu'une phrase à dire, et vous pensez si j'y tenais à cette phrase !
Oh ! Ce calvaire !
Dupuis, le grand Dupuis, qui menait la pièce, se plaignait tout le temps qu'il y eût trop de rôles à côté du sien. L'auteur, le directeur, le régisseur, passèrent les interminables semaines des répétitions à tailler par ci, à tailler par là dans le texte, et vingt fois la pauvre petite phrase de rien faillit sauter.
Enfin la première arriva. J'existais encore, moi et mon rôle, fière de lui comme vous pensez. J'imaginais que tout Paris était suspendu à mes lèvres. Mais patatras ! Voilà ma partenaire qui se trompe, saute la réplique qui amenait ma phrase et, comme je restais là, effarée, une voix dans la coulisse ordonna :
- Passez ! Passez !
Ma pauvre petite phrase était coupée, et Maman, qu'on avait juchée au poulailler avec la claque et une douzaine d'amis à nous, pour donner le signal des applaudissements, en fit une maladie.
Tout ceci est déjà loin !
Le succès, depuis, est venu et j'ai montré ma frimousse un peu partout, même à l'étranger. »

Chapitre détaillé : Les tournées à l'étranger.

Aux côtés d'Amélie, se produisent sur scène les grands noms du théâtre : Réjane, Marcelle Lender, Jeanne Granier, Ève Lavallière, Mistinguett, Max Dearly ou Albert Brasseur. Étoile des opérettes d'Offenbach et de nombreuses comédies, elle est admirée par l'épouse du propriétaire des Variétés, Mme Paul Gallimard, pour « l'éblouissante blondeur de sa peau »[24],[25]. La beauté d'Amélie Diéterle ne laisse pas indifférent le maître des lieux, Paul Gallimard, fortuné et mécène des arts[26]. Du statut de protégée, elle devient sa maîtresse[27] et Gallimard finit par s'installer avec Amélie, qu'il surnomme « la petite »[28], dans un appartement au 33 boulevard Haussmann puis au 68 boulevard Malesherbes, délaissant sa femme, Lucie Duché, et ses trois fils dont le futur éditeur, Gaston[29]. La comédienne joue un certain nombre de rôles importants grâce à l'appui de Gallimard, ce qui ne va pas sans susciter des jalousies au sein des artistes[26].

Elle chante dans La Vie parisienne, l'opéra bouffe en quatre actes de Henri Meilhac et Ludovic Halévy sur une musique de Jacques Offenbach, où elle interprète le rôle de Louise en 1892. Commence alors une longue carrière de 30 ans au sein de la prestigieuse troupe du théâtre des Variétés. Actrice permanente de l'établissement, elle y dispose de sa propre loge privée et réservée. Sa petite voix « flûtée », sa malice, son nez « en trompette » la rendent très populaire et très appréciée.

En 1898, Amélie Diéterle demande au poète et ami, Stéphane Mallarmé, une signature sur l'album de sa loge aux Variétés. Le 25 avril 1898, Mallarmé rédige alors un charmant quatrain en remplacement de l'autographe sollicité[30] :

« Un rossignol aux bosquets miens
Jette sa folle et même perle
Il prélude et je me souviens
De Mademoiselle Diéterle. »

Il s'agit de l'un des derniers poèmes de Stéphane Mallarmé, qui meurt le 9 septembre 1898 dans sa résidence de Valvins sur la commune de Vulaines-sur-Seine.

Elle excelle en 1901 dans Les Travaux d'Hercule, l'opéra en trois actes de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers sur une musique de Claude Terrasse au théâtre des Bouffes-Parisiens. Son personnage de la reine Omphale lui vaut un poème élogieux dans le livret des auteurs[31] :

« C'est un bijou bien parisien
Serti par quelque maître artiste
Éclipsant rubis, améthyste
Émeraude, corail indien,
C'est une exquise et rare perle
Ce bijou nommé Diéterle. »

Toujours en 1901, Amélie triomphe aux Folies Bergère dans Napoli, un ballet pantomime en quatre actes de Paul Milliet sur une musique de Franco Alfano avec une mise en scène et une chorégraphie de Madame Mariquita. Le directeur Édouard Marchand a tout fait pour engager la jeune artiste[32] et les critiques sont élogieuses : « L'interprétation de Napoli est hors de pair. La jolie Mlle Diéterle que M. Marchand a arrachée à coups de billets de banque au théâtre des Variétés, dont elle était l'enfant gâtée, joue la Parisienne. On ne pouvait lui confier un rôle qui fût mieux dans sa nature élégante. Mlle Diéterle semble, en effet, une Parisienne sortie du crayon de Grévin. Elle en a la grâce et le charme. Le public lui a fait une ovation aussi chaude que méritée »[32].

Son succès des Travaux d'Hercule sur la scène des Bouffes-Parisiens et ses nombreuses créations comme La fiancée du scaphandrier et Au temps des croisades de Franc-Nohain et Claude Terrasse au théâtre des Mathurins, lui valent une première récompense officielle. Amélie Diéterle reçoit les palmes académiques le 3 mars 1902 et devient Officier d'académie[33]. Cette décoration est un camouflet pour la censure qui a pourtant interdit la représentation de l'opéra bouffe, Au temps des croisades, une œuvre jugée licencieuse[34]. La direction du théâtre des Mathurins contourne la difficulté pour la France[note 13] par des représentations privées, uniquement sur invitation[35]. La première a lieu le 30 janvier 1902 et la pièce interdite est un triomphe. Le Tout-Paris fredonne la sulfureuse Valse des péchés. Le spectacle se déroule dans un Moyen Âge plein d'anachronismes et Amélie Diéterle interprète le personnage de la jeune châtelaine, Dame Bertrade[36].

Amélie Diéterle s'est fait une spécialité en chantant et en dansant dans les salons mondains et culturels parisiens, principalement les compositions d'Alfred Bruneau[note 14].

Au début de l'automne 1907, Amélie Diéterle signe un nouveau contrat pour une durée de douze ans avec Fernand Samuel, le directeur du théâtre des Variétés[37].

« Je me donne toute entière à mes rôles. Je les aime… Je les vis… Et lorsque je les quitte, il me semble que c'est un peu de moi qui s'en va ». Citation d'Amélie Diéterle dans la revue, La vie de Paris, (1901).

Amélie Diéterle reçoit pour la seconde fois une distinction officielle et elle est nommée officier de l'instruction publique le 20 janvier 1908, sur proposition de Gaston Doumergue, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts[38]. Cette distinction provoque de nouvelles rivalités et suscite des controverses[39], à l'image de cette société dominée par l'homme. Ainsi sont attaqués l'un après l'autre, le ministre, Gallimard et Diéterle[26]. La décoration que porte Amélie sur son corsage lors d'un souper chez Gallimard inspire l'un des convives, le romancier Tristan Bernard, qui composa ce quatrain[40], dont plusieurs versions sont publiées par la suite[note 15] :

« Moquez-vous du qu'en dira-t-on,
Et soyez bien sage, ma mie,
Puisque monsieur votre téton
Est officier d'académie. »

Sa cousine, Anna-Pauline Grado, fille d'Auguste Grado et de Charlotte Dieterlé, exerce la profession de professeur de musique à Le Perreux. Elle reçoit aussi les Palmes académiques et elle est nommée Officier d'académie le 19 novembre 1911[41]. Pauline Grado s'est mariée le 12 décembre 1901 dans le 18e arrondissement de Paris avec Auguste Jean Émile Chauveau, employé de chemin de fer et natif d'Orsennes dans le département de l'Indre. Le capitaine Louis Laurent est l'un des témoins à leur mariage[42].

Amélie Diéterle, pensionnaire du théâtre des Variétés, est l'une des fondatrices avec Marcelle Lender et Ève Lavallière du cercle, Le Gouting-Club, où se retrouvent artistes et amis autour d'un somptueux buffet dans le salon privé de la comédienne[43]. Cette réunion qui se déroule chaque jour à l'heure du goûter, est organisée par la maîtresse de lieux, Mlle Diéterle, également trésorière de ce club très sélect. Chaque membre porte à la boutonnière l'insigne du club : un ruban cerise clair et grenat relié par un petit fil d'or. Un des acteurs du théâtre, M. Carpentier, est le sonneur de cette association et manie avec maestria une énorme sonnette pour appeler les convives à se rendre dans la loge de l'actrice, le lieu de ce rendez-vous incontournable[43].

Elle compose en 1908, le rôle de Suzette Bourdier dans Le Roi, une comédie en quatre actes de Robert de Flers, Gaston Arman de Caillavet et Emmanuel Arène sur une mise en scène de Fernand Samuel, au théâtre des Variétés. Le spectacle débute le 24 avril 1908 et le succès est tel, que la dernière représentation est donnée l'année suivante, le dimanche 24 octobre 1909[44]. Amélie Diéterle a joué son personnage, 530 fois de suite[19].

Passionnée par le cinéma, ce nouvel art du spectacle qui vient juste de faire son apparition dans la dernière décennie du XIXe siècle, Amélie Diéterle tourne dans de nombreux films muets et ce, dès 1909. Elle joue ainsi dans des courts ou longs métrages dont plusieurs comédies, notamment celles de la série des Rigadin, réalisées par Georges Monca, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale[45].

Au cours de la Grande Guerre, Amélie devient infirmière à l'hôpital militaire de Fouras dans le département de la Charente-Inférieure[note 16] et assure les soins aux blessés venant du front[17]. Elle fait sa rentrée au théâtre des Variétés en 1917.

Les domiciles d'Amélie Diéterle dans le département de la Seine sont situés successivement, dans le 17e arrondissement de Paris en 1890 puis au 6 rue du Marché à Neuilly à la fin du XIXe siècle. Elle revient à Paris pour s'installer dans le 9e et en dernier lieu, le 8e arrondissement au 68 boulevard Malesherbes. La comédienne a longtemps habité dans la commune de Croissy-sur-Seine, à l'angle de la rue Maurice-Berteaux et de la rue des Coteaux, où elle a fait construire une villa baptisée Omphale, du nom de l'un de ses grands rôles dans la pièce, Les travaux d’Hercule, jouée en 1901[45]. Ses parents se sont installés dans cette commune en 1911 au no 2 rue Haute-Pierre[46] avant de déménager pour la villa de leur fille.

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Les tournées à l'étranger[modifier | modifier le code]

Au cours de la période 1898-1899 et entre deux représentations sur les scènes françaises, Amélie Diéterle se produit à l'étranger, principalement en Russie. Sur le plan international, la France avait signé avec l'Empire russe en 1892, une alliance militaire, économique et financière.

Le 13 juin 1898, Amélie Diéterle est en tournée à Moscou et s'affirme sur la scène du théâtre Aumont, du nom de son fondateur français, Charles Aumont (en russe, Омон Шарль, orthographié Charles Omon dans la langue slave)[note 17]. Le répertoire d'Amélie alterne les chansons bretonnes, provençales et même hollandaises ainsi que les danses. Elle interprète les œuvres musicales des auteurs-compositeurs tels que Alfred Bruneau, Henri Maréchal (en), Théodore Dubois ou Ludovic Ratz. Le maître de ballet est Joseph Hansen de l'Opéra de Paris et les costumes sur mesure du spectacle sont conçus et créés par Charles Edmond Landolff, le costumier des théâtres de Paris[47].

Durant un séjour à la « Venise du Nord », Saint-Pétersbourg, Amélie Diéterle est confrontée à l'incompréhension de ses hôtes dans un salon aristocratique[5] :

« On me vit notamment en Russie, mais dans ce diable de pays on est d'une sévérité si grande que, lorsqu'on joue un rôle un peu léger comme sont d'ordinaire les miens, il faut glisser, c'est-à-dire tout faire pour qu'on ne vous remarque pas.
C'est au point, qu'un soir, dans un salon à Pétersbourg, comme j'avais joué une pièce un peu pimentée, le maître de la maison, un homme charmant, qui possédait à fond la langue française, me dit :
- Vous êtes délicieuse, admirable, seulement ma femme n'a rien discerné ; vous-même, comprenez-vous bien le sens des paroles que vous prononcez ? »

En 1899, Amélie Diéterle accomplit une tournée de plusieurs mois dans différentes capitales : Bruxelles, Berlin, Saint-Pétersbourg et Moscou. Ses représentations obtiennent un énorme succès et sont prolongées à la demande des directeurs de théâtre qui l'avaient engagée[48].

Lors de ce voyage, elle joue les principales opérettes dont La Belle Hélène et La Vie parisienne, devant le Tsar et sa Cour à Saint-Pétersbourg[45]. Elle séjourne pendant un mois à Krasnoïe Selo, ville de villégiature et résidence d'été du Tsar[17].

Autre Cour impériale, celle du Kaiser, Guillaume II. Un grand dignitaire du régime est sous le charme de l'actrice et il fait preuve d'audace pour arriver à ses fins. Fort heureusement, notre comédienne maîtrise parfaitement l'Allemand, au sens propre comme au sens figuré [5] :

« À Berlin, un personnage très haut placé, proche du trône même, me fit une cour assidue. Ne croyez pas que j'en tirai vanité. La meilleure preuve en fut que je lui fis comprendre, dès le premier jour, que je ne pouvais l'écouter.
Il insista et devint même tellement pressant qu'un soir, brusquement, je le mis à la porte de ma loge.
Le geste avait été vif et j'eus l'idée qu'étant donné le rang de cet adorateur, j'allais souffrir de représailles certainement cruelles et que, d'ici peu, on allait me reconduire à la frontière.
Justement le lendemain, de sa part vint un aide de camp moustachu, de six pieds de haut.
Au lieu d'un ordre d'expulsion, il me remit un petit paquet et se retira après m'avoir fait le salut militaire.
Dans le paquet était un délicieux ivoire du XVIIIe siècle représentant l'Amour fouetté… »

À la fin du mois de mai 1902, Amélie Diéterle prend de nouveau le train Nord-Express à la gare du Nord et à destination de la Russie pour jouer Chipette, au théâtre de l'Olympia à l'Aquarium de Moscou[49].

Les tournées théâtrales à l'étranger emmènent également la jeune Amélie en Amérique latine et elle remporte un succès à Rio de Janeiro et São Paulo, au Brésil[45].

Amélie Diéterle par elle-même[modifier | modifier le code]

Photographie d'Amélie Diéterle par Léopold-Émile Reutlinger et qui illustrait l'entretien publié dans la revue La vie de Paris, en 1901.

La comédienne au détour d'un entretien pour une revue en 1901, se laisse aller à quelques confidences, non dénuées d'humour. Elle se confie sur sa personnalité, ses passions et son métier[50] :

« Je suis née dans les provinces de l'Est. Voilà sans doute pourquoi j'ai l'air si parisien. On me prend aussi volontiers pour une petite Suissesse. J'adore d'ailleurs construire des chalets en Espagne.

Mon âge ? Je ne le dirai pas, d'abord parce que cette franchise pourrait m'ennuyer un jour… Oh ! pas tout de suite, et puis parce qu'en le confessant, je ferais de la peine à toutes les petites camarades qui l'ont dépassé… et elles sont quelques-unes.

Mon physique ? On dit souvent que je suis jolie. Ce n'est pas vrai. Je me reconnais cependant un certain chic. Lorsque ce mot sera discuté à l'Académie pour le nouveau dictionnaire, je compte bien être au nombre des exemples cités. — Les épithètes que l'on m'accorde le plus ordinairement sont celles de délicieuse, gracieuse on exquise. Mon Dieu ! ce n'est pas mal. Il faut savoir se contenter de peu. On me compare aussi bien souvent à un bibelot. J'attends mon étagère.

On dit encore de moi — c'est effrayant tout ce qu'on dit de moi — que je suis un petit Saxe ou un petit Greuze. Comme c'est gai ! Pour un peu on me comparerait à un sujet de pendule ou à la Cruche cassée. Ah ça non, je ne suis pas bête du tout, et si je n'ai pas inventé la poudre, c'est que je trouve cette invention stupide et meurtrière… Et puis aussi parce qu'elle était inventée avant moi. Je suis, comment dire ?… Futée. Mais j'ai cru bien comprendre et penser tout ce que je dis. En revanche, je me garde bien de dire tout ce que je comprends et tout ce que je pense.

J'aime la vie simple et paisible, les livres, les tableaux, les fleurs, mais par-dessus tout, mon théâtre. — Peut-être un petit peu bourgeoise dans mes habitudes. Je suis artiste dans mes goûts. Si j'avais des armes, j'y verrais assez bien un petit pot au feu dont les anses seraient remplacés par des ailes. Je travaille beaucoup le chant et la comédie. Je me donne toute entière… à mes rôles.

Je les aime… Je les vis… Et lorsque je les quitte, il me semble que c'est un peu de moi qui s'en va. C'est bien bête d'être ainsi et si j'avais à me refaire… Eh bien ! je crois que je me referais encore telle que je suis.

Diéterle. »

La muse et les arts[modifier | modifier le code]

Portrait de Mlle Diéterle et de la domestique Gabrielle Renard, par Auguste Renoir en 1911. Collection Gaston Bernheim en 1922, puis la Fondation Barnes aux États-Unis, sous le titre de Tea Time.
À gauche, une des versions d'Amélie Diéterle au chapeau blanc par Auguste Renoir, datée de 1899. Musée d'Art Institute of Chicago. Les deux autres portraits de l'actrice sont ceux du peintre André Sinet (1867-1923).

Amélie Diéterle inspire les poètes Léon Dierx et Stéphane Mallarmé[45]. Son ami, le collectionneur Paul Gallimard, lui fait découvrir le monde des arts et par son intermédiaire, elle devient le modèle des peintres les plus en vue.

Auguste Renoir a réalisé plusieurs portraits de la comédienne dont une série la représente avec un chapeau blanc[51]. De ces différentes versions, une est datée de 1892 et elle figure dans l'ouvrage de Gustave Geffroy sous le titre de : Germinal, album de vingt estampes originales[52]. L'auteur dans sa préface décrit l'œuvre du maître en ces termes[53] :

« Renoir fait chanter tout un poème de jeunesse, de charme vital, par cette belle fillette empanachée, aux yeux ingénus, à la bouche sensuelle, au visage d'enfant, à la gorge de femme, qui transparaît à travers le dessin le plus souple, le plus léger, le plus joli, le plus nacré. »

Une autre variante en 1899, est une lithographie en gris sur papier vélin, exposée au musée Art Institute of Chicago[54].

Citons également un pastel de 1903, exposé au Museum of Fine arts of Boston[55], sous le titre de Mademoiselle Dieterle, La Merveilleuse. Un autre portrait réalisé vers 1910 est aussi un pastel, actuellement au musée Antoine-Lécuyer à Saint-Quentin[56].

L'une des œuvres du célèbre impressionniste est prêtée en 1922 par Gaston Bernheim (1870-1953) à l'exposition Cent ans de peinture française (1821-1921) d'Ingres au Cubisme, organisée au profit du Musée de Strasbourg, la ville natale de la comédienne, au siège parisien de la Chambre des Antiquaires et reproduit dans l'article du critique d'art et romancier, Léandre Vaillat, de la revue L'Illustration no 4126 du 1er avril 1922. Amélie Diéterle est dessinée assise, accoudée à une table, une employée de maison (Gabrielle Renard) lui versant une infusion dans une tasse. Un second critique d'art, René-Jean, publie également dans le journal Comœdia, une description détaillée de la peinture[57] :

« De tous ces tableaux, ceux qu'on a plaisir à regarder se comptent aisément : d'abord, par Renoir, le portrait de Diéterle, assise en corsage blanc sur un fond de feuillage, servie par une jeune bonne vêtue de rouge : harmonie verte, blanche et rouge, exaltant la splendeur nacrée des chairs et opposant une blondeur claire à une matité brune, scène de genre peut-être plus que portrait au sens classique du mot, mais œuvre où la vie s'exprime avec plénitude et intensité. »

Cette peinture, datée de 1911, appartient de nos jours à la Fondation Barnes, sous le titre de Tea Time et elle est exposée dans leur musée à Philadelphie dans l'État de Pennsylvanie aux États-Unis[58].

Enfin, une autre peinture de Renoir intitulée Femme nue en buste serait une représentation de l'actrice[59] et qui appartenait à Amélie Diéterle, collectionneuse avisée[60]. L'artiste des Variétés est guidée dans ses choix par son mentor, Paul Gallimard. Sur les murs de l'appartement parisien d'Amélie Diéterle, c'est une accumulation de toiles remarquablement signées : Manet, Delacroix, Degas, Pissarro, Renoir, Sisley, Daumier, Corot, Valloton, etc[61].

Amélie Diéterle est ici photographiée assise devant son piano dans le salon de son appartement parisien, au 68 boulevard Malesherbes à Paris où de prestigieuses peintures de sa collection privée, ornent les murs. En haut à droite du cliché, une partie du tableau : La baigneuse endormie (ou La dormeuse) de Renoir. Le modèle représenté en 1897, ne serait autre que l'artiste des Variétés elle-même.

Parmi la collection privée d'Amélie Diéterle, figure un tableau de Renoir, La baigneuse endormie, peinte en 1897 et qui appartient à l'artiste du théâtre des Variétés[62] jusqu'en 1920[63]. Cette œuvre se trouve à présent au musée Oskar Reinhart « Am Römerholz ». Quant au sujet représenté, deux versions s'opposent. Le modèle serait-il Gabrielle Renard, la nourrice de Jean Renoir le fils du peintre, ou Amélie Diéterle elle-même ? Toutes les deux sont devenues les muses du peintre. À noter que Gabrielle Renard avait les cheveux noirs et le teint mat. Amélie Diéterle était blonde et avait la peau claire dans les portraits de Renoir. Cette opposition est plus favorable à la comédienne, description que l'on retrouve dans la peinture citée précédemment et dénommée Tea Time.

Henri de Toulouse-Lautrec la fait figurer dans l'une de ses plus célèbres toiles datée de 1896 : Marcelle Lender dansant le boléro dans « Chilperic »[64].

L'artiste Alfred Roll exécute un tableau en juin 1913, présentant Amélie Diéterle à demi-nue. Elle est assise en extérieur, dans un fauteuil de jardin avec des accotoirs à barreaux ajourés[65]. Don de Mme Henriette Roll au musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, au Petit Palais.

André Sinet (1867-1923), peintre, dessinateur, lithographe et affichiste, a également représenté Amélie Diéterle par deux portraits. Le premier est exposé au Salon de 1899 et le second daté de 1900, figure à l'exposition des peintres du Théâtre, des acteurs et actrices, organisée par la revue théâtrale La Rampe, à la Galerie d'Art du photographe Henri Manuel à Paris au mois d'octobre 1920.

Amélie Diéterle pose aussi pour Maxime Dethomas. Le portrait de la comédienne réalisé par le peintre, est exposé au Salon d'automne de 1908[66].

Un autre artiste inspiré par l'actrice est William Malherbe (1884-1951), disciple de Pierre Bonnard et de Renoir, qui reproduit en 1923 « la princesse des scènes parisiennes »[67], coiffée d'un grand chapeau blanc sur un fond de feuillages. Cette œuvre fait l'objet aussi d'une exposition au Salon d'automne de 1924[67]. Ce tableau est mis sur le marché de l'Art le 22 mars 2019 à l'Hôtel Drouot sous le titre de « Femme à l'ombrelle » par la société de ventes aux enchères, L'Huillier & Associés[68].

Paul Gallimard et Amélie Diéterle sont des habitués de la villa Beaulieu, la superbe demeure du peintre Félix Vallotton, située sur les hauts de Honfleur en Normandie avec son célèbre panorama de la Côte de Grâce et l'estuaire de la Seine. Gallimard est déjà propriétaire d'un tableau de Vallotton, acquis en 1910 et Amélie Diéterle de La femme africaine (œuvre nommée à l'époque La Négresse), aujourd'hui au Musée d'Art moderne de Troyes. Les hôtes de Vallotton vont récidiver. Lui en 1917 avec deux importants paysages de Ploumanac'h et elle, avec une nature morte achetée à l'exposition personnelle du peintre en 1919[69].


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Un modèle idéal[modifier | modifier le code]

Amélie Diéterle par Auguste Bert. Ce dernier a racheté le studio parisien de Paul Boyer.
Amélie Diéterle joue le rôle de Mariette Printemps dans Éducation de prince, au mois de mai 1900.

Les artistes de la Belle Époque telles que Liane de Pougy, Émilienne d'Alençon, La belle Otero, Geneviève Lantelme ou Cléo de Mérode, s’affirment dans le demi-monde parisien grâce à leur beauté et à leur notoriété mais surtout à leurs amants illustres. Les chroniqueurs mondains influent abondamment sur la renommée de ces courtisanes. Mais ce sont les photographes qui leur assurent un succès considérable. Le recours à la photographie, diffuse leurs effigies à l’échelle internationale, ce qui permet aux demi-mondaines qui, à défaut d’un véritable talent, misent tout sur leur beauté. Les séductrices de la Belle Époque ont en fait besoin d’une foule d’admirateurs anonymes qui, en collectionnant les reproductions de leurs portraits photographiques, contribuent à accroître leur réputation de « femmes fatales »[70],[71].

Parallèlement, les véritables artistes du spectacle, comme Sarah Bernhardt, Réjane, Amélie Diéterle, Ève Lavallière ou Arlette Dorgère, ont également besoin de consolider leur renommée par le biais de la photographie. Le développement de la technique photographique contribue à faire d'Amélie Diéterle une célébrité : son portrait est reproduit sous forme de cartes postales, tirées et diffusées à des milliers d'exemplaires. Les photographes Paul Nadar, Léopold Reutlinger, Henri Manuel, Paul Boyer, Auguste Bert ou le studio Cautin et Berger, célèbrent Amélie Diéterle en icône. Reproduite à loisir, l'effigie d'Amélie correspond à l'idéal ambigu de la féminité forgé par la Belle Époque : une femme sensuelle mais sans en avoir l'air, naïve et malicieuse en même temps[72].

Amélie se reconnaît elle-même : « un petit peu bourgeoise dans mes habitudes »[50] et cette reine de Paris, cultive en réalité la discrétion. Contrairement aux demi-mondaines, le seul amant que l'on connaisse d'Amélie Diéterle, est le collectionneur Paul Gallimard. Plongée dans la haute société, elle préserve néanmoins sa vie privée et s'est forgée une réputation de passionnée des Arts et de la littérature, bien loin des frivolités.

La gloire passée de la Belle Époque et de ses héroïnes est perpétuée par la photographie qui, après avoir été un puissant instrument publicitaire, s'avère être un irremplaçable outil de mémoire. Amélie Diéterle a atteint une grande notoriété comme en témoignent toujours aujourd'hui les nombreuses cartes postales des années 1900 qui la représentent.


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Les amours de Don Juan[modifier | modifier le code]

En 1896, les reprises de Don Juan à l'Opéra de Paris et à l'Opéra-Comique obtiennent un succès immédiat. Les directeurs des autres théâtres parisiens souhaitent profiter de cette opportunité pour adapter l'histoire de ce personnage mythique et bénéficier ainsi du même triomphe[73].

Le théâtre des Variétés ne déroge pas à la règle. Fernand Samuel fait appel aux auteurs Paul Ferrier et Ernest Blum. Il confie la musique au compositeur Gaston Serpette. Albert Brasseur est choisi pour le personnage de Don Juan, Juliette Méaly interprète le rôle de Dona Elvire, Amélie Diéterle celui de Dona Anna, Ève Lavallière joue celui de Zerline.

Mais au final, les différents projets n'aboutissent pas. Don Juan va pourtant connaître une nouvelle adaptation inattendue deux ans plus tard avec Amélie Diéterle.

Les éditeurs Karl Nilsson and Per Lamm publient en 1898, Les amours de Don Juan, de Clément Rochel et Edmond Lepelletier. Cette maison d'édition est spécialisée dans le roman-photo, un genre innovant pour l'époque et commercialisé aussi bien en librairies que dans les gares, afin d'intéresser le plus large public possible[74]. La caractéristique de ce roman inédit est le nombre de photographies qui illustrent cet ouvrage. Une véritable performance au vu des 229 pages du livre qui compte pas moins d'une centaine de clichés[74]. Les auteurs présentent dans l'introduction, les deux héroïnes principales, alors que l'acteur qui incarne Don Juan reste inconnu, ce qui est pour le moins, paradoxal[75] :

« Dans ce livre des Amours de Don Juan, nous avons fait appel, pour l’illustration photographique, à Mme Lise Fleuron, exquise et charmante artiste dont tout Paris raffole en ce moment, et à Mlle Diéterle, dont la plastique et le talent sont applaudis chaque soir au théâtre des Variétés. Toutes deux ont bien voulu incarner les deux principaux personnages du roman : la première pour Dona Elvire, la seconde pour Dona Anna. »

La plastique évoquée d'Amélie Diéterle fait-elle référence au rôle de Bengaline que la comédienne interprète l'année précédente dans la revue théâtrale, Paris qui marche ? En tout état de cause, ce roman-photo contribue à la popularité de l'actrice qui a commencé sa carrière sur les planches en 1890 et qui exercera en parallèle, l'art de la comédie dans le cinéma, alors naissant. Amélie Diéterle est une pionnière dans bien des domaines artistiques.

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Baptême de l'air[modifier | modifier le code]

Charles Bernard, régisseur du théâtre des Variétés, achète en 1906 un ancien moulin dit Moulin l'Huillier (ou l'Hoeillet) à Mélicocq près de Machemont dans le département de l'Oise[76],[77]. Il transforme cet ancien moulin à blé en maison de villégiature dite Villa des Roulottes qui accueille de nombreuses personnalités du spectacle : Paul Gallimard, Mary Marquet, Maurice Chevalier, Geneviève Chapelas du théâtre de l’Odéon, ainsi que les danseuses des Folies Bergère[78]. Poètes et écrivains se retrouvent également dans cette propriété pendant la belle saison tels que Pierre Loti, Edmond Rostand, Léo Claretie et Henri Malo[78].

Amélie Diéterle choisit cet havre de paix pour effectuer un séjour de convalescence après une intervention chirurgicale : « À Machemont, il n’est donc nul besoin de médecins. Les yeux fatigués par l’électricité du théâtre se reposent sur la verdure des frondaisons, les oreilles ne sont pas abasourdies par les trompes des autos, ni les nez offusqués par des odeurs d’essence ou de fumées d’usines »[78].

Lors d'un nouvel hébergement au cours de l'été 1911, Amélie Diéterle fait la connaissance des aviateurs Robert Martinet et Georges Legagneux, fondateurs de l'aérodrome de Corbelieu près de Compiègne et de son école de pilotage sur des appareils Henri Farman. L'aviation n'en est qu'à ses débuts et les deux pilotes sont des pionniers dans ce domaine. Martinet lui propose alors un vol sur un de ses biplans, invitation que la comédienne s'empresse d'accepter[79]. C'est ainsi que l'intrépide Mlle Diéterle effectue son baptême de l'air à bord d'un aéroplane au début du mois de septembre 1911[79]. Elle est accompagnée pour cet événement, par Paul Gallimard et plusieurs comédiennes des Variétés[80].

Les deux aviateurs vont connaître un destin tragique. Georges Legagneux se tue au cours du meeting aérien de Saumur, le 6 juillet 1914[81]. En service commandé pendant la Première Guerre mondiale, le capitaine Robert Martinet trouve la mort lors d'un essai d’appareil Farman près de Mikra en Grèce, le 9 avril 1917[82].

« Mlle Diéterle monte en aéroplane ». Deux articles de presse relatent l'évènement à dix-sept mois d'écart : le journal Excelsior, en date du 4 septembre 1911 et celui de Comœdia, le 26 février 1913. Amélie Diéterle a fait la connaissance des aviateurs Robert Martinet et Georges Legagneux, fondateurs de l'aérodrome de Corbelieu et de son école de pilotage sur des appareils Henri Farman, à Machemont près de Compiègne dans le département de l'Oise.

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L'affaire des faux Rodin[modifier | modifier le code]

« L'affaire des faux Rodin » fait la une de la presse nationale et internationale en 1919. La comédienne Amélie Diéterle est impliquée malgré elle dans cette escroquerie à grande échelle, ainsi que le riche collectionneur Paul Gallimard, père de l'éditeur Gaston Gallimard. La presse américaine titre : Comment les escrocs ont inondé le monde des Arts avec de fausses statues Rodin.

Amélie Diéterle est compromise malgré elle dans l'affaire du trafic des faux Rodin en 1919. L'État, légataire des droits de reproduction des œuvres d'Auguste Rodin, intente un procès en ce début d'année 1919, à d'anciens assistants de l'artiste accusés d'avoir produit des faux, deux ans après le décès du maître, survenu à Meudon le .

Le conservateur du musée Rodin, Léonce Bénédite, et le fondeur d'art, Eugène Rudier, ont eu connaissance que des productions inconnues de Rodin se multipliaient. Les amateurs d'art qui s'étaient rendus acquéreurs de ces reproductions ont donné leur aval pour une expertise. Ces pièces sont en fait que des copies. Bénédite agissant au nom du ministre de l'instruction publique et des beaux-arts a en conséquence, déposé une plainte en contrefaçon des œuvres de Rodin dont l'État est l'héritier[83].

L'affaire s'ébruite dans la presse suite à l'arrestation le 14 janvier 1919 à Asnières, de Jacques Bouyon dit de Chalus qui avait épousé Berthe Bougot, la veuve d'un médecin de Rodin, le docteur Monfoux. La perquisition menée à son domicile a permis la découverte de vingt-quatre œuvres en bronze, gravées avec la dédicace : A mon médecin, Rodin ou Au bon docteur, Rodin. Chalus déclare qu'il tient ces bronzes du sculpteur italien, Achille Fidi, qui dénonce à son tour ses compatriotes, les fondeurs Philippe et Amerigo Montagutelli[84]. Le commissaire René Faralicq chargé de l'enquête, procède à l'arrestation de ces quatre premiers suspects. Ce commissaire émérite ainsi que le juge d'instruction, M. Bonin, responsable de cette affaire, s'occupent parallèlement d'un autre dossier, celui du criminel en série, Henri Désiré Landru.

Les frères Montagutelli travaillaient pour Rodin en 1912[85] et ils ont acquis la clientèle du célèbre sculpteur qui leur passe de nombreuses commandes. Auguste Rodin de son vivant, dépose une plainte à l'encontre des Montagutelli pour fabrications illicites au mois de novembre 1913. Les Montagutelli perdent la clientèle de Rodin, mais cela ne les empêchent pas de poursuivre leur activité et de s'associer à un ouvrier d’art, Louis-Frédéric Rouquette, pour l'exploitation d'une fonderie artistique. En réalité, Auguste Rodin est avant tout un modeleur et délègue une grande partie de son travail à de nombreux assistants, mouleurs, tailleurs de marbre et sculpteurs. Après la mort de Rodin, la question de l'authenticité des bronzes se pose. La fonderie Montagutelli est de nouveau accusée en 1919 pour des faits identiques à ceux de 1912, mais à une plus grande échelle. Le juge Bonin chargé de l'instruction, doit déterminer la contrefaçon en matière artistique, l'escroquerie, mais également rechercher les clients potentiels des fondeurs mis en cause, pour recel dont Paul Gallimard, grand collectionneur, et Amélie Diéterle[86].

En effet, l'inspecteur de police, Léon Ballerat, a retrouvé au cours de ses recherches début février, une cinquantaine de bronzes dont l'authenticité est douteuse, au domicile à Paris d'une personnalité fortunée et ami de Rodin, Paul Gallimard. Dans cet appartement, au 68 boulevard Malesherbes, habite également son amie Amélie Diéterle, qui se retrouve de ce fait, confrontée à cette enquête. La plupart de ces pièces proviennent de l'atelier des Montagutelli. Les Bronzes appartiennent à Gallimard et déposés par ses soins dans le logement de l'artiste. Ils sont en attente d'un déménagement au 79 rue Saint-Lazare, l'hôtel particulier et conjugal de Paul Gallimard, ce que confirme Mlle Diéterle qui ne possède aucune de ces œuvres à titre personnel[87].

Malgré ces témoignages et leurs protestations, le juge Bonin décide d'inculper de contrefaçon et de complicité, M. Gallimard et Mlle Amélie Laurent dite Diéterle, ainsi qu'un courtier-expert, M. Joseph Bernaschi[88].

Le juge termine l'instruction de l'affaire le par le renvoi des inculpés, dont Philippe et Amerigo Montagutelli, Jacques Bouyon dit de Chalus, son épouse Berthe Bougot, le statuaire Achille Fidi, le courtier Joseph Bernaschi et Paul Gallimard, devant le tribunal correctionnel de la Seine, exceptée Amélie Diéterle qui bénéficie d'un non-lieu. L'État se porte partie civile au procès qui se tient le 8 mai 1919 devant la 8e chambre correctionnelle[89].

L'implication de Paul Gallimard dans cette affaire et absent au tribunal pour raison de santé, se solde par un arrangement en 1923 avec la donation d'un tableau d'Eugène Carrière à l'État français[90].

Si Amélie Diéterle obtient un non-lieu, sa vie privée est étalée sur la place publique par voie de presse. Son intimité avec Paul Gallimard est révélée ainsi que son véritable patronyme, sa date de naissance et son domicile parisien[91]. Les conséquences à plus ou moins long terme, seront la fin de la relation avec Paul Gallimard et son retrait graduel du théâtre.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

La Villa Omphale, seconde propriété d'Amélie Diéterle à porter ce nom, à Golfe-Juan, commune de Vallauris.
Le 20 avril 1933 dans le palace Miramar à Cannes, a lieu la vente publique aux enchères de la collection des œuvres d'art d'Amélie Diéterle.
La Croisette à Cannes dans les années 1930. L'une des villes de la Riviera méditerranéenne où Amélie Diéterle réside à la fin de sa vie.

Deux disparitions touchent de près Amélie Diéterle. Celle de sa tante, Charlotte Dieterlé, qui meurt chez sa fille Pauline Grado, épouse d'Auguste Chauveau, au 6 rue Choron dans le 9e arrondissement de Paris, le 31 janvier 1917[92]. Puis celle de son père, Louis Laurent, qui décède Villa Omphale, rue Maurice Berteaux à Croissy-sur-Seine le 29 septembre 1919[93]. La déclaration du décès est établie par Pauline Grado, nièce (par alliance) du défunt et un ami de la famille, André Simon, rentier, demeurant 42 rue Ampère dans le 17e arrondissement de Paris. Proche de la famille, André Simon deviendra onze ans plus tard, l'époux d'Amélie Diéterle.

Fatiguée par plus de trente années passées sous les « feux de la rampe » et suite à l'affaire des faux Rodin, Amélie Diéterle se retire progressivement de la scène entre 1920 et 1922[45].

À la fin du mois de juillet 1927, Amélie Diéterle en rentrant de vacances, constate la disparition des gardiens de sa villa à Croissy, les époux Gieske. Ces derniers profitant de l'absence de leur patronne, se sont enfuis non sans emporter une quantité de vêtements, lingeries, fourrures, dentelles anciennes, etc., dont le montant du vol est très important. Sur plainte de Mlle Diéterle, le parquet de Versailles a ouvert une information judiciaire et fait rechercher les domestiques indélicats qui se seraient réfugiés en Belgique[94],[95],[96].

Mais à la fin des années 1920, Amélie Diéterle fait construire une autre propriété à Vallauris dans le département des Alpes-Maritimes et située Route Nationale à Golfe-Juan. Cette superbe villa est surnommée comme celle de Croissy-sur-Seine : Omphale et devient la résidence officielle de l'ancienne pensionnaire des Variétés. Avec la disparition de Paul Gallimard le 9 mars 1929 à Paris[97], Amélie Diéterle est un cœur à prendre et une rencontre va établir durablement l'artiste dans la cité balnéaire de la Côte d'Azur.

En cette année 1929, une indiscrétion est divulguée dans une revue hebdomadaire satirique, Cyrano, qui annonce le mariage d'Amélie Diéterle en ces termes : « les reines de beauté de 1890, Mmes Marcelle Dartoy de l'Opéra et Amélie Diéterle des Variétés, ont épousé des méridionaux aussi bien rentés, qu'apparentés »[98]. Le journal littéraire et mondain de Cannes, Le Littoral, publie dès le début de 1929 lors de la célébration du nouvel an[99], que Mme Simon-Diéterle organise dans les salons de sa villa Omphale à Vallauris, un concert suivi d'un souper et d'un tour de danse. Amélie Diéterle se produit devant ses invités avec la cantatrice Marguerite Liszt[note 18], petite-nièce de l'illustre musicien Franz Liszt, de Gisèle Picard du théâtre de l'Odéon, sœur aînée de Nadine Picard, accompagnées par le pianiste et compositeur, M. Matras.

En réalité, Amélie Diéterle vit maritalement avec André Louis Simon (Paris 1877 - Nice 1965), administrateur de sociétés, et qui vient juste de divorcer le 26 novembre 1929 à Paris avec sa première épouse. Il est le père de trois enfants : Marcelle (Paris 1904 - New York 1995), Anne (Paris 1907 - Saint-André-de-la-Roche 2006) et Robert (Paris 1912 - Bayonne 1992). André Simon, ancien élève de l'École supérieure de commerce de Lille est titulaire d'un diplôme d'études supérieures le 10 octobre 1898. Lors de la Première Guerre mondiale, il est blessé le 28 février 1915 au cours des combats de Perthes-lès-Hurlus. Prisonnier militaire, il réussit à s'évader et reprend du service dans une formation de combat aux armées. La qualité de combattant volontaire lui est reconnu. André Simon est alors décoré de la Croix de guerre. Parlant couramment l'anglais, il effectue de nombreuses traversées vers l'Angleterre et les États-Unis où sa fille aînée se marie à New York le 25 avril 1933[100]. Sa profession déclarée en Amérique est lecturer (Maître de conférences) ou author (auteur). Patriote, il n'hésite pas à reprendre du service dans l'armée en 1937, à l'âge de 60 ans, en intégrant la défense aérienne du territoire (DAT) et dans le cadre de l'organisation de la défense passive[101].

Le mariage entre André Simon et Amélie Laurent (Diéterle) est officialisé le 16 juin 1930 à Vallauris[102].

Quelques mois après cet événement, Amélie prend de nouveau le deuil avec la disparition de sa mère, Dorothée Diéterle, à Vallauris le 29 novembre 1930 dans sa 80e année[103].

Le 20 avril 1933, une vente aux enchères et non des moindres, se déroule à l'hôtel Miramar sur la Croisette à Cannes[104]. Il s'agit de l'importante collection des œuvres d'art de Mme André Simon et inventoriée dans un catalogue à cette occasion[105]. L'huissier en charge des attributions est Me Castel et sous les coups de son marteau, sont vendus les tableaux de maîtres comme ceux d'Auguste Renoir, Eugène Boudin, Eugène Carrière, Armand Guillaumin, Félix Vallotton ainsi que les sculptures de Jean-Baptiste Carpeaux (dont le plâtre orignal du Génie de la Danse), Antoine-Louis Barye, Alexandre Charpentier, Pierre-Jules Mêne, James Pradier, Aristide Maillol. L'adjudication porte également sur des meubles précieux du XVIIIe siècle, des candélabres ou des pendules[106]. L'ensemble de la collection est expertisé par les commissaires-priseurs, René Morot et Jean Bernard de Nice. Le journaliste qui relate les faits au mois de mai 1933, ne manque pas d'évoquer la retraite prématurée d'Amélie Diéterle et qui vit à présent sur la Riviera méditerranéenne. Dans le même temps, une autre pensionnaire du théâtre des Variétés, Germaine Gallois, qui vient de disparaître à Paris le 18 décembre 1932, est également concernée par une vente publique de ses biens à l'Hôtel Drouot[105]. Enfin, coïncidence troublante de ces évènements dans le monde du théâtre, l'annonce prochaine de la vente de livres et d'autographes appartenant à Fernand Samuel, l'ancien directeur du théâtre des Variétés dans sa période de prospérité[105]. De par ces trois ventes simultanées, la page d'une époque réputée douce à vivre se tourne.

L'année suivante, au mois d'octobre puis en décembre 1934, M. Simon demeurant à Omphale, route d'Antibes à Golfe Juan et agissant au nom de sa femme Mme Diéterle, propose une peinture de Jean-Baptiste Camille Corot intitulée « Agar dans le désert », au musée du Louvre[107]. Ce tableau était la propriété de Paul Gallimard avant de devenir celui d'Amélie Diéterle. Le musée du Louvre décline l'offre, mais le collectionneur Georges Wildenstein s'en porte acquéreur avant de le céder au Metropolitan Museum of Art de New York[108]. Ainsi se trouve dispersés des chefs-d'œuvre que l'actrice avait mis tant d'années à réunir.

Le 25 octobre 1937, sa cousine Anna Pauline Grado décède à Paris dans son appartement du 9e arrondissement au 6 rue Choron, à l'âge de 60 ans[109].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Amélie Diéterle se réfugie après juin 1940 à Cannes où elle possède un autre domicile dans ce département des Alpes-Maritimes. Il s'agit d'un appartement localisé près de la Croisette et de la plage, dans un bel immeuble bourgeois de huit étages avec jardin et terrasse du boulevard Alexandre III et dénommé « Palais Alexandre III »[note 19].

En ce lieu de villégiature, Amélie Diéterle s'éteint le 20 janvier 1941 à la veille de ses soixante-dix ans, des suites d'une longue maladie[110],[111].

Après avoir connu la gloire au cours de la Belle Époque, Amélie Diéterle est inhumée dans un terrain commun du cimetière du Grand Jas à Cannes pour une concession gratuite de cinq ans. Après le délai légal, la ville procède à la relève de la sépulture, recueille les restes mortels d'Amélie qui sont déposés à l'ossuaire communal[112].

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Théâtre[modifier | modifier le code]

Amélie Diéterle au côté de Max Dearly en 1906 dans la pièce, Le Paradis de Mahomet, d'Henri Blondeau, sur une musique de Robert Planquette, au théâtre des Variétés.
Amélie Diéterle (au centre) dans la pièce, Madame la Présidente, de Paul Ferrier et Auguste Germain, le 12 septembre 1902 au théâtre des Bouffes-Parisiens.
La comédienne sur la scène à genoux dans la pièce, Madame la Présidente. Elle joue le rôle de Réséda.
Amélie Diéterle, l'atout charme du théâtre des Variétés.
Reprise de la pièce, Le Carnet du Diable, au mois de septembre 1900. L'actrice joue le rôle de Sataniella.
Amélie Diéterle par le photographe Édouard Stebbing.
Journal Le Figaro du 19 mars 1914. Principaux interprètes de la comédie Ma Tante d'Honfleur, de Paul Gavault. C'est sur ce dernier succès que le théâtre des Variétés ferme ses portes au début de la Première Guerre mondiale.


Galerie illustrations : Les deux affiches à gauche représentent Amélie Diéterle dans la fantaisie-opérette, Mam'zelle 5 Louis, où elle tient le rôle principal, au cabaret Parisiana en 1904.
Les auteurs sont respectivement, Jack Abeillé et L. Damaré. Une troisième affiche existe pour ce même spectacle et signée René Péan[117].
Ce dernier auteur réalise également un médaillon à l'effigie de l'actrice, à partir du pastel d'Auguste Renoir, Mademoiselle Diéterle, La Merveilleuse[118].

Artiste lyrique[modifier | modifier le code]

Département de la Côte-d'Or[modifier | modifier le code]

Repères chronologiques

Sources : Le Progrès de la Côte-d'Or (journal) [119].

Amélie Diéterle réside à Dijon de 1882 à 1890. Le Conservatoire de Dijon où elle est inscrite, se situe à l'époque au 40-42 rue Chabot-Charny. Cette institution est une succursale régionale du Conservatoire national supérieur de Paris depuis 1869.

Amélie Diéterle en 1900.
  • Concours de 1885, distribution de prix au Grand-Théâtre de Dijon, le 2 août 1885 : solfège 1er degré, division élémentaire, professeur M. Guertimont. Classe de jeunes filles, 3e mention, Mlle Diéterle.
  • Concours de 1886, distribution de prix au mois d'août : chant, professeur Mlle Satet. 2e accessit à l'unranité, Mlle Diéterle.
  • Concours de 1887, distribution de prix au mois d'août :
    • Solfège 1er degré, division supérieure, professeur M. H. Guertimont. Second prix, Mlle Amélie Diéterie (sic).
    • Chant, professeur M. Charles Laurent. Premier accessit à l'unanimité, Mlle Diéterle.
  • Concours de 1888, distribution de prix au mois d'août :
    • Solfège supérieur, professeur M. Pradel. 2e prix, Mlle Diéterle.
    • Chant, professeur M. Charles Laurent. 2e prix à l'unanimité, Mlle Diéterle.
  • 7 mai 1889 : audition publique d'Amélie Diéterle et organisée par la Société d'émulation de Dijon, à la salle Guiller.
  • 18 juin 1889 : audition publique d'Amélie Diéterle et organisée par le Conservatoire, à la Salle philharmonique de Dijon. Interprétation : Berceuse du Pardon de Ploërmel, opéra de Giacomo Meyerbeer.
  • Concours de 1889, distribution de prix au mois d'août :
    • Solfège supérieur, professeur M. Pradel. Premier prix, Mlle Diéterle.
    • Chant, professeur M. Charles Laurent. 2e premier prix, Mlle Diéterle.
  • Concours de 1890, distribution de prix au mois d'août :
    • 28 juillet 1890 : Mlle Amélie Diéterle, élève de M. Charles Laurent, obtient le premier prix au concours de chant à l'unanimité au Conservatoire de Dijon, en qualité de soprano.

Concerts

Département de la Seine[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Amélie Diéterle à gauche, dans le film muet, Le luthier de Crémone, d'Albert Capellani en 1909. Elle interprète le rôle de Giannina.
Amélie Diéterle à droite sur la photographie, dans le film muet, Le Légataire universel, d'André Calmettes en 1909.

Modes[modifier | modifier le code]

Portrait de gauche, Amélie Diéterle en couverture du périodique Le Théâtre du mois de décembre 1908 en version colorisée, par Léopold-Émile Reutlinger. À droite, la photographie originale (détail).

Amélie Diéterle est l'une des égéries des grandes marques de vêtements et des maisons parisiennes ou londoniennes de la mode, dont :

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Publicités[modifier | modifier le code]

L'actrice participe à de nombreuses campagnes publicitaires au cours de sa carrière.

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Distinctions[modifier | modifier le code]

Mlle Amélie Laurent dite Amélie Diéterle est nommée :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Carte postale de Léopold-Émile Reutlinger vers 1900.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Amélie Diéterle dans sa loge au théâtre des Variétés.

Articles de l'encyclopédie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Base de données[modifier | modifier le code]

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou Amélie Laurent, nom de famille légitimé par son père le 20 février 1892 à Paris.
  2. Deux communes en Allemagne portent actuellement le nom de Reichenbach dans le Wurtemberg. Il s'agit de Reichenbach am Heuberg et de Reichenbach an der Fils, villes dépendantes l'une et l'autre de l'État (Länder) du Bade-Wurtemberg. Aucune précision n'est apportée dans les archives de l'état-civil français.
  3. Grez-sur-Loing comme Barbizon ou Bourron-Marlotte connaît une importante activité artistique, principalement à partir du Second Empire, et de nombreuses personnalités s'installent dans cette commune : Jean-Baptiste Camille Corot, les frères Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, Camille Pissarro, Honoré de Balzac. L'écrivain écossais Robert Louis Stevenson y rencontre sa future épouse, l'artiste américaine Fanny Osbourne. L'invasion prussienne de 1870 porte un coup économique fatal à la ville.
  4. Historique du nom de la rue : en 1817, Kinderspiel-Gasse. Sous l'Empire allemand en 1872, Kinderspielgasse. En 1918, rue du Jeu-des-Enfants. Sous la nouvelle annexion par le Troisième Reich en 1940, Kinderspielgasse. À la Libération en 1945, rue du Jeu-des-Enfants. L'immeuble de deux étages au 44 rue du Jeu-des-Enfants est construit probablement au XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle. Il est démoli en mars-avril 1933. La construction du nouveau bâtiment se termine le 11 mars 1938 mais il est gravement endommagé lors du bombardement aérien du 25 septembre 1944. L'immeuble est de nouveau démoli puis reconstruit à l'identique. Le bâtiment contemporain est à l'angle de la rue du Jeu-des-Enfants et de la rue Hannong. La façade sur la rue du Jeu-des-Enfants a une longueur totale de 4 mètres 50, ce qui est très étroit par rapport à l'immeuble d'origine. La rue Hannong et le carrefour sont élargis au détriment des constructions.
  5. Voir à ce propos le recensement de Saint-Germain-en-Laye pour l'année 1881 au 29 rue des Ursulines. Libellé : Dorothée Dieterlé, 30 ans, repasseuse à Saint-Germain-en-Laye, chef de ménage et sa nièce, Amélie Dieterlé, 11 ans. À noter que le cadet, Ernest Diéterle (ou Dieterlé suivant la variante du nom de famille), ne figure pas dans ce recensement ou du moins à cette adresse. Cote du document : 9 M 859/10, page 36 du registre, vue 37 sur 98. Archives départementales des Yvelines.
  6. 5 rue Franoy est une adresse différente de celle indiquée dans l'acte de décès (5 rue Gagnereaux ou impasse Gagnereaux), mais identique à celle transcrite dans les tables de successions et absences de Dijon pour l'année 1888, concernant Ernest Diéterle. Cote du document : 3 Q 9/298, bureau d'enregistrement de Dijon, période 1887-1889, vue 62 sur 197. Archives départementales de la Côte-d'Or.
  7. Le Conservatoire de Dijon est créé le 8 décembre 1793 (19 frimaire an II). Cet institut de la musique s'installe dans le collège des Godrans, l'ancien collège des Jésuites, bordé au nord par la rue de l'École-de-Droit, au sud par la rue du Petit-Potet et à l'est, par la rue Chabot-Charny. Le Conservatoire occupe la chapelle qui est utilisée successivement tout au long du XIXe siècle par diverses institutions, parmi lesquelles l'école de dessin ou une école primaire annexe de l'école normale. Aujourd'hui, la chapelle est l'actuelle bibliothèque municipale. Le 15 mars 1845, naît l’école élémentaire de musique qui est érigée en succursale du Conservatoire national de musique de Paris. En 1868, le directeur de l'école est Charles Poisot. Depuis une réorganisation sous Napoléon III, le Conservatoire occupe le pavillon d'angle du collège des Godrans. En 1869, l’école emménage dans les bâtiments du 40-42 de la rue Chabot-Charny. Le nouveau directeur en 1872 est Charles (Frédéric) Achard, ancien ténor, professeur et secrétaire. En 1877, Jean-Baptiste Levêque, professeur et officier d'académie lui succède. En 1898, le Conservatoire réside dans le bel Hôtel d'Esterno, acheté par la ville de Dijon en 1884, qu’elle quitte en 1929 pour des locaux, rue du Transvaal. Nouveau déménagement en 1968 pour l'ancienne faculté de Droit et bref passage dans l'ancienne école primaire de la rue du Petit-Potet. Enfin en 1983, le Conservatoire s'implante boulevard Georges-Clemenceau et devient le Conservatoire à rayonnement régional de Dijon.
  8. Charles Gustave Laurent : issu d'une famille d'artistes, son père musicien est le chef d'orchestre du théâtre du Gymnase, Charles Laurent est né à Paris le 14 avril 1844 et mort à Dijon le 3 octobre 1904. Il obtient le prix de chant au Conservatoire de Paris en 1865. Il est un ancien ténor du Théâtre national de l'Opéra-Comique. Nommé successivement officier d'Académie en 1890 puis officier de l'Instruction publique en 1899. Il devient professeur de chant et solfège à Dijon à compter du mois de janvier 1882 jusqu'à son décès en octobre 1904. Le 31 août 1875 dans le 20e arrondissement de Paris, il épouse sa cousine Louise Gabrielle Laurent, fille du sculpteur Hilaire Laurent (né à Paris, 6e arrondissement ancien, le 31 août 1817. Marié à Paris, 8e arrondissement ancien, le 12 décembre 1841 avec Louise Alexandrine Mirat. Mort à Courmelles dans le département de l'Aisne, le 24 mars 1890). Charles Laurent est inhumé à Courmelles.
  9. Amélie Diéterle réside à Dijon de 1882 à 1890. Quant aux années d'obtention des différents concours au conservatoire de Dijon, les sources fiables sont issues du journal, Le Progrès de la Côte-d'Or. À savoir, en 1886 elle obtient le 2e accessit (chant) à l'unanimité. En 1888, le 2e prix (chant) à l'unanimité. En 1890, Amélie Diéterle reçoit son premier prix de chant à l'unanimité.
  10. Louis Laurent est à Dijon jusqu'au 1er juin 1890, suivant l'avis de mutation militaire en date du 22 septembre 1890. Dans ce même avis, il est indiqué que Louis Laurent a emménagé à Paris au 51 rue des Dames dans le 17e arrondissement, où il se marie avec Dorothée Catherine Diéterle, le 20 février 1892.
  11. Dorothee Katharina Dieterle, à l'état civil allemand. À la naissance d'Amélie en 1871, les prénoms de la mère sont francisés et le nom de famille devient Dieterlé. En 1892 la jeune comédienne prend pour pseudonyme Diéterle en déplaçant le « é » au début du nom.
  12. Alice Ducasse en 1875.
    Traduction de l'article en anglais : Alice Ducasse. Anne-Élisa Alice Ducasse, est née à Valparaiso (Chili) le 20 mai 1841 et elle est morte le 4 décembre 1923 à Paris dans le 9e arrondissement (acte de décès no 1262 du 9e arrondissement de Paris, année 1923. Sa date et lieu de naissance sont mentionnés dans l'acte de décès. Source : Archives de Paris). Elle est la fille de Pierre Édouard Ducasse et de Blanche Aline Pelletier.
    Alice Ducasse est une chanteuse d'opéra et enseignante active à Paris où elle demeure au 13 bis rue d'Aumale. En tant que membre de la compagnie au Théâtre-Lyrique sous Jules Pasdeloup et Albert Vizentini, elle a chanté divers rôles dans ce théâtre, créant Mab dans La Jolie Fille de Perth de Georges Bizet, ainsi que Nérine dans L'irato de Étienne Nicolas Méhul (novembre 1868), Formosa dans En Prison de Ernest Guiraud (mars 1869) et Thérèse dans Don Quichotte de Ernest Boulanger (mai 1869).
    Passant à l'Opéra-Comique, elle crée Léna dans la première de La Princesse jaune de Camille Saint-Saëns en 1872 et Frasquita dans la première de Carmen de Georges Bizet en 1875, ainsi que dans les premières représentations de l'Opéra-Comique, d'œuvres créées ailleurs : Jacqueline dans Le Médecin malgré lui de Charles Gounod en 1872 , Stefano dans Roméo et Juliette également de Charles Gounod en 1873, une bergère (pâtre) dans la reprise en 1874 dans Le Pardon de Ploërmel de Giacomo Meyerbeer, Nicette dans la reprise en 1871 de Le Pré aux clercs de Ferdinand Hérold (la 1000e représentation), Mirza dans la production de Lalla-Roukh de Félicien David en 1876, Rita dans la reprise en 1877 de Zampa de Ferdinand Hérold (la 500e représentation) et de Papagena dans la production La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart, en 1879.
    Parmi les autres rôles, citons Bertrand dans la performance du 500e anniversaire de l'Opéra-Comique, dans Les Rendez-vous bourgeois par Nicolas Isouard en mars 1873, Georgette dans Le Val d'Andorre de Fromental Halévy en octobre 1875 et Gillotin dans Gille et Gillotin de Ambroise Thomas en mars 1877. En octobre 1880, Alice Ducasse chante Germaine à la première de Monsieur de Floridor de Théodore Lajarte, à l'Opéra-Comique. Après avoir figuré Marceline dans Le Mariage de Figaro de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais en mai 1882, Alice Ducasse quitte la scène pour reprendre l'enseignement.
  13. La création publique de l'opérette aura lieu en Belgique à Liège au Théâtre de Flore le 2 décembre 1902 avec Marguerite Deval (voir sur le site de la Bibliothèque nationale de France : « Au temps des croisades de Franc-Nohain et Claude Terrasse », sur Gallica). Une nouvelle création parisienne voit le jour au théâtre des Capucines le 14 novembre 1903 sous le titre de Péché véniel. En 2010, Au temps des croisades est repris par la compagnie « Les Brigands » en tournée dans toute la France.
  14. Extrait d'une brève biographie d'Amélie Diéterle en association avec une photographie de la comédienne par l'atelier Nadar. Les artistes se produisaient dans les salons littéraires ou lors des réceptions, devant un auditoire de la haute bourgeoisie et aristocratique. Citons : Lucy Arbell (1878-1947) cantatrice et artiste lyrique mezzo-soprano, Lydia Édith Eustis (1871-1957) soprano, ou Fritz Albert Warmbrodt (1859-1930) artiste lyrique et ténor à l'Opéra de Paris.
  15. Le second vers varie d'une publication à une autre : « Et soyez très fière, ma mie » dans le magazine théâtral La Rampe en 1920, « Aimable Diéterle, ô ma mie » dans Le Monde illustré en 1939, « Mais soyez bien sage, ma mie » dans l'ouvrage de François Xavier Testu en 2014, intitulé : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprits.
  16. Hôpital militaire de Fouras pendant la Première Guerre mondiale : situation à l'Hôtel du Parc avec une capacité de 120 lits. Cet hôpital militaire fonctionne du 26 août 1914 au 1er janvier 1916.
  17. Charles Aumont, nom de scène de Charles Salomon, citoyen français d'origine algérienne, est un entrepreneur de spectacles français dont celui du théâtre des Variétés à Paris. Charles Aumont est un fervent partisan de l'alliance franco-russe et il s'installe en Russie de 1891 à 1907. Il fonde plusieurs théâtres à Moscou : le théâtre Aumont, l'Olympia (dans le jardin de l'Aquarium) et le Buff. Les intérieurs sont magnifiquement décorés et impressionnent profondément les visiteurs avec cet affichage du luxe français. En 1896, Aumont introduit pour la première fois le Cinématographe des frères Lumière, en tant qu'attraction en Russie et il est également le créateur de la distribution des films dans ce pays. La troupe artistique d'Aumont est très professionnelle et bénéficie d'une grande estime dans les milieux du spectacle. Les comédiens extérieurs à sa troupe, sont fiers de participer à ses représentations au vu de la renommée. Mais derrière les portes respectables du théâtre d'Aumont, se cache le monde de la prostitution. Le théâtre Aumont est alors l'objet de critiques acerbes de la part des défenseurs de la morale publique. Constantin Stanislavski qualifie ce théâtre de « repaire de lubricité » et il appelle à sa fermeture immédiate. Quant à la projection de films liée à la nouvelle invention, l'écrivain Evgueni Tchirikov (en) note dans une lettre à son épouse, le 2 juillet 1896 : « Le Cinématographe est merveilleux, mais il est présenté dans le principal lieu de débauche (…) où l'on fait commerce de corps féminins… Du reste, en raison du Cinématographe, même des dames convenables s'y rendent à présent, en compagnie de leurs maris, en profitent pour satisfaire leur curiosité et voir ce qui se fait en pareil lieu ». À l'occasion de l'exposition russe de l'industrie et du commerce qui se tient à Nijni Novgorod en 1896, une des actrices de Charles Aumont tente de se suicider avec une arme à feu, au mois de juillet dans sa chambre d'hôtel, après avoir été abandonnée par son amant, un homme marié. Cette comédienne de 18 ans, belge d'origine et parisienne de naissance, se nomme Eugénie Bruneau dite Lily Darteau. L'affaire fait grand bruit et ternit un peu plus la réputation du théâtre Aumont et de son propriétaire. Maxime Gorki a écrit une nouvelle après le suicide de Lily Darteau. Poursuivi en justice pour détournement de fonds, Charles Aumont quitte la Russie au mois de février 1907, après avoir accumulé les dettes et fuyant les créanciers. De retour à Paris, il s'installe en tant que directeur-gérant du Moulin-Rouge suite au rachat du bail par une société anglaise.
  18. Marguerite Liszt, artiste lyrique, est la fille de Louis Liszt et de Pauline Hoffman. Elle est née à Namangan (Empire de Russie), le 6 juin 1886. Veuve en premières noces de Wahan Manoukian depuis le 17 juin 1927, elle épouse en secondes noces le 12 avril 1928 à Paris dans le 8e arrondissement, François Rossolato Bey, inspecteur de la compagnie française d'assurances Le Phénix à Paris (Archives de Paris : acte de mariage n° 313).
  19. Le « Palais Alexandre III » est un immeuble construit en 1925, dont le maître d'œuvre est inconnu.
  20. Jacasse est le personnage interprété par Sarah Bernhardt dans la pièce Les Bouffons de Miguel Zamacoïs au théâtre Sarah-Bernhardt, la même année. Source : journal Le Figaro du 31 mai 1907, no 151, page 6, dans la rubrique Courrier des théâtres.
  21. Cette pièce est jouée dans le cadre du gala de bienfaisance des théâtres de Paris, au bénéfice des victimes du tremblement de terre de la Sicile et de la Calabre à la fin de l'année 1908. Voir : Séisme du 28 décembre 1908 à Messine.
  22. Amélie Diéterle est la seule interprète à reprendre son rôle, joué en 1914. La reprise de cette comédie est bien sortie en 1922 au théâtre des Variétés avec Raimu et non en 1921 comme l'indique par erreur certaines biographies. La première représentation a lieu le mercredi 31 mai 1922.
  23. Jacques Richard (1929-2018), journaliste à L'Aurore et au Figaro, est un historien du cinéma. Il est l'auteur du Dictionnaire des acteurs du cinéma muet, publié en 2011 aux Éditions de Fallois.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales du Bas-Rhin : état civil de Strasbourg - acte de naissance no 422. Cote du document : 4 E 482/29 (registre des naissances du 1er janvier au 1er mars 1871, vue 109 sur 121). Archives départementales du Bas-Rhin, 6 rue Philippe Dollinger 67100 Strasbourg.
  2. Archives départementales du Bas-Rhin : état civil de Strasbourg - acte de naissance no 427. Cote du document : 4 E 482/30 (registre des naissances du 1er janvier au 29 février 1872, vue 108 sur 145). Archives départementales du Bas-Rhin, 6 rue Philippe Dollinger 67100 Strasbourg.
  3. Archives de Paris : État civil du 10e arrondissement de Paris - acte de mariage no 897 d'Auguste Grado et de Charlotte Dieterlè. Cote du document : V4E / 3639, vue 30 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  4. Archives départementales du Bas-Rhin : état civil de Strasbourg - acte de naissance no 1701 d'Henri Diéterle en date du 26 septembre 1871 (naissance le 25). Cote du document : 4 E 482/29 (registre des naissances 1er septembre au 2 novembre 1871, vue 51 sur 106). Archives départementales du Bas-Rhin, 6 rue Philippe Dollinger 67100 Strasbourg.
  5. a b c d et e Fantasio (publié par le journal Le Rire), « Leurs confidences : Amélie Diéterle », Fantasio, Paris, no 35,‎ , p. 602 à 603.
  6. « Exposition : 1870, Strasbourg brûle-t-il ? », sur Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.
  7. Gustave Fischbach (préf. Gustave Fischbach), Guerre de 1870 : Le siège et le bombardement de Strasbourg, Paris, Éditions librairie de Joël Cherbuliez, , 5e éd., 346 p. (lire en ligne).
  8. Légion d'Honneur : « Cote LH/1501/103 », base Léonore, ministère français de la Culture
  9. Roger Gauchat, Les Quartiers extérieurs de Dijon, t. 25 et 26, Dijon, Éditions des Mémoires de la commission des antiquités du département de la Côte-d’Or, 1959-1962 (tome 25) et 1963-1969 (tome 26) (lire en ligne), 1re et 2e partie, p. 283 à 334 (partie 1) et 403 à 472 (partie 2).
  10. Le Progrès de la Côte-d'Or, « Petite Chronique », Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, no 164,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  11. a et b Le Progrès de la Côte-d'Or, « Petite Chronique », Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, no 165,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  12. a b et c Le Progrès de la Côte-d'Or, « Petite Chronique », Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, no 167,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  13. Archives départementales de la Côte-d'Or : état civil de Dijon - acte de décès d'Ernest Diéterle no 754. Cote du document : 2 E 239/373 (registre des décès du 1er janvier au 31 décembre 1888, vue 193 sur 410). Archives départementales de la Côte-d'Or, 8 rue Jeannin 21000 Dijon.
  14. a b et c Louis-J. Esnault, « Figures d'artistes : Mlle Diéterle », La Revue théâtrale, Paris, no 5,‎ , p. 73 et 74.
  15. Pierre Gras (dir.), Mémoires de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or : Les Bâtiments municipaux de Dijon, t. 24, Dijon, Éditions de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or, (lire en ligne), « Les bâtiments de L'ancien collège des Godrans », p. 239
  16. Le Progrès de la Côte-d'Or, « Les obsèques de M. Laurent », Le Progrès de la Côte-d'Or, Dijon, no 280,‎ , p. 2.
  17. a b c d e et f Jules Delini (dir.) (préf. Maurice Donnay, photogr. Abel), Nos vedettes : 300 biographies anecdotiques d'artistes dramatiques et lyriques, Paris, Éditions Joë Bridge, , 312 p. (lire en ligne), « Mlle Dieterle (Amélie Laurent, dite) », p. 94.
  18. a et b Voir la biographie d'Amélie Diéterle, dans le document iconographique du théâtre des Variétés en 1896 : « Principaux artistes, Mlle Amélie Diéterle », sur Bibliothèque nationale de France.
  19. a b et c Amélie Diéterle, correspondance 1911 avec Georges Fagot (1878-1960) dramaturge, scénariste et réalisateur, pionnier du cinéma (cinématographe Pathé).
  20. Il s'agit des quotidiens L'Écho de Paris et Paris, datés respectivement du 24 et 26 juin 1891 dans les informations théâtrales.
  21. Excelsior, « Les enquêtes d'Excelsior : pourquoi prend-on un pseudonyme ? », Excelsior, Paris, no 464,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  22. Archives de Paris : État civil du 17e arrondissement de Paris - acte de mariage no 221 de Louis Laurent Alexis Laurent et de Dorothée Catherine Diéterle. Cote du document : V4E / 7460. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  23. Archives départementales des Yvelines : recensement de Saint-Germain-en-Laye, 1er quartier, 29 rue des Ursulines. Année 1881, page 36 du registre - Cote du document : 9 M 859/10, vue 37 sur 98. Archives départementales des Yvelines, no 2 avenue de Lunca 78180 Montigny-le-Bretonneux.
    Libellé : Dorothée Dieterlé, 30 ans, repasseuse à Saint-Germain-en-Laye, chef de ménage et sa nièce, Amélie Dieterlé, 11 ans.
  24. (en) Colin B. Bailey (dir.), Renoir's Portraits : Impressions of An Age, New Haven, Éditions Yale University Press, (réimpr. 11 juillet 1998) (1re éd. 1997), 400 p. (ISBN 978-0-30007-134-4, présentation en ligne), p. 217.
  25. McGill University (Canada) : (en) John Collins (dir.), Seeking l'esprit gaulois : Renoir’s Bal du Moulin de la Galette and aspects of French social history and popular culture, Ottawa, Éditions Bibliothèque nationale du Canada, , 440 p., Pdf (ISBN 0-612-75620-3, lire en ligne), chap. 5 (« From Montmartre to Bougival : the popular in Renoir's last dance paintings »), p. 195 et 196.
  26. a b et c Pierre de Montanglaust (pseudonyme de Pierre Mortier 1882-1946), « Et un troisième… Diéterle », Le Monde illustré, Paris, no 4238,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  27. Anne Martin-Fugier (dir.), La vie d'artiste au XIXe siècle, Paris, Éditions Louis Audibert, (réimpr. 13 novembre 2012 aux éditons Fayard) (1re éd. 2007), 480 p. (ISBN 978-2-84749-084-8, présentation en ligne), p. 387.
  28. Michelle Maurois (dir.), Les cendres brûlantes, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Littérature », (réimpr. 8 janvier 1992) (1re éd. 1986), 576 p. (ISBN 978-2-08064-888-4, présentation en ligne), p. 199.
  29. Éléonore Sulser, « Paul Gallimard : le génie oublié de la dynastie », Le Temps, Lausanne,‎ (lire en ligne).
  30. Stéphane Mallarmé (édition établie, présentée et annotée par Bertrand Marchal), Correspondance (1854-1898), Paris, Éditions Gallimard (La Nouvelle Revue française), coll. « Blanche », , 1968 p. (ISBN 978-2-07282-641-2, présentation en ligne, lire en ligne).
  31. Voir le livret de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers : « Les travaux d'Hercule », sur Bibliothèque nationale de France, .
  32. a et b Le Figaro, « Spectacles et concerts : Folies-Bergère », Le Figaro, Paris, no 27,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  33. a et b Journal officiel de la République française, « Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts : Officier d'académie », Journal officiel de la République française, Paris, Éditions des Journaux officiels, no 61,‎ , p. 1649 - 2e colonne en bas (lire en ligne).
  34. Voir l'article de la revue Opérette – Théâtre Musical : « Claude Terrasse (1867-1923) », sur ANAO - Académie Nationale de l’Opérette.
  35. Alfred Delilia, « Courrier des théâtres », Le Figaro, Paris, no 24,‎ , p. 5, 4e colonne (lire en ligne).
  36. Alfred Delilia, « Courrier des théâtres : Aux Mathurins », Le Figaro, Paris, no 30,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  37. Charles de Lagrille, « La rentrée de Diéterle aux Variétés : Elle signe un engagement de douze ans avec M. Samuel », Comœdia, Paris, no 22,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  38. a et b Journal officiel de la République française, « Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts : Officiers de l'instruction publique », Journal officiel de la République française, Paris, Éditions des Journaux officiels, no 19,‎ , p. 500 - 1re colonne en haut à gauche (lire en ligne).
  39. Hugues Delorme, « De la décorabilité des comédiennes », La Rampe, Paris, no 171,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  40. Comœdia, « Échos », Comœdia, Paris, no 843,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  41. Journal officiel de la République française, « Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts : Officier d'académie », Journal officiel de la République française, Paris, Éditions des Journaux officiels, no 314,‎ , p. 9204 - 1re colonne en haut (lire en ligne).
  42. Archives de Paris : État civil du 18e arrondissement de Paris - acte de mariage no 2479 d'Auguste Jean Émile Chauveau et d'Anna-Pauline Grado. Cote du document : V4E / 10476, vue 16 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  43. a et b Le Masque de Verre (pseudonyme), « Échos », Comœdia, Paris, no 181,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  44. Serge Basset, « Courrier des théâtres : Aux Variétés », Le Figaro, Paris, no 297,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  45. a b c d e et f « Amélie Diéterle (1871-1941) : l'ascension d'une étoile », sur Archives municipales de Croissy-sur-Seine.
  46. Archives départementales des Yvelines : recensement de la population de Croissy-sur-Seine, année 1911. Cote du document : 9 M 492/3 (image 61 sur 91). Archives départementales des Yvelines, no 2 avenue de Lunca 78180 Montigny-le-Bretonneux.
  47. Jean-Paul Ehlem, « Bulletin théâtral : Mademoiselle Diéterle », Bulletin du Photo-club de Paris, Paris, Éditions du Photo-club de Paris,‎ , p. 217 (lire en ligne).
  48. Alfred Delilia, « Courrier des théâtres », Le Figaro, Paris, no 337,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  49. Alfred Delilia, « Courrier des théâtres », Le Figaro, Paris, no 147,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  50. a et b La vie de Paris (La Grande vie), « Peintes par elles-mêmes : Amélie Diéterle », La vie de Paris, Paris, no 2,‎ , p. 9 (lire en ligne).
  51. « Jeune femme en buste (Mlle Diéterle) », sur Sudoc.
  52. Gustave Geffroy (préf. Gustave Geffroy, ill. Auguste Renoir, Vincent van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Gauguin, …), Germinal : album de vingt estampes originales, Paris, Éditions de La Maison moderne, , 25 p. (lire en ligne), p. 5.
  53. Gustave Geffroy (préf. Gustave Geffroy, ill. Auguste Renoir, Vincent van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Gauguin, …), Germinal : album de vingt estampes originales, Paris, Éditions de La Maison moderne, , 25 p. (lire en ligne), p. 4.
  54. « Auguste Renoir, Portrait de Mademoiselle Amélie Laurent Diéterle », sur Art Institute of Chicago.
  55. « Mademoiselle Dieterle (La Merveilleuse) », sur Museum of Fine arts of Boston.
  56. « Portrait de Mademoiselle Diéterle, des Variétés », sur Art Réunion des Musées Nationaux et du Grand Palais.
  57. René Jean, « Beaux-Arts », Comœdia, Paris, no 3686,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  58. « Tea Time (1911) par Auguste Renoir », sur Fondation Barnes.
  59. « Femme nue en buste (Amélie Diéterle ?) par Auguste Renoir », sur La Maison de Ventes, Cornette de Saint Cyr à Bruxelles.
  60. Collection des œuvres d'art d'Amélie Diéterle, voir : « Grand nu ; Nu sur les coussins (1907) par Auguste Renoir », sur Portail des collections des musées de France, Joconde.
  61. J. C., « Les faux Rodin et le monde du théâtre », L'Illustration, Paris, no 3964,‎ , p. 26.
  62. Julius Meier-Graefe (ill. Renoir, photogr. Durand Ruel et Druet, version française de A.S. Maillet), Auguste Renoir, Paris, Éditions H. Floury, libraire éditeur, , 220 p. (lire en ligne), p. 156.
  63. Pascal Forthuny, Le Bulletin de la vie artistique, t. 5, Paris, Éditions Bernheim-jeune et Cie, , 760 p. (lire en ligne), « Un nu de Renoir », p. 143.
  64. « Henri de Toulouse-Lautrec, Marcelle Lender dansant le boléro dans « Chilperic », 1896 », sur National Gallery of Art.
  65. « Alfred Roll, En juin, Amélie Diéterle », sur Paris Musees Collections.
  66. Horatio (ill. Maxime Dethomas, photogr. Liard, Mlle Diéterle au Salon d'automne), « La Rampe au Salon d'Automne », La Rampe, Paris, no 20,‎ , p. 10 à 12 (lire en ligne)
    L'auteur de l'article commet un lapsus à propos du prénom de l'artiste. Il s'agit bien d'Amélie Diéterle, comédienne et pensionnaire du Théâtre des Variétés qui interprète la pièce Le Roi en cette année 1908, et non Alice Diéterle. À cette époque, la seule Alice Diéterle (1881-1951) répertoriée et peu connue, est la fille aînée du peintre Georges Diéterle (1844-1937).
  67. a et b René Jean, « Le Salon d'Automne : La peinture », Comœdia, Paris, no 4331,‎ , p. 1 et 2 (lire en ligne).
  68. Voir le document de la vente, lot n°55 « Œuvres de William Malherbe (1884-1951) à l'Hôtel Drouot, Femme à l'ombrelle », sur L'Huillier & Associés.
  69. Marina Ducrey et Katia Poletti (ill. Félix Vallotton, Fondation Félix Vallotton, Lausanne), Félix Vallotton, 1865-1925 : l'œuvre peint, vol. I, II et III : Le peintre (1), Catalogue raisonné (2 et 3), Milan, 5 Continents Éditions, coll. « Catalogues raisonnés d'artistes suisses » (no 22), (réimpr. 1er octobre 2008), 1296 p. (ISBN 978-8-87439-179-0), p. 220
  70. Catherine Guigon (dir.), Les Cocottes : reines du Paris 1900, Paris, Éditions Parigramme, (1re éd. 2012), 192 p. (ISBN 978-2-84096-998-3, présentation en ligne).
  71. Claude Dufresne (dir.), Trois grâces de la Belle Époque, Paris, Éditions Bartillat, , 296 p. (ISBN 978-2-84100-305-1, présentation en ligne).
  72. Sylvie Jouanny (dir.), L'Actrice et ses doubles : figures et représentation de la femme de spectacle à la fin du XIXe siècle, Genève, Éditions Librairie Droz, coll. « Histoire des idées et critique littéraire », , 448 p. (ISBN 978-2-60000-601-9, présentation en ligne).
  73. Armand Baudoin, « Les Don Juan de l'année : théâtre des Variétés », La Vie parisienne, Paris, no 47,‎ , p. 673 (lire en ligne).
  74. a et b Martine Lavaud, « Portrait de Don Juan en dandy photophile : Le roman-photo, le cas des Amours de Don Juan », Muse Medusa, Montréal (Québec), no 2 « Don Juan ou le pouvoir de séduction »,‎ (ISSN 2369-3045, lire en ligne).
  75. Edmond Lepelletier (dir.) et Clément Rochel (dir.), Les amours de Don Juan (roman photo-illustré), Paris, Éditions Karl Nilsson and Per Lamm, coll. « Excelsior », , 229 p. (lire en ligne)
  76. « Ancien moulin à huile dit Moulin l'Huillier, puis moulin à blé puis maison de villégiature dite villa des Roulottes », sur Région Hauts-de-France.
  77. Le Courrier picard, « Histoire des carrières de Montigny : au XIXe siècle, Machemont devient un lieu de villégiature », Le Courrier picard, Amiens,‎ (lire en ligne).
  78. a b et c « Château de Roberville à Machemont », sur Château de Roberville.
  79. a et b Excelsior, « Mlle Diéterle monte en aéroplane », Excelsior, Paris, no 293,‎ , p. 8 (lire en ligne).
  80. Charles Vogel, « Sic itur … : Comment Mlle Diéterle reçut le baptême des airs », Comœdia, Paris, no 1974,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  81. « Le temps des aéroplanes », sur Saumur jadis.
  82. « Robert Martinet (1885-1917) », sur Rugby.scuf.
  83. Le Petit Parisien, « Une fabrique de faux Rodin : l'industrie était prospère », Le Petit Parisien, Paris, no 15317,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  84. Le Figaro, « Faux Rodin », Le Figaro, Paris, no 15,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  85. « Les fondeurs Montagutelli », sur E-monumen.
  86. Le Figaro, « Les faux Rodin », Le Figaro, Paris, no 46,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  87. Le Petit Parisien, « Les faux Rodin », Le Petit Parisien, Paris, no 15337,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  88. Le Petit Parisien, « Mlle Diéterle et M. Gallimard inculpés dans l'affaire Rodin », Le Petit Parisien, Paris, no 15346,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  89. Le Petit Parisien, « L'instruction de l'affaire des faux Rodin est terminée : Mlle Diéterle bénéficie d'un non-lieu », Le Petit Parisien, Paris, no 15402,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  90. Alban Cerisier (dir.), Gallimard : un éditeur à l'œuvre (biographie), Paris, Éditions Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Littératures » (no 569), , 176 p. (ISBN 978-2-07044-169-3, présentation en ligne), chap. 1 (« La littérature au comptoir »), p. 17.
  91. collectif (Colette, J.-H. Rosny, Maurice Donnay, Henry Bataille, Camille Mauclair, Frédéric Sauvage, André Birabeau), « Potins et pantins : Ce qu'on ne doit pas savoir », Parisiana, Paris, no 8,‎ , p. 8 (lire en ligne).
  92. Archives de Paris : État civil du 9e arrondissement de Paris - acte de décès no 161 de Charlotte Dieterlé. Cote du document : 9D / 127, vue 26 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  93. Archives départementales des Yvelines : état civil de Croissy-sur-Seine - année 1919, acte de décès no 43 de Louis Laurent Alexis Laurent. Cote du document : 4E / 6132 (registre des décès 1918-1922, vue 59 sur 154). Archives départementales des Yvelines et de l'ancienne Seine-et-Oise, 2, Avenue de Lunca 78180 Montigny-le-Bretonneux, Saint-Quentin-en-Yvelines.
  94. A. Magne, « La villa de Melle Diéterle a été dévalisée par ses gardiens », Le Gaulois, Paris, no 18195,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  95. Journal des débats politiques et littéraires, « Vol chez Melle Diéterle », Journal des débats politiques et littéraires, Paris, no 210,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  96. L'Homme libre, « Domestiques indélicats », L'Homme libre, Paris, no 4023,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  97. Archives de Paris : État civil du 9e arrondissement de Paris - acte de décès no 419 de Paul Sébastien Gallimard. Cote du document : 9D / 147, vue 9 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  98. Léo Marchès (Léon Marchessaux 1870-1944, dit) (Cyrano, journal satirique hebdomadaire), « Fêtes », Cyrano, Paris, no 246,‎ , p. 26 (lire en ligne).
  99. Le Littoral (journal littéraire et mondain de Cannes et de l'arrondissement de Grasse), « Échos mondains », Le Littoral, Cannes, no 12748,‎ , p. 1 (lire en ligne [pdf]).
  100. FamilySearch Historical Records : New York Passenger and Crew Lists, 1909, 1925-1957, United States. Last name : André Louis Simon, born in Paris in 1877 ; citing Immigration, New York, United States, NARA microfilm publication T715 (Washington, D.C.: National Archives and Records Administration, n.d.).
  101. Archives de Paris : recrutement militaire de la Seine d'André Louis Simon. Numéro de matricule : 311. Cote du document : D4R1 / 946. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  102. Archives départementales des Alpes-Maritimes : état civil de Golfe-Juan, commune de Vallauris - année 1930, acte de mariage no 13 de André Louis Simon et Amélie Laurent. Cote du registre : HS 87946 (vue 8 sur 16). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Centre administratif départemental, bâtiment Charles Ginesy, no 147 boulevard du Mercantour, B.P. 3007 - 06206 Nice Cedex 3.
  103. Archives départementales des Alpes-Maritimes : état civil de Golfe-Juan, commune de Vallauris - année 1930, acte de décès no 47 de Dorothée Catherine Diéterle. Cote du registre : HP 50978 (vue 13 sur 17). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Centre administratif départemental, bâtiment Charles Ginesy, no 147 boulevard du Mercantour, B.P. 3007 - 06206 Nice Cedex 3.
  104. Source : origine de différentes ventes par adjudication et se rapportant à des tableaux appartenant à Amélie Diéterle. Voir notamment la Maison de vente aux enchères Delon-Hoebanx à Paris : peinture d'Armand Guillaumin, Paysage d'automne à Crozant, 1907.
  105. a b et c Miguel Zamacoïs, « Un flâneur à l'Hôtel des Ventes », Candide : grand hebdomadaire parisien et littéraire, Paris, no 479,‎ , p. 10 (lire en ligne).
  106. Le Figaro, « L'art et la curiosité : Deux ventes à Cannes », Le Figaro, Paris, no 104,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  107. Archives des musées nationaux, Département des peintures du musée du Louvre, Paris. Cotes : Série P, volume 4, sous-série P5. Voir : le site des Archives nationales.
  108. Voir l'historique de la provenance du tableau, sur le site du Metropolitan Museum of Art de New York.
  109. Archives de Paris : État civil du 9e arrondissement de Paris - acte de décès no 984 d'Anna Pauline Grado. Cote du document : 9D / 155, vue 29 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  110. Archives de l'Hôtel de Ville de Cannes : état civil de Cannes - acte de décès no 72. Registre des décès pour l'année 1941. Hôtel de Ville de Cannes, État civil, no 1 place Bernard Cornut-Gentille, CS 30140, 06414 Cannes Cedex.
  111. Paris-Soir, « Diéterle : vedette du boulevard en 1900, n'est plus », Paris-Soir, Paris, no 232,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  112. Archives du cimetière du Grand Jas à Cannes : historique de la concession Amélie Diéterle. Hôtel de ville de Cannes, no 1 place Bernard Cornut-Gentille, CS 30140, 06414 Cannes Cedex.
  113. Les quotidiens publient des pseudonymes différents pour la jeune comédienne : Guimard ou Diéterle.
  114. « La Dame de Monte-Carlo », sur Encyclopédie multimédia de la comédie musicale théâtrale en France.
  115. Après avoir interprétée le rôle de Suzette Bourdier en 1908, Amélie Diéterle a pour personnage Youyou en 1921. Lire le journal, Comœdia, « Les Théâtres : Variétés », Comœdia, Paris, no 3006,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  116. Notice no 02120010497, base Joconde, ministère français de la Culture
  117. « Amélie Diéterle par René Péan », sur Artnet.
  118. « Médaillon Amélie Diéterle par René Péan », sur Jean-Marc Delvaux, Paris.
  119. « Le Progrès de la Côte-d'Or », sur Gallica, Bibliothèque nationale de France.