Fonderie Rudier

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Portrait d'Eugène Rudier par Bourdelle au Musée Rodin de Paris

Alexis Rudier (?-1897) et son fils Eugène Rudier (1875-1952) dirigèrent la fonderie Rudier de 1874 à 1952.

La fonderie travailla pour les grands sculpteurs de son époque comme Auguste Rodin, Antoine Bourdelle, Gustave Miklos ou Aristide Maillol en gardant la signature : Alexis Rudier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les trois frères Rudier : Victor, François et Alexis semblent avoir envisagé de créer une fonderie vers 1850. Mais cette association n'a pas duré.

En 1881 François Rudier semble avoir été l'associé d'Auguste Griffoul et le codirigeant de la fonderie Griffoul, bien avant le départ de son fondateur pour les États-Unis où il créera une fonderie. On retrouve ce François Rudier au 41 de la rue Vavin en 1883. Il travaille pour Rodin et produisit 115 bronzes entre 1881 et 1904. La majorité de ces pièces ne portent ni sceau ni signature[1].

Signature d'Alexis Rudier sur la statue de Charles Adolphe Würtz à Strasbourg

Son frère, Alexis Rudier a donné son nom à l'une des plus grandes fonderies d'art françaises créée en 1874, rue Charlot à Paris. Puis l'entreprise se déplace en 1880, au 45, rue de Saintonge. Elle y reste jusqu'en 1934 et son déplacement à Malakoff dans la banlieue sud de Paris. On doit à la fonderie Rudier quelques-uns des plus beaux bronzes du XIXe siècle et du XXe siècle.

Mais c'est Eugène Rudier qui développe la fonderie. Il prend la direction de la fonderie avec sa mère à la mort de son père en 1897. Dès 1902, Eugène Rudier reprend à son oncle François Rudier, la clientèle d' Auguste Rodin dont la notoriété est déjà internationale. Néanmoins le sculpteur lui retire souvent l'exécution des patines que Rodin préférait confier à Jean Limet, ce dernier sera embauché par Rudier à la mort de Rodin. Jean Limet travaillera pour Rudier jusqu'à sa mort en 1941, surveillant et patinant tout spécialement les fontes posthumes d'Auguste Rodin. Eugène Rudier continue par ailleurs à travailler pour des orfèvres tels que Chaumet, Aucoc, Boucheron,...Puis vers 1905, Eugène Rudier s'étend en obtenant les travaux de Aristide Maillol.

En 1918, Eugène Rudier s'installe au Vésinet. Il dispose dans le parc de sa résidence les plus célèbres statues sorties de sa fonderie. À la mort d'Auguste Rodin, en 1917, il obtient l'exclusivité des fontes pour le musée Rodin.

En 1929, Eugène Rudier invite son ami Antoine Bourdelle, malade, à venir passer l'été dans sa propriété du Vésinet au 18 route des Bouleaux, à proximité de la propriété du fondeur. Le sculpteur y décède en octobre.

En 1934, les ateliers déménagent de Paris à Malakoff. Puis les ateliers de la rue de Saintonge dans le quartier du Marais seront abandonnés vers 1935-1936. Dans un bâtiment proche de la fonderie, Eugène Rudier y installe sa collection privée de sculptures, de dessins et de tableaux. Durant l'entre-deux-guerres, la fonderie emploie une quarantaine d'ouvriers.

Lors de l'Exposition internationale « Arts et Techniques dans la Vie moderne» qui s'est tenue à Paris du 25 mai au 25 novembre 1937, Rudier au faîte de sa gloire remporte la majorité des marchés. Il reçoit de l'État de nombreuses commandes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Rudier fondra, à la demande de Arno Breker, le sculpteur du Troisième Reich, une Porte de l'Enfer de Rodin[2].

Eugène Rudier décède le 18 juin 1952 à Malakoff. Il est inhumé dans le cimetière du Vésinet, une sculpture de Rodin, La Grande Ombre, décore sa tombe. Après son décès et selon ses instructions sa veuve brûla les archives et brisa les moules de la fonderie, afin d'empêcher quiconque de lui succéder. À sa mort tout devait s'arrêter[3].

Le métier de fondeur[modifier | modifier le code]

L'industrie du bronze française en 1878, occupe dans 600 fonderies plus de 7 500 ouvriers. Dès 1818 les fondeurs s'organisent en une « Réunion des fabricants de bronze » pour défendre leurs intérêts et en particulier lutter contre la contrefaçon. Pour lutter contre celle-ci ainsi que la multiplication inconsidérée de tirages d'une même œuvre, les fondeurs Rudier, Hébrard et Valsuani sont les premiers à numéroter leurs tirages. Chaque épreuve porte un numéro d'ordre et le chiffre total du tirage.

La clientèle[modifier | modifier le code]

Eugène Rudier établit avec ses clients sculpteurs des relations basées essentiellement sur la confiance mutuelle voir d'amitié. Les principaux sont :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des fondeurs de bronzes d'art, par Lebon, Elisabeth Marjon Editions, 2005.
  • Les fonderies de bronzes, par P.P. Dupont et C. Huberty,1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Les statutaires
  2. Société d'histoire du Vésinet
  3. Référence : http://histoire-vesinet.org/saga_rudier.htm