Je sais tout

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Ne doit pas être confondu avec Je suis partout.
Je sais tout
magazine encyclopédique illustré
Image illustrative de l'article Je sais tout
N° 2, couverture du 15 mars 1905 par Grün.

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Prix au numéro 50 centimes (lancement)
Fondateur Pierre Lafitte
Date de fondation 15 février 1905
Date du dernier numéro 15 janvier 1922 (nouvelle formule), 1er septembre 1939
Éditeur Société générale d'éditions illustrées

Propriétaire Pierre Lafitte et Cie (1905-1916), Hachette (1916-1939)
Directeur de publication Pierre Lafitte (1905-1921)
ISSN 0982-1678

Je sais tout magazine encyclopédique illustré est un mensuel français, créé à Paris par l'éditeur de presse Pierre Lafitte le 15 février 1905.

Je sais tout publia notamment, sous forme de feuilletons, les premiers romans et nouvelles écrits par Maurice Leblanc et contant les aventures d'Arsène Lupin, ainsi que des romans de science-fiction.

Description[modifier | modifier le code]

La première livraison de ce mensuel a lieu le 15 février 1905 avec en couverture une famille, la mère, le père et un enfant, ayant chacun un combiné téléphonique à l'oreille.

Je sais tout paraît le 15 de chaque mois, mais fut interrompu d'août à décembre 1914. De format 17,5 cm sur 24,5 cm, le magazine faisait souvent plus d'une centaine de pages : on compte 128 pages pour les premières livraisons, une couverture en couleurs et l'intérieur en noir et blanc dont des images hors-textes en trichromie. Le logo et le personnage fétiche de la revue, le « père Je sais tout », ont été créés par le peintre Grün. Les premiers chiffres de tirage annoncés furent de 250 000 exemplaires. Au bout de quelques numéros, Je sais tout est sous-titré par une nouvelle accroche, « encyclopédie mondiale illustrée ».

Des pages hors textes en couleurs et de nombreuses illustrations au trait émaillent cette publications qui convoque des artistes, à savoir des dessinateurs comme Maurice Leroy, des photographes, et bien entendu de nombreux journalistes reporters et des écrivains dont la plupart des romans feuilletons furent repris ensuite sous la forme d'ouvrages.

Inventeur de la formule sportive et récréative illustrée de photograhies avec La Vie au grand air en 1898, Pierre Lafitte lance le concept d'un magazine novateur, dit de « culture générale », ciblant le grand public ou la famille, sans toutefois être véritablement pionnier : depuis 1891, The Strand Magazine propose un cocktail de feuilletons illustrés et d'informations généralistes, puis le National Geographic sort en janvier 1905 une nouvelle formule illustrée au même format, Jugend en Allemagne évolue également en magazine culturel, etc. Il est à noter que les éditions Larousse publiait depuis 1898 des revues à caractère encyclopédique et généraliste, avec plus ou moins de succès. Quant au magazine La Science et la vie, il ne sortira qu'en 1913.

Techniquement, le magazine est imprimé sur les presses Gustave de Malherbe & Cie (Paris 15e), équipées en machines capables de produire en similigravure les illustrations et en traiter de grandes quantités (photographies, dessins tramés ou au trait). Le rendu est parfois comme saturé, mais dans l'ensemble la lisibilité satisfaisait le lectorat habitué à la gravure classique[1]. Pour le numéro 100, Lafitte annonce que désormais le magazine est imprimé grâce à l'« héliogravure rotative » et promet plus d'illustrations en 3 et 4 couleurs[2].

Je sais tout constitue un tournant culturel et marketing, en ce qu'il fut très vite, en France, un succès populaire qui adopta ce format par la suite imité[3].

Développement[modifier | modifier le code]

Un « prix Je sais tout » fut organisé dès le lancement du magazine qui récompensait les meilleurs critiques littéraires ou des reportages que les lecteurs pouvaient soumettre à la rédaction.

Un prix annuel fut lancé en 1921 pour récompenser un manuscrit français s'inscrivant dans la continuation de l'œuvre de Jules Verne « en tenant compte des possibilités scientifiques de l'avenir et en sachant donner au récit un intérêt égal »[4].

En février 1922, une nouvelle formule est lancée par Hachette, intitulée Je sais tout, la revue de la découverte, qui prend fin en septembre 1939 avec une couverture montrant un soldat portant un masque à gaz (Imprimerie Georges Lang). La sortie des numéros de cette deuxième formule se faisait au 1er du mois.

Il y eut en tout 405 numéros.

En mai 1969, Hachette propose un magazine hebdomadaire intitulé Je sais tout, l'aventure humaine de tous les temps (édité par le groupe de presse Edi-Monde, avec pour directeur de publication Paul Winkler). Il reprend le concept encyclopédique, mais destiné cette fois au public adolescent, dans l'esprit des fascicules Tout l'univers avec des illustrations uniquement dessinées. Ni ces dessins ni les articles ne sont signés, sinon un édito sous le pseudonyme de Pérégrinus. Ce magazine paraît chaque mardi, au prix de 1,50 francs, jusqu'en 1970.

Listes des contributeurs notables[modifier | modifier le code]

Écrivains[modifier | modifier le code]

Illustrateurs[modifier | modifier le code]

Les Arsène Lupin[modifier | modifier le code]

Exemple de sommaire : Je sais tout, n° 65[modifier | modifier le code]

  • Crédit : Lafitte Collection, 1910. In-8 Carré. Broché, paginé de 547 à 681, illustré de nombreuses publicités, de photographies et de dessins noir et blanc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Van Herp, Je sais tout, le roi des magazines, collection « Idées et autres… », Éditions Recto-Verso, 1986.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'affiche en couleurs à la fin du XIXe siècle : un peu de "chromotypographie" avec l'imprimeur-éditeur Gustave de Malherbe » par Anne-Marie Sauvage, in Nouvelles de l'estampe, BNF, 2010, p. 43-46.
  2. Cf. Je sais tout daté du 1er février 1913.
  3. Jacques Van Herp, Je sais tout, le roi des magazines, Éditions Recto-Verso, coll. « Idées et autres », 1986, p. 29-35.
  4. Un honneur insoutenable : prix littéraires francophones de Science-Fiction, en ligne.
  5. C'est effectivement le dernier numéro disponible en ligne sur Gallica, mais l'en-tête de la rubrique indique 1939 (?). Voir sommaire [1], et la dernière page numérisée qui indique la promesse d'un numéro pour le 15 février 1922, soit une nouvelle formule.