Barbizon

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Barbizon
Rue commune de Barbizon.
Rue commune de Barbizon.
Blason de Barbizon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Arrondissement de Melun
Canton Fontainebleau
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Bière
Maire
Mandat
Philippe Douce
2014-2020
Code postal 77630
Code commune 77022
Démographie
Gentilé Barbizonnais
Population
municipale
1 331 hab. (2012)
Densité 253 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 26′ 48″ N 2° 36′ 20″ E / 48.4466666667, 2.6055555555648° 26′ 48″ Nord 2° 36′ 20″ Est / 48.4466666667, 2.60555555556
Altitude Min. 75 m – Max. 93 m
Superficie 5,27 km2
Localisation

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Liens
Site web barbizon.fr

Barbizon est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.

Ses habitants sont appelés les Barbizonnais.

Barbizon est un des endroits mythiques de la peinture pré-impressionniste en France. Dès 1830, ce qui est encore un hameau de bûcherons accueillera en effet à l'auberge Ganne, tous les peintres qui viennent chercher l'inspiration auprès de la nature intacte. Plus tard, ils partagent leurs séjours entre Barbizon et Chailly-en-Bière, trouvant leurs sujets dans la campagne ou la forêt de Fontainebleau toute proche, peignant sur le motif.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Les communes limitrophes proches de Barbizon incluent Chailly-en-Bière à 2,2 km à vol d'oiseau, Saint-Martin-en-Bière à 2,7 km, Fleury-en-Bière à 4,0 km, Arbonne-la-Forêt à 4,9 km et Cély à 4,9 km[1]. Au-delà de Saint-Martin-en-Bière, on trouve les communes d'Arbonne-la-Forêt et Milly-la-Forêt.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

Au dernier recensement de 2012, la densité était de 255 habitants/km2.

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 831, alors qu'il était de 767 en 1999[Insee 1].

Parmi ces logements, 70,9 % étaient des résidences principales, 14,8 % des résidences secondaires et 14,3 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 88,2 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 10,9 % des appartements[Insee 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 82,6 %, en hausse très sensible par rapport à 1999 (66,2 %)[Insee 3].

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Barbitio est mentionné en 808 dans un document de Charlemagne. La commune est mentionnée en 1222 sous le nom de Barbuison et en 1392 sous le nom de Barbiron. La commune est indépendante depuis le , après la séparation d'avec Chailly-en-Bière.

Histoire[modifier | modifier le code]

Coucher de Soleil de Théodore Rousseau, l'un des peintres de l'École de Barbizon.

Dès les années 1850, des étrangers de l’Europe entière, de Russie, des États-Unis, inscrits dans les ateliers parisiens, vont se joindre à leurs camarades français pour venir à Barbizon, à partir du printemps.

En 1867, l’hôtel Siron (actuel Bas-Bréau), appelé aussi de « l’exposition », car l’aubergiste a l’idée d’ouvrir une salle d’exposition pour les œuvres des artistes de passage, accueille une nouvelle clientèle de peintres et aussi d’écrivains, souvent étrangers, comme Robert Louis Stevenson par exemple, qui vont essaimer jusqu’à la fin du siècle à Marlotte, Grez-sur-Loing ou Moret-sur-Loing.

Ainsi, très tôt, le nom de Barbizon fut connu, plusieurs articles de L'Illustration eurent comme sujet des reportages sur l’auberge Ganne et ses décors peints par les artistes[2].

Les artistes étrangers revenant dans leurs pays furent les meilleurs propagandistes de la vie à Barbizon, comme Ludwig Knaus et Albert Brendel en Allemagne, William Morris Hunt aux États-Unis, Jozef Israëls et Willem Roelofs aux Pays-Bas etc. Après 1875, les Français du noyau d’origine composé de Jean-Baptiste Camille Corot, Charles-François Daubigny, Alexandre-Gabriel Decamps, Narcisse Díaz de la Peña, Jules Dupré, Charles Jacque, Jean-François Millet, Théodore Rousseau, Constant Troyon disparurent[2]. Mais, depuis 1863, la jeune génération de Claude Monet, Auguste Renoir et Alfred Sisley avait fait le pèlerinage en forêt de Fontainebleau, sur les pas des anciens, ceux de l’École de Barbizon, pour prendre la relève et créer une nouvelle vision de la nature. Ce n’est qu’en 1890 que le nom d’École de Barbizon fut attribué au groupe des anciens, à la suite de la parution à Londres du livre de David Croal Thomson, intitulé The Barbizon school of painters.

Il n’y avait alors plus beaucoup de peintres à Barbizon, mais plutôt des écrivains, des philosophes, des chanteurs et des comédiens : Jean Galtier-Boissière, Gabriel Séailles… Les hôtels et les restaurants s’étaient multipliés par dix et les touristes affluaient, un petit train les amenant directement à Barbizon depuis Melun. Chailly-en-Bière est jusque-là le seul bourg important, il possède une mairie, une paroisse, un cimetière et tous les commerces utiles à la vie des mille habitants qu'il compte. Barbizon n'est qu'un hameau où loge une population pauvre de moins de 300 habitants, de journaliers et de bûcherons pour la plupart. C'est à Chailly-en-Bière que s'arrête la diligence à l'auberge du Cheval Blanc, qui est le relais de poste. Les visiteurs de la forêt de Fontainebleau vont donc naturellement s'arrêter à Chailly-en-Bière ou à Fontainebleau car ils pourront y être nourris et logés[2].

Le terminus du tramway de Melun devant l'hôtel de la Forêt. Cette ligne était exploitée par la société du Tramway Sud de Seine-et-Marne (TSSM) de 1899 à 1938.

À partir des années 1850, le chemin de fer permet d'accéder à Melun ou Fontainebleau encore plus rapidement, même s'il restait encore une dizaine de kilomètres à faire à pied pour arriver sur les lieux, avant qu'à la fin du XIXe siècle un petit train ne soit créé de Melun à Barbizon[2]. Ainsi, Barbizon supplante peu à peu Chailly, d'abord par l'affluence des visiteurs, mais aussi par la qualité de cette société cosmopolite de peintres, d'écrivains et de musiciens[2]. Et pourtant, cent ans plus tard, malgré le renom international donné à Barbizon par ses peintres, l'église au fond du tableau le plus célèbre de Jean-François Millet est celle de Chailly ; le père Chicoré, célèbre berger, immortalisé par Jean-Ferdinand Chaigneau, demeurait à Chailly-en-Bière. Barbizon conserve toujours le « chemin de messe » qui conduisait les Barbizonnais à Chailly, et enfin reposent côte à côte dans le cimetière de Chailly, les deux grands amis qui ont donné sa célébrité à Barbizon, Jean-François Millet et Théodore Rousseau[2].

Cependant, le hameau de Barbizon va se transformer ; de nombreux hôtels s'ouvrent et des villégiatures à louer ou à acheter sont construites, tandis que Chailly reste une bourgade rurale, concentre tous les commerces et profite de l'apport des visiteurs de Barbizon. Barbizon se considère alors, comme la « vache à lait » de Chailly. La séparation administrative était devenue inéluctable, c’est la fin du vieux Barbizon des peintres, le hameau de Barbizon devient commune, à part entière, en 1903[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie de Barbizon.
Maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
janvier 1904 mai 1904 Claude Marchal    
mai 1904 mai 1908 André Lamirault    
mai 1908 février 1911 Félix Binet    
Février 1911 mai 1912 Louis Tourteaux    
mai 1912 mai 1929 Georges Caron    
mai 1929 mai 1935 Marius Roger    
mai 1935 mai 1943 Louis Pochard    
mai 1943 août 1944 George Salmon (Adjoint)    
octobre 1944 octobre 1944 Roger Leroux    
octobre 1944 mai 1953 Jean Creuze    
mai 1953 mars 1971 Marc Jacquet UDR Député, Ministre
mars 1971 mars 1983 Roger Leroux    
mars 1983 mars 2001 Gisèle Avelange    
mars 2001 octobre 2004 Jean Guenin    
novembre 2004 2008 Claude Marchal    
mars 2008 mars 2014 Pierre Bedouelle Droite  
mars 2014 en cours Philippe Douce [3]    

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 331 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1906. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
484 507 540 660 651 747 880 1 015 1 066
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2012
1 093 1 189 1 273 1 407 1 490 1 569 1 571 1 346 1 331
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Barbizon vit essentiellement du tourisme national et international. La haute saison touristique de Barbizon s’étend de Pâques à octobre. Il s’agit de 35 000 visiteurs par an, selon les données de l’ancien office du tourisme. Près de 60 % de la clientèle est individuelle et française et la clientèle restante est étrangère : Européens (Anglais, Allemands, Belges, Hollandais), les pays de l’Est et la Russie ; les clientèles en provenance des pays plus lointains : États-Unis, Chine, Japon, Corée, Australie, Brésil pour les principales.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'hôtellerie du Bas-Bréau.
Grande Rue 
  • no  12 : c'est ici que le gendre du Père Ganne ouvrit en 1870 une annexe de l'auberge Ganne qu'il baptisa « villa des artistes », une plaque rappelle que le peintre roumain Nicolae Grigorescu (1838-1907), y fut hébergé à partir de 1861. Un peu plus loin sur le trottoir d'en face, se dresse la mairie dans un parc.
  • no  15 : maison du peintre Charles Ferdinand Ceramano (1829-1909), plaque commémorative sur la façade.
  • no  19 : maison du peintre Victor Lecomte (1856-1920), plaque commémorative sur la façade.
  • no  21 : maison de Charles-François Daubigny (1817-1878), grand paysagiste français. Actuellement hôtel des Pléïades, fondé en 1920.
  • no  22: hostellerie du Bas-Bréau, ancienne auberge Siron, créée en 1867 et deviendra plus tard l'hôtel des expositions, deux plaques rappellent que l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson (1850-1894) y demeura de 1873 à 1877, ainsi que le peintre hongrois Ladislas de Paal (1846-1879) de 1873 à 1876. L'empereur du Japon Hiro Hito (1901-1989), y fut reçu avec tous les honneurs, le . François Mitterand (1916-1996), y reçut les Dix de la communauté économique européenne pour y parler de l'avenir de l'Europe.
  • no  24 : ici s'élève la maison du peintre et graveur animalier Charles Jacque (1813-1894), plaque commémorative sur la façade.
  • no  26 : maison de Antoine Louis Barye (1796-1875), sculpteur animalier majeur du XIXe siècle, plaque commémorative sur la façade. Ici se touve aujourd'hui l'Auberge La Flambée.
  • no  28 : maison de Narcisse Díaz de la Peña (1807-1876)
  • no  27-29 : maison-atelier de Jean-François Millet (1814-1875), il y demeura de 1849 à 1875. Devenu musée en 1922. A fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [7]
  • no  32 : la villa Élisabeth, propriété où s'installa l'écrivain Roland Dorgelès (1885-1973).
  • no  38 :maison du peintre et graveur suisse Karl Bodmer (1809-1893), inhumé à Chailly-en-Bière, et de son fils Rodolphe Bodmer (1856-1923) artiste peintre inhumé au cimetière communal.
  • no  40 : ancienne Auberge des Charmettes, qui reçut entre-autre le peintre suisse Karl Bodmer (1809-1873)
  • no  51 : maison-atelier de Roland Arribas qu'il occupa de 1957 à 1970 (plaque) "Ermitage Saint- Antoine"
  • no  55 : ici s'élève la maison de Théodore Rousseau (1812-1867), qu'il occupa de 1847 à sa mort, et dont la grange fut transformée en chapelle sous le vocable de Saint-Paul, puis en église en 1950 sous celui de Notre-Dame-de-la-Persévérance, et son clocher fut dessiné par Charles Millet, le fils du célèbre peintre de l'Angélus. Le monument aux morts : le Gaulois, devant cet église sur la petite place qui fut le jardin de Rousseau, est l'œuvre du sculpteur Ernest Révillon (1854-1937). La petite maison de deux pièces est une annexe du musée départemental de l'École de Barbizon.
  • no  56 : maison de Félix Ziem (1821-1911), il l'occupa de 1907 à sa mort (plaque)
  • no  61 : Atelier-Galerie du sculpteur Mélanie Quentin
  • no  92 : l'auberge Ganne, devenue le musée départemental de l'École de Barbizon. Elle a été ouverte en 1824. Le décor et le mobilier décorés par les artistes sont d'époque. On peut y voir quelques tableaux originaux. Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [8]. S'y trouve aussi la Maison-atelier Théodore Rousseau, annexe de l'auberge Ganne. C'est une maisonnette retirée au fond d'un jardin. Théodore Rousseau vécut ici de 1847 à sa mort, vingt ans plus tard.
Rue Antoine Barye
  • no  4 : ancienne Villa les Alouettes, propriété construite par Gabriel Séailles et son épouse Octavie Charles Paul Séailles, l'année de la naissance de leur fils Jean Charles (1883-1967). Ils auront également deux filles : Margueritte et Andrée, surnommée « Céline » (1891-1980), qui deviendra artiste peintre. Aujourd'hui transformé en hôtel-restaurant, avec le même nom: Les Alouettes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique, devise et logotype[modifier | modifier le code]

Armes de Barbizon

Les armes de Barbizon se blasonnent ainsi :

« De sinople aux cinq pinceaux renversés d'or posés en éventail et chargés de sable, à la palette de peintre aussi d'or tachetée aussi de sable brochant sur le tout. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Housson, Histoire du tramway sud de Seine-et-Marne : Melun - Barbizon - Milly, Dammarie-les-Lys, Amatteis,‎ , 110 p. (ISBN 2-86849-017-4)
    70 illustrations, 3 planches dépliantes avec les plans des voies des gares
  • Patrick Mérienne & Jean-Pierre Hervet, Forêt de Fontainebleau, randonnées et découvertes , éd. Ouest-France, 2013, pp.40-43/143.p. (ISBN 978-2-7373-5855-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
Références INSEE
  1. LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie.
  2. LOG T2 - Catégories et types de logements.
  3. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation.
Références

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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