Guillaume Tell (opéra)

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Adamo Didur dans Guillaume Tell.

Guillaume Tell est un opéra en quatre actes de Gioachino Rossini, sur un livret d'Étienne de Jouy et Hippolyte Bis[1], et aidés d'Armand Marrast et d'Adolphe Crémieux, d'après la pièce de Friedrich von Schiller[2]. Il fut créé le à l'Opéra de Paris[1]. Traduit en italien sous le titre de Guglielmo Tell, sa première est donnée à Lucques en 1831, les quatre actes furent réduits à trois. La première à Londres eut lieu à Drury Lane en 1830 (en anglais).

Cet opéra dure près de quatre heures en version originale et même près de cinq heures d'après Kobbé[3], et est donc aujourd'hui rarement représenté, même en Italie (lors du Rossini Opera Festival en 2013 la dernière fois). Comme toujours chez Rossini, la partition abonde en airs de bravoure et un baryton ou un ténor y peut briller de tout son éclat. En général, l'œuvre est réduite à son ouverture.

Argument[modifier | modifier le code]

L'opéra se déroule au XIVe siècle et raconte la fameuse histoire de Guillaume Tell qui rassemble les Suisses contre les Autrichiens. Une intrigue secondaire évoque l'amour du patriote Arnold pour l'Autrichienne Mathilde.

Acte I[modifier | modifier le code]

Les montagnards vaquent à leurs occupations tandis qu'un pêcheur pousse la romance dans sa barque, que Guillaume Tell rêve de secouer le joug des Autrichiens, le vieux Melchtal et son fils Arnold secrètement amoureux de la princesse Mathilde de Habsbourg. Une cérémonie de mariage est troublée par l'arrivée du berger Leuthold, que traquent les hommes d'armes du bailli Gessler : il a pris la défense de sa fille, menacée par un des soudards ; malgré l'orage qui menace, Guillaume s'embarque avec lui sur le bateau du pêcheur et ils échappent ainsi aux soldats autrichiens. Ayant refusé de dénoncer le protecteur de Leuthold, Melchtal est arrêté.

Acte II[modifier | modifier le code]

Mathilde s'est éloignée de ses compagnons de chasse et chante son amour pour Arnold. Celui-ci la rejoint et ils décident de se marier ce soir-même dans une chapelle voisine. Mathilde rejoint la chasse tandis qu'Arnold est rejoint par Guillaume et à son compagnon d'armes Walter, qui lui rappellent son devoir de patriote suisse et lui révèlent la mort de son père, Melchtal. Finalement, au lieu de s'unir à Mathilde, Arnold rejoindra les conjurés suisses.

Acte III[modifier | modifier le code]

Une fête se déroule sur la place d'Altdorf, où Gessler humilie les Suisses en les obligeant à saluer son chapeau planté sur un mât. Guillaume ayant refusé, Gessler lui enjoint de prouver son adresse en transperçant d'une flèche une pomme placée sur la tête de son fils, Jemmy ; il sort victorieux de l'épreuve mais il ne cache pas à Gessler que s'il avait manqué son coup, une seconde flèche lui était destinée. Gessler fait arrêter le père et le fils mais l'intervention de Mathilde sauve Jemmy et seul Tell est embarqué sur le lac à destination de Kussnacht.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Arnold se prépare au combat par un pèlerinage à sa maison natale. Hedwige, la femme de Tell, suit des yeux le bateau qui emmène Guillaume en prison et dont celui-ci parvient à prendre le gouvernail, en pleine tempête. Guillaume saute à terre mais il est rejoint par Gessler, qu'il abat au moment où celui-ci débarque à son tour. L'heure de la liberté a sonné pour les Suisses.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Tell : Henry-Bernard Dabadié (baryton)
  • Hedwige : Mlle Mori, son épouse (soprano)
  • Jemmy : Louise-Zulme Dabadié, leur fils (soprano)
  • Gessler : Alexandre Prévost, gouverneur (basse)
  • Mathilde : Laure Cinti-Damoreau, sœur de Gessler (soprano)
  • Arnold : Adolphe Nourrit, prétendant de Mathilde (ténor)
  • Melchthal : M. Bonnel, père d'Arnold (basse)
  • Rodolphe : Jean-Étienne Massol, capitaine dans la garde de Gessler (ténor)
  • Walter Furst : Nicolas-Prosper Levasseur (basse)
  • Leuthold : Ferdinand Prévôt, un berger (basse)
  • Ruodi : Pierre-August Dupont, un pêcheur (ténor)

L'ouverture[modifier | modifier le code]

Ouverture de Guillaume Tell.
Article détaillé : Ouverture de Guillaume Tell.

Seule l'ouverture, pièce de choix dans un concert, est fréquemment exécutée de nos jours. Avec celle du Barbier de Séville, de Semiramide, ou encore de La Pie voleuse, c'est en effet une des meilleures ouvertures du compositeur grâce à ces moments de calme et de douceur contrastant avec des instants violents ou de fougue impétueuse. L'Allegro vivace final de l'ouverture est extrêmement célèbre (utilisé par exemple dans Orange mécanique ou dans des publicités).

À noter[modifier | modifier le code]

  • L'œuvre, lorsqu'elle est donnée intégralement, dure plus de six heures comme les représentations programmées lors du Festival de Pesaro dans les années 1990. Cette durée concerne la représentation totale, incluant les entractes. La partition elle-même ne dure que quatre heures trente (en tenant compte de la totalité des scènes de ballet).
  • Dirigeant lui-même l'intégralité de son opéra, Rossini s'est adressé aux musiciens en leur disant : « Il n'y a pas une minute à perdre ! »

Utilisation dans d'autres œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'ouverture de l'opéra est utilisée comme générique dans l'émission le Carrefour de Lodéon diffusée sur France Musique.
  • Les premières notes de cet opéra sont utilisées depuis 1923 comme signal acoustique des cars postaux suisses.
  • Offenbach a parodié le trio du second acte « Quand l'Helvétie est un champ de supplices » dans son opéra-bouffe La Belle Hélène (trio patriotique).
  • La sonate d'ouverture est le thème d'introduction du jeu culte Day of The Tentacle de LucasArts.
  • Dmitri Chostakovitch fait une allusion à l'ouverture de l'opéra et notamment à sa dernière partie dans l'Allegretto de sa 15e symphonie.
  • Utilisée également en 2016, dans une publicité Apple pour le nouveau Macbook Pro : Ideas push the world forward.
  • Le groupe de heavy metal américain Manowar fait une reprise partielle de ce morceau sur son premier album Battle Hymns (1982), entièrement joué à la basse sur un tempo considérablement accéléré ; le morceau est pour l'occasion rebaptisé William's Tale.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil, , 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 152.
  2. Fiche sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
  3. Tout l'opéra, article « Rossini », p. 740 : « Joué intégralement, Guillaume Tell dure près de cinq heures. »

Liens externes[modifier | modifier le code]