Paul Ollendorff

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Marque des éditions, cir. 1890.
Le droit des blessés : l'affaire du Zouave Deschamps devant le Conseil de Guerre de Tours (Paul Meunier), Librairie Paul Ollendorff, 1916

Paul Ollendorff, né le [1] et mort le à Choisy-au-Bac[2], est un éditeur et un libraire français. Il créa une maison d'édition très active à la fin du XIXe siècle.

Parcours de l'éditeur[modifier | modifier le code]

Il est le deuxième fils d'Henri-Godefroy Ollendorff, émigré très tôt de Pologne, et auteur d'un ouvrage pédagogique à succès intitulé Nouvelle Méthode pour apprendre à parler, écrire une langue en six mois[3]. Paul et sa mère vivront dans un premier temps des revenus éditoriaux du père, vendant les méthodes rue de Richelieu : c'est au 28 bis de cette rue qu'en 1875 le jeune Ollendorff ouvre sa propre librairie, avec comme fonds de départ des pièces de théâtre. Il accueille Georges Ohnet qui vient d'être refusé par Calmann Lévy : Le Maître de forges (1882) sera le premier grand succès d'Ollendorff, qui est désormais un éditeur en vue. Bientôt, Guy de Maupassant lui confie près d'une dizaine de textes, dont Le Horla (1887), mais aussi Octave Mirbeau, qui lui donne ses deux premiers romans, Alphonse Allais, Paul Adam, Jean Lorrain, Paul Féval, Abel Hermant, Willy, Jules Renard, Fernand Vandérem... soit plus de 2 000 titres[4] présents au catalogue[5] en 1896 ! Certains ouvrages font appel à des illustrateurs très marqués par le style art nouveau.

En 1898, fort de son succès, Paul crée avec quelques associés la Société d'Éditions littéraires et artistiques, en complément de La Librairie Ollendorff. Les locaux se situaient 50 rue de la Chaussée-d'Antin et Colette ou André Theuriet se laissent séduire par cette nouvelle maison qui semble péricliter à partir de 1904. Pourtant, en mai 1902, Ollendorff annonçait la publication d'une nouvelle collection reliée à 3,50 francs en la présentant comme une nouvelle forme d'édition. Sa gamme de « romans populaires illustrés » (par Géo Dupuis, José Roy, etc.) ne prend pas, sans doute concurrencée par des ouvrages bien plus alléchants[6]. Déçu, il est plus ou moins écarté par ses associés et rachète ensuite avec ses parts le journal Gil Blas, qu'il abandonne en 1911.

Après 1903, « Paul Ollendorff, éditeur » continue son activité. La maison décroche le prix Goncourt de 1905 signé Claude Farrère, un véritable best-seller, puis lance plusieurs nouvelles collections à bas prix.

Quand Paul meurt en 1920, la maison qu'il avait créée est quelque peu endormie. Les éditions Albin Michel récupérèrent une partie du fonds en 1924 (« Fonds Ollendorff »). La Société d'Éditions littéraires et artistiques dépose le bilan en janvier 1940.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Notice de Pierre Michel sur Paul Ollendorf, in Dictionnaire Octave Mirbeau, en ligne. Parue dans « Mirbeau, Ollendorff et les droits d’auteur », Cahiers Octave Mirbeau, n°12 (2005) et n°14 (2007).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Yves Mollier in Dictionnaire encyclopédique du Livre, Cercle de la Librairie, 2007, T. 3, pp. 64-65
  2. In Chronologie de l'édition française de 1900 à nos jours, en ligne.
  3. Adoptée par les collèges, cette méthode fut déclinée pour l'allemand, l'anglais, l'italien, le latin, etc., et même le français à l'usage des étrangers. Éditée à compte d'auteur à partir des années 1840, l'adresse mentionnée est le 67 rue de Richelieu à Paris.
  4. D'après J.-Y. Mollier, op. cit., p. 65, §2. La navette de la BNF propose quant à elle sur son site plus d'un millier d’occurrences
  5. Les ouvrages paraissaient sous le nom de Paul Ollendorff, éditeur.
  6. Dont les feuilletons illustrés de la Librairie Nilsson par exemple.