Identification (psychanalyse)

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L'identification est le processus par lequel une personne se transforme, de façon provisoire ou permanente, en assimilant un trait ou un attribut, partiel ou total, d'une autre personne. C'est le processus par excellence de la formation de la personnalité.

Nature des identifications[modifier | modifier le code]

La psychanalyse comprendra l'identification comme émanant de mécanismes très différents. On peut cependant souligner la conception d'une instance du moi se constituant par identifications successives, portant le plus souvent sur un trait unique. Jacques Lacan théorisera le trait unaire.

Identification hystérique[modifier | modifier le code]

L'identification hystérique repose sur la bisexualité, elle concerne un objet qui aime un autre objet. Autrement dit l'identification hystérique n'est pas régression à la dialectique de l'être : il s'agit encore d'avoir, mais par le biais d'une identification à l'autre.

Une des illustrations possibles est la femme jalouse. L'hystérique pourra être jalouse de son propre désir : elle reproche à l'homme l'attrait pour les femmes. Il y a identification à l'homme comme aimant la femme -identification à un objet pulsionnel qui aime un autre objet.

On trouve également ce processus de l'identification hystérique dans le complexe d'Œdipe : l'identification à la mère peut servir le désir incestueux.

L'identification sert le désir, non pas d'incorporer, mais bien de posséder une tierce personne ; aussi l'identification hystérique suppose-t-elle triangulation - elle est ménage à trois imaginaire.

Identification mélancolique[modifier | modifier le code]

L'identification mélancolique est l'identification à un objet pulsionnel qu'aime le sujet - ici la dialectique repose sur deux seules personnes. Le mélancolique s'identifie à celui qu'il aime - et la pulsion fait retour sur le moi propre. C'est pourquoi il est nécessaire de saisir cette identification comme narcissique : c'est d'ailleurs là une deuxième appellation de ce processus pathogène.

Cette modalité identificatoire n'est pas tant propice à un remaniement, puisqu'elle se distingue comme totale : le moi était complètement confondu avec l'objet de la pulsion. Cette confusion, renvoyant à une dialectique de l'être - je suis ce que j'aime - et correspondant à la formation même du moi (comme moi plaisir) , pointe finalement sur une profonde régression, renonciation à satisfaire son désir avec (ou face à) un objet.

Cette description se rattache principalement au deuil - c'est là que se révélera le pathos - , deuil particulier, massif, auquel fait face le mélancolique lors de la perte de cet objet, qui sera vécue comme perte d'une partie de son moi.

Le mélancolique devient ce qu'il aime et ne peut anticiper sur une perte de l'ordre de la mutilation : avec le départ ou la mort de l'objet, c'est l'édifice narcissique qui s'effondre : le moi n'a plus de quoi se soutenir, sinon l'hallucination d'un cadavre.

Identification masochique[modifier | modifier le code]

Bien que les concepts freudiens de sadisme et de masochisme aient évolué au cours de l'histoire de la psychanalyse, on peut tâcher d'en distinguer un mécanisme essentiel quant à l'identification. Le passage au sadisme s'avère éclairant :

Le sadique jouit de faire souffrir autrui. Puis, il abandonne ce but et la pulsion subit un renversement en son contraire, en même temps qu'est abandonné l'objet jusque là martyrisé. Il y a donc masochisme mais pas encore de recherche d'un bourreau - ce qui constituera la dernière étape.

Cette dernière étape mérite d'être pensée puisque le masochiste se fait d'abord l'objet de son sadisme, -il est à la fois sadique et masochique - avant de rechercher quelqu'un qui sera sadique en son nom.

Il y a identification masochique puisque le masochiste s'identifie à son maître, en fait un substitut de lui-même.

Identification projective[modifier | modifier le code]

L'identification projective, concept de Mélanie Klein, se définit d'abord comme identification d'un objet faisant suite à une projection - donc comme double mécanisme de projection puis de reconnaissance de l'autre. On peut cependant remarquer plusieurs usages de cette notion:

  • communiquer des états affectifs, émotionnels ;
  • projeter sur l'autre un contenu mental perturbant et contrôler cet autre de par ce contenu ;
  • pénétrer l'intérieur d'un objet pour en prendre possession ou le dégrader.

Identification fraternelle[modifier | modifier le code]

L'identification fraternelle est, dans ce contexte, dans un lien de fraternité. En effet, on a souvent dit :"montre l'exemple à ton frère !", ce qui prouve simplement qu'il y a une identification du côté du cadet qui voit son ainé comme l'être "parfait". Il va donc se mettre à copier ses faits et gestes, jusqu'au comportement envers les autres.

Fonctions identificatoires[modifier | modifier le code]

Surmoi et identification parentale[modifier | modifier le code]

Identifications imaginaire et symbolique[modifier | modifier le code]

Lien social et idéalisation[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]