Librairie

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Réclame de librairie à Jersey en 1891

La librairie est un commerce dont le rôle principal est la vente de livres. Il existe différents types de points de vente du livre : librairies de livres neufs (généralistes ou spécialisées), librairies de livres anciens et d'occasion, maisons de la presse, librairies-papeteries, librairies ambulantes, grandes surfaces, cyber-librairies

Historique[modifier | modifier le code]

À la devanture d'une librairie en 1947 à Tharandt, en Zone d'occupation soviétique en Allemagne.
À la devanture d'une librairie en 1947 à Tharandt, en Zone d'occupation soviétique en Allemagne.

Jusqu’au début du XIXe siècle, les libraires étaient également éditeurs, achetant les manuscrits aux auteurs, les faisant imprimer et les écoulant dans leur boutique. Le terme de « librairie » désignait donc également ce que l’on désigne, en français moderne, sous le terme d’« édition ». Ce n’est qu’au XIXe siècle que la division des tâches imposera la séparation entre l’« édition » et la « librairie ». Soumise à un contrôle étroit en France jusqu’à la Révolution, la librairie fut l’objet, en 1763, de la Lettre sur le commerce de la librairie, adressée au directeur de la librairie, Sartine. Napoléon joue un rôle majeur dans la naissance de la librairie moderne. Le décret du 5 février 1810 « contenant règlement sur l'imprimerie et la librairie » fixe les codes du métier jusqu'en 1870. Vingt-six des cinquante et un articles du décret de 1810 sont consacrés aux délits et aux punitions que peuvent encourir les professionnels du livre, contre cinq encadrant le métier de libraire[1]. Le texte opère une différence nette entre l'auteur et les diffuseurs d'idées que sont les libraires et les imprimeurs. Il fixe leur nombre, alors que les libraires sont soumis à la libre concurrence. Au XIXe siècle siècle comme au XXe siècle, les libraires ne cessent de dénoncer les diverses concurrences « déloyales qu'ils doivent affronter : les cabinets de lecture[2], les colporteurs, les bouquinistes, la vente directe par les éditeurs[1]». Après 1945, de nouveaux concurrents apparaissent : les clubs de livres, la vente par correspondance, les drugstores, les grandes enseignes culturelles, les supermarchés, les journaux qui vendent des livres à leurs lecteurs, et enfin les nouveaux médias — la télévision et plus tard, Internet.

Dans les années 1970, les librairies subissent de plein fouet la concurrence des hypermarchés et des grandes surfaces super-spécialisées comme la Fnac. De nombreuses librairies mettent la clé sous la porte. Le quotidien Libération peut affirmer : « La petite librairie sent le cadavre »[1].

À présent, les libraires doivent faire face à la concurrence des libraires en ligne[3] qui, d'abord apparues aux États-Unis, permettent l’acquisition et la consultation d' « e-books » (livres numériques) sur des liseuses et semblent connaître leurs premiers succès[4].

Situation des librairies en France[modifier | modifier le code]

Vitrine de libraire

Le ministère de la Culture français, relayé par les différentes agences régionales du livre, a développé et soutenu ces vingt dernières années la notion de « librairie indépendante ». Sont ainsi écartés les grandes surfaces spécialisées (Fnac, Virgin, etc.), les hypermarchés et autres surfaces multiproduits qui peuvent avoir un rayon livres plus ou moins développé. Sont également écartées les librairies qui ne vendent que de l’ancien ou de l’occasion ainsi que les librairies internationales qui proposent des livres en langues étrangères, lesquels échappent aux lois sur le prix du livre en France. Est donc considérée comme « librairie » un point de vente dont le livre neuf est la principale activité — ce qui permet d'intégrer certaines librairies-papeteries et maisons de la presse particulièrement importantes. La surface ou le nombre de livres proposés ne sont pas significatifs à eux seuls.

Définition et segmentation[modifier | modifier le code]

Il reste un vrai problème de définition de la librairie. La première est celle de l’Insee, qui recense en France un peu moins de 19 000 entreprises sous le code APE 4761Z « Commerce de détail de livres en magasin spécialisé ». Ce sont l’Île-de-France, les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur qui comptent le plus de librairies (mais aussi la plus importante population).

Les entreprises de diffusion du livre ont pour leur part adopté une segmentation en niveaux de clientèle :

  • le premier niveau (parfois segmenté en « librairies A » et « librairies B »): selon les entreprises de diffusion, cette catégorie regroupe les 700 à 1 300 clients les plus importants (librairies et grandes surfaces culturelles), soit en termes quantitatifs (chiffre d’affaires réalisé avec les éditeurs diffusés), soit en termes qualitatifs (capacité du libraire à « lancer » un titre, travail sur le fonds des éditeurs diffusés, etc.). Ces librairies représentent en moyenne de 60 % à 75 % du chiffre d’affaires des diffuseurs ; elles bénéficient de ce fait de visites plus fréquentes des représentants et des remises commerciales les plus élevées ;
  • les 700 à 800 hypermarchés, qui bénéficient d’une équipe spécifique de représentants ;
  • le deuxième niveau (4 000 à 12 000 points de vente selon les diffuseurs), qui regroupe les petits points de vente de proximité, les supermarchés et les magasins populaires ;
  • le troisième niveau qui désigne les très petits points de vente et les points de vente occasionnels qui n’ont pas de compte ouvert chez les distributeurs et s’approvisionnent auprès de grossistes ou des plates-formes régionales des distributeurs. En effet, une des tendances de ces dernières années est la multiplication des points de vente du livre, qu'on peut trouver aussi bien dans un magasin de bricolage, une pharmacie, un magasin de jouets.

Quant au Syndicat de la librairie française, sa charte spécifie que, « pour être professionnel, le commerce de livres doit être directement géré par un libraire. Le libraire a acquis une culture qui lui permet d’avoir des connaissances suffisantes (…). Il se forme aux techniques de gestion commerciale, administrative et financière de l’achat et de la vente du livre (…). La librairie indépendante ne dépend pas d’une société ou d’un groupe financier dont la logique est, par métier, financière (…). L’indépendance est la liberté que possède le dirigeant de librairie de consacrer une partie raisonnable de ce qui pourrait être la marge bénéficiaire nette de son entreprise, à financer : la part de rotation lente du stock qui constitue son fonds de référence, et du personnel en nombre suffisant capable de choisir et de conseiller. »

Loi Lang[modifier | modifier le code]

En France, la loi relative au prix du livre, dite loi Lang car proposée par Jack Lang, fixe le principe du prix unique des livres depuis 1981.

Article détaillé : Loi relative au prix du livre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alain Beuve-Méry, « La mémoire vivante des marchands de livres », Le Monde, 26 décembre 2008
  2. « boutiques à lire » où les clients consultent les livres sans les acheter
  3. http://www.lefigaro.fr/medias/2013/03/25/20004-20130325ARTFIG00661-le-secteur-de-l-edition-se-mobilise-face-a-amazon.php
  4. http://www.lesechos.fr/14/06/2012/LesEchos/21205-118-ECH_bookeen--le-petit-francais-qui-se-bat-contre-amazon.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Chabault, Libraires épuisés, La Vie des Idées, janvier 2012.
  • Sous la direction de Patricia Sorel et Frédérique Leblanc, Histoire de la librairie française, Ed. du Cercle de la librairie, 2008
  • Robert Maumet, Au Midi des livres ou l'histoire d'une liberté : Paul Ruat, 1862-1938, préf. de Jean-Claude Gautier, Marseille : Tacussel, 2004.
  • Robert Bedon, L'économie du livre en Gaule romaine : à la recherche des libraires et des librairies, dans Idem (éd.), Les structures matérielles de l'économie en Gaule Romaine et dans les régions voisines, collection Caesarodunum, XLIII-XLIV, Presses Universitaires de Limoges, 2011, p. 63-93.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Points de vue[modifier | modifier le code]