Génération X

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La Génération X désigne, selon la classification de William Strauss (en) et Neil Howe (en)[1], la génération sociologique des Occidentaux nés entre 1960 et 1981. Cette génération est intercalée entre celle des baby-boomers et la génération Y.

Le terme Génération X a d’abord été utilisé en démographie, puis en sociologie et en marketing. Il est aussi beaucoup utilisé dans la culture populaire.

Description[modifier | modifier le code]

Plusieurs choses caractérisent cette génération. D’abord, elle se situe dans une transition sociale, du déclin de l’impérialisme colonial à la chute du mur de Berlin (qui marqua la fin de la guerre froide). Située juste après les baby-boomers (environ 1943-1959), cette génération a vécu un creux de vague au niveau professionnel, trouvant difficilement des emplois stables et bien rémunérés. Les formes nouvelles de précarité générationnelle lui sont spécifiques, en particulier dans les pays du Sud de l'Europe, comme c'est le cas bien documenté des mileuristas espagnols, comme l'analyse le sociologue Louis Chauvel.

Au Québec (Canada), une partie de cette génération a développé une certaine amertume, parfois exprimée sous forme d'agressivité envers les valeurs de la génération précédente par des stations radiophoniques (telles Radio x) et livres[2]. Cette génération a tenté de se construire une identité politique, notamment au travers de la dénonciation des clauses « orphelin » [3] dont elle fut victime. Au début des années 90, de grands médias comme Radio-Canada présentent des documentaires sur cette génération qui peine à entrer en masse sur le marché du travail.

En France, on parle de Bof génération.

Origines[modifier | modifier le code]

La Génération X était, à l’origine, connue sous le nom génération Baby Bust, en raison du faible taux de natalité par comparaison à la période du Baby-boom. Plus tard, le terme Génération X a été adopté et conservé.

Le terme a d’abord été utilisé au Royaume-Uni en 1965 par Jane Deverson et Charles Hamblett[4]. L’éditeur de la revue Woman's Own avait demandé à Deverson de réaliser une série d’entrevues avec des adolescents. L’exercice avait montré une génération « qui couche ensemble avant le mariage, qui ne croit pas en Dieu, qui n’aime pas la Reine et qui ne respecte pas ses parents ». Ces résultats avaient été jugés inacceptables pour le magazine parce qu’il s’agissait d’un nouveau phénomène. Pour tenter de sauver sa recherche, Deverson travailla avec un correspondant à Hollywood pour créer un livre sur sa recherche. Hamblett décida de la nommer Génération X.

Nomades[modifier | modifier le code]

Selon la classification de Strauss et Howe, cette génération est « nomade », ce qui explique leur goût de l'aventure, le cynisme et la contre-culture qui s'oppose aux boomers.

Culture[modifier | modifier le code]

Le terme a été d’abord utilisé dans la culture populaire à la fin des années 1970 par le groupe punk rock britannique Generation X. Il fut ensuite utilisé dans le titre d'un roman de Douglas Coupland, Generation X: Tales for an Accelerated Culture (1991), qui dépeint l’anxiété des gens nés entre 1960-1965, qui n’étaient pas connectés avec la génération précédente. Coupland utilise le X pour référer à l’anonymat d’une génération consciente de son éclatement mais dont les émotions sont obscurcies par les boomers. Coupland avait pris le X du livre Class (1983) de Paul Fussell (en) qui l’utilisait comme Catégorie X, désignant une classe de la hiérarchie de la société américaine. Coupland explique que « Dans son chapitre final, Fussel nomme une catégorie de gens X qui veulent sortir de la roue statut-argent-ascension sociale qui caractérise l'existence moderne. »[5]

The Cure et d'autres groupes new wave, punk, punk hardcore et post-punk, et rock alternatif, comme New Order, Dead Kennedys et Bérurier Noir ont forgé l'ambiance culturelle de l'époque. Le grunge est souvent identifié comme le genre musical caractéristique de cette génération. Le groupe Nirvana est souvent considéré comme le révélateur de ce mouvement. Plus récemment (1997) le groupe hardcore Vision of Disorder a consacré un hymne à cette génération. La chanson s'appelle Suffer.

Inconscient collectif[modifier | modifier le code]

Celui-ci semble marqué par la guerre froide et par les innombrables progrès technologiques ayant eu lieu durant cette ère. D'après eux, rien n'est impossible, il suffit qu'on y mette le temps et l'argent. La Génération X semble avoir été supplantée dans l'intérêt des entreprises par la Génération Y et peut être parfois présentée comme adversaire.

« 13e Génération »[modifier | modifier le code]

Dans le livre Generations (1991), William Strauss et Neil Howe nomment cette génération « 13e génération » parce que c’est la treizième à connaître le drapeau américain. Strauss et Howe définissent cette génération comme celle née entre 1961 et 1981. Ils affirment que cette génération est influencée par :

  • la désaffection dans la gouvernance avec un manque de confiance dans le leadership et particulièrement dans les institutions,
  • l'augmentation des divorces,
  • l'augmentation du nombre de femmes sur le marché du travail,
  • un mouvement d’arrêt de l’augmentation de la population,
  • la disponibilité de la pilule contraceptive,
  • les devil-child films[6] (des films d'horreur avec des enfants jouant les rôle des « méchants »),
  • l'augmentation de l’éducation divergente,
  • la diminution de l’éducation fondée sur les prêts,
  • le début de l’internet,
  • la fin de la guerre froide,

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Millennials Rising: The Next Great Generation, Vintage Books, 2000
  2. Alain Samson, Les boomers finiront bien par crever, Transcontinental Inc., 15 septembre 2005.
  3. http://forcejeunesse.qc.ca/dossiers/clauses_orphelin
  4. Hamblett, Charles, and Jane Deverson. "generation X". Greenwich, Conn.: Fawcett Publications, 1964.
  5. « In his final chapter, Fussell named an 'X' category of people who wanted to hop off the merry-go-round of status, money, and social climbing that so often frames modern existence. »
  6. « Devil-child films », sur artandpopularculture (consulté le 29 avril 2010)