Fernando Arrabal

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Fernando Arrabal

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Autoportrait de Fernando Arrabal en 2012

Activités écrivain, cinéaste
Naissance 11 août 1932 (81 ans)
Melilla, Drapeau de l'Espagne Espagne
Mouvement Cérémonie - Panique
Genres poésie, roman, essai, pièce de théâtre, article de presse
Distinctions Transcendant satrape du Collège de ’Pataphysique depuis 1990
Prix Nadal (1982)
Prix national de Littérature dramatique (2003)

Œuvres principales

Carta de amor (como un suplicio chino) (Carte d'amour)

Fernando Arrabal, né le 11 août 1932 à Melilla (Espagne), est un poète, romancier, essayiste, dramaturge et cinéaste espagnol.

Il vit en France depuis 1955, et est un « desterrado[1] ».

Il a réalisé sept longs-métrages. Il a publié une centaine de pièces de théâtre, quatorze romans, huit cents livres de poésie, plusieurs essais et sa célèbre Lettre au général Franco du vivant du dictateur. Son théâtre complet est publié en de nombreuses langues (en deux volumes de plus de deux mille pages).

Il est cofondateur du mouvement Panique avec Roland Topor, Christian Zeimert et Alejandro Jodorowsky, et Transcendant satrape du Collège de 'Pataphysique depuis 1990.

Ami d'Andy Warhol et de Tristan Tzara, il a passé trois années avec le groupe surréaliste d'André Breton. Le critique dramatique Mel Gussow (en) l'a considéré comme l'unique survivant des « quatre avatars de la modernité[2] ».

« Un théâtre fou, brutal, clinquant, joyeusement provocateur. Un potlatch dramaturgique où la carcasse de nos sociétés « avancées » se trouve carbonisée sur la rampe festive d'une révolution permanente. Il hérite de la lucidité d'un Kafka et de l'humour d'un Jarry ; il s'apparente, dans sa violence, à Sade ou à Artaud. Mais il est sans doute le seul à avoir poussé la dérision aussi loin. Profondément politique et joyeusement ludique, révoltée et bohème, elle est le syndrome de notre siècle de barbelés et de goulags : une façon de se maintenir en sursis. »

— Dictionnaire des littératures, Éditions Bordas

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a appris à lire et à écrire à Ciudad Rodrigo (Salamanque) (prix national de « surdoué » à l'âge de dix ans), et a fait ses études universitaires à Madrid.

Dans son enfance il a souffert de la mystérieuse disparition de son père, condamné à mort par le régime de Franco, puis évadé en 1941. À cause de ce traumatisme, comme l'a écrit le Prix Nobel Vicente Aleixandre, « la connaissance qu'apporte Arrabal est teintée d'une lumière morale qui réside dans la matière même de son art ».

Jugé sous le régime franquiste en 1967 et emprisonné pour son engagement politique à travers son œuvre, et ce malgré le soutien énergique de la plupart des grands écrivains de l'époque, de François Mauriac à Arthur Miller, et une requête auprès du tribunal du célèbre romancier et dramaturge irlandais Samuel Beckett qui déclarera alors : « Si faute il y a qu'elle soit vue à la lumière du grand mérite d'hier et de la grande promesse de demain et par là pardonnée. Que Fernando Arrabal soit rendu à sa propre peine. »

À la mort du Général Franco, il a fait partie du groupe des cinq Espagnols (interdits de retour) les plus dangereux, avec Santiago Carrillo, Dolores Ibárruri (la Pasionaria), Enrique Líster et Valentín González (El Campesino). Plus tard la démocratie en Espagne lui permettra d'atteindre une véritable reconnaissance dans son pays natal avec une centaine de distinctions dont deux prix nationaux de théâtre. Certaines de ses pièces connaîtront de grands succès, comme Lettre d'amour, avec María Jesús Valdés.

Un buste de lui a été fait par Cyril de La Patellière pendant la représentation même d'une de ses pièces de théâtre à Nice en juin 1992. Ce buste a fait partie d'une exposition itinérante en Europe sous le titre : Parigi l'avanguardia.

Enfance (1932-1946)[modifier | modifier le code]

Fernando Arrabal Terán est le fils du peintre Fernando Arrabal Ruiz et de Carmen Terán González.

Le 17 juillet 1936 lors de la tentative de coup d'État militaire à l'origine de la guerre civile espagnole, le père de Fernando Arrabal demeure fidèle à la République, et, en conséquence, est condamné à mort pour rébellion militaire. Par la suite, la peine sera commuée en trente années de prison. Fernando Arrabal senior passe par les prisons de Santi Espiritu à Melilla, Monte Hacho à Ceuta (où il tente de se suicider), Ciudad Rodrigo et Burgos, jusqu'à ce que, le 4 décembre 1941, il soit transféré à l'hôpital de Burgos, étant supposé malade mental. Des recherches postérieures laissent à penser que la maladie était simulée afin d'obtenir un transfert dans un endroit moins surveillé. Le 29 décembre 1941 Fernando Arrabal senior s'évade de l'hôpital en pyjama, au-dehors un mètre de neige recouvre les champs. On n'aura plus jamais de nouvelles de lui, malgré des investigations minutieuses réalisées plus tard.

Arrabal a écrit : « Sans vouloir comparer l'incomparable, face à ces choses crépusculaires (et sans lien logique bien souvent) je pense fréquemment à un bouc émissaire : mon père. Le jour où a commencé la guerre incivile, il a été enfermé par « ses compagnons compatissants » dans la salle des drapeaux d'une caserne de Melilla ; pour qu'il réfléchisse bien, car il risquait d'être condamné à mort pour rébellion militaire s'il ne se joignait pas au soulèvement (alzamiento). Au bout d'une heure le lieutenant Fernando Arrabal a appelé ses ex-camarades, déjà ! Pour leur dire qu'il n'avait pas besoin de réfléchir davantage. Grâce à cela aujourd'hui dois-je être témoin, exemple ou symbole, comme lui, de ce qu'il advient de plus essentiel ? Moi qui ne suis qu'un exilé. Si on m'éloigne de mes bien-aimés chiffres, ce qui m'entoure me porte à la confusion, au désordre… sans ordonnance. Je ne veux pas être un bouc émissaire comme l'a été mon père, je ne veux qu'expirer vivant, quand Pan le voudra. »

Pendant ce temps, la mère d'Arrabal, en 1936, était revenue à Ciudad Rodrigo, où elle installe Fernando tandis qu'elle va travailler à Burgos, alors capitale des Nationalistes et résidence du gouvernement du général Franco. En 1937 Fernando entre à l'école des Thérésiennes, jusqu'à ce que, en 1940, une fois terminée la guerre civile, sa mère aille vivre à Madrid, précisément au 17, rue de la Madera.

En 1941 Fernando Arrabal gagne un concours d'« enfants surdoués ». Il fait ses études au collège des Escolapios de San Antón (École Pie fréquentée en leur temps par Victor Hugo et Jacinto Benavente) et plus tard chez les Escolapios de Getafe. À cette époque Arrabal lit beaucoup et mène des expériences, qui, comme il le reconnaît lui-même, plus tard lui seront utiles.

Jeunesse (1946-1956)[modifier | modifier le code]

En 1947, sa mère l'oblige à suivre des cours préparatoires pour entrer à l'École générale militaire, mais Arrabal n'y assiste pas, de sorte qu'en 1949 il est envoyé à Tolosa (Guipuzcoa) où il étudie à l'école théorico-pratique de l'industrie et du commerce du papier. C'est à cette époque, en 1950, qu'il écrit plusieurs pièces de théâtre aujourd'hui inédites.

En 1951 il commence à travailler à la Papelera Española. Il est envoyé à Valence où il passe le baccalauréat, puis à Madrid où il étudie le Droit. Pendant ces années il fréquente l'Ateneo de Madrid et les poètes postistes, s'attelle à de nouvelles versions de Pique-nique (alors intitulée Les soldats, et il écrit El triciclo (premier titre : Les hommes au tricycle).

En 1954 il se rend à Paris en auto-stop pour voir jouer Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht, car le Berliner Ensemble se produit dans la capitale. Plus tard, à Madrid, il fait la connaissance de Luce Moreau qui deviendra sa femme. En 1955 il obtient une bourse de trois mois pour étudier à Paris et pendant ce temps, il vit au collège d'Espagne de la Cité universitaire. Il fait alors une grave rechute de tuberculose. Il a toujours considéré cette maladie comme une « malheureuse chance » qui lui a permis de s'installer définitivement dans sa véritable patrie, celle de Kundera et de Vives, de Saint Ignace et de Picasso : l'exil.

Procès et prison[modifier | modifier le code]

Sous le régime franquiste, il est jugé et emprisonné (1967) malgré la solidarité de la plupart des écrivains de cette époque, de François Mauriac à Arthur Miller, et la requête du célèbre dramaturge irlandais Samuel Beckett qui déclare : « Si faute il y a, qu'elle soit vue à la lumière du grand mérite d'hier et de la grande promesse de demain et par là pardonnée ».

En 1974, il apparaît dans Italiques pour parler de l'œuvre de Roland Topor[3].

Sa Lettre au général Franco, publiée du vivant de son destinataire, soulève beaucoup d'émotions. À la mort du dictateur, Arrabal fait partie du groupe des cinq Espagnols considérés comme les plus dangereux, en compagnie de Santiago Carrillo, la Pasionaria, Enrique Lister et El Campesino.

La mort du général dictateur Franco lui a permis d'obtenir une véritable reconnaissance dans son pays natal. Quelques-unes de ses pièces ont reçu un excellent et constant accueil comme sa Lettre d'amour interprétée par Maria Jesus Valdès au Teatro Nacional.

Prix et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit l'un des écrivains les plus controversés de son époque[réf. nécessaire], son œuvre est reconnue partout dans le monde (grand prix de théâtre de l'Académie française, prix Nabokov du roman, Espasa d'essai, World’ Theater, Pasolini de cinéma, le Mariano de Cavia de journalisme, Alessandro Manzoni de poésie, etc.).

Il a été finaliste du prix Cervantes avec l'appui de Camilo José Cela et José Hierro. Le Mage assure qu'il a été aussi finaliste du Nobel, prix qu'avaient sollicité pour l'auteur plusieurs institutions et personnalités. Il s'est vu décerner la Légion d'honneur le 14 juillet 2005, et en 2007 le titre de docteur honoris Causa de l'université Aristote (Grèce).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Arrabal a reçu le prix Nadal du roman (équivalent espagnol du Goncourt ou du Pulitzer) en 1982 pour La torre herida por el rayo (publié en français aux éditions Grasset, sous le titre La tour prends garde). Il a remporté aussi le prix Nabokov international.

Œuvre poétique[modifier | modifier le code]

Prix Alessandro Manzoni de poésie, Arrabal a écrit :

  • La Pierre de la folie, 1963
  • Cent sonnets, 1965
  • Humbles paradis, 1985
  • Liberté couleur de femme ou Adieu Babylone, poème cinématographique, éd. Rougerie, Mortemart, 1993
  • Lettres à Julius Baltazar, éd. Rougerie, Mortemart, 1997
  • Diez poemas pánicos y un cuento, éd. Amphora Nova, 1997

Arrabal a publié aussi huit cents livres de bibliophilie illustrés par Salvador Dalí, René Magritte, Roland Topor, Enrico Baj, Antonio Saura, Alekos Fassianos, etc. parmi lesquels se détachent :

  • 1975 L'odeur de Sainteté, avec Antonio Saura, éd. Yves Rivière, Paris
  • 1980 Cinq sonnets, avec Julius Baltazar, eaux-fortes, éd. André Biren, Paris
  • 1991 Sous le flux libertin, avec Jean Cortot, éd. Robert y Lydie Dutrou, Paris
  • 2004 Triptyque, avec Catherine Millet y Michel Houellebecq, éd. Menú, Cuenca
  • 2008 Clitoris, poème avec 56 traductions (dont la version tchèque de Milan Kundera)
  • Fernando Arrabal a réalisé sous la direction d'Ante Glibota une œuvre monumentale avec les cinq artistes chinois contemporains les plus connus: Yu Minjun, Wang Guangyi, Zhang Xiaogang, Yang Shaobin et le photographe Wang Quingsong. Avec chacun des cinq artistes Ante Glibota & Fernando Arrabal ont réalisé un seul livre « de bibliophilie », de 61 kg et 126 × 84 × 11 cm, Delight Edition.
Chacun des cinq livres comprend un essai introductif d'Ante Glibota et 20 poèmes de 20 vers chacun de Fernando Arrabal : en français, en anglais et en chinois.

Œuvre dramatique[modifier | modifier le code]

Premier prix international théâtre du millénaire (2010), il publie une centaine de pièces de théâtre dans le monde entier, dont :

  • Pique-nique en campagne, 1952
  • Le Tricycle, 1953
  • Fando et Lis, 1955, adaptée au cinéma par Alexandro Jodorowsky
  • Les deux bourreaux, 1956
  • Oraison, 1957
  • Guernica, 1959
  • La Bicyclette du condamné, 1959
  • Le Cimetière des voitures, 1959, adaptée par lui-même au cinéma
  • Le Grand Cérémonial, 1963
  • Le Jardin des délices, 1967
  • Le Labyrinthe, 1967
  • L'Architecte et l'Empereur d'Assyrie, 1967
  • Une tortue nommée Dostoïevski, 1968
  • L'Aurore rouge et noire, 1968
  • Bestialité érotique, 1968
  • Le Grand Cérémonial, 1969
  • Cérémonie pour un noir assassiné, 1969
  • ... Et ils passèrent des menottes aux fleurs, 1969
  • Le Ciel et la Merde, 1972
  • Jeunes Barbares d'aujourd'hui, 1975
  • La Tour de Babel, 1978
  • Inquisition, 1979
  • Les Délices de la chair, 1984
  • La Traversée de l'empire, 1988
  • La Nuit est aussi un soleil, 1990
  • Lettre d'amour, 1999Carta de amor (como un suplicio chino) en espagnol, et Prix national de Littérature dramatique en 2003[4].
  • Le Château des Clandestins, 2009
  • L'Adieu aux dinosaures, 2009
  • Dali vs Picasso, 2013
  • Staline vs Wittgenstein, 2013

Essais[modifier | modifier le code]

  • Carta al General Franco, bilingual Spanish-French, éd. Christian Bourgois, col. « 10-18 », París, 1972
  • Le Panique, éd. Union générale d'édition, Paris, 1973
  • Sur Fischer Initiation aux échecs, éd. du Rocher, Monaco, 1974 ; puis Fischer, le roi maudit, éd. Phi, Luxembourg, 1988
  • Carta a los militantes comunistas españoles, bilingual Spanish-French ed., Ch. Bourgois, París, 1978.
  • Les échecs féeriques et libertaires, articles de l'Express, éd. du Rocher, Monaco, 1980
  • Carta a los españoles y otras cartas, éd. Godoy, Murcia, 1981
  • Carta a Fidel Castro, éd. Playor, Madrid, 1983
  • Introducción a Feliciano de Silva, éd. Cátedra, col. « Letras Hispánicas », 1986
  • El Greco, le frénétique du spasme, éd. Flohic, Paris, 1991
  • Goya / Dalí, éd. Spirali-Vel, Milan ; Studio di Val Cervo, Rome, 1992
  • Cartas a Baltazar, versión de F. Torres Monreal, 1993
  • Genios y figuras, preface by A. Berenguer, Espasa Calpe, 1993.
  • La dudosa luz del día notes de F. Torres Monreal, Espasa Calpe, 1994.
  • Tête de mort dans l'armoire, Ed. Jannink, Paris, 1994
  • Carta al Rey de España, (Ed. Espasa Calpe, Madrid), 1995
  • Un esclave nommé Cervantès, ed Plon, Paris, 1996;
  • Diccionario pánico, Ed. Escritos, Bruxelles, 1998
  • Lettre à Staline, Flammarion, Paris, 2004.
  • Houellebecq!, éditions Le cherche midi, Paris, 2005.
  • El Pánico. Manifiesto para el tercer milenio (2007)
  • Diccionario pánico (Libros del innombrable, Zaragoza, 2008)
  • Universos arrabalescos (2009)
  • Defensa de Kundera (Libros del innombrable, Zaragoza, 2009)
  • Dali, prémonition de la guerre civile, éditions Invenit, 2013.

L'auteur est un grand amateur du jeu d'échecs :

  • Fischer : le roi maudit, Éditions du Rocher, 1980 (ISBN 2-268-01418-5)
  • Echecs et mythe", ed. Payot, París, 1984.
  • Fêtes et défaites sur l'échiquier, ed. l'Archipel, Paris, 1992.
  • Les Échecs féeriques et libertaires, ed du Rocher 1990.

Fernando Arrabal, trop pris par ses activités littéraires, écrit de moins en moins dans la presse. Il a obtenu le prix Mariano de Cavia, (la plus haute distinction pour un journaliste en Espagne) pour ses collaborations dans Generación XXI, l'Express, El Mundo, Exceso, El innombrable, ses articles de fond (opinión) dans EL PAIS et ses terceras dans ABC.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Rendez-vous à Zanzibar, correspondance « en double aveugle » avec Patrice Trigano, Éditions de la Différence, Paris, 2010.

Opéras[modifier | modifier le code]

« Seuls cinq de mes livrets d'opéra ont été portés à la scène et ont toujours été aussi complexes que peu complexés, en Faustroll : »

« Je n'ai mis en scène, en octobre 1985 et à l'Opéra Royal de Belgique, que deux opéras (« La vida breve » de Falla et « Goyescas » de Granados.) Assurément, sous ma direction, les membres des chœurs, sur scène, étaient nus, mais paniquement recouverts d'argile pour être plus précis. »

« Le 13 février 2009: première de son opéra « Faustbal », musique de Leonardo Balada (1933-) et mise en scène des Comediants de Barcelone. Au Teatro Real: Opéra de Madrid. Chœur et Orchestre Titulaire du Teatro Real. Orchestre symphonique de Madrid. Mise en scène : Joan Font. Jesús López Cobos: directeur musical. « Faustbal est la femme qui, au troisième millénaire est la réincarnation du docteur Faustroll d'Alfred Jarry, un docteur Faust qui demande à Dieu et à Lucifer les mots et les prières pour qu'amour et charité ne fassent qu'un. Rien ne peut apaiser l'ouragan de sa curiosité scientifique, ni faire cesser la tempête de ses désirs .Surdouée, très belle et enrichie par ses transfigurations et ses transports, elle voue un amour torride à son Amazone. Elle bondit entre les galaxies alors que fait rage la guerre de la fin des civilisations, et se déplace dans l'espace à une vitesse supersonique. Face à elle Margarito, chef suprême des forces armées, revêt la cuirasse de la répression brutale et électronique. Il est follement épris de Faustbal sous la coupole du ciel. Il tente de la posséder par le torrent de sa tour, en se servant de Méphistophélès lui-même. Un livret du corrosif, génial et inclassable Fernando Arrabal... ».

Œuvre cinématographique[modifier | modifier le code]

Fernando Arrabal (prix Pasolini de cinéma) a réalisé sept longs-métrages (édités en DVD par Cultepics y Wanda Films) comme metteur en scène. Il en a également écrit les scénarios :

Et trois courts métrages :

Des adaptations cinématographiques ont été faites de plusieurs pièces de Fernando Arrabal : Le Grand Cérémonial (dir. Pierre-Alain Jolivet), El triciclo (dir. Luis Argueta), El ladrón de sueños (dir. Arroyo), Pique-nique (dir. Louis Sénechal), Guernica (dir. Peter Lilienthal), Fando et Lis (dir. Alejandro Jodorowsky), etc.

  • « Viva la muerte est un chef-d'œuvre absolu. Un des plus éblouissants que j'aie vus dans ma vie » (Pieyre de Mandiargues) ; « Arrabal est férocement original » (John Parrack, Rolling Stones) ; « Une œuvre audacieuse, paroxystique et artistiquement réussie » (Amos Vogel, The Village Voice) ; « Arrabal est meilleur que Fellini, qu'Ingmar Bergman... il est au cinéma ce que Rimbaud est à la poésie » (P. Bruckberger, Le Monde).
  • 2011 : Vidarrabal réalisé de Xavier Pasturel-Barron.

Acteur[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Fernando Arrabal a souvent déclaré qu'il est « un peintre frustré ». Dans sa propre famille, outre son père, se sont fait remarquer Ángel (1874-1926), Carmen, Lélia et surtout Julio Arrabal, « un grand portraitiste qui peint à l'huile » selon l'écrivain. Dans ses rares excursions artistiques Arrabal a peint une cinquantaine de tableaux, exécuté une centaine de dessins et autant de collages exposés dans des musées tels que Paris Art Center, Bayeux ou Carlo Borromeo de Milan.

Son activité principale, avec la peinture, consiste à collaborer avec des artistes capables de réaliser des huiles de grand format à partir des croquis détaillés qu'il leur propose.

Le premier tableau de cette collection d'une centaine d'huiles a été reproduit en 1962 dans la revue La Brèche, choisi par André Breton.

Actuellement Fernando Arrabal collabore tout particulièrement avec la plasticienne/vidéaste Christèle Jacob, avec qui il a réalisé une dizaine de vidéos et une série de photomontages, qui vont de Les artilleurs des échecs et de la littérature, d'après Henri Rousseau (1909), au Rendez-vous du Corps des satrapes, d'après Max Ernst (1922).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. desterrado signifie littéralement « exilé », mais est utilisé en Espagne pour définir les gens qui ont choisi l'exil pendant le franquisme.
  2. « … Arrabal à Séoul… Oscar Niemeyer, Louise Bourgeois … Paek Unchol et le moine So-An… », sur laregledujeu.org,‎ 2011 (consulté le 17 juin 2014)
  3. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 30 août 1974
  4. (es) EFE, « Fernando Arrabal, Premio Nacional de Literatura Dramática », sur elpais.com,‎ 2003 (consulté le 05/10/2013)
  5. (en) Dim Dam Dom sur l’Internet Movie Database

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tout ce qui concerne l'emprisonnement du père est extrait de Angel Berenguer, 1977. L'étude exhaustive de Francisco Torres Monreal sert d'introduction indispensable aux deux volumes de plus de deux mille pages publiés dans la Coleccion Clàsicos Castellanos des éditions Espasa de 1997 mises à jour en 2009.

Ouvrages consacrés entièrement à l'œuvre d'Arrabal :

  • AA.VV., Cahiers du silence Paris, Kesselring, 1977
  • AA.VV., Arrabal en el banquillo, Paris, Ediciones Frente Libertario, 1977
  • AA.VV., Barcarola, no 40. « Especial Arrabal » septembre 1992
  • AA.VV., Abil, no 4 « Arrabal en abril », Luxemburgo, juillet 1992
  • AA.VV., Visionnes de Arrabal (coordinada por Vicente Martín), Museo de la ciudad, Valence
  • AA.VV., Poésie 1, no 42 : « Fernando Arrabal », Paris, juin 2005
  • AA.VV., El extramundi .Los Papeles de Iria Flavia, « ARRABAL », Printemps 2005
  • AA.VV., La Ratonera. « F.A. 50 años de exilio decisivo », no 16, janvier 2006
  • AA.VV., L’arbre, no 8-9 : « Hommage à F.A », mars 2006.
  • AA.VV., Almunia, no 6-7 : « Fernando Arrabal », printemps 2003
  • AA.VV., Ánfora Nova, no 67-68 « Festival Arrabal », 2006
  • AA.VV., TROU, no  XVII, 2007. « F.A. j’irai comme un cheval fou »
  • Aranzueque-Arrieta, Frédéric, Arrabal, la perversion et le sacré : L’architecte et l’empereur d’Assyrie (1967), La charge des centaures (1984) (Paris : L’Harmattan, 2006) (ISBN 978-2-296-00189-3)
  • Aranzueque-Arrieta, Frédéric, Panique, Arrabal, Jodorowsky, Topor (L'Harmattan, 2008). (ISBN 978-2-296-05680-0)
  • Arata, Luis Oscar, The festive play of Fernando Arrabal (Lexington: University Press of Kentucky, 1982) (ISBN 978-0-8131-1451-4)
  • Berenguer, Ángel . « Crono-biografía de Fernando Arrabal », Cátedra (1977). (ISBN 978-84-376-0100-7)
  • Berenguer, Joan P., Bibliographie d’Arrabal : entretiens avec Arrabal : plaidoyer pour une différence, Presses universitaires de Grenoble, 1979
  • Bishop, Tom, The Architect and the Emperoro of Asiría, 1974, Grove Press New York
  • Bishop Helen Gary Garden of Delights, New York, Grove Press, 1974
  • Cantalapiedra Erostarbe y F. Torres Monreal : El teatro de vanguardia de F.A. Kassel, D. Éd. Reicheberg 1977
  • Celli, Renata, I’Il romanzo di F.A. Milano, Ligue
  • Chesneau A y Berenguer A. Plaidoyer pour une différence, P.U. de Grenoble, 1978
  • Chesneau, Decor et Decorum, Québec Éd. Naaman
  • Daetwyler Jean Jacques Arrabal Lausanne, Ed; L’âge de l’Homme », 1975
  • Donahue, Thomas John, The theater of Fernando Arrabal: A garden of earthly delights (New York: New York University Press, 1980) (ISBN 978-0-8147-1771-4)
  • Emili Ennio, Teatro di Arrabal Tristre, Éd. Umana, 1973
  • Gille, Bernard, Arrabal, Paris, Éd. Seghers, 1970
  • Glibota, Ante Arrabal Espace, Paris, Paris Art Center& studio di Val Cervo,Rome: 536 pàginas de gran formato31x31 cm., y 2500 fotografías
  • Golen Laura P. The novels of F.A., N.Y. Rutgers
  • Kreis, Karl-Wilhelm, Zur Ästhetik des Obszönen: Arrabals Theater und die Repressive Sexualpolitik des Franco-Regimes (Hamburg: Krämer, 1989) (ISBN 978-3-926952-20-2)
  • Podol, Peter L., Fernando Arrabal (Boston: Twayne Publishers, 1978) (ISBN 978-0-8057-6340-9)
  • Premer-Kayser, Bertie, Das dramatische Werk des Spaniers Fernando Arrabal: Untersuchung der inhaltlichen und formalen Entwicklung, der psychischen und politischen Tendenzen (Frankfurt: Puppen & Masken, 1984) (ISBN 978-3-922220-25-1)
  • Rabassó, Carlos A., Teatrilogía del vanguardismo dramático : aproximaciones hermenéutico-fenomenológicas al teatro español contemporáneo (Barcelona: Éditorial Vosgos, 1993) (ISBN 978-84-346-0415-5)
  • Raymond-Mundshau, Françoise, Arrabal, 1972, col. Classiques du XXe siècle
  • Regio Capello, Il Teatro di F.A. Roma, Éd. Umana 1967
  • Schiffres, Alain, Entretiens avec Arrabal, Paris, Pierre Belfond, 1969
  • Steen, Maris, El humor en la obra de F.A. Madrid, Éd. Playor, 1968
  • Tallgren, Viveca, El temor al dios Pan : reflexiones sobre la recepción de algunas obras de Fernando Arrabal (Zaragoza: Libros del Innombrable, 2005) (ISBN 978-84-95399-61-8)
  • Torres Monreal, Francisco, El cine de Arrabal: Murcia, 1999
  • Torres Moreal, Francisco. Teatro completo de Fernando Arrabal (dos volúmenes, 2380 páginas y un cuaderno de fotografias), Espasa Calpe (col. Clásicos Castellanos), 1997 y Everest 2009
  • Trecca, Simone, La parola, il sogno, la memoria : El laberinto (1956) di Fernando Arrabal (Pisa: ETS, 2005) (ISBN 978-88-467-1262-2)
  • Zigrino, Damiano Augusto, Il teatro di Fernando Arrabal (Città di Castello: Edimond, 2008) (ISBN 88-500-0382-X)
  • Centenares de académicos y universitarios (y entre ellos el catedràtico Francisco Torres Monreal) han analizado también los últimos y más productivos años de la creatividad arrabaliana
  • "Second Ruy Lopez Chess Festival", ChessBase News Site officiel, 13 April 2008, retrieved on 14 April 2008 (photos and discussion of Arrabal's interest in chess. N.B. the biographical details in this article were copied from Wikipedia)
  • Arrabal, Tête de mort dans l'armoire, collection "L'art en écrit", éditions Jannink, Paris, 1994

Liens externes[modifier | modifier le code]