Jean Tinguely

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Jean Tinguely

Description de l'image  Jean_Tinguely_(1963)_by_Erling_Mandelmann.jpg.
Naissance
Fribourg
Décès (à 66 ans)
Berne
Activités Plasticien
Formation Section des arts appliqués de l'École des arts et métiers de Bâle
Maîtres Julia Eble-Ris
Mouvement artistique Nouveaux Réalistes
Récompenses Prix Wilhelm Lehmbruck de la ville de Duisbourg, Prix de l'art de la ville de Bâle, Prix de l'art de la ville de Paris, Prix Max Petitpierre, Prix Jacob Burckhardt de la Fondation Johann Wolfgang von Goethe à Bâle, Prix de l'université de Bologne, Prix de l'État de Berne, Titre de docteur honoris causa par la Royal Academy of Arts à Londres.
Jean Tinguely en 1963 (photo Erling Mandelmann)

Jean Tinguely, né le à Fribourg et mort le (à 66 ans) à Berne, est un sculpteur, peintre et dessinateur suisse.

Jugements[modifier | modifier le code]

Jean Tinguely, portrait de Lothar Wolleh
Eos xk III, 1965, Israel-Museum, Jerusalem
Le Cyclop, Milly-la-Forêt, 1969-1994, vu du train de marchandises.

Niki de Saint Phalle, avec qui il se marie en 1971 : « Jean dégage une énergie électrique dès qu’il rentre dans une pièce il remplit l’espace ».[réf. nécessaire]

Le Financial Times à propos de l’exposition de Venise : « Assurément tout cela est animé par plus d’un souffle démoniaque, bien que nous gardions calmement les doigts croisés… Et au-delà de toute la drôlerie de l’ensemble et du raffinement spirituel de la mécanique, on peut y découvrir une gaîté plus sombre qui s’apparente au désespoir. Ses machines fonctionnent merveilleusement bien, mais elles ne produisent rien, et c’est à nous de déchiffrer leurs messages sombres et ambigus. »[réf. nécessaire]

Biographie[modifier | modifier le code]

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Son père, Charles Tinguely était originaire de Fribourg. Sa mère, Jeanne-Louise Ruffieux (1899-1980), était née dans une famille d'agriculteurs aux nombreux enfants.

Jean-Paul Tinguely est né le . Sa biographie témoigne très tôt de tiraillements et de tensions entre lui et ses parents. II est fribourgeois et jouit en même temps des droits civiques de la ville de Bâle, dans laquelle il grandit. II semble apprécier cette double appartenance qui lui donne la liberté de choisir et de changer. Ainsi se sent-il, selon son humeur, tantôt fribourgeois, tantôt bâlois. II trouve fréquemment refuge dans les bois des environs de Bâle, afin de s'adonner à la lecture sans être dérangé. Il y réalise les premières œuvres méta-mécaniques : des roues hydrauliques avec effets sonores.

« Alors, j'ai commencé à faire une chose très bizarre : plusieurs samedis et dimanches de suite, j'ai commencé à construire de jolies petites roues en bois, bricolées comme ça, le long d'un ruisseau […]. Aucune idée d'art […]. Dans la forêt, j'utilisais un ruisseau : il faut dire que c'était une forêt de sapins qui formaient une sorte de cathédrale, avec les qualités sonores d'une cathédrale […], les sons s'amplifiaient formidablement bien. J'ai fait jusqu'à deux douzaines de petites roues dont chacune avait sa propre vitesse, et parfois cette vitesse était variable selon la vitesse de l'eau, variable elle aussi. Chaque roue avait une came […]. Une came, c'est une chose qui assure une irrégularité à la roue - tu vois ! Ça frappait, ça actionnait sur un petit marteau qui tapait sur différentes boîtes de conserve rouillées ou pas, des sonorités différentes. Ces sons, ces tonalités, à des rythmes différents, étaient répartis tous les cinq à six mètres, et ces concerts s'allongeaient parfois jusqu'à cent mètres dans la forêt. J'imaginais alors le promeneur solitaire lui aussi dans la forêt, qui entend d'abord ce concert avant d'entendre les bruits de la forêt. Parfois, ça fonctionnait jusqu'à quinze jours, c'était évidemment fragile mais il y en avait quelques-uns qui fonctionnaient pendant des mois. »[1]

Les réactions imprévisibles d’un père autoritaire et les craintes qu’il occasionne chez sa mère restèrent ancrées dans sa mémoire. « J'avais très peur du noir, tout prenait alors des formes inquiétantes, et aujourd'hui encore je ne supporte pas les papiers à motifs, ils me rappellent mes angoisses enfantines. »[réf. nécessaire]

Adolescent, il fut traumatisé par le bombardement de Bâle. « Nous habitions à l'époque sur la Winkelriedplatz. C'était le . Notre quartier fut particulièrement touché, les bombes explosaient tout près, faisant voler les fenêtres en éclats et détruisant tout sur leur passage.' Notre maison dut être évacuée. Une jeune mère allemande, Frau Zorn, avait pris son bébé dans les bras et, alors qu'elle cherchait un abri, elle fut frappée à la tête par un éclat d'obus. L'impact arracha sa calotte crânienne qui resta suspendue, avec les cheveux, au compteur électrique. La jeune femme gisait morte sur le sol. J'enlevai l'enfant de ses bras. Ma mère eut une crise d'hystérie. On dut l'écarter. Je me cachai dans les ruines, attendant l'ennemi. Je crois que s'il était venu, je l'aurais tué. Peut-être cet événement est-il à l'origine des images sombres qui habitent mon art. Qui sait? »[réf. nécessaire]

Les expériences[modifier | modifier le code]

Fugue[modifier | modifier le code]

« En 1940, à 15 ans, je suis parti de Bâle, emportant la caisse des scouts, dans l'idée de venir en aide aux Grecs. À l'époque, les troupes italiennes attaquaient les Grecs à partir de l'Albanie. Une patrouille m'a découvert quelque part après le tunnel du Saint-Gothard alors que j'étais sur le wagon à charbon. On m'a mis sous les verrous à Bellinzona. Je débordais de fierté. J'étais dans une prison d'hommes, avec des adultes. Je me prenais très au sérieux, j'avais l'impression d'être extrêmement important et me refusais à tout aveu. On a fini par me reconduire à Bâle les menottes aux mains. »[réf. nécessaire]

Initiation politique[modifier | modifier le code]

Dans la maison du Dr Heinrich Koechlin (de) à Bâle, où se retrouvaient réfugiés politiques, communistes et anarchistes, Tinguely puisait dans les conversations enflammées de quoi nourrir ses idées et enrichir sa formation politique. Friedrich Engels, les Russes Kropotkine et Bakounine, ainsi que Alexandre Herzen, comptaient parmi ses auteurs de prédilection. La lecture était devenue pour lui, qui avait un esprit si curieux, une véritable nécessité et sa mémoire exceptionnelle sut en faire l'une des sources de son vaste savoir.[réf. nécessaire]

De décorateur à artiste[modifier | modifier le code]

Si les vitrines décorées par Tinguely faisaient preuve d'une telle insouciance et d'une telle liberté, inhabituelles pour l'époque, c'est sans doute parce que Tinguely était profondément convaincu de sa vocation d'artiste et considérait ce travail comme une activité certes nécessaire, mais secondaire. II faut rappeler ici qu'il fréquenta également l'École des Arts appliqués de Bâle. D'après les descriptions de Daniel Spoerri, les compositions réalisées par Tinguely témoignaient, par la liberté même de leur exécution, d'une audace et d'un pouvoir magique extraordinaires. « II travaillait déjà avec des mouvements rotatifs et obtenait, à l'aide de dispositifs de traction, des effets comiques qu'il utilisait pour animer les figurines présentes dans ses compositions. » Le carnaval de Bâle qui anime la ville à chaque printemps depuis des siècles n'est sans doute pas étranger à son goût pour la dérision, la provocation pertinente et l'humour.[réf. nécessaire]

De la peinture au cinétisme[modifier | modifier le code]

Tinguely pourtant ne montra aucune de ces créations au public. On sait aussi qu’il exécuta de nombreuses peintures à l’huile à propos desquelles il explique : « Je pouvais continuer sur une peinture pendant des mois, jusqu'à usure totale de la toile : racler, revenir, sans laisser sécher la peinture ! C'était impossible pour moi ; je n'arrivais pas à, disons, décider : Voilà, c'est terminé… C'est à partir de là, au fond, que le mouvement s'est imposé à moi. Le mouvement me permettait tout simplement d'échapper à cette pétrification, à cette fin. »[réf. nécessaire]

Premier échec[modifier | modifier le code]

L'artiste en quête de lui-même partit finalement pour Paris au cours de l'hiver 1952-1953. Son ami Daniel Spoerri se trouvait également depuis un semestre dans ce haut lieu de l'art. « Pour un spectacle de danse nous devions concevoir un décor. À la répétition générale, lorsque nous avons tiré sur les ficelles, alors que la musique avait déjà commencé, toute notre installation est tombée sur la tête des danseurs, c'était la catastrophe. Le ballet s'est poursuivi sans décor, avec la musique seulement. » Ce fut l'un des rares cas où Tinguely rata quelque chose.[réf. nécessaire]

Aboutissement de son art[modifier | modifier le code]

De plus en plus ses sculptures évoluèrent vers des sortes d'œuvres d'art totales, sollicitant simultanément plusieurs sens : la vue, l'ouïe, le toucher et parfois même aussi l'odorat lorsqu'il y avait émission de fumées.[réf. nécessaire]

Biographie détaillée de Jean Tinguely[modifier | modifier le code]

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année réalisation
1925 Né le 22 mai à Fribourg; enfant unique de Charles Célestin et Jeanne Louise Tinguely Ruffieux. Le père habite depuis le à Bâle; venant de Bulle, la mère et l'enfant le rejoignent le . La famille habite tout d'abord au no 41 de la Solothurner strasse, puis, à partir de 1927, au no. 311 de la Dornacherstrasse.
1931-1935 Fréquente l'école primaire au « Gundeldinger Schulhaus ».
1934 En juillet, la famille s'établit au no. 1 du Winkelriedplatz. Son père est magasinier chez Nestlé SA (anciennement Peter Cailler Kohler).

Le 27 novembre, son père reçoit la Bourgeoisie de la ville de Bâle.

1935-1940 Fréquente l'école secondaire.

Jean passe ses samedis chez les scouts catholiques de la « Marienkirche ».

1939 Tente de se rendre en Albanie par le train pour soutenir le peuple albanais dans sa résistance contre l'agression de l'Italie fasciste ; arrêté par la police à la frontière suisse, il est renvoyé dans ses foyers.
1941 2 mai : entame un apprentissage de décorateur au grand magasin Globus, sous la tutelle de E. Theo Wagner.

À partir de juillet, les Tinguely habitent au no. 305 de la Dornacherstrasse.

1943 25 août : licencié du Globus avec effet immédiat. Motif : indiscipline et manque de ponctualité. À partir de septembre, engagé comme apprenti chez Joos Hutter, décorateur. Nommé « Jeannot » Tinguely dans le contrat d'apprentissage. Les 15 et 16 mai 1944 ont lieu les épreuves de l'examen final au grand magasin Rheinbrücke SA; Tinguely réussit l'examen avec la note globale de 1,8 (sur un barème de 1 à 6, 1 étant la meilleure note).
1944 Membre de l'« Union de la jeunesse communiste » (illégale). Plus tard, en tant que membre du «Parti du travail» (communiste), conçoit les pavillons de groupes communistes en 1948, à Paris, et en 1950, à la Fiera Campionaria de Milan.

À partir de décembre, travaille comme « décorateur indépendant » ; durant le semestre d'été 1944 et le semestre d'hiver 1944/45, continue toutefois à suivre des cours à la Section des arts appliqués de l'École des arts et métiers, de Bâle (enseignement général de dessin et de peinture et enseignement spécialisé). Manifeste un intérêt particulier pour les cours de Julia Eble-Ris, portant sur la science des matériaux, le dessin d'objets, le dessin de nus et le dessin de mode.
École de recrues en tant que mitrailleur à Liestal.

1945 Après la guerre, habite au Burghof, immeuble voué à la démolition, près du Musée des Beaux Arts, au no 2 de St. Alban Vorstadt ; se tient au courant des nouveautés de l'art contemporain et séjourne régulièrement à Zurich.
1946 Travaille comme décorateur à Zurich.
1947 Evolue dans l'entourage de l'anarchiste Heiner Koechlin et réalise la couverture de la thèse de Koechlin sur la Commune de Paris, que celui-ci fait paraître dans sa propre maison d'édition, le « Don Quichotte Verlag ».
1949-1951 Ses reliefs décorent entre autres les vitrines de l'opticien Ramstein à Bâle.
1951 10 mai : épouse Eva Maria Aeppli, issue d'une famille anthroposophe ; il l'a connue en 1949 dans la Section des arts appliqués de l'École des arts et métiers de Bâle.
1952 Octobre : départ pour la France;
1953 Au début de l'année, les Tinguely s'installent à Montigny-sur-Loing (Seine-et-Marne). Au cours de l'année, ils emménagent dans un hôtel de la rue Pierre Leroux, dans le 15e arrondissement de Paris. Tinguely installe une exposition permanente de ses œuvres dans la salle désaffectée du café de l'hôtel.

Naissance de leur fille Myriam. Myriam reste chez les parents de Tinguely qui habitent Genève depuis 1949, puis déménagent à Bulle.

1954 Le 7 avril, Tinguely se fait à nouveau domicilier à Bâle, au no. 31 de la Sternengasse. Il ne le fait manifestement que pour contourner l'obligation de déclaration en France, où il continue à vivre.

27 mai : vernissage de la première exposition à la galerie parisienne Arnaud.

1955 Au début de l'année, il emménage dans un atelier à l'Impasse Ronsin ; il a pour voisins le sculpteur Constantin Brâncuși et d'autres artistes.

Fait la connaissance d'Yves Klein.
Expose son premier Relief sonore au « Salon des Réalités Nouvelles » à Paris.
Exposition à la Galerie Samlaren, Stockholm.

1956 Fait la connaissance de Niki de Saint Phalle.
1958 Expose en juillet Mes étoiles. Concert pour sept peintures à la Galerie Iris Clert. Le 17 novembre, présente dans la même galerie, conjointement avec Yves Klein, l'installation Vitesse pure et stabilité monochrome.
1959 14 mars : lance d'un avion, au-dessus de Düsseldorf, son manifeste « Für Statik » (Pour la Statique).

Réalisation de deux grands reliefs destinés au foyer de l'opéra de Gelsenkirchen. Exposition des « Méta matics de Tinguely » à la Galerie Iris Clert à Paris.
12 novembre: soirée « Cyclo matic » organisée à l'ICA (Institute of Contemporary Arts) à Londres. Il s'agit d'un happening avec coureurs cyclistes et machines à dessiner.

1960 17 mars: Hommage à New York, manifestation faisant intervenir une machine autodestructrice dans le jardin du Museum of Modern Art, à New York.

Première exposition à Berne : Franz Meyer expose Kricke, Luginbühl et Tinguely à la Kunsthalle.
27 octobre : fondation du groupe des Nouveaux Réalistes à Paris; en font partie: Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Pierre Restany, Jacques Villeglé, Gérard Deschamps, ainsi que Martial Raysse et Daniel Spoerri. Vit avec Niki de Saint Phalle à l'Impasse Ronsin.

1961 Participe aux expositions « Bewogen Beweging » (« Le Mouvement dans l'art ») au Stedelijk Museum d'Amsterdam, et « Rörelse i konsten » au Moderna museet de Stockholm, dont le directeur est Pontus Hultén.

22 septembre : Étude pour une fin du monde No. 1, au Louisiana Museum de Humlebaek, Danemark.

1962 Première exposition particulière à Bâle, à la Galerie Handschin

21 mars : Study for end of the World No.2, près de Las Vegas, dans le désert du Nevada, États-Unis.

1963-1964 Réalise pour l’exposition nationale suisse en 1964 à Lausanne la grande sculpture Euréka.
1966 Conçoit le rideau de scène et les décors de l'« Eloge de la folie », ballet de Roland Petit, à Paris.

Au Moderna Museet de Stockholm, réalisation de Hon, en collaboration avec Niki de Saint Phalle et Per Olof Ultvedt.
Première exposition particulière à Zurich, à la Gimpel & Hanover Galerie.

1967 Représenté par deux œuvres à l'Exposition universelle de Montréal : crée pour le pavillon suisse Requiem pour une feuille morte et réalise Le Paradis fantastique pour le pavillon français, en commun avec Niki de Saint Phalle.
1968 De concert avec Bernhard Luginbühl, conçoit le projet d'un «Gigantoleum», station culturelle multifonctionnelle.

Noël : acquiert l'ancienne auberge « L'Aigle noir » à Neyruz, dans le canton de Fribourg.

1970 Début de la mise en œuvre du Cyclop à Milly-la-Forêt, sculpture promenade géante, réalisée en collaboration avec Bernhard Luginbühl, Larry Rivers, Niki de Saint Phalle, Daniel Spoerri et d'autres. Les travaux sont exécutés avec l'aide des assistants de Tinguely, Sepp Imhof et Rico Weber.

28 novembre: La Vittoria, sur le parvis de la cathédrale de Milan, festival organisé pour le dixième anniversaire des nouveaux réalistes.

1971 13 juillet : mariage avec Niki de Saint Phalle.
1971-1973 Réalisation de la Grande Spirale ou Double Hélice, dans la cour de l'institut d'immunologie de Bâle de la société F Hoffmann-La Roche SA.

Rétrospectives à Paris (CNAC), Bâle (Kunsthalle), Hanovre (Kestner Gesellschaft), Humlebaek (Louisiana Museum), Stockholm (Moderna Museet) et Amsterdam (Stedelijk Museum).

1972 4 décembre : le jour de la Sainte Barbara, Jean Tinguely et Bernhard Luginbühl placent dans le jardin du marchand de tableaux Eberhard Kornfeld, une série de canons fabriqués par leurs soins qui projettent dans les airs un véritable feu d'artifice de plumes.
1973 13 juin : naissance de Milan, fils de Jean Tinguely et de Micheline Gygax.
1975 Inauguration de Chaos No. 1, au Civic Center de Columbus/Indiana, États-Unis.
1976 4 janvier : Prix Wilhelm Lehmbruck de la ville de Duisbourg.
1977 14 juin: inauguration du Fasnachtsbrunnen (Fontaine du Carnaval), à Bâle.

Construction du Crocrodrome de Zig & Puce au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris, une installation de Jean Tinguely, Bernhard Luginbühl et Niki de Saint Phalle. Daniel Spoerri y installe son «Musée sentimental».

1979 Création de Klamauk, sculpture sonore montée sur un tracteur et destinée à l'exposition «Tinguely Luginbühl» au Städel de Francfort.
1980 Tinguely refuse tout d'abord la distinction : un anneau, dit anneau impérial, décernée par la ville de Goslar, puis se ravise sur les conseils de Joseph Beuys.

3 décembre : Prix de l'art de la ville de Bâle.

1981 Exposition organisée à l'Abbaye de Sénanque dans l'espace « Art Incitation à la création », patronné par la Régie Renault. Tinguely y montre pour la première fois des sculptures de crânes.
1982-1983 Rétrospectives à Zurich (Kunsthaus), Londres (Tate Gallery), Bruxelles (Palais des Beaux Arts) et Genève (Musée d'art et d'histoire).
1983 16 mars: inauguration de la Fontaine Stravinski, à Paris, fruit d'une collaboration avec Niki de Saint Phalle.

25 août: ouverture du café « Zur Münz », à Zurich, que Tinguely a aménagé à la demande de la banque Julius Bär.
26 novembre: Prix de l'art de la ville de Zurich.

1984 De février à avril, à la demande de la Régie Renault, création à Rungis, près de Paris, de Pit Stop, sculpture composée de pièces tirées de voitures de Formule 1.

30 juin : inauguration de la Fontaine Jo Siffert, don de Jean Tinguely à la ville de Fribourg.
Création de Méta Harmonie /il Pandémonium pour le Musée Seibu au Japon. Prix de l'art de la ville de Paris.

1985 Construction de Fatamorgana dans des locaux désaffectés de l'usine sidérurgique Von Roll SA à Olten.

Rétrospective à Munich (à la Kunsthalle der Hypo Kulturstiftung).
13 mars : est nommé «Ehrespalebârglemer», une distinction pour des Bâlois.
18 juin : bourgeoisie d'honneur de la ville de Fribourg.
novembre : opération du cœur (pontage coronarien).

1986 Naissance de Mengele Totentanz (Danse macabre Mengele), œuvre créée à partir de poutres calcinées, de machines agricoles, d'ustensiles de ménage et de crânes d'animaux carbonisés, à la suite de l'incendie d'une ferme à Neyruz
1987 Aménagement du café galerie « Tinguely », dans le grand magasin « Nomura » à Kyoto.

Construction de l'immense sculpture promenade Grande Méta Maxi Maxi- Utopia, dans un atelier de Von Roll SA Klus.
18 septembre : Prix Max Petitpierre.
19 novembre : don du Cyclop à l'État Français.

1988 29 janvier : Prix Jacob Burckhardt de la Fondation Johann Wolfgang von Goethe à Bâle.

Acquisition d'une ancienne fabrique de bouteilles à La Verrerie, dans le canton de Fribourg.
10 mars : inauguration de la Fontaine de Château-Chinon, conçue en collaboration avec Niki de Saint Phalle à la suite d'une commande passée par le président François Mitterrand.

4 juin : Prix de l'université de Bologne.
22 octobre : Prix de l'État de Berne.

1989 7 juin : attribution du titre de docteur honoris causa par la Royal Academy of Arts, à Londres.
1990 Soutenue par la Fondation culturelle Pro Helvetia, une exposition Tinguely est organisée dans la Galerie Tretjakov à Moscou.
1991 Décoration du Bar « Le Tinguely », dans l'Hôtel Palace de Lausanne, avec de grandes lampes sculptures.

La Cascade, grande sculpture suspendue, est créée à Charlotte/Caroline du Nord, États-Unis.
Durant la « ART », à Bâle, et, plus tard, dans diverses gares, on peut voir le «train de marchandises culturel», installation réalisée dans des wagons de marchandises une initiative conjointe de Tinguely, Eva Aeppli, Bernhard et lwan Luginbühl, Milena Palakarkina, Daniel Spoerri, Ben Vautier et Jim Whiting. En même temps que le « train de marchandises culturel », la grande lampe sculpture Luminator est présentée pour la première fois.
L'exposition de Moscou, dans une version augmentée, est présentée au Musée d'art et d'histoire de Fribourg.
Jean Tinguely meurt le à l'hôpital de l'île à Berne, il repose à Neyruz, dans le canton de Fribourg.

De 1988 à sa mort, Jean Tinguely crée le Torpedo Institut dans l'usine qu'il a achetée à La Verrerie. Le Torpedo Institut - Tinguely le déclare Antimusée - est la plus grande œuvre jamais conçue par l'artiste. Elle constitue la synthèse et le sommet de son art. L'espace dans lequel elle se développe (plus de 3 000 m2 de surface au sol) est entièrement obscurci à l'aide d'imposantes plaques qui obturent toutes les ouvertures sur la campagne fribourgeoise. Grinçantes, à peine visibles dans le mauvais éclairage qui hante les lieux, cent vingt machines de Tinguely sont savamment orchestrées dans l'espace. Elles représentant l'ensemble du parcours de l'artiste. Parmi elles, les Méta Malevitch ou Méta Kandinsky des débuts, le Klamauk de 1979, la Grande Méta Maxi Maxi Maxi Utopia présentée en 1987 à Venise, La Dernière Collaboration avec Yves Klein (1988), Le Retable de l'Abondance occidentale et du Mercantilisme totalitaire (1990), des pièces à quatre mains réalisées avec Milena Palakarkina. Tinguely présente aussi ses amis artistes dans le Torpedo Institut. Il y a là quarante figures d'Eva Aeppli, un Oiseau Amoureux de 8 mètres de haut de Niki de Saint Phalle, un gigantesque Atlas de Bernhard Luginbühl, toutes pièces commandées pour le lieu par le sculpteur. Il y a des œuvres de Keith Haring, Robert Rauschenberg, Ben Vauthier, Daniel Spoerri, Alfred Hofkunst, d'amis fribourgeois aussi. Les toiles sont montrées sur de grandes grilles coulissantes, comme dans les réserves des musées. Il y a encore des objets chers à l'artiste : des Ferraris, un avion de la deuxième Guerre mondiale suspendu à l'envers.
L'idée de Tinguely est d'ouvrir le Torpedo Institut à un nombre limité de visiteurs, loin des fréquentations record des grandes expositions consuméristes de la fin des années 1980. Les visiteurs doivent réserver longtemps à l'avance. Ils sont convoqués à un jour et une heure précis. Une secrétaire indifférente - dont la principale occupation consiste à se vernir les ongles - leur fait nonchalamment signe d'entrer. On leur fournit un casque audio dont le commentaire est incompréhensible. Chacun devra donc se débrouiller seul avec les œuvres, dans le dédale, l'obscurité et les pièges que lui réserve l'artiste. Une guillotine plane au-dessus des têtes à l'entrée de la première salle dans laquelle pénètre le visiteur. Les figures d'Eva Aeppli lui font face.
À la mort - survenue brusquement - de l'artiste, le Torpedo Institut est pratiquement achevé. Il est après la disparition de Tinguely le sujet de nombreuses discussions et de multiples polémiques. Dans des circonstances douloureuses. il est finalement démantelé (contre la volonté de l'artiste qui avait déclaré par testament son désir de voir l'œuvre lui survivre). La postérité sera malheureusement privée de la plus importante création de Jean Tinguely.

1992 Naissance de son fils Jean-Sébastien né de Milena Palakarkina

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Il fera de nombreuses œuvres mais il aidera aussi sa femme Nicky de Saint Phalle à réaliser ses œuvres comme Les Tirs ou la Fontaine Stravinski[réf. nécessaire]

Son style[modifier | modifier le code]

Tinguely n’était pas mécanicien, pas plus qu’il n’était technicien ou ingénieur. Aux yeux des spécialistes ses machines étaient construites de manière lamentable. Cependant Tinguely possédait le don infaillible de provoquer l’attention des passants, et d’établir ainsi une communication par l’emploi de mécanismes familiers qu’il détournait de leur sens et de leur finalité quotidienne. Avec Euréka une énorme machine conçue pour l’exposition nationale suisse de 1964, cette particularité apparut déjà comme une caractéristique essentielle de son art. Imprégné des œuvres de Marcel Duchamp (Ready-made traduction : objets usuels ironiquement promus œuvres d’art) il s’inscrit dans l’esprit dadaïste qui se manifeste par la bouffonnerie provocatrice et la dérision souvent au cours de manifestations publiques. En 1959, la Biennale de Paris est inaugurée par André Malraux, au Musée d'art moderne de la ville de Paris, avec une machine produisant des peintures en série.[réf. nécessaire]

Les caractéristiques de son style[modifier | modifier le code]

C’est un sculpteur qui, avant tout, utilise des matériaux de récupération auxquels il redonne vie en utilisant des moteurs pour les animer. Tinguely est maître incontestable dont l’œuvre compte parmi les manifestations les plus vivantes de la sculpture du XXe siècle.[réf. nécessaire]

Message délivré par l’artiste[modifier | modifier le code]

Jean Tinguely s'est blessé lors des premiers bombardements, il remit ce sens caché dans certains de ses tableaux. Il remet en question l’académisme de l’art. Il crée ses machines dans le contexte des « Trente Glorieuses » (les années d’après la deuxième guerre mondiale) et de son « culte » du progrès. Construites en partie à l'aide d'objets de récupération, les «machines» de Tinguely, consciemment imparfaites, refusent le culte de l'objet neuf produit par une société de consommation. Il est en avance sur son temps en pratiquant le recyclage. Il a su se trouver « une place écologique » dans la société pour pouvoir faire ce qui lui plaisait. Dans une société ou la machine est de plus en plus présente, il l’introduit dans l’art en montrant son aspect ludique et inutile.[réf. nécessaire]

Musées[modifier | modifier le code]

Artistes proches[modifier | modifier le code]

Autres Membres du Mouvement des Nouveaux Réalistes
Artistes aux préoccupations voisines

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jouffroy Alain, "Jean Tinguely", l'Oeil, n°136, avril 1966, p. 34

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Les Bonnie and Clyde de l'art, film documentaire de Louise Faure et Anne Julien, ARTE, 2010, 55'

Théâtre[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]