Base aérienne 122 Chartres-Champhol

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Base aérienne 122 Chartres-Champhol
Cocarde
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 27′ 25″ N 1° 31′ 14″ E / 48.4569, 1.520426 ()48° 27′ 25″ Nord 1° 31′ 14″ Est / 48.4569, 1.520426 ()  
Altitude 155 m (509 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne 122 Chartres-Champhol
Pistes
Direction Longueur Surface
10/28 840 m (2 756 ft) béton
Informations aéronautiques
Code OACI LFOR
Type d'aéroport Civil
Gestionnaire ex-Armée de l'air
Cartes SIA VAC

La base aérienne 122 Chartres-Champhol est une ancienne base utilisée par l'armée de l'air située près de la ville de Chartres en Eure-et-Loir.

Elle était située au bord de la Route Nationale 10, à environ 1,5 km au nord-est de la ville. Elle couvrait, environ, 250 hectares de superficie, pour un périmètre de 9,5 kilomètres.

Elle portait le numéro "122" en souvenir de la 22e escadre d'aviation lourde et de défense, qu'elle a abrité de 1923 à 1936.

Historique[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Si la base aérienne proprement dite apparaît en 1909 (à l'ouest de Chartres), elle fait mouvement la même année, près de Champhol, pour occuper un casernement de cavalerie, installé dès 1870 dans le quartier Neigre et un casernement d'infanterie (d'Aboville) ; les anciens bâtiments resteront utilisés par la base aérienne jusqu'à sa fermeture.

En 1911, le pilote militaire Joseph Frantz, premier pilote français à abattre un avion ennemi quelques années plus tard (en 1914), passe entre les deux tours de la Cathédrale (...). Le survol de l'édifice sera, très tôt, rigoureusement interdit.

La loi du 29 mars 1912 organise l'aéronautique militaire française.

Dès février/mars 1915, une importante école de pilotage est active durant la Première Guerre mondiale, formant près de deux mille pilotes militaires (pour, environ, dix-huit mille durant cette période). C'est la troisième école, par importance, après la base aérienne 125 Istres-Le Tubé, près d'Istres et la base aérienne de Châteauroux-Déols, à Châteauroux. L'école de pilotage de Chartres prépare et délivre le brevet élémentaire de pilotage, sur avions Caudron et Farman. Plus de 400 Farman sont alors déployés. Cette formation comprend un stage d'une durée d'un mois, situé entre la formation militaire initiale et les stages de perfectionnement (école de chasse, école de bombardement, stage de vol de nuit...), dans un cursus qui atteignait six mois, en 1917.

L'école de chasse est alors à Pau et celle d'Avord forme au bombardement.

L'école est commandée par le Capitaine Joseph Fassin.

Le carré militaire du cimetière de Chartres garde la trace de cette période.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Fin 1922, huit hangars provisoires, de type « Benezit », sont installés.

Les premiers hangars d'avions solides sont construits en 1930, notamment, pour abriter les appareils du 22e régiment d'aviation de bombardement, puis 22e régiment aérien de bombardement de nuit, arrivés de Luxeuil en 1923, qui formeront la 22e escadre d'aviation lourde de (ou "et") défense. Cette unité est spécialisée dans le bombardement de nuit ; elle est issue de la scission du 11e régiment d'aviation de bombardement, était alors équipée d'avions Amiot 143, puis Lioré et Olivier LeO 20. Elle sera dotée de Bloch MB.131 et de Bloch 200 à la veille de la guerre.

En 1932, le 22e Régiment d'Aviation et de Bombardement de Nuit (RABN), comprenait deux groupes (I/22 et I/22), regroupant trois escadrilles pour le I/22 (les VB 109, VB 125 et VB 101), et quatre, pour le II/22 (les BR 113, CAP 130, CAP 115 et 22/22 RABN).

En 1936, la 22e RABN quitte Chartres pour Orléans, sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy, ainsi que pour celle d'Avord.

Entre mai 1933 et mai 1934, la base reçoit la 42e escadre aérienne mixte de chasse, spécialisée dans la chasse de nuit. Cette unité opère au moyen de Nieuport Delage 62 et de Breguet 19.

Le 15 juin 1935, le Commandant Frédéric Geille, pilote de la 2e escadre aérienne de Chartres (de 1931 à 1935), est breveté tout premier moniteur parachutiste de l'histoire militaire française. Le Capitaine Williame Robert, de la même unité, sera le troisième, une année plus tard. Au 1er mai 1939, le Commandant Frédéric Geille est le chef, à Chartres, du III/2, le 3e groupe de la 2e escadre de chasse.

En 1935, la 42e escadre aérienne mixte de chasse est dissoute puis remplacée par la 6e escadre aérienne de chasse, avec ses groupes I/6 et II/6, augmentés bientôt d'un III/6. De 1935 à 1937, le futur général Pierre Pouyade est lieutenant à la 6e escadre de chasse.

En novembre 1936, l'ère de la chasse se confirme à Chartres, avec l'affectation de la 11e Brigade de Chasse, sous les ordres du colonel Armand Pinsard, as de la Première Guerre mondiale. Cet officier avait créé et commandé la 7e escadre de chasse, sur la base aérienne de Dijon. Il commande également la Base aérienne, de 1937 à 1939, remplaçant le colonel Marcel Hébrard.

Le 25 décembre 1936, la prestigieuse 2e escadre de chasse quitte Tours (la base aérienne 705 Tours) pour se poser à Chartres et venir renforcer la 11e Brigade de Chasse. Elle comprend notamment la SPA 103, escadrille dans laquelle avait servi Georges Guynemer, au demeurant, connue par ses prestigieuses « Cigognes ». Elle sera bientôt dotée de Dewoitine D.500 et quittera le terrain dès le 1er mai 1939, pour le nord de la France. Après les opérations de guerre, la 2e escadre de chasse ira à Dijon, en 1949.

En juin 1937, le Groupe aérien d'observation 504 prend ses quartiers à Chartres ; cette unité exploite les premiers autogires militaires, avec des Potez 39.

En août 1939, toutes ces unités opérationnelles quittent Chartres pour se positionner sur les terrains de l'est de la France.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Une école de pilotes de chasse à Chartres. Du fait du départ des escadrilles de chasse, la base aérienne est dédiée à l'instruction, également des élèves-pilotes de chasse, jusqu'à la défaite de mai 1940. C'est un retour à sa vocation initiale : la formation. Deux bases aériennes disposent alors d'une école de chasse : celle de Chartres et celle de Montpellier.

À cet effet, la base aérienne est renforcée, au moment de l'invasion de la Pologne et de la Tchécoslovaquie par les troupes allemandes, par des aviateurs venus de ces pays désormais occupés. Ceux-ci sont passés par la Légion étrangère, dont ils gardent les insignes avec leurs insignes de pilotes.

Le Groupe de chasse III/6 naît en mai 1939, à Chartres. Le 20 juin, il est à Alger-Maison-Blanche. Il deviendra, bien plus tard, l'élément central de la 11e escadre de chasse. En 1939, durant la campagne de France, y servent des as, tel que Pierre Le Gloan, alors sergent-chef.

Pendant quelques mois (septembre 1939, mai 1940), l'école de chasse, nommé le "Centre d'Instruction de la Chasse" (CIC) opère et forme (encore) des pilotes à Chartres, pour les besoins de la chasse.

Venant des écoles de pilotage élémentaire, breveté, les pilotes de chasse sont nombreux, à passer au CIC de Chartres. À sa mobilisation, le futur commandant René Mouchotte, alors sergent de réserve, est élève-instructeur au CIC, en septembre 1939, avant d'être affecté comme instructeur, en mars 1940, à Avord. Le sergent Marcel Albert est un exemple des instructeurs affectés au CIC (le 7 septembre 1939), avant de rejoindre le Groupe de chasse I/3. Il sera l'un des as du Normandie-Niemen. Le sous-lieutenant Marcel Hebrard, breveté tout juste breveté de l'école de pilotage de Romilly-sur-Seine passe d'octobre 1939 à mars 1940 au CIC, avant de rejoindre le Groupe de chasse II/5. Le capitaine Robert Waddington y commande l'un des deux groupes, en 1939. De même, le sous-lieutenant Léon Cuffaut prend le commandement de la 3e escadrille du CIC, du 27 mars 1940 au 14 juin de cette même année 1940 (avant de rejoindre le Groupe de chasse II/3 à Alger). Celui-ci diffuse l'emblème du "Donald avec la massue", qui est peint sur les avions Curtiss P-36 Hawk du CIC.

Le centre utilise des Bloch 152 et des Curtiss P-36 (également nommé H-75), ainsi que des MS.406. Une vingtaine d'avions d'entraînement à la chasse, réunis en une section d'entraînement et deux groupes de deux escadrilles chacun (1ère CIC, 2e CIC, 3e CIC et 4e CIC).

Il est commandé par le commandant Raguenet de Saint-Albin.

  1. Le 3 juin 1940, le terrain est bombardé par les Allemands.

En juin 1940, le Centre d'Instruction de la Chasse se replie à Cazaux et son commandant prend le commandement du Groupe de chasse I/4, le 15 mai 1940.

Puis, occupée, la base aérienne voit stationner de nombreuses unités et types d'avions allemands : chasse, bombardement (55e escadre de bombardement ou II/KG55, de la Luftwaffe), en particulier, de nuit, vers l'Angleterre. Ses avions sont des Heinkel 111.

Les bombardements alliés, en retour, furent alors intenses en 1943 et en 1944, notamment, le 15 septembre 1943, avec une vague de B-24, de même que le 28 mars 1944puis en mai, en juin et en juillet 1944. Le 1er août 1944, un Boeing B-17 abattu tombe et tue son équipage sur la commune d'Amilly.

Les combats de libération débutent le 16 août 1944 et la ville de Chartres est libérée le 21 août 1944. La base aérienne est utilisée par les Américains, qui la nettoient, la reconstruisent et l'agrandissent. Elle porte le nom de « A-40 ». Elle accueille plusieurs unités navigantes, dont le 368th Fighter Group, équipé de P-47 Thunderbolt et le 323rd Bombardment Group, avec des B-26.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Cette période s'ouvre d'abord avec le transport aérien militaire.

En juin 1945, la base aérienne revient progressivement sous le contrôle de l'armée de l'air. Elle prend alors le numéro de tradition "122" pour perpétuer le souvenir du 22e Régiment d'Aviation et de Bombardement de Nuit. Arrive alors de nouvelles unités : la Compagnie de réparation et de ravitaillement technique no 83.

La création de la 61e escadre de transport (GT 1/61 à Orléans Bricy, GT 2/61 au Bourget, GT 3/61 à Chartres) et de son État Major, le 1er décembre 1945, marque le renouveau de la base aérienne.

Le GT 3/61 Poitou utilise alors des avions de transport militaires Beechcraft UC-45, puis Junkers Ju 52 récupérés aux Allemands, dans sa version Française AAC-1 « Toucan ». Ce groupe de transport est actif dans les opérations d'après-guerre en Indochine, avec le Groupe « Tonkin ». Le GT 2/64« Anjou », équipé de C-47 « Dakota » venant de Lyon, fera un bref séjour sur le terrain de Chartres, en 1945 avant son mouvement sur l’Indochine (Saïgon Tan-Son-Nhut) début 1946. S'équipant de C-47 « Dakota à partir de Mars 1953, le GT 3/61 quittera Chartres pour rejoindre la Base Aérienne 123 de Bricy près d'Orléans à l’automne de la même année.

C'est la date de la fin de l'activité aérienne militaire à partir de Chartres, trop proche et trop risquée pour sa cathédrale.

C'est alors de le temps des unités non navigantes, souvent techniques (principalement en télécommunications) ou administratives. Une période aérienne militaire plus discrète s'ouvre, sans avion, mais pourtant toute aussi active.

La Compagnie de l'Air 01.122 sera présente jusqu'en 1964. Le génie de l'air est basé à Chartres (Entrepôt de matériel spécialisé 560), puis l'Établissement central d'infrastructure de l'air 11.56, avec certains hangars de très grande taille. Ils seront également utilisés pour le matériel de la gendarmerie mobile, ainsi que pour les avions en préparation pour le musée de l'air (Hangar HM8). Le BCIAA (Archives de l'armée de l'air) 01.510 fera partie des unités de la base, de 1965, à sa fermeture, en 1997. Se trouvaient également sur place : la Compagnie de Réparation et de Ravitaillement Technique no 88, le Commissariat des Bases de l'Air no 754 (novembre 1946), le Centre Administratif Territorial no 854 (avril 1952), le Centre Mobilisateur Air 00/222 (1965) et la Compagnie Régionale d'Infrastructures 13/352 (1970).

La Station de Réception de l'Administration Centrale SR CTAC 00/817 déploie ses installations dès juin 1957. Elle est associée à d'autres stations ou relais hertziens, dans la région proche.

De même, les activités du Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air CIMCA 41.122, grande unité d'instruction militaire élémentaire d'appelés, lors de la période de conscription, seront basées sur ce site. L'instruction militaire a débuté, à Chartres en 1957.

Le 8 novembre 1977, cette base aérienne reçoit la garde du drapeau de la 22e Escadre de Bombardement.

Le 17 février 1978, elle reçoit le nom de tradition Lieutenant Albert Vasseur, officier de l'Ecole Militaire de l'Air, Commandos parachutistes de l'air tué au combat le 11 décembre 1957, dans la forêt d'Aït Ouabane, en Kabylie.

Outre les unités présentes, la base aérienne comprenait des moyens de support (sur le calque commun à toutes les bases aériennes) :

  • Moyens Techniques 10/122
  • Services Administratifs 30/122
  • Moyens Généraux 40/122
  • Service Médical 50/122

Pour finir, la base aura abrité successivement les unités suivantes :

  • École de pilotage
  • 22e régiment aérien de bombardement de nuit
  • 22e escadre d'aviation lourde de défense
  • Groupe aérien d'observation 504
  • 6e escadre aérienne de chasse
  • 2e escadre aérienne de chasse
  • Ecole de chasse : le Centre d'Instruction de la Chasse (CIC)
  • 61e escadre de transport
  • Compagnie de réparation et de ravitaillement technique no 83
  • Entrepôts de matériel spécialisé du génie de l'air 560
  • Entrepôt infrastructure de l'air 65.555
  • Compagnie de l'Air 01.122
  • SR 20.817 : centre de réception de télécommunications
  • Compagnie régionale d'infrastructure 13.352
  • Bureau central d'incorporation et d'archive de l'armée de l'air (BCIAA) 01.510
  • Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air (CIMCA) 41.122

De nos jours[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, un complexe sportif aquatique occupe 20 hectares de l'ancienne base aérienne 122.

En 2015, les sapeurs-pompiers de Chartres devraient s'installer sur un tout nouveau centre de secours, sur le terrain de l'ancienne base aérienne[1], équipé d'une centrale solaire.

Traditions[modifier | modifier le code]

Insigne de tradition de la Base Aérienne 122 Chartres-Champhol

L'insigne de la base aérienne 122 de Chartres est répertorié au n° A 671 au Répertoire des blasons insignes de l'armée de l'air. Sur fond azur, un pélican s'ouvre les entrailles, son sang coule : il apporte son cœur pour nourrir ses enfants. C'est un symbole fort du sacrifice des aviateurs et des pilotes, pour la défense de la Nation, comme dans le poème La Muse d'Alfred de Musset.

Certaines unités passées par Chartres ont pu avoir leur propre insigne d'unité, comme ceux du Centre d'instruction de la chasse, de la 61e escadre de transport, de la Compagnie régionale d'infrastructure, ou des escadres et escadrilles de chasse, par exemple.

La base aérienne porte le nom de tradition de « Base aérienne 122 Lieutenant Albert Vasseur » (parrain de la promotion de l'École militaire de l'air 1998). Le lieutenant Albert Vasseur, sous-officier, puis officier du corps administratif, a trouvé la mort en 1957, en Algérie en tant que volontaire et officier au groupe de commandos parachutistes de l'air 15.541.

Devenue Détachement Air 90/279 « Albert Vasseur », rattaché à la BA 279 de Châteaudun, elle a été fermée définitivement en juillet 1997.

Rue d'Aboville, à Chartres, devant l'ancienne entrée de la base aérienne disparue, se trouve une stèle dédiée aux aviateurs de 1915 à 1954. Ce mémorial des aviateurs militaires de la base aérienne de Chartres a été réalisé par Dominique Maunoury, architecte, peintre officiel de l'air et de l'espace, pilote de voltige, décédé en 2001 et époux de Catherine Maunoury.

Cette stèle rappelle le souvenir des navigants, mais aussi, des milliers de personnes, hommes et femmes, venus sans discontinuer, au fil des générations humaines, de 1909 à 1997, servir avec cœur leur pays ou leur liberté, à la base aérienne de Chartres-Champhol.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Echo républicain, 15 septembre 2012