Base aérienne 122 Chartres-Champhol

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Base aérienne 122 Chartres-Champhol
Cocarde
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 27′ 25″ N 1° 31′ 14″ E / 48.4569, 1.52042648° 27′ 25″ Nord 1° 31′ 14″ Est / 48.4569, 1.520426  
Altitude 155 m (509 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne 122 Chartres-Champhol
Pistes
Direction Longueur Surface
10/28 840 m (2 756 ft) béton
Informations aéronautiques
Code AITA QTJ
Code OACI LFOR
Type d'aéroport Civil
Gestionnaire ex-Armée de l'air
Cartes SIA VAC

La base aérienne 122 Chartres-Champhol (parfois nommée simplement base aérienne de Chartres) désigne une ancienne base utilisée par l'armée de l'air tout au long du XXe siècle (1909-1997). Elle était située près de la ville de Chartres en Eure-et-Loir, principalement sur la commune de Champhol.

Au bord de la Route Nationale 10, à environ 1,5 km au nord-est de la ville, elle couvrait, environ, 250 hectares de superficie, pour un périmètre de 9,5 kilomètres.

Après avoir été désignée par le numéro de la brigade aérienne qu'elle abritait, elle portait finalement le numéro "122" en souvenir du 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (RABN), qui y a déployé ses activités de 1923 à 1936. Elle fut successivement une base d'instruction au pilotage élémentaire, de bombardement, de chasse et d'instruction à la chasse, puis de support.

Opérationnelle durant quatre-vingt sept années (un record, avec la Base aérienne 102 Dijon-Longvic « Capitaine Georges Guynemer »), la diversité de ces activités -du bombardement à la chasse, des navigants aux spécialistes, avec une forte présence de l'instruction, ainsi que le prestige des Unités ou des personnalités qu'elle a accueilli- la rendent particulièrement représentative de l'Histoire de l'armée de l'air française au XXe siècle.


Historique de 1909 à 1997[modifier | modifier le code]

L'Histoire de la BA 122 débute avec la création d'un terrain d'aéroplanes, en 1909, qui sera le siège de l'école d'aviation installée en 1915, laquelle fut un important centre d'instruction au pilotage élémentaire durant la Première Guerre mondiale.

La création du terrain d'aéronautique avant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Si la base aérienne proprement dite apparaît en 1909 (à l'ouest de Chartres : entre la GC 24 et la N 839), elle fait mouvement la même année, près de Champhol, pour occuper un casernement de cavalerie, installé dès 1870 dans le quartier Neigre et un casernement d'infanterie (d'Aboville) ; ces anciens bâtiments resteront utilisés par la base aérienne jusqu'à sa fermeture, en 1997 (chambres, bureaux).

Le 9 décembre 1909, le pilote Maurice Farman (1877-1964) réalise un vol direct de Buc à Chartres. Puis, le 31 décembre, pour une distance équivalente (environ soixante-dix kilomètres), il vole sans arrêt de Chartres à Orléans. Ces exploits lui vaudront la médaille d'or de l'aéroclub de France.

Hubert Latham se pose souvent dans le parc du château de Maillebois, sa maison natale, tout près de Chartres.

Maurice Jusselin (1882-1964), le brillant chercheur et archiviste de Chartres, est aussi l'un des pionniers de l'aviation locale (il servira dans l'aviation durant le premier conflit mondial). Entre 1908 et 1909, il réalise les premières photographies aériennes de la cathédrale de Chartres.

Le 7 juin 1910, l'arme aérienne est placée sous l'autorité du Génie, le Ministre de la guerre hésitant longuement avec l'Artillerie. L'aéronautique militaire est créée.

Le 25 septembre 1910, le journaliste Edmond Poillot (1888-1910), également chef pilote de l'école Savary, se tue à Chartres, avec son passager, dans un accident d'avion.

En 1911, le pilote militaire Joseph Frantz, premier pilote français à abattre un avion ennemi quelques années plus tard (en 1914), passe entre les deux tours de la cathédrale (...). Le survol de l'édifice sera, très tôt, rigoureusement interdit. Le 3 mai 1912, le même pilote procède aux premiers essais de radio TSF (ou télégraphie sans fil) entre son avion et le sol[1], innovation déjà testée entre un dirigeable et le sol, en 1910 (elle sera répandue dans les avions militaires à partir de 1915).

Chartrain, le célèbre pilote Lucien Deneau (1886-1971), l'un des mécaniciens de Louis Blériot est breveté militaire (après avoir passé le brevet de l'Aéroclub de France). Enfant du pays, il illustrera son art du pilotage à Tarbes et à Pau, avec d'audacieuses prouesses en monoplan Blériot, puis pendant la Première Guerre mondiale. Il survolera, le tout premier, l'Amazonie et terminera ses jours à Chartres.

Le 18 juin 1914, le commandant Julien Félix né en 1869, pionnier de l'aviation militaire (breveté le 19 octobre 1910), s'accidente mortellement lors d'un vol d'essai[2].

Durant la Première Guerre mondiale : la fameuse école d'aviation[modifier | modifier le code]

La nécessité de former les pilotes dans un cursus militaire est apparue très tôt[3].

Le camp de Châlons se dote ainsi d'une école de pilotage, en 1909 (avions Farman) ; le terrain de Pau forme très tôt sur avions Blériot.

En août 1911, quatre centre écoles sont en activité, à Châlons, à Versailles (exactement à Saint-Cyr-l'Ecole), à Avord et à Pau.

Le 1er avril 1911, l'aéronautique militaire installe sa toute première école de pilotage, au camp de Châlons, sous la responsabilité du lieutenant Félix Camerman, premier pilote militaire à obtenir le brevet de pilote civil (8 février 1910). Huit officiers en seront les premiers élèves-pilotes, à la fin avril. Le 29 novembre 1911, l'aéronautique militaire décide d'appeler ses aéroplanes "avions", en hommage à l'inventeur français Clément Ader. L'instruction au pilotage militaire débute ; le terrain de Chartres y contribuera activement, dès le début de la guerre.

Le brevet de pilote militaire, créé le 7 février 1911 (premier breveté : lieutenant Charles de Tricornot de Rose), réunit trois épreuves. La navigation (trois parcours différents de cent kilomètres aller-retour sans escale), qui s'effectuent via des triangles : Chartres-Buc-Châteaudun-Chartres, par exemple, ou Maintenon et Avord. Des épreuves d'altitude sont également prévues : une heure de vol à deux mille mètres. Ainsi que des atterrissages en spirale, avec l'hélice arrêtée. Enfin, un examen technique valide les connaissances théoriques du candidat au brevet de pilote militaire.

La loi du 29 mars 1912 organise l'aéronautique militaire française. Jusqu'en 1934, celle-ci sera rattachée à l'armée de terre.

Les écoles de formation au pilotage d'Avord et de Pau avaient, malencontreusement, fermé en août 1914 (...), pour permettre aux instructeurs de constituer les escadrilles de combat. Elles seront rapidement rouvertes et dotées d'appareils ; des écoles civiles seront intégrées, pour faire face aux besoins en pilotes militaires. Celle de Chartres fait partie des sites ouverts dès janvier 1915. Initialement (en 1911), le volume annuel de pilotes en formation était fixé à 250. Au 2 août 1914, 657 brevets militaires avaient été attribués (et environ, 1 730 civils, avec des recoupements).

Au total, ils seront dix-huit mille pilotes militaires brevetés, à fin 1918, dont deux mille formés à Chartres.

Le futur général Édouard Barès[4] supervise l'organisation du recrutement et de la formation des pilotes. Barès avait passé l'épreuve de navigation de pilote militaire, en mars 1911, entre Buc, son école, et le terrain de Chartres. Proche de Joseph Joffre, il est relayé par le futur général Adolphe Girod (1872-1933), nommé Inspecteur des Écoles et des Dépôts en septembre 1915. Partisan d'une aviation militaire autonome, Édouard Barès sera destitué le 15 février 1917. L'aviateur Julien Mamet contribue à la mise en route des écoles.

L'arrêté du 25 novembre 1915 fixe le statut des écoles d'aviation militaire.

Dès février/mars 1915, l'école de pilotage est active : l'école d'aviation militaire de Chartres. Elle délivre le brevet de pilote militaire. Formant donc près de deux mille pilotes militaires, c'est la troisième école, par importance, après la base aérienne 125 Istres-Le Tubé (ouverte en janvier 1917), près d'Istres et la base aérienne de Châteauroux-Déols, à Châteauroux (octobre 1915, observation d'artillerie).

S'activent, également, les écoles d'aviation militaire de Pau (avions Blériot), de Juvisy Port Aviation (septembre 1915), de Dijon (avions Voisin, mai 1917), d'Étampes (base aérienne 251 Etampes-Mondésir), de Buc (Avions Farman, mars 1915)) ou encore, d'Avord (bombardement et vol de nuit) ou Le Crotoy (mars 1915), de Tours (octobre 1915), de Biscarosse (janvier 1917) et d'Ambérieu-en-Bugey (perfectionnement, août 1915).

L'école de chasse est alors à Pau (voltige ou haute école), celle de Cazaux forme au tir et celle d'Avord est (également) spécialisée dans le bombardement.

L'école d'aviation militaire de Chartres prépare et délivre le brevet élémentaire de pilotage, sur avions Caudron et Farman, notamment les MF 11 (Maurice Farman 11), dotés d'un moteur de quatre-vingts chevaux. S'y trouvent également des Caudron G III. En 1916, des Farman F 20 seront utilisés, puis le F 40, en 1918.

Cette formation initiale comprend un stage d'une durée d'un mois (une quarantaine d'heures de vol, au maximum, souvent moins), intercalée entre la formation militaire générale et les stages de perfectionnement au vol (école de chasse, école de bombardement, stage de vol de nuit...), dans un cursus qui atteignait six mois, en 1917.

À Chartres, l'école d'aviation militaire est commandée par le capitaine, bientôt commandant, Joseph Fassin, mais auparavant par le lieutenant de vaisseau Pierre Cayla (1880-1930), de janvier à juin 1915, l'un des premiers officiers de marine breveté pilote. Elle sera également dirigée par le capitaine (futur général de l'Armée de Terre) Paul de Langlade. Plus de 400 Farman y sont alors déployés. Le capitaine Adolphe Varcin (1884-1967) est chef-pilote de l'aérodrome militaire[5] (au lâcher solo, supervisé par Adolphe Varcin les nouveaux pilotes se disent "varcinés"). L'école comprend du personnel administratif et médical.

Des instructeurs de qualité sont en poste à l'école. En 1915, Dieudonné Costes, as de l'aviation, futur pilote de ligne et d'essai célèbre, enseigne le pilotage, comme moniteur dans cette école. Tout comme le sous-lieutenant Marcel Derunes, qui sera formateur durant tout le conflit mondial, ou encore Marcel Didier (1869-1943). Le sous-lieutenant Laurent Drevet, né en 1881, et chef-moniteur de la grande piste.

Les élèves proviennent de toutes les Unités de l'armée de terre : infanterie, cavalerie (hussards, dragons, cuirassiers...), artillerie, ou encore génie. Ils sont détachés par ces armes.

Pour ses activités aériennes, l'école dispose de trois pistes : deux petites (La Grenouillère et le champ de Lours) et la piste principale. Les deux premières servent aux tours de pistes et aux lâchers. Elle utilise également une annexe à Voves, à une vingtaine de kilomètres de Chartres (exploitée de 1916 à 1918, sera un camp de prisonniers puis d'internement, en 1942[6]), ainsi que le terrain de la ferme de Bouard, sur la commune de Bagnolet, à une quarantaine de kilomètres.

Parmi les milliers de pilotes de chasse ainsi formés, le sous-lieutenant Jean Casale (1893-1923) obtient à Chartres son brevet de pilote en mars 1915. L'aviateur de deuxième classe Marcel Vialle (1895-1976), admis le 6 août, sort breveté le 31 août 1915, avant de partir pour Ambérieu, puis pour l'escadrille. Arrivé le 15 juin 1915, Marcel Engler (1891-1982) passe son brevet le 3 septembre 1915. Victor Denain (1880-1952), futur ministre de la guerre, y passe en formation et sort breveté pilote le 15 août 1915, avant de diriger l'aéronautique de l'Armée d'orient. Admis en novembre 1915, le futur résistant et lieutenant-colonel Robert Poirier (1894-1949) est breveté le 3 février 1916. Le 16 décembre 1915, Pierre Hadengue termine les épreuves du brevet de pilote[7]. Le 6 février 1916, le pilote Charles Chagnaud débute à Chartres sa formation. Jacques Roques reçoit le sien le 20 mai 1916. L'enseigne de vaisseau Pierre Olgiati (mort au combat en 1917) est breveté le 25 septembre 1916. L'enseigne de vaisseau René Guilbaud (1890-1928), qui sera un précurseur des raids en hydravions est formé en 1916.

Justin Usse, inapte à l'infanterie après une grave blessure, est breveté à Chartres le 17 janvier 1916 -le même jour et au même endroit qu'Henri Lumière- après vingt-cinq heures de vol. Il poursuivra la guerre comme pilote observateur.

En 1917, il semble que Georges Bernanos soit passé à l'instruction à Chartres[8], mais il ne terminera pas le conflit dans l'aviation.

Le futur as Pierre Ducornet (1898-1963) repart de Chartres avec son brevet, le 23 février 1917.

Le lieutenant Joseph Haour est affecté à l'école, le 10 décembre 1918, après une période de guerre bien remplie, comme observateur, puis comme pilote. Louis Dupuy (1894-1979) y est breveté pilote le 26 avril 1915. Joseph Cellard obtient son brevet de pilote militaire le 31 octobre 1917. L'ancien artilleur Pierre Janet décroche le sien le 21 août 1918. Issu d'un régiment de dragons, le maréchal des logis-chef Frantz Maurice Divoy est breveté à son tour, le 24 décembre 1917.

En décembre 1917, le futur as de l'aviation Théophile Condemine (né en 1895) aborde sa formation de pilote à Chartres. Breveté en mars 1918, il totalisera neuf victoires aériennes aux cours des seuls derniers mois de la guerre.

Blessé en 1915, l'artiste et lieutenant observateur Georges Villa (1883-1965) publie un livre de portraits, réalisés à l'école d'aviation militaire de Chartres, qui dépeint certaines de ces personnes[9].

Le capitaine Prénom Chatelain publie, le 29 juin 1917, l'ouvrage "Causerie pratique aux élèves-pilotes", préfacé par le commandant de l'école de Chartres, Joseph Fassin, qui demeurera longtemps un "classique" des techniques du pilotage élémentaire.

Des élèves étrangers, surtout américains et russes sont formés à Chartres. Tel, par exemple, Raoul Gervais Lufbery (1885-1918), l'un des as de la Première Guerre mondiale de l'escadrille La Fayette.

Le 26 janvier 1915, le futur général Milan Stefanik (1880-1919) débute la formation qui lui conférera le brevet, en avril ; il est l'un des créateurs de la Tchécoslovaquie. Le lieutenant Onokichi Isobé (décédé en 1957) débute à Chartres sa formation de pilote militaire, en mars 1916.

Le 1er février 1916, le sous-secrétaire d'État à l'aéronautique René Besnard visite l'école de pilotage.

En 1918, le Groupe des Divisions d'Entraînement (GDE) du Plessis-Belleville (perfectionnement des pilotes) rejoint Chartres.

Le carré militaire du cimetière de Chartres garde la trace de cette période, tant des pilotes morts à l'entraînement, que des aviateurs décédés de la grippe espagnole, en 1918.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après une courte période de latence, s'ouvre le temps des Unités de bombardement, particulièrement illustré par le 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit ; puis ce sera celui de la chasse, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, avec de prestigieuses Unités, que le conflit éloignera vite de Chartres. Mais une pétition va bientôt faire beaucoup de bruit, pour "la suppression du camp d'aviation de Chartres, qui menace de mort la Cathédrale".

L'aviation de bombardement[modifier | modifier le code]

En 1918, le calme revient. Les activités aériennes sont ralenties. Fin 1922, le terrain situé initialement sur la route de Sours est déplacé à Champhol, près de la route nationale N 188 (Chartres-Paris) ; huit hangars provisoires, de type « Benezit », sont installés.

En 1923, les premières unités de bombardement convergent vers Chartres pour former l'Escadre d'Aviation Lourde.

L'Unité de bombardement s'appellera, successivement, le 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (RABN), de 1922 à 1933, puis l'Escadre d'Aviation Lourde de Défense (EALD), de 1933 à 1936.

Le 25 avril 1931, Chartres est une étape du "Tour de France des avions et des automobiles", compétition originale lancée par "Le Journal", qui confronte engins aériens et terrestres, partis de d'Orly.

Les premiers hangars d'avions solides sont construits en 1930, notamment, pour abriter les appareils du 22e Régiment d'Aviation de Bombardement, puis 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (formés des escadrilles 101 et 113, créées en 1914), arrivés de Luxeuil en 1933, qui formeront la 22e escadre d'aviation lourde de (ou "et") défense (22e Escadre d'Aviation de Bombardement, 1er octobre 1932). Cette unité est spécialisée dans le bombardement de nuit ; issue de la scission du 11e régiment d'aviation de bombardement, elle était alors équipée d'avions Lioré et Olivier LeO 20. Elle sera dotée de Bloch MB.131 et de Bloch 200 à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Cependant, le bimoteur Farman F 63 dit Super Goliath sera l'appareil de prédilection des six escadrilles du 22e RABN.

Le 13 mai 1925, le lieutenant Henri Simon s'écrase place de la poissonnerie, à Chartres. Restaurée, la plaque commémorative de ce drame retrouve sa place en mars 2014.

A partir d'août 1928, l'Armée de l'Air commence à former ses aviateurs au pilotage sans visibilité (PSV) ou Vol aux instruments, amorcé à Toussus-le-Noble par Lucien Rougerie[10]. Le futur général de corps aérien Gaston Venot, affecté à Chartres jusqu'en juillet 1935, y développe cette technique.

En 1929, le tout récemment breveté pilote Georges Goumin, futur commandant est affecté, en tant que sous-lieutenant, au 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit.

Le 18 mai 1930, le Ministre de l'Air, Laurent Eynac, inspecte la base aérienne.

Les accidents sont nombreux[11]. Le 16 mai 1930, un F. 63 revenant de Lyon à Chartres s'écrase sur les monts du lyonnais, près de de Saint Clément sous Valsonne. Le 26 août 1930, un autre Farman s'écrase près de Lèves et tue son équipage[12]. Le 27 août 1930, un Super Goliath du 22e RABN s'écrase à l'entraînement, près de Dijon (stèle du parc de la combe à la serpent).

En 1932, le 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (RABN), comprenait deux groupes (I/22 et I/22), regroupant trois escadrilles pour le I/22 (les VB 109, VB 125 et VB 101), et quatre, pour le II/22 (les BR 113, CAP 130, CAP 115 et 22/22 RABN).

En 1932, les base aériennes sont créées et organisées, sur un modèle emprunté à l'Armée de terre.

Les avions de chasse à Chartres[modifier | modifier le code]

En 1934, l'Armée de l'air est créée ; en 1935, le terrain de Chartres fait partie des neuf base aériennes principales de cette nouvelle arme (avec celles de Metz, Nancy, Le Bourget, Reims, Pau, Tours, Châteauroux et de Lyon).

Entre mai 1933 et mai 1934, la base reçoit par ailleurs la 42e escadre mixte de chasse, spécialisée dans la chasse de nuit. Cette unité opère au moyen de Nieuport Delage 62 et de Breguet 19. En octobre de la même année, la 42e escadre mixte de chasse part pour Reims ; la 6e escadre de chasse permute et vient de Reims pour s'installer à Chartres.

En mai 1933 puis en mai 1935, le terrain est l'une des étapes de la troisième coupe de compétition aérienne "Deutsch de la Meurthe". Le 23 mai 1933, le capitaine Ludovic Arrachart se tue à l'entraînement pour cette compétition, à Maisons, à une trentaine de kilomètres de Chartres[13].

Le 15 octobre 1934, le futur capitaine Jacques Umbrecht débute, comme aviateur de deuxième classe, sa carrière dans l'Armée de l'air. Il sera affecté à la 2e escadre de chasse.

Le 15 juin 1935, le capitaine Frédéric Geille, alors pilote affecté à la 22e escadre de chasse (depuis 1931), est breveté (en Russie) tout premier moniteur parachutiste de l'histoire militaire française. Il quitte Chartres pour prendre le commandement du Centre d'instruction de parachutisme de l'Armée de l'Air, à Avignon-Pujaut. Frédéric Geille avouait s'être "ennuyé ferme" à Chartres, entre 1931 et 1935. Le capitaine Robert Williame (auteur de "L'escadrille des cigognes"), de la même unité, sera le troisième parachutiste breveté, une année plus tard. Au 1er mai 1939, reprenant le pilotage, le commandant Frédéric Geille reviendra comme chef, à Chartres, du GC III/2, le 3e groupe de la 2e escadre de chasse.

Le futur général Martial Valin (1898-1980) et futur commandant des Forces aériennes françaises libres est nommé à la 12e Brigade aérienne, à Chartres, en 1935.

En 1935, la 42e escadre aérienne mixte de chasse est dissoute puis remplacée par la 6e escadre aérienne de chasse, avec ses groupes GC I/6 et GC II/6, augmentés bientôt d'un GC III/6. De 1935 à 1937, le futur général Pierre Pouyade est lieutenant à la 6e escadre de chasse.

En août 1935, voici la phase de la dernière extension du terrain militaire. Plusieurs dizaines d'hectares sont ajoutés, à l'est (actuelles pistes civiles), par un programme d'expropriations.

Le 29 octobre 1936, c'est la fin des Unités de bombardement, à Chartres. Le 22e RABN quitte Chartres pour Orléans. Il se fixe alors sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy, ainsi que pour celle d'Avord.

A la veille du conflit, en novembre 1936, l'ère de la chasse a pris le pas à Chartres, avec l'affectation de la 11e Brigade de Chasse, sous les ordres du colonel Armand Pinsard, as de la Première Guerre mondiale. Cet officier avait créé et commandé la 7e escadre de chasse, sur la base aérienne de Dijon. Il commandera également la Base aérienne, de 1937 à 1939, remplaçant le colonel Marcel Hébrard.

En 1936, le capitaine René Mériguet, alors jeune breveté mécanicien radio, est affecté à la Base Aérienne 122.

De même, le lieutenant Marcel Beau y arrive le 1er octobre 1936, pour commencer sa formation aux fonctions de commandant d'avion. Il s'illustrera quelques années plus tard, à Châteaudun, durant la Deuxième Guerre mondiale.

Le 1er décembre 1936, le sergent pilote de chasse Jean Sauvage (1917-2014) est affecté à Chartres. Il poursuivra sa carrière en passant par l'Ecole de l'Air, alors située à Versailles et terminera la guerre comme pilote à l'Escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen.

Le 25 décembre 1936, la prestigieuse 2e escadre de chasse quitte Tours (la base aérienne 705 Tours, où elle était arrivé de Strasbourg en 1933) pour se poser à Chartres et venir renforcer la 11e Brigade de Chasse. Elle comprend notamment la SPA 3, escadrille dans laquelle avait servi Georges Guynemer, au demeurant, connue par ses prestigieuses « Cigognes », ainsi que la SPA 103 où œuvrait René Fonck. Initialement 2e escadre d'aviation légère de défense, elle sera bientôt dotée de Dewoitine D.500 (janvier 1938) puis de Morane Saulnier 406 (avril 1939), appareils tous deux dépassés (cf infra).

Le jeune lieutenant Pierre Hyvernault participe à ce mouvement[14].

En 1937, l'Aéroclub civil est autorisé à s'installer sur le site ; il reprendra ses activités après la guerre, jusqu'à nos jours (une partie de l'ancien terrain militaire demeure donc, sous la forme d'un terrain civil, celui de l'Aérodrome de Chartres).

En juin 1937, le Groupe aérien d'observation 504 prend ses quartiers à Chartres ; cette unité exploite les premiers autogires militaires, avec des Potez 39.

En 1938, le colonel Armand Pinsard commande donc la 21e Brigade aérienne de Chartres.

La polémique quant à la présence de la base aérienne[modifier | modifier le code]

Cette même année, 1938, l'architecte Achille Carlier diffuse une pétition nationale visant à déplacer la base aérienne de Chartres ; procédurier fameux (un arrêt du Conseil d'État porte son nom, en matière de voie de fait, en 1949), il invoque même des "menaces de mort" sur la Cathédrale[15]. Des personnalités illustres soutiennent cette pétition. Très habilement, son auteur l'accompagne d'une photographie montrant la Cathédrale au premier plan et les installations de la base aérienne, au second[16]: "en cas de guerre, l'attaque immédiate de cette base par l'adversaire aurait pour effet l'anéantissement de l'ensemble de verrières absolument unique [...]. Le camp d'aviation de Chartres est une monstruosité [...]"

La guerre toute proche ne laisse pas le loisir de débattre de cette éminente question. Dès le 19 mai 1939, des bombardements allemands sur le terrain d'aviation militaire compliquent l'activité. Très rapidement, comme en 1914, les précieux vitraux de Chartres sont déposés et mis en lieu sûr[17].

Entre le 12 juin et le mois d'août 1939, toutes les unités opérationnelles, leurs moyens de supports et les Hommes quittent Chartres, pour se positionner essentiellement sur les terrains de l'est de la France ("desserrement"), dans une manœuvre tactique de dissémination des appareils. Il n'y a pratiquement plus d'activité directe de combat aérien, à Chartres.

En septembre 1939, la Marine implante la Section de Liaison et Entraînement de Chartres, complétant celle d'Orly.

Fin 1939, des unités de défense anti-aérienne (DCA), de la 404e et 406e RADCA, stationnent à Chartres.

Les craintes d'Achille Carlier, pourfendeur des politiques de conservation du patrimoine religieux, s'avèrent bien dérisoires. Sa cause sera pourtant entendue, en 1953.

En attendant, la Deuxième Guerre mondiale passe à Chartres.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Tandis que les groupes de chasse opèrent d'abord depuis Chartres, pour essaimer rapidement vers d'autres terrains, se déploie simultanément une importante école de pilotes de chasse, avant que la future BA 122 soit utilisée successivement par les Allemands puis par les Américains, essentiellement comme base de bombardiers.

Le Centre d'Instruction des pilotes de Chasse : le CIC[modifier | modifier le code]

Du fait du départ des escadrilles de chasse, la base aérienne se consacre désormais à la formation des élèves-pilotes de chasse, jusqu'à la défaite du 10 mai 1940. C'est un retour à sa vocation initiale : la formation au pilotage. Deux base aériennes disposent alors d'une école de chasse : celle de Chartres et celle de Montpellier. Succédant immédiatement au départ du groupe de chasse 3/6 Roussillon, et pendant quelques mois (septembre 1939, mai 1940), l'école de chasse, nommé le "Centre d'Instruction de la Chasse" (CIC) forme des pilotes à Chartres, pour les besoins de la chasse[18].

À cet effet, la base aérienne est rejointe, au moment de l'invasion de la Pologne et de la Tchécoslovaquie par les troupes allemandes, par des aviateurs venus de ces pays désormais occupés. Ceux-ci sont passés par la Légion étrangère, dont ils gardent les insignes avec leurs marques de pilotes.

Tel est le cas, par exemple, du caporal Rudolf Ptacek (1918-1942), affecté à Chartres en janvier 1940 ; breveté en Pologne en 1938, il suit l'entraînement du CIC, sur MS 230, pour participer aux combats avec l'Escadrille de Défense de la base. Il quitte Chartres le 3 juin 1940, pour l'Angleterre. Le futur squadron leader tchèque Frantisek Fajtl (1912-2006) arrive de même à Chartres en 1939, participe aux combats avec l'Escadrille de Défense de la base à partir du 18 mai 1940, pour passer par trois groupes de chasse avant de rejoindre Sutton Bridge, en Angleterre et un bien triste destin, de retour dans son pays natal.

Venant des écoles de pilotage élémentaire, breveté, les pilote de chasse sont orientés vers le CIC de Chartres. À sa mobilisation, le futur commandant René Mouchotte, alors sergent de réserve, est élève-instructeur au CIC, en septembre 1939, avant d'être affecté comme instructeur, en mars 1940, à Avord. Le sergent Marcel Albert (1917-2010) est un exemple des instructeurs affectés au CIC (le 7 septembre 1939), avant de rejoindre le Groupe de chasse I/3. Il sera l'un des as du Normandie-Niemen[19].

Près de trois cents pilotes passeront par le CIC, y compris tchèques et belges, par exemple.

Le sous-lieutenant Marcel Hebrard, tout juste breveté de l'école de pilotage de Romilly-sur-Seine passe d'octobre 1939 à mars 1940 au CIC, avant de rejoindre le Groupe de chasse II/5. Le capitaine Robert Waddington (1893-1986) y commande l'un des deux groupes, en 1939 ; il sera blessé en mai 1940. De même, le sous-lieutenant Léon Cuffaut prend le commandement de la 3e escadrille du CIC, du 27 mars 1940 au 14 juin de cette même année 1940 (avant de rejoindre le Groupe de chasse II/3 à Alger). Celui-ci diffuse l'emblème du "Donald avec la massue", qui est peint sur les avions Curtiss P-36 Hawk du CIC.

Le 16 septembre 1939, le futur général Michel Madon se perfectionne, à son tour, au CIC, entre octobre 1939 et janvier 1940.

En octobre 1939, venant de l'Ecole de l'Air de Versailles (base aérienne 134 Versailles, l'aspirant Roger Démoulin poursuit son instruction de pilote de chasse au CIC de Chartres.

Le commandant de réserve et futur résistant héroïque Claude Bonnier est mobilisé à Chartres, comme officier mécanicien, dès septembre 1939.

Le Centre d'Instruction de la Chasse utilise des Bloch 152 et des Curtiss P-36 (également nommé H-75), ainsi que des MS.406 et des Potez 63. Une vingtaine d'avions d'entraînement à la chasse, réunis en une section d'entraînement et deux groupes (I/CIC et II/CIC) de deux escadrilles chacun (1re CIC, 2e CIC, 3e CIC et 4e CIC)[20]. À partir de novembre 1939, les Dewoitine 500, 501 et 510, retirés des escadres de chasse, sont réaffectés à l'instruction et utilisés comme principal avion de transition (D 500, D 501 et D 510), principalement par le 2e groupe du CIC de Chartres.

Il est commandé par le commandant Raguenet de Saint-Albin.

Le 25 janvier 1940, le sous-lieutenant pilote Michel Barbin, du Centre d'Instruction de la Chasse de la Base, disparaît en mer, au large du Grau-du-Roi.

En janvier 1940, le futur capitaine Dominique Penzini (1914-1979), dit "Pinceau", débute à Chartres son cursus d'élève officier de réserve (EOR) ; il demandera retourner à son Unité, le Groupe de chasse I/5.

En mars 1940, le sous-lieutenant Pierre Brisdoux Galloni d'Istria est affecté au CIC.

Le 1er juin 1940, les ultimes pilotes abattus du CIC sont déplorés (sous-lieutenant Sterbacek et Rudolf Plaseck). Le CIC de Meknès (1943), devenu École de Chasse Christian Martell en 1947, à Tours en 1961 (renommée Groupement École GE 314[21]), puis à Cognac (2016) sont les continuations des Centre d'Instruction de la Chasse, dont celui de Chartres.

L'activité des groupes de chasse[modifier | modifier le code]

Arrivé fin 1936 (cf supra), le groupe de chasse I/2 débute ses opérations de guerre à partir de Chartres.

En 1939, la base est commandée par le général Félix Brocard (1885-1950), ancien pilote de la Première Guerre mondiale et parlementaire.

Le GC I/2 quittera le terrain entre le 1er mai et le 27 août 1939, pour le nord de la France (Beauvais-Tillé et Toul-Ochey). Après l'armistice, dissout puis rétabli, le GC I/2 sera stationné à Dijon, de 1949 à 2011, sous la dénomination de 2e escadre de chasse[22]. Le lieutenant Marcel Coadou (1897-1985) est commandant en second du Groupe de Chasse GC 1/2 Cigognes, adjoint du capitaine prénom? Daru.

Le capitaine Maurice Vidal, du GC I/2 est tué à Saverne, le 7 avril 1940.

Pour sa part, le Groupe de chasse 3/6 Roussillon naît le 1er mai 1939, à Chartres, commandé par le capitaine de Place. Il en part le 28 août 1939, pour Villacoublay et pour la campagne de France ; le 20 juin 1940, il se atteindra Alger-Maison-Blanche. Il deviendra, bien plus tard, l'élément central de la 11e escadre de chasse. En 1939, durant la campagne de France, y servent des as de l'aviation, tel que Pierre Le Gloan, alors sergent-chef à la 5e escadrille du Groupe de chasse 3/6 Roussillon. Il est alors équipé de MS 406. Le lieutenant Charles Goujon, futur pilote d'essai à la fin tragique, y est également pilote.

Le 23 mai 1940, le commandant du groupe de chasse 3/6 Roussillon (depuis décembre 1939), Pierre Castanier (1903-1940) est mortellement abattu près de Lille. Le capitaine Paul Stehlin lui succède.

Le 3 juin 1940, le terrain est bombardé par les Allemands.

En juin 1940, le Centre d'Instruction de la Chasse se replie à Cazaux, son commandant ayant pris le commandement du Groupe de chasse 1/4 Navarre, le 15 mai 1940. Le 13 juin 1940, le Groupe de chasse 1/4 Navarre quitte Chartres pour Chateauroux. Le Bataillon de l'Air 122 se replie également en juin, à La Teste, avec le sergent pilote Michel Hincelin, mobilisé en septembre précédent.

Le 17 juin 1940, le village de Champhol est aux mains des Allemands ; le même jour, le préfet de Chartres, Jean Moulin est torturé.

Voici la base aérienne 122 occupée. La Luftwaffe y prend ses quartiers.

La Luftwaffe utilise le terrain[modifier | modifier le code]

Occupée[23], la base aérienne voit stationner de nombreuses unités et types d'avions allemands : chasse, bombardement (55e escadre de bombardement ou II/KG55, de la Luftwaffe), en particulier, de nuit, vers l'Angleterre. Ses avions sont des Heinkel 111.

La KG 66 (Kampfgeschwader 66) est créée à Chartres en avril 1943, avec des Dornier 217 et des Junkers JU 88A. Elle se trouve sous le commandement du major Hermann Schmidt. Cette Unité partira en juin 1943, pour Montdidier.

Les allemands réquisitionnent nombre de demeures chartraines, en particulier pour loger leurs aviateurs.

Les bombardements alliés, en retour, furent alors intenses en 1943 et en 1944[24], notamment, le 15 septembre 1943, avec une vague de B-24, de même que le 28 mars 1944 puis en mai, en juin et en juillet 1944.

Le 2 mars 1944, une vague de plus de quatre-vingts bombardiers alliés vise la base aérienne et détruit presque complètement l'église de la commune voisine de Champhol, ainsi que plusieurs dizaines de maisons.

Les attaques alliées du 27 mars et du 26 mai 1944 détruisent de nombreuses maisons et font des victimes civiles. Lors de celui du 26 mai 1944, un bombardier B26 s'écrase au sud-ouest de Chartres[25]. Cet accident provoque un bombardement du centre-ville (Place des Halles); la bibliothèque est incendiée (Incendie de la Bibliothèque municipale de Chartres en 1944) et quarante-neuf morts sont déplorés.

Le 4 juillet 1944, l'as de l'aviation allemand Klaus Mietusch abat un soixante-dixième appareil, près de Chartres.

Le 1er août 1944, trois Boeing B-17 sont abattus ; l'un d'entre eux tue son équipage sur la commune d'Amilly (stèle inaugurée le 13 mai 2012). Cette attaque exceptionnelle réunissait plus de mille bombardiers et plus de trois cent quatre-vingt dix chasseurs, réorientés vers les terrains d'aviation de Chartres, d'Orléans et de Châteaudun. Elle fut l'une des plus lourde visant les installations de la base aérienne, durant la Deuxième Guerre mondiale.

Une stèle -réalisée avec des matériaux d'époque récupérés lors de la dépollution du site- pourrait rendre hommage aux victimes civiles de ces actions de guerre, en 2015[26].

La libération du terrain d'aviation[modifier | modifier le code]

Les combats de libération débutent le 16 août 1944 pour libérer la ville de Chartres le 21 août 1944.

Le 23 août 1944, le général Charles de Gaulle passe par Chartres, prononce un discours devant La Poste, et visite la base aérienne vidée des occupants[27].

Le 2 septembre 1944, le général Dwight David Eisenhower fait escale à Chartres.

La base aérienne est utilisée par les Américains de 1944 à juin 1945 ; ceux-ci la restaurent, la reconstruisent et l'agrandissent. Ils y positionnent principalement des Unités de bombardement.

Elle porte alors le nom de « A-40 ». Elle accueille plusieurs unités navigantes, dont le 368th Fighter Group, équipé de P-47 Thunderbolt et le 323rd Bombardment Group, avec des B-26. Le 3 septembre 1944, le 368th Fighter Group effectue une intense activité de soutien, en Belgique.

Après la Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Cette époque ouvre cette fois le temps du transport aérien militaire, puis la fin des activités aériennes et celui des Unités non navigantes, jusqu'à la dissolution de la base aérienne de Chartres, BA 122, en 1997, son retour définitif aux usages civils, à partir de 2014, qui débute le temps de la mémoire.

Le transport aérien militaire[modifier | modifier le code]

En juin 1945, la base aérienne revient progressivement sous le contrôle de l'armée de l'air. Elle prend alors le numéro de tradition "122" pour perpétuer le souvenir du 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit. Arrive alors de nouvelles unités : la Compagnie de réparation et de ravitaillement technique no 83.

La création de la 61e escadre de transport[28] (GT 1/61 à Orléans Bricy, GT 2/61 au Bourget, GT 3/61 à Chartres) et de son État Major, le 1er décembre 1945, marque le renouveau de la base aérienne.

Tout juste créé, à Lyon, l'escadron de transport 3/61 Poitou utilise alors des avions de transport militaires Beechcraft UC-45, puis Junkers Ju 52 (surnommé "la Julie"), récupérés aux Allemands, dans sa version Française AAC-1 « Toucan » et des C-47 « Dakota ». Ce groupe de transport est actif dans les opérations d'après-guerre en Indochine, avec le Groupe « Tonkin » (formant le GT 2/64 Anjou), qui fait un bref séjour sur le terrain de Chartres, en 1945 avant son mouvement sur l’Indochine (Saïgon, Base aérienne 191 Tan-Son-Nhut, Cochinchine) début 1946.

En 1947, le 3/61 Poitou fournit ainsi les équipages et les avions détachés au Tonkin (Bach Maï) et à Madagascar (Tananarive), accaparant l'essentiel de la flotte de C-47. Aussi, les Ju 52 de Chartres servent principalement à l'entraînement et à la transformation des navigants sur avion de transport.

Le 27 juin 1947, la revue "Arts" (n°121, du 27 juin 1947) reprend la lutte contre la présence d'une activité aérienne militaire à Chartres.

Le 22 juillet 1948, les appareils et les personnels du GT 2/64 Anjou sont réintégrés à l'escadron de transport 3/61 Poitou, à Chartres.

Début 1949, le lieutenant-colonel Jean-Louis Nicot commande la base aérienne.

Le 3 novembre 1949, le colonel Henri Bouyer (1908-1958) prend le commandement de la 61e escadre de transport.

Dans les années 1950, le "Poitou" s'active autour de Chartres ; parfois, il arrive qu'un commandant de bord confonde, fort piteusement, les pistes d'Orly avec celles de Le Bourget[29].

Totalement équipé de C-47 « Dakota" à partir de mars 1953, l'escadron de transport 3/61 Poitou quitte Chartres pour rejoindre la Base Aérienne 123 Orléans-Bricy près d'Orléans, entre le 6 mars 1953 et le mois d'octobre de la même année. Bientôt, à Orléans les C-47 sont remplacés par le Noratlas ou Nord 2501.

Ce départ marque la fin de l'activité aérienne militaire à partir de Chartres, trop proche et trop risquée pour sa cathédrale, décision prise en bonne partie à la demande des autorités civiles et religieuses chartraines. C'est la victoire finale du mouvement lancé en 1938 pour évincer les aviateurs de Chartres[30].

Ce souhait de réduire l'activité de la base en écartant les avions converge avec le processus de restructuration et de réduction de format de l'Armée de l'air, débuté en 1945.

Les unités spécialisées non navigantes[modifier | modifier le code]

Celles-ci deviennent dominantes, à partir de 1953. Souvent techniques (principalement en télécommunications) ou administratives, elles ouvrent une période aérienne militaire plus discrète, car sans avion, mais pourtant toute aussi active. La formation militaire demeure active ; à partir de 1984, la base accueille un important Centre d'Instruction Militaire, le CIMCA, illustratif de la conscription.

Rapidement, l'aérodrome civil reçoit les pistes et étoffe ses activités, notamment de planeurs.

La Station de Réception de l'Administration Centrale SR CTAC 00/817 déploie ses installations dès juin 1957. Elle est associée à d'autres stations ou relais hertziens, dans la région proche, notamment, celui d'Étampes. En août 1964, la SR CTAC 00/817 est rattachée au Centre de Transmissions de l'Administration Centrale, situé sur la base aérienne 117 Paris, près du métro Balard[31].

La Compagnie de l'Air 01.122 sera présente jusqu'en 1964. Le génie de l'air est basé à Chartres (Entrepôt de matériel spécialisé 560), puis l'Établissement central d'infrastructure de l'air 11.56, avec certains hangars de très grande taille. Ils seront également utilisés pour le matériel de la gendarmerie mobile, ainsi que pour les avions en préparation pour le musée de l'air (Hangar HM8). Le BCIAA (Archives de l'armée de l'air) 01.510 fera partie des unités de la base, de 1965, à sa fermeture, en 1997. Se trouvaient également sur place : la Compagnie de Réparation et de Ravitaillement Technique no 88, le Commissariat des Bases de l'Air no 754 (novembre 1946), le Centre Administratif Territorial no 854 (avril 1952), le Centre Mobilisateur Air 00/222 (1965) et la Compagnie Régionale d'Infrastructures 13/352 (1970).

La base aérienne de Dreux-Louvilliers (dite "Senonches) ou encore "Crucey"), construite pour les besoins de l'OTAN en 1953, est utilisée comme terrain d'exercice à partir de sa fermeture en 1967[32].

De 1976 à 1978, la base est commandée par le colonel Albert-Charles Meyer (1921-2006), grande "figure" des Commandos parachutistes de l'air, nommé général de brigade aérienne à l'issue de cette affectation[33], qui sera son dernier grand commandement, et le terme militaire d'une prestigieuse carrière dans l'Armée de l'air.

Durant ce commandement, le 8 novembre 1977, la base aérienne reçoit la garde du drapeau de la 22e Escadre de Bombardement. Le 17 février 1978, elle reçoit le nom de tradition Lieutenant Albert Vasseur, officier de l'Ecole Militaire de l'Air, Commandos parachutistes de l'air tué au combat le 11 décembre 1957, dans la forêt d'Aït Ouabane, en Kabylie, avec le Commando parachutiste de l'air n°10.

En mars 1981, c'est la création de l'Entrepôt d'Infrastructure de l'Air (EIA), qui partira en juillet 1997 pour Bordeaux[34].

De même, les activités du Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air CIMCA 41.122, grande unité d'instruction militaire élémentaire d'appelés, lors de la période de conscription, étaient basées sur ce site. L'instruction militaire du personnel non navigant avait débuté, à Chartres en 1957. Le CIMCA est arrivé à Chartres en 1984, provenant du Bourget. Il formait les appelés du contingent effectuant leur service national militaire soit à la Cité de l'Air (base aérienne 117 Paris), soit comme scientifiques du contingent, soit comme sportifs de haut niveau. Il a formé près de 84.000 personnes, durant toute son existence, qui s'achève à Chartres, avec la fin de la conscription, coïncidant avec la fermeture de la base aérienne 122.

Outre les unités présentes, la base aérienne comprenait des moyens de support (sur le calque commun à toutes les bases aériennes) :

  • Moyens Techniques 10/122
  • Services Administratifs 30/122
  • Moyens Généraux 40/122
  • Service Médical 50/122

C'est avec cette organisation-type en vigueur en 1997 que sera fermée la BA 122, au moment où la conscription est suspendue (Loi du 29 octobre 1997).

La BA 122 est dissoute en juillet 1997 ; elle devient le Détachement Air 90/279 « Albert Vasseur », rattaché à la BA 279 de Châteaudun. La BA 279 de Châteaudun est elle-même dissoute depuis juillet 2014. A cette même date, le terrain de la BA 122 retourne définitivement à des usages civils (cf "De nos jours", infra).

Le récapitulatif de l'ensemble des Unités déployées à Chartres[modifier | modifier le code]

Finalement, la base aura abrité successivement les unités suivantes[35] :

Traditions[modifier | modifier le code]

L'insigne de la base aérienne 122 de Chartres[modifier | modifier le code]

Insigne de tradition de la Base Aérienne 122 Chartres-Champhol

L'insigne de la base aérienne 122 de Chartres est répertorié au n° A 671 au Répertoire des blasons insignes de l'armée de l'air[36].

Sur fond azur, un pélican s'ouvre les entrailles, son sang coule : il apporte son cœur pour nourrir ses enfants. C'est un symbole fort du sacrifice des aviateurs et des pilotes, pour la défense de la Nation, comme dans le poème La Muse d'Alfred de Musset.

Deux versions se sont succédé (ci-contre : la plus récente, en vigueur en 1997).

Certaines unités passées par Chartres ont pu avoir leur propre insigne, comme ceux du Centre d'instruction de la chasse, de la 61e escadre de transport, de la Compagnie régionale d'infrastructure, des escadres et escadrilles de chasse, ou du Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air, à titre d'exemples.

Le nom de tradition de la BA 122[modifier | modifier le code]

La base aérienne porte le nom de tradition de « Base aérienne 122 Lieutenant Albert Vasseur » (parrain de la promotion de l'École militaire de l'air 1998). Le lieutenant Albert Vasseur, sous-officier, puis officier du corps administratif, a trouvé la mort en 1957, en Algérie en tant que volontaire et officier au groupe de commandos parachutistes de l'air 15.541.

Il servait précisément au Commando parachutiste de l'air n°10, ou CPA 10.

L'un des commandant de la base, le général Albert-Charles Meyer, alors capitaine a dirigé le CPA 10 avec le lieutenant Albert Vasseur.

Le 19 mars 1954, l'association l'Amicale des Anciens Aviateurs Militaires de la Base Aérienne de Chartres s'est créée ; elle perpétue encore le souvenir et les traditions de l'aviation militaire de Chartres.

Des sites internet permettent d'entretenir le lien, fort, notamment pour les nombreux conscrits passés par le Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air (CIMCA)[37].

L'aérostèle en souvenir de la BA 122 de Chartres[modifier | modifier le code]

Rue d'Aboville, à Chartres, devant l'ancienne entrée de la base aérienne disparue, se trouve une stèle dédiée aux aviateurs de 1915 à 1954. Ce mémorial des aviateurs militaires de la base aérienne de Chartres a été réalisé par Dominique Maunoury, architecte, peintre officiel de l'air et de l'espace, pilote de voltige, décédé en 2001 et époux de Catherine Maunoury.

Elle est un lieu de commémoration, chaque 1er novembre, en souvenir des aviateurs de Chartres.

Cette stèle rappelle le souvenir des navigants, mais aussi, des milliers de personnes, hommes et femmes, as de l'aviation ou anonymes, navigants ou non, officiers, sous-officiers, militaire du rang et employés civils, venus sans discontinuer au fil des générations humaines, de 1909 à 1997, servir avec cœur leur pays ou leur liberté, à la base aérienne 122 Chartres-Champhol.

De nos jours[modifier | modifier le code]

La station de télécommunications militaires demeure.

Depuis 2009, un complexe sportif aquatique occupe 20 hectares de l'ancienne base aérienne 122.

L'Etablissement de Ravitaillement Sanitaire des Armées (ERSA) s'installe sur une partie du terrain militaire précédent ; il y stocke massivement, entre autres, des médicaments contre la grippe.

En février 2013, le site a été dépollué ; trois bombes ont été déclenchées, à cette occasion.

En mars 2013, l'Armée de l'air (l'État) a vendu 51 hectares à la Société Publique Locale de Chartres[38], notamment ceux de l'ancienne "zone-vie" de la base aérienne 122 (où se situait le quartier historique de cavalerie), déclassés du domaine militaire[39].

En 2015, les sapeurs-pompiers de Chartres devraient s'installer sur un tout nouveau centre de secours, sur le terrain de l'ancienne base aérienne[40], équipé d'une centrale solaire.

Dans le cadre du réaménagement global de la zone débuté en 2014 (transfert de l'hippodrome, suppression de l'Établissement Ravitailleur Sanitaire des Armées), le projet comprend :

  • un nouveau parc des expositions ;
  • un centre commercial,
  • le réagencement des bâtiments du terrain civil d'aviation,
  • la construction d'environ 4.000 logements, à horizon 2035 / 2040.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrimoine de l'aviation civile http://patrimoine-memoire.aviation-civile.gouv.fr/flb/07-01_Aviation-en-1912-dans-le-petit-parisien/files/assets/basic-html/page170.html
  2. Accident du commandant J. Félix http://www.intensite.net/2009/201406actu/il-y-a-100-ans-en-eure-et-loir-un-aviateur-militaire-fait-une-chute-mortelle-sur
  3. L'émergence des premiers terrains d'aviation militaire 1909-1914 http://rha.revues.org/7291
  4. Archives aéronautiques militaires http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/contenu/functions/dc/attached/FRSHD_PUB_00000170_dc/FRSHD_PUB_00000170_dc_att-FRSHD_PUB_00000170.pdf
  5. Adolphe Varcin http://www.asoublies1418.fr/Default.asp?357332D3741663E626133D0763626E96632761673D56652746866327615653662603329339D364967062310336D364966362735679D3663726132DD37047267337D363E62693396332D36E
  6. Camp de Voves http://www.archives28.fr/article.php?laref=74&titre=camp-d-internement-de-voves-1938-1944-
  7. Souvenirs de Chartres http://www.europeana1914-1918.eu/attachments/123327/12111.123327.full.pdf
  8. Bernanos aviateur http://books.google.fr/books?id=6T38UgPvAWcC&pg=PT53&dq=camp+d%27aviation+de+chartres&hl=fr&sa=X&ei=ontiVIO0HoXjauicgegL&ved=0CDsQ6AEwBQ#v=onepage&q=camp%20d'aviation%20de%20chartres&f=false
  9. Portraits d'aviateurs octobre 1915http://www.asoublies1418.fr/default.asp?382333D3741663E62663351333D36D47262333733D166E6236233D077462328331233DE6
  10. PSV à Toussus http://ghtn.free.fr/documents/Lucien%20Rougerie.pdf
  11. Tableau des accidents aériens http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/contenu/functions/dc/attached/FRSHD_PUB_00000363_dc/FRSHD_PUB_00000363_dc_att-FRSHD_PUB_00000363.pdf
  12. Aérostèle de Lèves 22e RABN http://www.aerosteles.net/fiche.php?code=leves-farman2
  13. Le Capitaine Arrachart fait une chute mortelle http://images.expressdumidi.bibliotheque.toulouse.fr/1933/B315556101_EXPRESS_1933_05_24.pdf
  14. Pierre Hyvernault GC I/2 http://www.etudes-touloises.com/articles/145/art2.pdf
  15. Pétition de 1938 Carlier http://www.cathedrale-chartres.org/fichiers/hebdo-cathedrale/hebdo-2014/414-hebdo-280714-030814.pdf
  16. L'Illustration http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.acel28.fr%2Fsite%2Fmedia%2Fimages%2Fhisto%2Fbase_histo_illustration.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.acelchartres.com%2Fjoomla3%2Findex.php%2Fhistorique&h=614&w=450&tbnid=zNcSPhH0fvqw5M%3A&zoom=1&docid=oRA_g1niiiNMUM&ei=GlcoVNjYLsjjsAT60YHIAQ&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=279&page=1&start=0&ndsp=9&ved=0CCAQrQMwAA
  17. Vitraux de Chartres durant la deuxième guerre mondiale http://www.centre-vitrail.org/fr/seize-siecles-d-histoire,203.html
  18. Formation des équipages 1939-1941 http://www.1940lafrancecontinue.org/FTL/1941/annexes/anx-b-e3-formation-ada.pdf
  19. Marcel Albertfile:///C:/Users/Laurent/Pictures/marcel_albert.pdf
  20. Potez 63 du CIC de Chartres 1941 http://www.traditions-air.fr/unit/photo/div_CIC.htm
  21. Histoire du GE 314http://www.escadrilles.org/histoire-et-histoires/ecole-de-chasse-1973/
  22. GC I/2 Cigognes http://escadron1.2cigognes.free.fr/trad.php
  23. Les Allemands sur la base aérienne 122 http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.archives28.fr%2F_depot_image_ad28%2F_depot_arko%2Farticles%2F91%2Fcompagnie-allemande-sur-la-base-aerienne-de-chartres_img.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.archives28.fr%2Farticle.php%3Flaref%3D119%26titre%3Dchapitre-5-janvier-1942-mai-1944-la-guerre-totale&h=600&w=900&tbnid=KNTqWwMGOCz4pM%3A&zoom=1&docid=N1r6SqBiu5jX6M&ei=bg5jVL-DGIXkaMycgqgB&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=789&page=1&start=0&ndsp=8&ved=0CDUQrQMwBw
  24. Bombardements de l'aérodrome de Chartres http://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/1.htm
  25. Crash d'un B26 à Chartres http://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/smith.htm
  26. Une stèle à Champhol http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/pays/pays-chartrain/2014/07/22/avant-2015-la-stele-fleche-devrait-etre-erigee-pres-de-lancienne-station-meteo-de-champhol_11088384.html
  27. Le Général de Gaulle à Chartres http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2014/08/23/1944-2014-le-general-de-gaulle-libere-chartres_11117837.html
  28. 61e Escadre de transport http://www.traditions-air.fr/texte/escadre61.htm
  29. Mon lieutenant, la tour eiffel est à gauche http://aviateurs.e-monsite.com/pages/1946-et-annees-suivantes/la-tour-eiffel-est-a-gauche.html
  30. Pétition de 1938 publiée http://books.google.fr/books/about/Compte_rendu_de_la_p%C3%A9tition_nationale_p.html?id=xp9UQwAACAAJ&redir_esc=y
  31. CTAC 00.817 http://www.anatc-tnb.fr/memoire/BalardetlesTrans.pdf
  32. Site France-Air-Nato Base aérienne de Dreux http://www.france-air-otan.net/STRUCTURE/Pages_web/Dreux_Historique_Fr.html
  33. Albert-Charles Meyer http://www.commando-air.com/page39.php
  34. EIA 55/555 http://www.ecia.air.defense.gouv.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=194&Itemid=237
  35. Unités BA 122 http://www.traditions-air.fr/unit/stationnement/stationnementaf.htm#Chartres
  36. Insignes de la BA 122 http://www.traditions-air.fr/unit/stationnement/stationnementaf.htm#Chartres
  37. Site anciens BA 122 http://servirlafrance.com/space/ba122d
  38. Vente des terrains de la BA 122 http://www.defense.gouv.fr/restructurations/accompagnement-eco/accompagnement-economique-local/centre
  39. BOM du 11 mars 2013 BA 122 http://www.boc.sga.defense.gouv.fr/pdf/2014/2014_017_p_defs1352481s_193243.pdf
  40. L'Echo républicain, 15 septembre 2012