Base aérienne 122 Chartres-Champhol

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Base aérienne 122 Chartres-Champhol
Cocarde
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 27′ 25″ N 1° 31′ 14″ E / 48.4569, 1.52042648° 27′ 25″ Nord 1° 31′ 14″ Est / 48.4569, 1.520426  
Altitude 155 m (509 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne 122 Chartres-Champhol
Pistes
Direction Longueur Surface
10/28 840 m (2 756 ft) béton
Informations aéronautiques
Code OACI LFOR
Type d'aéroport Civil
Gestionnaire ex-Armée de l'air
Cartes SIA VAC

La base aérienne 122 Chartres-Champhol est une ancienne base utilisée par l'armée de l'air située près de la ville de Chartres en Eure-et-Loir, principalement sur la commune de Champhol.

Elle était située au bord de la Route Nationale 10, à environ 1,5 km au nord-est de la ville. Elle couvrait, environ, 250 hectares de superficie, pour un périmètre de 9,5 kilomètres.

Après avoir été désignée par le numéro de la brigade aérienne qu'elle abritait, elle portait finalement le numéro "122" en souvenir du 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (RABN), qu'elle a abrité de 1923 à 1936. Elle fut successivement une base d'instruction au pilotage, de bombardement, de chasse, puis de support, particulièrement illustrative de l'histoire militaire du XXe siècle.


Historique[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'époque du pilotage élémentaire.

Si la base aérienne proprement dite apparaît en 1909 (à l'ouest de Chartres : entre la GC 24 et la N 839), elle fait mouvement la même année, près de Champhol, pour occuper un casernement de cavalerie, installé dès 1870 dans le quartier Neigre et un casernement d'infanterie (d'Aboville) ; ces anciens bâtiments resteront utilisés par la base aérienne jusqu'à sa fermeture, en 1997 (chambres, bureaux).

Le 9 décembre 1909, le pilote Maurice Farman (1877-1964) réalise un vol direct de Buc à Chartres. Puis, le 31 décembre, pour une distance équivalente (environ soixante-dix kilomètres), il vole sans arrêt de Chartres à Orléans. Ces exploits lui vaudront la médaille d'or de l'aéroclub de France.

Hubert Latham se pose souvent dans le parc du château de Maillebois, sa maison natale, tout près de Chartres.

Le 25 septembre 1910, le journaliste Edmond Poillot (1888-1910) se tue à Chartres, dans un accident d'avion.

En 1911, le pilote militaire Joseph Frantz, premier pilote français à abattre un avion ennemi quelques années plus tard (en 1914), passe entre les deux tours de la cathédrale (...). Le survol de l'édifice sera, très tôt, rigoureusement interdit.

Chartrain, le célèbre pilote Lucien Deneau, ancien mécanicien de Louis Blériot est breveté militaire (après avoir passé le brevet de l'Aéroclub de France). Enfant du pays, il illustrera son art du pilotage à Tarbes et pendant la Première Guerre mondiale. Il survolera, le premier, l'Amazonie.

La loi du 29 mars 1912 organise l'aéronautique militaire française. Jusqu'en 1934, celle-ci sera rattachée à l'armée de terre.

Les écoles de formation au pilotage d'Avord et de Pau avaient fermé en août 1914 (...), pour permettre aux instructeurs de constituer les escadrilles de combat. Elles seront rapidement rouvertes et dotées d'appareils ; des écoles civiles seront intégrées, pour faire face aux besoins en pilotes. Celle de Chartres fait partie des sites ouverts en janvier 1915. Initialement (en 1911), le volume annuel de pilotes en formation était fixé à 250. Le 2 août 1914, 657 brevets militaires ont été attribués (et environ, 1 730 civils, avec des recoupements).

Il seront 18 000 pilotes militaires brevetés, en 1918, dont deux mille formés à Chartres.

Le futur général Édouard Barès[1] supervise l'organisation du recrutement et de la formation des pilotes. Proche de Joseph Joffre, il est relayé par le futur général Adolphe Girod (1872-1933), nommé Inspecteur des Ecoles et des Dépôts en septembre 1915. Partisan d'une aviation militaire autonome, Édouard Barès sera destitué le 15 février 1917.

L'arrêté du 25 novembre 1915 fixe le statut des école d'aviation militaire.

Dès février/mars 1915, une importante école de pilotage est active durant la Première Guerre mondiale : l'école d'aviation militaire de Chartres. Elle délivre le brevet de pilote militaire. Formant donc près de deux mille pilotes militaires, c'est la troisième école, par importance, après la base aérienne 125 Istres-Le Tubé (ouverte en janvier 1917), près d'Istres et la base aérienne de Châteauroux-Déols, à Châteauroux (octobre 1915, observation d'artillerie), mais également les écoles d'aviation militaire de Pau (avions Blériot), de Juvisy Port Aviation (septembre 1915), de Dijon (avions Voisin, mai 1917), d'Etampes (base aérienne 251 Etampes-Mondésir), de Buc (Avions Farman, mars 1915)) ou encore, d'Avord (bombardement et vol de nuit) ou Le Crotoy (mars 1915), de Tours (octobre 1915), de Biscarosse (janvier 1917) et d'Ambérieu-en-Bugey (perfectionnement, août 1915).

L'école d'aviation militaire de Chartres prépare et délivre le brevet élémentaire de pilotage, sur avions Caudron et Farman, notamment les MF 11 (Maurice Farman 11), dotés d'un moteur de quatre-vingts chevaux. S'y trouvent également des Caudron G III. En 1916, des Farman F 20 seront utilisés, puis le F 40, en 1918.

Cette formation comprend un stage d'une durée d'un mois (une quarantaine d'heures de vol), intercalée entre la formation militaire initiale et les stages de perfectionnement (école de chasse, école de bombardement, stage de vol de nuit...), dans un cursus qui atteignait six mois, en 1917.

L'école de chasse est alors à Pau (voltige ou haute école), celle de Cazaux forme au tir et celle d'Avord est (également) spécialisée dans le bombardement.

À Chartres, l'école d'aviation militaire est commandée par le capitaine Joseph Fassin, mais auparavant par le lieutenant de vaisseau Pierre Cayla (1880-1930), de janvier à juin 1915, l'un des premiers officiers de marine breveté pilote. Plus de 400 Farman y sont alors déployés. Le capitaine Adolphe Varcin (1884-1967) est chef-pilote de l'aérodrome militaire. L'école comprend du personnel administratif et médical.

En 1915, Dieudonné Costes enseigne le pilotage, comme moniteur dans cette école. Tout comme le sous-lieutenant Marcel Derunes, qui sera formateur durant tout le conflit mondial, tout comme Marcel Didier (1869-1943).

Les élèves proviennent de toutes les Unités de l'armée de terre : infanterie, cavalerie (hussards, dragons, cuirassiers...), artillerie, ou encore génie.

Les épreuves du brevet de pilote militaire, créé le 7 février 1911 (premier breveté : lieutenant Charles de Tricornot de Rose), comprennent trois épreuves. La navigation (trois parcours différents de cent kilomètres), qui s'effectuent via des triangles : Chartres-Buc-Châteaudun-Chartres, par exemple, ou Maintenon et Avord. Des épreuves d'altitude sont également prévues : une heure de vol à deux mille mètres. Ainsi que des atterrissages en spirale, avec l'hélice arrêtée. L'école dispose d'une annexe à Voves, ainsi que du terrain de la ferme de Bouard, sur la commune de Bagnolet, à une quarantaine de kilomètres.

Le 29 novembre 1911, l'aéronautique militaire décide d'appeler ses aéroplanes "avions", en hommage à l'inventeur français Clément Ader.

Le sous-lieutenant Jean Casale (1893-1923) obtient à Chartres son brevet de pilote en mars 1915. Arrivé le 15 juin 1915, Marcel Engler (1891-1982) termine le sien le 3 septembre 1915. Victor Denain (1880-1952), futur ministre de la guerre, y passe en formation. L'enseigne de vaisseau Pierre Olgiati (mort au combat en 1917) est breveté le 25 septembre 1916.

Le lieutenant Joseph Haour y est affecté, le 10 décembre 1918, après une période de guerre bien remplie, comme observateur, puis comme pilote. Louis Dupuy (1894-1979) y est breveté pilote le 26 avril 1915. Marcel Vialle (1895-1976) reçoit le sien entre le 6 août et le 31 août 1915. Joseph Cellard obtient son brevet de pilote militaire le 31 octobre 1917. L'ancien artilleur Pierre Janet décroche le sien le 21 août 1918. Issu d'un régiment de dragons, le maréchal des logis-chef Frantz Maurice Divoy est breveté le 24 décembre 1917.

Blessé en 1915, l'artiste et lieutenant observateur Georges Villa (1883-1965) publie un livre de portraits, réalisés à l'école d'aviation militaire de Chartres, qui dépeint certaines de ces personnes.

Des élèves étrangers, surtout américains et russes sont formés à Chartres. Tel, par exemple, Raoul Gervais Lufbery (1885-1918), l'un des as de la Première Guerre mondiale de l'escadrille La Fayette.

Le 26 janvier 1915, le futur général Milan Stefanik (1880-1919) débute la formation qui lui conférera le brevet, en avril ; il est l'un des créateurs de la Tchécoslovaquie. Le lieutenant Onokichi Isobé (décédé en 1957) débute à Chartres sa formation de pilote militaire, en mars 1916.

Le 1er février 1916, le sous-secrétaire d'État]] à l'aéronautique René Besnard visite l'école de pilotage.

Le carré militaire du cimetière de Chartres garde la trace de cette période, tant des pilotes morts à l'entraînement, que des aviateurs décédés de la grippe espagnole, en 1918.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

De l'aviation de bombardement à l'école de chasse.

Fin 1922, le terrain situé initialement sur la route de Sours est déplacé à Champhol, près de la route nationale N 188 (Chartres-Paris) ; huit hangars provisoires, de type « Benezit », sont installés.

En 1923, les premières unités de bombardement convergent vers Chartres pour former l'Escadre d'Aviation Lourde.

Les premiers hangars d'avions solides sont construits en 1930, notamment, pour abriter les appareils du 22e Régiment d'Aviation de Bombardement, puis 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (formés des escadrilles 101 et 113, créées en 1914), arrivés de Luxeuil en 1923, qui formeront la 22e escadre d'aviation lourde de (ou "et") défense (22e Escadre d'Aviation de Bombardement, 1er octobre 1932). Cette unité est spécialisée dans le bombardement de nuit ; elle est issue de la scission du 11e régiment d'aviation de bombardement, était alors équipée d'avions Lioré et Olivier LeO 20. Elle sera dotée de Bloch MB.131 et de Bloch 200 à la veille de la seconde guerre mondiale.

Le 13 mai 1925, le lieutenant Henri Simon s'écrase place de la poissonnerie, à Chartres.

En 1929, le tout récemment breveté pilote Georges Goumin, futur commandant est affecté, en tant que sous-lieutenant, au 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit.

Le 18 mai 1930, le Ministre de l'Air, Laurent Eynac, inspecte la base aérienne.

Le 27 août 1930, un Super Goliath du 22e RABN s'écrase à l'entraînement, près de Dijon (stèle du parc de la combe à la serpent).

En 1932, le 22e Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (RABN), comprenait deux groupes (I/22 et I/22), regroupant trois escadrilles pour le I/22 (les VB 109, VB 125 et VB 101), et quatre, pour le II/22 (les BR 113, CAP 130, CAP 115 et 22/22 RABN).

En Mai 1933 et Mai 1935, le terrain est l'un des étapes de la troisième coupe de compétition aérienne "Deutsch de la Meurthe".

En 1934, l'Armée de l'air est créée ; en 1935, le terrain de Chartres fait partie des neuf base aériennes principales de cette nouvelle arme (avec celles de Metz, Nancy, Le Bourget, Reims, Pau, Tours, Châteauroux et de Lyon.

Entre mai 1933 et mai 1934, la base reçoit la 42e escadre aérienne mixte de chasse, spécialisée dans la chasse de nuit. Cette unité opère au moyen de Nieuport Delage 62 et de Breguet 19.

Le 15 octobre 1934, le futur capitaine Jacques Umbrecht débute, comme aviateur de deuxième classe, sa carrière dans l'Armée de l'Air. Il sera affecté à la 2e escadre de chasse.

Le 15 juin 1935, le commandant Frédéric Geille, pilote de la 2e escadre de chasse (de 1931 à 1935), est breveté tout premier moniteur parachutiste de l'histoire militaire française. Le capitaine Williame Robert, de la même unité, sera le troisième, une année plus tard. Au 1er mai 1939, le commandant Frédéric Geille est le chef, à Chartres, du GC III/2, le 3e groupe de la 2e escadre de chasse.

Le futur général Martial Valin (1898-1980) est nommé à la 12e Brigade aérienne, à Chartres, en 1935.

En 1935, la 42e escadre aérienne mixte de chasse est dissoute puis remplacée par la 6e escadre aérienne de chasse, avec ses groupes GC I/6 et GC II/6, augmentés bientôt d'un GC III/6. De 1935 à 1937, le futur général Pierre Pouyade est lieutenant à la 6e escadre de chasse.

En août 1935, c'est le temps de la dernière extension du terrain militaire. Plusieurs dizaines d'hectares sont ajoutés, à l'est (actuelles pistes civiles), par un programme d'expropriations.

Le 29 octobre 1936, le 22e RABN quitte Chartres pour Orléans. Il se fixe alors sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy, ainsi que pour celle d'Avord.

A la veille du conflit, en novembre 1936, l'ère de la chasse se confirme à Chartres, avec l'affectation de la 11e Brigade de Chasse, sous les ordres du colonel Armand Pinsard, as de la Première Guerre mondiale. Cet officier avait créé et commandé la 7e escadre de chasse, sur la base aérienne de Dijon. Il commande également la Base aérienne, de 1937 à 1939, remplaçant le colonel Marcel Hébrard.

En 1936, le capitaine René Mériguet, alors jeune breveté mécanicien radio, est affecté à la Base Aérienne 122.

De même, le lieutenant Marcel Beau y arrive le 1er octobre 1936, pour commencer sa formation aux fonctions de commandant d'avion. Il s'illustrera à Châteaudun, durant la deuxième guerre mondiale.

Le 1er décembre 1936, le sergent pilote de chasse Jean Sauvage (1917-2014) est affecté à Chartres. Il poursuivra sa carrière en passant par l'Ecole de l'Air, alors située à Versailles et terminera la guerre comme pilote à l'Escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen.

Le 25 décembre 1936, la prestigieuse 2e escadre de chasse quitte Tours (la base aérienne 705 Tours) pour se poser à Chartres et venir renforcer la 11e Brigade de Chasse. Elle comprend notamment la SPA 103, escadrille dans laquelle avait servi Georges Guynemer, au demeurant, connue par ses prestigieuses « Cigognes ». Elle sera bientôt dotée de Dewoitine D.500 et quittera le terrain dès le 1er mai 1939, pour le nord de la France. Après les opérations de guerre, la [[2e escadre de chasse]] ira à Dijon, de 1949 à 2011. Le lieutenant Marcel Coadou (1897-1985) est commandant en second du Groupe de Chasse GC 1/2 Cigognes.

En 1937, l'Aéroclub civil est autorisé à s'installer sur le site ; il reprendra ses activités après la guerre, jusqu'à nos jours (une partie de l'ancien terrain militaire demeure donc, sous la forme d'un terrain civil, celui de l'Aérodrome de Chartres).

En juin 1937, le Groupe aérien d'observation 504 prend ses quartiers à Chartres ; cette unité exploite les premiers autogires militaires, avec des Potez 39.

En 1938, le colonel Armand Pinsard commande la 21e Brigade aérienne de Chartres.

Dès le 19 mai 1939, des bombardements allemands sur le terrain d'aviation militaire compliquent l'activité.

Entre le 12 juin et le mois d'août 1939, toutes les unités opérationnelles, leurs moyens de supports et les Hommes quittent Chartres, pour se positionner essentiellement sur les terrains de l'est de la France ("desserrement").

En septembre 1939, la Marine implante la Section de Liaison et Entraînement de Chartres, complétant celle d'Orly.

La deuxième guerre mondiale va passer à Chartres, également.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Une école de pilotes de chasse à Chartres.

Du fait du départ des escadrilles de chasse, la base aérienne est dédiée à l'instruction, également des élèves-pilotes de chasse, jusqu'à la défaite de mai 1940. C'est un retour à sa vocation initiale : la formation. Deux bases aériennes disposent alors d'une école de chasse : celle de Chartres et celle de Montpellier.

À cet effet, la base aérienne est renforcée, au moment de l'invasion de la Pologne et de la Tchécoslovaquie par les troupes allemandes, par des aviateurs venus de ces pays désormais occupés. Ceux-ci sont passés par la Légion étrangère, dont ils gardent les insignes avec leurs insignes de pilotes.

Le Groupe de chasse 3/6 Roussillon naît le 1er mai 1939, à Chartres, commandé par le capitaine de Place. Il en part le 28 août 1939, pour la campagne de France ; le 20 juin 1940, il se retrouvera à Alger-Maison-Blanche. Il deviendra, bien plus tard, l'élément central de la 11e escadre de chasse. En 1939, durant la campagne de France, y servent des as, tel que Pierre Le Gloan, alors sergent-chef à la 5e escadrille du Groupe de chasse 3/6 Roussillon. Il est alors équipé de MS 406.

Le 23 mai 1940, le commandant du groupe de chasse 3/6 Roussillon (depuis décembre 1939), Pierre Castanier (1903-1940) est mortellement abattu près de Lille. Le capitaine Paul Stehlin lui succède.

Succédant immédiatement au groupe de chasse, et pendant quelques mois (septembre 1939, mai 1940), l'école de chasse, nommé le "Centre d'Instruction de la Chasse" (CIC) forme des pilotes à Chartres, pour les besoins de la chasse.

Venant des écoles de pilotage élémentaire, breveté, les pilote de chasse sont orientés vers le CIC de Chartres. À sa mobilisation, le futur commandant René Mouchotte, alors sergent de réserve, est élève-instructeur au CIC, en septembre 1939, avant d'être affecté comme instructeur, en mars 1940, à Avord. Le sergent Marcel Albert (1917-2010) est un exemple des instructeurs affectés au CIC (le 7 septembre 1939), avant de rejoindre le Groupe de chasse I/3. Il sera l'un des as du Normandie-Niemen[2].

Près de trois cents pilotes passeront par le CIC.

Le sous-lieutenant Marcel Hebrard, tout juste breveté de l'école de pilotage de Romilly-sur-Seine passe d'octobre 1939 à mars 1940 au CIC, avant de rejoindre le Groupe de chasse II/5. Le capitaine Robert Waddington (1893-1986) y commande l'un des deux groupes, en 1939 ; il sera blessé en mai 1940. De même, le sous-lieutenant Léon Cuffaut prend le commandement de la 3e escadrille du CIC, du 27 mars 1940 au 14 juin de cette même année 1940 (avant de rejoindre le Groupe de chasse II/3 à Alger). Celui-ci diffuse l'emblème du "Donald avec la massue", qui est peint sur les avions Curtiss P-36 Hawk du CIC.

Le Centre d'Instruction de la Chasse utilise des Bloch 152 et des Curtiss P-36 (également nommé H-75), ainsi que des MS.406. Une vingtaine d'avions d'entraînement à la chasse, réunis en une section d'entraînement et deux groupes de deux escadrilles chacun (1ère CIC, 2e CIC, 3e CIC et 4e CIC).

Il est commandé par le commandant Raguenet de Saint-Albin.

Le 25 janvier 1940, le sous-lieutenant pilote Michel Barbin, du Centre d'Instruction de la Chasse de la Base, disparaît en mer, au large du Grau-du-Roi.

En janvier 1940, le futur capitaine Dominique Penzini (1914-1979), dit "Pinceau", débute à Chartres son cursus d'élève officier de réserve (EOR) ; il demandera retourner à son Unité, le Groupe de chasse I/5.

En mars 1940, le sous-lieutenant Pierre Brisdoux Galloni d'Istria est affecté au CIC.

Le 3 juin 1940, le terrain est bombardé par les Allemands.

En juin 1940, le Centre d'Instruction de la Chasse se replie à Cazaux et son commandant prend le commandement du Groupe de chasse I/4, le 15 mai 1940.

Puis, occupée, la base aérienne voit stationner de nombreuses unités et types d'avions allemands : chasse, bombardement (55e escadre de bombardement ou II/KG55, de la Luftwaffe), en particulier, de nuit, vers l'Angleterre. Ses avions sont des Heinkel 111.

Les bombardements alliés, en retour, furent alors intenses en 1943 et en 1944[3], notamment, le 15 septembre 1943, avec une vague de B-24, de même que le 28 mars 1944 puis en mai, en juin et en juillet 1944.

Le 2 mars 1944, une vague de plus de quatre-vingts bombardiers alliés vise la base aérienne et détruit presque complètement l'église de la commune voisine de Champhol, ainsi que plusieurs dizaines de maisons.

Les attaques alliées du 27 mars et du 26 mai 1944 détruisent de nombreuses maisons et font des victimes civiles. Lors de celui du 26 mai 1944, un bombardier B26 s'écrase au sud-ouest de Chartres[4]. Cet accident provoque un bombardement du centre-ville (Place des Halles; la bibliothèque est incendiée.

Le 1er août 1944, trois Boeing B-17 sont abattus ; l'un d'entre eux tue son équipage sur la commune d'Amilly (stèle inaugurée le 13 mai 2012). Cette attaque exceptionnelle réunissait plus de mille bombardiers et plus de trois cent quatre-vingt dix chasseurs, réorientés vers les terrains d'aviation de Chartres, d'Orléans et de Châteaudun. Elle fut l'une des plus lourde visant les installations de la base aérienne, durant la deuxième guerre mondiale.

Une stèle -réalisée avec des matériaux d'époque récupérés lors de la dépollution du site- pourrait rendre hommage aux victimes civiles de ces actions de guerre, en 2015[5].

Les combats de libération débutent le 16 août 1944 et la ville de Chartres est libérée le 21 août 1944.

Le 23 août 1944, le général Charles de Gaulle passe par Chartres, prononce un discours devant La Poste, et visite la base aérienne vidée des occupants[6].

Le 2 septembre 1944, le général Dwight David Eisenhower fait une escale technique à Chartres.

La base aérienne est utilisée par les Américains, qui la nettoient, la reconstruisent et l'agrandissent. Elle porte le nom de « A-40 ». Elle accueille plusieurs unités navigantes, dont le 368th Fighter Group, équipé de P-47 Thunderbolt et le 323rd Bombardment Group, avec des B-26.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Cette période s'ouvre d'abord avec le transport aérien militaire.

En juin 1945, la base aérienne revient progressivement sous le contrôle de l'armée de l'air. Elle prend alors le numéro de tradition "122" pour perpétuer le souvenir du 22e Régiment d'Aviation et de Bombardement de Nuit. Arrive alors de nouvelles unités : la Compagnie de réparation et de ravitaillement technique no 83.

La création de la 61e escadre de transport[7] (GT 1/61 à Orléans Bricy, GT 2/61 au Bourget, GT 3/61 à Chartres) et de son État Major, le 1er décembre 1945, marque le renouveau de la base aérienne.

L'escadron de transport 3/61 Poitou utilise alors des avions de transport militaires Beechcraft UC-45, puis Junkers Ju 52 récupérés aux Allemands, dans sa version Française AAC-1 « Toucan ». Ce groupe de transport est actif dans les opérations d'après-guerre en Indochine, avec le Groupe « Tonkin ». Le GT 2/64 Anjou, équipé de C-47 « Dakota » venant de Lyon, fera un bref séjour sur le terrain de Chartres, en 1945 avant son mouvement sur l’Indochine (Saïgon, Base aérienne 191 Tan-Son-Nhut (Cochinchine)) début 1946.

Début 1949, le lieutenant-colonel Jean-Louis Nicot commande la base aérienne.

Le 3 novembre 1949, le colonel Henri Bouyer (1908-1958) prend le commandement de la 61e escadre de transport.

S'équipant de C-47 « Dakota" à partir de Mars 1953, l'escadron de transport 3/61 Poitou quittera Chartres pour rejoindre la Base Aérienne 123 Orléans-Bricy près d'Orléans, le 6 mars 1953.

C'est la date de la fin de l'activité aérienne militaire à partir de Chartres, trop proche et trop risquée pour sa cathédrale, pour partie à la demande des autorités civiles et religieuses chartraines.

Vient alors le temps des unités non navigantes, souvent techniques (principalement en télécommunications) ou administratives. Une période aérienne militaire plus discrète s'ouvre, sans avion, mais pourtant toute aussi active. L'aérodrome civil reçoit les pistes et déploie ses activités, notamment de planeurs.

La Compagnie de l'Air 01.122 sera présente jusqu'en 1964. Le génie de l'air est basé à Chartres (Entrepôt de matériel spécialisé 560), puis l'Établissement central d'infrastructure de l'air 11.56, avec certains hangars de très grande taille. Ils seront également utilisés pour le matériel de la gendarmerie mobile, ainsi que pour les avions en préparation pour le musée de l'air (Hangar HM8). Le BCIAA (Archives de l'armée de l'air) 01.510 fera partie des unités de la base, de 1965, à sa fermeture, en 1997. Se trouvaient également sur place : la Compagnie de Réparation et de Ravitaillement Technique no 88, le Commissariat des Bases de l'Air no 754 (novembre 1946), le Centre Administratif Territorial no 854 (avril 1952), le Centre Mobilisateur Air 00/222 (1965) et la Compagnie Régionale d'Infrastructures 13/352 (1970).

La Station de Réception de l'Administration Centrale SR CTAC 00/817 déploie ses installations dès juin 1957. Elle est associée à d'autres stations ou relais hertziens, dans la région proche, notamment, celui d'Etampes. En août 1964, la SR CTAC 00/817 est rattachée au Centre de Transmissions de l'Administration Centrale, situé sur la base aérienne 117 de Paris, près du métro Balard[8].

De même, les activités du Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air CIMCA 41.122, grande unité d'instruction militaire élémentaire d'appelés, lors de la période de conscription, seront basées sur ce site. L'instruction militaire avait débuté, à Chartres en 1957.

Le 8 novembre 1977, cette base aérienne reçoit la garde du drapeau de la 22e Escadre de Bombardement.

De 1976 à 1978, la base est commandée par le colonel Albert-Charles Meyer, "figure" des Commandos parachutistes de l'Air, nommé général de brigade aérienne à l'issue de cette affectation[9].

Le 17 février 1978, elle reçoit le nom de tradition Lieutenant Albert Vasseur, officier de l'Ecole Militaire de l'Air, Commandos parachutistes de l'air tué au combat le 11 décembre 1957, dans la forêt d'Aït Ouabane, en Kabylie.

En mars 1981, c'est la création de l'Entrepôt d'Infrastructure de l'Air (EIA), qui partira en juillet 1997 pour Bordeaux[10].

Outre les unités présentes, la base aérienne comprenait des moyens de support (sur le calque commun à toutes les bases aériennes) :

  • Moyens Techniques 10/122
  • Services Administratifs 30/122
  • Moyens Généraux 40/122
  • Service Médical 50/122

Au final, la base aura abrité successivement les unités suivantes[11] :

De nos jours[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, un complexe sportif aquatique occupe 20 hectares de l'ancienne base aérienne 122.

L'Etablissement de Ravitaillement Sanitaire des Armées (ERSA) s'installe sur une partie du terrain militaire précédent ; il y stocke massivement, entre autres, des médicaments contre la grippe.

En 2015, les sapeurs-pompiers de Chartres devraient s'installer sur un tout nouveau centre de secours, sur le terrain de l'ancienne base aérienne[12], équipé d'une centrale solaire.

En février 2013, le site a été dépollué ; trois bombes ont été déclenchées, à cette occasion.

En mars 2013, l'Armée de l'Air (l'Etat) a vendu 51 hectares à la Société Publique Locale de Chartres[13], notamment ceux de l'ancienne "zone-vie" de la base aérienne 122 (où se situait le quartier historique de cavalerie), déclassés du domaine militaire[14].

Dans le cadre du réaménagement global de la zone (transfert de l'hippodrome, suppression de l'Etablissement Ravitailleur Sanitaire des Armées), le projet comprend :

  • un nouveau parc des expositions ;
  • un centre commercial,
  • le réagencement des bâtiments du terrain civil d'aviation,
  • la construction d'environ 4.000 logements, à horizon 2035 / 2040.

Traditions[modifier | modifier le code]

Insigne de tradition de la Base Aérienne 122 Chartres-Champhol

L'insigne de la base aérienne 122 de Chartres est répertorié au n° A 671 au Répertoire des blasons insignes de l'armée de l'air. Sur fond azur, un pélican s'ouvre les entrailles, son sang coule : il apporte son cœur pour nourrir ses enfants. C'est un symbole fort du sacrifice des aviateurs et des pilotes, pour la défense de la Nation, comme dans le poème La Muse d'Alfred de Musset.

Certaines unités passées par Chartres ont pu avoir leur propre insigne d'unité, comme ceux du Centre d'instruction de la chasse, de la 61e escadre de transport, de la Compagnie régionale d'infrastructure, ou des escadres et escadrilles de chasse, par exemple.

La base aérienne porte le nom de tradition de « Base aérienne 122 Lieutenant Albert Vasseur » (parrain de la promotion de l'École militaire de l'air 1998). Le lieutenant Albert Vasseur, sous-officier, puis officier du corps administratif, a trouvé la mort en 1957, en Algérie en tant que volontaire et officier au groupe de commandos parachutistes de l'air 15.541.

Devenue Détachement Air 90/279 « Albert Vasseur », rattaché à la BA 279 de Châteaudun, elle a été fermée définitivement en juillet 1997. La BA 279 de Châteaudun a elle-même été dissoute en juillet 2014. La station de télécommunications militaires demeure.

Le 19 mars 1954, l'association l'Amicale des Anciens Aviateurs Militaires de la Base Aérienne de Chartres s'est créée ; elle perpétue encore le souvenir et les traditions de l'aviation militaire de Chartres.

Des sites internet permettent d'entretenir le lien, fort, notamment pour les nombreux conscrits passés par le Centre d'Instruction Militaire de la Cité de l'Air (CIMCA)[15].

Rue d'Aboville, à Chartres, devant l'ancienne entrée de la base aérienne disparue, se trouve une stèle dédiée aux aviateurs de 1915 à 1954. Ce mémorial des aviateurs militaires de la base aérienne de Chartres a été réalisé par Dominique Maunoury, architecte, peintre officiel de l'air et de l'espace, pilote de voltige, décédé en 2001 et époux de Catherine Maunoury.

Elle est un lieu de commémoration, chaque 1er novembre, en souvenir des aviateurs de Chartres.

Cette stèle rappelle le souvenir des navigants, mais aussi, des milliers de personnes, hommes et femmes, venus sans discontinuer, au fil des générations humaines, de 1909 à 1997, servir avec cœur leur pays ou leur liberté, à la base aérienne de Chartres-Champhol.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives aéronautiques militaires http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/contenu/functions/dc/attached/FRSHD_PUB_00000170_dc/FRSHD_PUB_00000170_dc_att-FRSHD_PUB_00000170.pdf
  2. Marcel Albertfile:///C:/Users/Laurent/Pictures/marcel_albert.pdf
  3. Bombardements de l'aérodrome de Chartres http://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/1.htm
  4. Crash d'un B26 à Chartres http://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/smith.htm
  5. Une stèle à Champhol http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/pays/pays-chartrain/2014/07/22/avant-2015-la-stele-fleche-devrait-etre-erigee-pres-de-lancienne-station-meteo-de-champhol_11088384.html
  6. Le Général de Gaulle à Chartres http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2014/08/23/1944-2014-le-general-de-gaulle-libere-chartres_11117837.html
  7. 61e Escadre de transport http://www.traditions-air.fr/texte/escadre61.htm
  8. CTAC 00.817 http://www.anatc-tnb.fr/memoire/BalardetlesTrans.pdf
  9. Albert-Charles Meyer http://www.commando-air.com/page39.php
  10. EIA 55/555 http://www.ecia.air.defense.gouv.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=194&Itemid=237
  11. Unités BA 122 http://www.traditions-air.fr/unit/stationnement/stationnementaf.htm#Chartres
  12. L'Echo républicain, 15 septembre 2012
  13. Vente des terrains de la BA 122 http://www.defense.gouv.fr/restructurations/accompagnement-eco/accompagnement-economique-local/centre
  14. BOM du 11 mars 2013 BA 122 http://www.boc.sga.defense.gouv.fr/pdf/2014/2014_017_p_defs1352481s_193243.pdf
  15. Site anciens BA 122 http://servirlafrance.com/space/ba122d