Paul Stehlin

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Paul Stehlin
Fonctions
Député de la 21e circonscription de Paris
11 juillet 196822 juin 1975
Législature 4e et 5e (Ve République)
Groupe politique PDM-RI
Prédécesseur Bernard Lepeu
Successeur Gilbert Gantier
son suppléant
Biographie
Date de naissance 11 août 1907
Lieu de naissance Hochfelden (Bas-Rhin)
Date de décès 22 juin 1975 (à 67 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique UNR-UDR
Profession Général d'armée aérienne

Paul Stehlin, né le 11 août 1907 à Hochfelden (Bas-Rhin) et mort le 22 juin 1975 à Paris, est un général et parlementaire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entre 1935 et 1939, de par sa parfaite maîtrise de la langue allemande — son Alsace natale a appartenu jusqu'en 1918 à l'Empire allemand —, il est attaché militaire « Air » à Berlin où il noue des relations avec Goering et participe à la conférence de Munich.

Selon le général Stehlin, alors capitaine de l'Air et conseiller militaire auprès de l'ambassadeur de France à Berlin, André François-Poncet, alors que Ribbentrop pousse à la guerre vers l'Ouest, Goering tente de la rendre impossible en laissant Stehlin disposer d'un avion avec lequel il observe les mouvements de l'armée allemande tant en direction de la Tchécoslovaquie (préparation de l'invasion en 1938, préalablement aux entretiens de Munich), qu'en direction de la France : le but est de montrer que la Wehrmacht est majoritairement concentrée vers la Bohème. Si les rapports du capitaine Stehlin avaient été exploités (à son retour en France, en septembre 1939, Stehlin découvre avec stupeur que ses rapports n'ont pas été lus), la France aurait pu prendre les dispositions nécessaires, dont elle avait les moyens, malgré les réticences du général Gamelin, et dissuader Hitler de marcher vers l'ouest.

En 1940, il participe à la campagne de Norvège puis commande le Groupe de Chasse III/6 Roussillon.

Après l'Armistice, il est affecté à l'état-major du général Bergeret, sous-secrétaire d'État à l'Aviation et participe à l'entrevue Hitler-Darlan. Sous la pression des Allemands, il est finalement écarté de Vichy par Darlan. Capturé par les Allemands en 1941, il s'échappe vers l'Afrique. D'abord en poste à Dakar (Groupe de chasse I/4), il participe ensuite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord et coordonne les liaisons militaires des forces aériennes alliées avec le général de Gaulle. Il est nommé général de brigade en 1950, après avoir été attaché de l'air à Londres au lendemain de la guerre.

En 1956, il est commandant du 1er CATAC et visite à ce titre en décembre 1956 la BA 128 de Metz-Frescaty.

De 1960 à 1963, devenu général d'armée aérienne, il est chef d'état-major de l'Armée de l'Air. Rendu à la vie civile, il est nommé Conseiller d'État en service extraordinaire par le général de Gaulle, en témoignage de sa satisfaction.

Il publie différents ouvrages, dont un, La Force d'illusion, est très critique sur la force de frappe nucléaire française, ce qui provoque une certaine surprise, car venant d'un ancien CEMAA, mais par ailleurs fervent atlantiste.

Après son départ de l'Armée de l'Air, il devient le représentant en Europe de la firme aéronautique américaine Northrop. Sa carrière dans le privé l'amène à être successivement vice-président Europe de Hughes Aircraft (1964), vice-président de Bugatti (1965) et président-directeur-général d'Algeco (1968).

Entré en politique en 1968, il est élu député centriste du 16e arrondissement de Paris, après une campagne dans laquelle il s'en prend avec virulence à « l'autoritarisme de de Gaulle ». C'est la seule circonscription de France dans laquelle un député sortant du parti majoritaire, Bernard Lepeu, est battu par un opposant au gaullisme, avec 500 voix d'avance sur son adversaire. Son slogan électoral est «  Lepeu c'est peu, soyez malin, votez Stehlin !  ». Il est réélu en 1973 grâce au report d'une partie des voix socialistes.

En 1974 et 1975, il est au centre d'une controverse sur le renouvellement des flottes aériennes de combat de l'OTAN en prenant ouvertement parti pour les appareils américains, le YF-17 de Northrop et le YF-16 de General Dynanics contre le Mirage F1 de Dassault. Désavoué, il démissionne de son poste de vice-président de l'Assemblée et il est mis d'office à la retraite de l'Armée sur décision du ministre de la Défense, Jacques Soufflet.

Il meurt d'un accident de la circulation en 1975, renversé par un bus avenue de l'Opéra à Paris.

Il est le père de l'avocat Marc Stehlin, né en 1954.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Stehlin, Témoignage pour l'Histoire, Robert Laffont, 1964
  • Paul Stehlin, Retour à zéro, Robert Laffont, 1968
  • Paul Stehlin, La force d'illusion, Robert Laffont, 1973, (ISBN 978-2221039298)
  • Paul Stehlin, La France désarmée, Calmann Levy, 1974

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]