Raoul Gervais Lufbery

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Raoul Gervais Lufbery
Gervais Raoul Lufbery posant à côté de son avion (vers 1916/1918)
Gervais Raoul Lufbery posant à côté de son avion (vers 1916/1918)

Naissance
à Chamalières (Puy-de-Dôme)
Décès
Maron (Meurthe-et-Moselle)
Mort au combat
Allégeance Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Arme Aviation
Grade Major
Années de service 1907-1909 – 1914-1918
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de Guerre
British Military Medal

Raoul Gervais Lufbery (Chamalières (Puy-de-Dôme - Maron (Meurthe-et-Moselle) 19 mai 1918), né d'un père américain et d'une mère française et fut au sein de l'escadrille La Fayette un des as de la Première Guerre mondiale, comptant 17 victoires homologuées et une quinzaine d'autres probables.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa petite enfance, son père travaillant aux États-Unis, il est élevé par sa grand-mère maternelle. À 19 ans, il rejoint à son tour les États-Unis, tandis que son père fait le chemin inverse en rentrant en France. Après quelques années passées sur le continent américain, exerçant entre autres la profession de représentant qui le conduit jusqu'à Cuba, il signe un engagement dans l'armée des États-Unis pour y combattre aux Philippines, contrat qui lui permet d'obtenir la nationalité américaine.

Se trouvant en Indochine française en 1911, il y rencontre un aviateur français, Marc Pourpe, qui vit de démonstrations aériennes sur un avion Blériot et se lie avec lui d'une grande et belle amitié. Devenu son mécanicien, il le suit dans ses exhibitions et ses exploits sur le continent asiatique, aux Indes, et en Afrique...

En août 1914, à la déclaration de guerre en Europe, Lufbery, Français de cœur et désireux de combattre, s'engage dans la Légion étrangère, seule possibilité en raison de sa nationalité américaine. Engagé comme mécanicien, il se fait transférer, dès la fin août 1914, dans l'escadron aérien de Marc Pourpe qu'il avait suivi avant la guerre, en stationnement à Dijon. À la mort de Marc Pourpe qui s'est écrasé au sol le 2 décembre 1914, Lufbery s'inscrit dans une formation de pilotes à Chartres avec le désir de venger son ami.

Ayant appris à voler sur Farman et obtenu son brevet de pilote, il est affecté dans une formation de bombardiers sur Voisin et complète sa formation sur Nieuport pour entrer dans l'aviation de chasse. À partir de mai 1916, il devait rejoindre l'escadrille La Fayette, tout juste créée et essentiellement composée de pilotes américains volontaires et de quelques Français. C'est au sein de cette escadrille, dont l'emblème est une tête de Sioux, qu'il combattit sur tous les fronts de la Somme à Verdun, participant à toutes les grandes batailles de l'armée française et abattant son premier avion le 31 juillet 1916 dans le ciel d'Étain, premier succès d'une longue liste qui fera de lui un as et le pilote le plus remarquable de cette formation.

Promu sous-lieutenant en juin 1917, il obtient, cette année-là, la Military Cross du gouvernement britannique, étant le premier pilote américain à recevoir cet honneur. Les Français pour leur part lui avaient déjà décerné la Médaille militaire, la Croix de guerre 1914-1918 et la Légion d'honneur.

Après l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, l'escadrille La Fayette pouvait tout naturellement passer sous commandement américain. Ce fut chose faite le 18 février 1918 où elle devenait le 103e escadron de poursuite aérienne.

Raoul Lufbery, promu major, devient directeur technique d'un escadron chargé de l'instruction des jeunes pilotes, mais il ne peut s'empêcher de voler. Le , il trouve la mort sur la commune de Maron en Meurthe-et-Moselle sautant en plein ciel de son avion en flammes sans parachute.

Il est inhumé avec ses compagnons de l'escadrille La Fayette, au Mémorial de l'Escadrille La Fayette à Marnes-la-Coquette en banlieue parisienne. Une rue de Chamalières porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Denis, «Un aviateur américain tombé en Lorraine - Le major Lufbery», Le Pays lorrain, n°4, 1966, pp. 125-127