Automobiles Grégoire

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Les Automobiles Grégoire sont une entreprise française, créée en 1902 par Pierre Joseph Grégoire à Poissy (Yvelines).

Coupé Gregoire 1909

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1899, un constructeur mécanicien du nom de Louis Soncin fabrique des moteurs pour les voiturettes « Cyclone ». Grâce à ses moteurs, ce fabricant réalise le 21 septembre 1899, le record du monde du kilomètre, effectué par le pilote Beconnais en 48 secondes (soit 75 kilomètres à l'heure) à Achères (Yvelines).

En 1902, Pierre Joseph Grégoire, ingénieur de son état, s'associe à Louis Soncin le 25 août. Ils créent alors une société appelée Soncin-Grégoire et Cie, automobiles, construction mécanique. Mais l'association dure peu de temps. Le 8 octobre 1902, Monsieur Soncin cède ses droits à Monsieur Grégoire. Le 17 novembre 1902, l'unique propriétaire dépose un brevet d'invention pour un mécanisme de changement de marche.

En 1905, l'entreprise entreprend l'élaboration d'un châssis bicylindre de 8/10 HP. Elle se consacre aussi à la compétition automobile, et participe notamment au circuit des Ardennes, avec de célèbres pilotes tels que Taveneaux, le comte Louis Philippe de Marne et Xavier Civelli de Boch.

En 1906, l'usine de Poissy s'agrandit. En 1907, l'entreprise construit exclusivement des moteurs monobloc sur tous ses modèles.

Un an plus tard, la société transfère son siège social à Levallois-Perret, puis à Neuilly-sur-Seine, la production restant à Poissy.

Lors du premier salon l'aéronautique à Paris en 1909, le GRÉGOIRE GYP, monoplan de 10 mètres d'envergure et 11 mètres de longueur, propulsé par un moteur 4 cylindres, est exposé.

En 1911, la société décide de remplacer les anciennes voitures par de nouvelles, munies de moteurs à quatre cylindres à longue course. Les recherches se focalisent alors sur la carrosserie : la double berline, le sous-marin coupé et la limousine.

Au salon de l'automobile de 1912, la société des automobiles Grégoire présente les voiturettes Dumont et Bellanger. L'année suivante, Robert Bellanger quitte la société Grégoire et fonde la Société Anonyme des Automobiles Bellanger Frères.

Au début de la Première Guerre mondiale, la firme produit cinq modèles. Elle se focalise alors sur la fabrication de matériel militaire. Deux modèles sont pourtant toujours en construction. À la fin des hostilités, la gestion commerciale et l'exportation sont confiées à Jacques Hinstin. La marque est promue par un châssis 15 HP proposé en six modèles. Mais la situation financière se détériore.

En 1921, le 15 HP est réactualisé. Il devient type 134 (15/50). C'est le dernier modèle fabriqué par l'entreprise Grégoire. Trois ans plus tard, Jacques Bignan rachète les installations de Poissy pour y monter ses modèles 3 litres.

Pierre Joseph Grégoire décède le 25 aout 1962 à Suresnes à l'âge de 86 ans.

Les usines[modifier | modifier le code]

Les usines occupent un terrain compris entre le n° 49 du boulevard Devaux et le n° 46 du boulevard Robespierre (à l'époque boulevard de Maisons) à Poissy.

Pendant ses années fastes, les Usines Grégoire produisent 15 000 à 20 000 voitures par an. En 1913, la société est le quinzième producteur français. Elle emploie 1500 personnes et fait un chiffre d'affaires de 75 000 000 francs.

Le salaire horaire d'un manœuvre s'élève à 50 ou 60 centimes ; celui d'un professionnel à 1 franc environ, pour une durée du travail atteignant 200 à 220 heures par mois. Chaque ouvrier bénéficie d'un salaire minimum garanti appelé « taux d'affûtage » [1].

La construction des moteurs[modifier | modifier le code]

Les avions[modifier | modifier le code]

Au Salon aéronautique de 1902, la société Grégoire propose des moteurs pour ballons dirigeables. La S.A. se focalise ensuite sur les moteurs d'avions : les « Moteurs d'Aviation Grégoire-Gyp » fabriqués à Suresnes, et produits en série normale.

Le premier moteur créé donne une puissance de 20/28 chevaux à 1 700 tr/min et pèse 60 kg ; le deuxième donne 30/40 chevaux à 1 600 tr/min pour une masse de 80 kg, et le troisième fournit 50/60 chevaux à 1 300 tr/min pour une masse de 115 kg[2].

Vers 1910, la société lance deux autres moteurs, dont un de 40 chevaux, qui équipe l'avion Hanriot la même année. Ce moteur est alors classé deuxième lors des premiers essais officiels de 1909 ; il fournit une puissance de 58 chevaux.

Les voitures[modifier | modifier le code]

Les Fêtes Grégoire[modifier | modifier le code]

La société Grégoire participe à des courses automobiles de 1905 jusqu'en 1921, et organise des Fêtes Grégoire. L'objectif de ces dernières est de créer une Amicale, dont le point central est l'usine. Les propriétaires et les utilisateurs des moteurs Grégoire se rencontrent, exposent leurs problèmes, expriment leurs vœux... Un journal mensuel, le Grégoire Journal, « Organe du Grégoire Automobile Club », est d'ailleurs créé en 1908 pour établir puis sauvegarder les liens entre les utilisateurs[3].

Les dernières fêtes en date ont eu lieu en 1999, avec « Le 100e Anniversaire des 100 km/h »[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les usines
  2. Les moteurs d'avion
  3. Les fêtes Grégoire
  4. « Le 100e anniversaire des 100 km/h »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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