René Mouchotte

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René Mouchotte
Naissance 21 août 1914
Saint-Mandé, France
Décès 27 août 1943 (à 29 ans)
Au-dessus de la Manche
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Ensign of the Royal Air Force.svg Royal Air Force
Flag of Free France 1940-1944.svg FFL
Grade Commandant
Années de service 19391943
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement Escadrille « Versailles »
No. 65 Squadron
Groupe de chasse Alsace
Faits d'armes Trois victoires homologuées
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération
Croix de guerre 1939-1945 (6 palmes)
DFC
Chapelle au cimetière du Père-Lachaise (division 69).

René Mouchotte est un aviateur français de la Seconde Guerre mondiale et une figure de la France libre, né le 21 août 1914 à Saint-Mandé (Seine) et abattu le 27 août 1943 au-dessus de la Manche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 21 août 1914 à Saint-Mandé, René Mouchotte est le fils d'un distillateur. Ayant appris à piloter à l'âge de 18 ans, il fait son service militaire dans l'armée de l'air, à la base aérienne d'Istres, où il obtient le grade de sergent et son brevet de pilote. Pilote de tourisme à son retour à la vie civile, il est mobilisé en septembre 1939 et affecté, non dans une escadrille de chasse, comme il l'aurait voulu, mais au Centre d'Instruction de la Chasse, à Chartres (future Base aérienne 122 Chartres-Champhol), puis, en mai 1940, à l'École de formation des sous-officiers du personnel naviguant à Avord. Envoyé à Oran en mai 1940, il est révolté par l'annonce de la demande d'armistice du maréchal Pétain le 17 juin 1940 et décide de rejoindre l'Angleterre. Le matin du 30 juin 1940, en compagnie d'Émile Fayolle, Charles Guérin, Georges Heldt, Henry Lafont et Hubert Stourm, il s'empare du Caudron Simoun n° 174 et d'un Caudron Goéland sur la base aérienne d'Oran-la-Sénia et parvient à rejoindre Gibraltar[1].

Ayant rejoint l'Angleterre en bateau le 13 juillet, il signe un engagement dans la RAF, qui l'envoie en entraînement au 6th Operational Training Unit de Sutton Bridge (Lincolnshire), avant de l'affecter, en septembre 1940 au No. 245 Squadron, au sein duquel il mène des opérations de surveillance en mer d'Irlande. Promu adjudant en octobre 1940, il rejoint ensuite le No. 615 « County of Surrey » Squadron de la Royal Auxiliary Air Force surnommé "Churchill's own", dans le sud de l'Écosse, et prend part à la fin de la bataille d'Angleterre ; il effectue alors deux à quatre sorties chaque jour. Leader d'une section de son escadrille au début de décembre 1940, il est nommé sous-lieutenant et chef de Flight par intérim en mars 1941, avant de recevoir sa première citation en juin. En juillet, il est nommé lieutenant et — distinction alors inédite pour un étranger — flight commander (chef d'escadrille) d'un squadron britannique. Il abat son premier avion — un Junker 88 — le 26 août 1941 et incendie plusieurs bâtiments allemands en Manche quelques semaines plus tard.

À la fin de 1941, il participe à la création du groupe de chasse Île-de-France, le No. 340 « free french » Squadron, unité des Forces aériennes françaises libres, et devient, en février 1942, commandant de l'escadrille « Paris ». Promu capitaine, il effectue sa première mission avec son groupe le 12 avril, reçoit la croix de guerre avec palme des mains du général de Gaulle le 14 juillet et participe à l'opération Jubilee sur Dieppe le 20 août.

Promu commandant, il est, la même année, le premier français à commander un groupe de chasse britannique, le Squadron Leader du No. 65 Squadron. Au début de 1943, il met sur pied le groupe de chasse Alsace, GC III/2, alias No. 341 « free french » Squadron pour la RAF, installé à Biggin Hill, dans le sud de l'Angleterre, et dont il prend le commandement le 9 janvier ; il a sous ses ordres notamment Pierre Clostermann. Le 15 mai, à la tête de son unité, il abat un Focke-Wulfe au-dessus de la France.

Le 27 août 1943, épuisé par l'enchaînement des combats aériens et les heures de travail à son bureau de commandement, il est abattu au-dessus de la Manche, lors d'une mission de protection de 187 bombardiers américains B-17 de la 8th USAAF effectuant le premier raid de jour contre le blockhaus d'Éperlecques — il comptabilise alors 408 missions, 141 avec le groupe Alsace, et 1 743 heures de vol. Son corps est retrouvé sur la plage de Westende, hameau balnéaire de la commune de Middelkerke, en Belgique, le 3 septembre suivant. Identifié seulement en mars 1949, il est alors inhumé au cimetière du Père-Lachaise[2].

Ses carnets sont publiés une première fois sous le titre de Carnets de René Mouchotte par Flammarion en 1949, puis le Service Historique de l'Armée de l'Air (actuel Service historique de la défense) fait paraître en 2001 une nouvelle édition avec un texte conforme au manuscrit original et des notes explicatives.

Des « rue du Commandant René Mouchotte », existent dans de nombreuses communes telles dans le 14e arrondissement de Paris, près de la gare de Paris-Montparnasse et à Saint-Mandé, sa ville natale, ainsi que le Boulevard du Commandant René Mouchotte à Pau lui rendent hommage. De même, la commune belge de Middelkerke a donné son nom à l'une des rues du centre-ville et à la place (un grand parking, en fait) qui s'y trouve (René Mouchottestraat; Mouchotteplein).

Après la Base aérienne 103 Cambrai-Épinoy, c'est l'Ecole de Transition Opérationnelle (ETO 00.008), localisée sur la Base aérienne 120 Cazaux, qui porte son nom.

Tableau de chasse[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Ordre de la Liberation 2nd ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg
United Kingdom Distinguished Flying Cross ribbon.svg Czechoslovak War Cross 1939-1945 Ribbon.png

Intitulés des décorations françaises[modifier | modifier le code]

Intitulés des décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les carnets de René Mouchotte, Flammarion, 1949 (rééd. 1950, 1962, 1967) et Éditions J'ai lu Leur aventure N°A1-2
  • Mes carnets, SHAA, 2001 : édition reprenant exactement le texte du journal tenu par René Mouchotte (des modifications et des coupures avaient été apportées au texte de Mouchotte dans l'édition de 1949), avec un appareillage critique : préface, notes...

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vital Ferry, Croix de Lorraine et Croix du sud, 1940-1942 : aviateurs belges et de la France libre en Afrique, Le gerfaut,‎ 2005, 286 p. (lire en ligne), p. 252.
  2. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 576