Base aérienne 112 Reims-Champagne

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Base aérienne 112 Reims-Champagne
la base vue du ciel.
la base vue du ciel.
Cocarde
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 49° 18′ 21″ N 4° 02′ 03″ E / 49.305762, 4.034128 ()49° 18′ 21″ Nord 4° 02′ 03″ Est / 49.305762, 4.034128 ()  
Altitude 96 m (314 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne 112 Reims-Champagne
Pistes
Direction Longueur Surface
07 / 25 2 482 x 48 m béton
Informations aéronautiques
Code OACI LFSR
Type d'aéroport Militaire
Gestionnaire Armée de l'air
Cartes SIA VAC - IAC

La base aérienne 112 Reims-Champagne est une ancienne base aérienne majeure de l'Armée de l'air française, située au nord de Reims, dans le département de la Marne. Elle a été dissoute le 30 juin 2011. La station météorologique de Reims-Prunay (environ 11 km de la cathédrale), située au sud-est de Reims à l'aérodrome de Prunay, est celle qui remplace la station de Reims-Courcy (environ 8 km de la cathédrale), située au nord de Reims près des pistes de la base 112, qui n'envoie plus aucune donnée depuis fin mai 2012[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

La base aérienne de Reims, héritière de la longue et très riche tradition aéronautique de Reims, figurait parmi les plus importantes plates-formes aéronautiques dont disposait l'Armée de l'air. Une place à part justifiée, notamment, par la spécificité de la mission principale confiée aux deux unités aériennes qui y étaient basées au moment où fut décidée sa fermeture : la reconnaissance aérienne tactique.

Située à quelques kilomètres au nord de l’agglomération rémoise, la base aérienne 112 s’étendait sur une superficie de 542 hectares qui, enserrés dans près de quatorze kilomètres de clôtures, se répartissaient entre les communes de Bétheny, de Courcy et de Brimont. Orientée est-ouest, sa piste, au « format OTAN », avait une longueur avoisinant les 2 450 mètres qui permettaient à la base aérienne d’accueillir une très grande variété d’appareils.

De la base aérienne 112 dépendaient une dizaine de sites dits « points isolés rattachés », notamment, à Reims même, le bureau armée de l’air information (alors installé à l'angle du boulevard Pasteur et de la rue de Sillery) et le détachement militaire de coordination œuvrant au sein du centre en route de la navigation aérienne (zone Farman). Hors de Reims, dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de la base aérienne, la station de communication de Perthes, la section champ de tir air-sol de Suippes-Sommepy, le site de l'ancien dépôt de munitions de Nogent-l'Abbesse (site mis en sommeil), l’ancienne base aérienne de l'OTAN de Vouziers-Séchault où sont évaluées des unités spécialisées dans la neutralisation des explosifs et les compagnies du Génie de l’air, ainsi que les anciennes bases aériennes de l'OTAN aujourd’hui désaffectées de Montmédy-Marville et de Marigny, relevaient également de la BA 112.

Troisième employeur de l’agglomération rémoise après le centre hospitalier universitaire et les services municipaux, elle employait environ mille quatre cents militaires – qui se répartissaient en officiers, sous-officiers et militaires du rang – et un peu moins d'une centaine de personnels civils relevant principalement du ministère de la Défense. Acteur majeur du développement économique local, son impact économique global annuel était évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros.

La plate-forme aéronautique de Reims abritait depuis 1994 les escadrons de reconnaissance 01.033 « Belfort » (unité dissoute le 24 juin 2010) et 02/33 « Savoie », escadrons qui relevaient du commandement des forces aériennes (CFA) ; l'escadron de soutien technique aéronautique 2E.033, chargé de l'entretien et de la maintenance périodique des avions de la base aérienne et dissous en même temps que la base aérienne, dépendait quant à lui du commandement du soutien des forces aériennes (CSFA). Totalisant une quarantaine d'aéronefs, ces deux escadrons étaient équipés de Mirage F1, appareil dont la première version est entrée en service en 1973 dans l’Armée de l’air. Une vingtaine de Mirage F1CR, avions de reconnaissance tactique et d'assaut conventionnel, équipaient chacun des deux escadrons de reconnaissance 01.033 « Belfort » et 02.033 « Savoie ».

La mission principale confiée à la BA 112 était d’assurer le soutien des escadrons et unités stationnés sur sa plate-forme. La reconnaissance aérienne était ainsi la principale mission opérationnelle qui incombait à la base aérienne, qui jouait ainsi un rôle de première importance dans l’exécution des missions confiées à l’Armée de l'air, notamment dans les domaines de la prévention des crises, de la projection de forces et de la protection. D’autres missions, ponctuelles ou s’inscrivant dans la durée, s’ajoutaient à celle-ci et permettaient à l’État de faire face, en recourant aux moyens et aux savoir-faire des forces armées, à des situations auxquelles les services publics ne savent répondre seuls. Et c’est ainsi que la BA 112 intervenait dans des domaines aussi variés que la lutte contre le terrorisme par la constitution de détachements déployés dans le cadre du plan Vigipirate, le support logistique au don d’organes par sa capacité à réactiver sa piste à tout moment au profit d’une équipe médicale de l’Établissement français des greffes dépêchée à Reims pour y effectuer un prélèvement, l’aide aux populations sinistrées dans des situations exceptionnelles de crise telles que la tempête de décembre 1999 ou les inondations de 2001 dans la Somme.

L’activité de la base aérienne 112 était en outre marquée par une très importante activité relationnelle. Son commandant, par ailleurs commandant d’armes de la place de Reims, participait à de nombreuses cérémonies militaires organisées localement tandis que la base aérienne, soucieuse de développer les liens unissant les armées à la nation, conduisait un certain nombre d’actions à destination du public, parmi lesquelles l’organisation de visites de ses installations, la participation à des événements culturels tels que l’opération « Lire en Fête » ou les Journées européennes du Patrimoine (par l'intermédiaire du Musée de la Base aérienne 112 et de l'Aéronautique locale) et l’organisation d’un important forum emploi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terrain a été le lieu de manœuvres militaires avec le tsar Nicolas II comme invité d'honneur en 1901.

Nicolas II à Reims en 1901 .

Première réunion internationale d'aviation[modifier | modifier le code]

La base aérienne 112 était implantée sur le terrain qui, du 22 au 29 août 1909, accueillit la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne, le premier meeting international d'aviation auquel assistèrent un million de spectateurs. Elle était aussi l'héritière des essais de ballons, de cerfs volants et d'escadrilles qui y étaient stationnées lors de la Première Guerre mondiale telle l'Escadrille des Cigognes qui déménagèrent à Crugny lors de la prise de Reims, les bâtiments furent détruits lors des bombardements.

Premier concours militaire[modifier | modifier le code]

Après avoir assisté à la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne le général Roques qui avait déjà fait acheter des avions pour les manœuvres militaires qui avaient lieu, décida d'un concours pour que l'Armée acheta des appareils qui répondent à des spécificités adaptées et choisies par les militaires . En novembre 1910 il faisait publier un règlement … ouvert entre les constructeurs établis en France et préalablement autorisé par le Ministère de la Guerre en vue de l'achat d'une vingtaine d'appareils. En outre le règlement spécifiait que l'appareil devait être construit, moteur compris en France, être capable de fournir un parcours en circuit fermé et sans escale de trois cents kilomètres, … un poids utile de trois cents kilogrammes...être munis de trois sièges...une vitesse moyenne propre de 60 km/h...être d'un transport facile, emballé ou non, par route ou par voie ferrée, pouvoir être rapidement remis en service sans réglage minutieux...

La commission d'examen était fixée au 1er octobre 1911 et trente deux constructeurs avaient demandé leur agrément, quarante furent retenus et se présentèrent quinze constructeurs sur le terrain de Bétheny . Le concours prévoyait trois vols à pleine charge de trois cents kilomètres avec retour démonté . Un vol aller retour à pleine charge et avec la vitesse moyenne de 60 km/h . deux vols, à pleine charge et avec une altitude de 500 m tenue pendant quinze minutes.

Le gagnant recevra la somme de 100 000 F, donnera son avion et aura une commande de dix avions . Le second recevra la somme de 40 000 F, donnera son avion et aura une commande de six avions . Le troisième recevra la somme de 40 000 F, donnera son avion et aura une commande de quatre avions . Les concurrents furent :

Bâtiments de la base de Reims-Bétheny en 1911 .

Breguet piloté par Moineau avec un moteur Gnome de 100 ch,

  • Breguet piloté par Montalent avec un moteur Dansette de 100 ch,
  • Farman piloté par Bara avec un moteur Renault de 70 ch,
  • Voisin piloté par Jean-Benoist avec un moteur Renault de 75 ch,
  • Farman piloté par Renaux avec un moteur Renault de 70 ch,
  • Coanda piloté par Bouthemy avec un moteur Gnome de 70 ch,
  • Breguet piloté par Breguet avec un moteur Gnome de 140 ch,
  • Goupy piloté par Bouvier avec un moteur Gnome de 100 ch,
  • Goupy piloté par Ladougne avec un moteur Chenu de 80 ch,
Retour d'un avion Farman par la route lors du concours militaire de 1911 .
  • Antoinette piloté par Latham avec un moteur Antoinette de 60 ch,
  • Breguet piloté par Martir avec un moteur Salmson de 120 ch,
  • Blériot piloté par Leblanc avec un moteur Gnome de 140 ch,
  • Voisin piloté par Collier avec un moteur Gnome de 140 ch,
  • Astra triplan piloté par Goffin avec un moteur Renault de 75 ch,
  • Breguet piloté par Debussy avec un moteur Chenu de 80 ch,
  • Paulhan triplan piloté par Paulhan avec un moteur Renault de 75 ch,
  • Farman piloté par Bill avec un moteur Gnome de 70 ch,
  • Farman piloté par Fischer avec un moteur Gnome de 100 ch,
  • Farman piloté par Lerridam avec un moteur Renault de 70 ch,
  • Breguet piloté par Bregi avec un moteur Salmson de 85 ch,
  • Savary piloté par Level avec un moteur Labor de 70 ch,
  • Blériot piloté par Beaumont avec un moteur Gnome de 100 ch,
  • Morane piloté par Jules Vedrines avec un moteur Gnome de 100 ch,
  • Hanriot piloté par Dubreuil avec un moteur Clerget de 100 ch,
  • Deperdussin piloté par Vidart avec un moteur Gnome de 100 ch,
  • Deperdussin piloté par Aubrun avec un moteur Clerget de 100 ch,
  • Deperdussin piloté parPrevost avec un moteur Anzani de 80 ch,
  • Astra biplan piloté par Labouret avec un moteur Chenu de 70 ch,
  • Astra Wright piloté par Gaubert avec un moteur Renault de 60 ch,
  • Voisin biplan piloté par Mahieu avec un moteur Gnome de 100 ch,
  • Nieuport triplan piloté parWeymann avec un moteur Gnome de 100 ch.

Le gagnant fut

  • Nieuport triplan piloté par Charles Weymann avec un moteur Gnome à 117 km/h,
  • Breguet piloté par Moineau avec un moteur Gnome à 95 km/h,
  • Deperdussin piloté par Maurice Prévost avec un moteur Anzani à 89 km/h,
  • Breguet piloté par Bregi avec un moteur Salmson à 87 km/h,
  • Farman piloté par Fischer avec un moteur Gnome à 84 km/h,
  • Farman piloté par Bara avec un moteur Renault à 76 km/h,
  • Farman piloté par Renaux avec un moteur Renault à 72 km/h,
  • Savary piloté par Joseph Frantz avec un moteur Labor à 67 km/h .

Ouverture[modifier | modifier le code]

La base aérienne 112 entre officiellement en service le 1er octobre 1928, jour où les Breguet 19 du 12e régiment d’aviation de bombardement de jour se posèrent à Reims en provenance du terrain de Lachen-Speyerdorf en Allemagne (Rhénanie-Palatinat). Trois années de travaux ont été nécessaires pour remettre en état le terrain ravagé par la guerre, aménager une plate-forme gazonnée et construire le casernement – bientôt dénommé « caserne Roisin » – et les hangars.

Les années 1930 sont marquées par une rapide montée en puissance de la base. En 1933 y est créé le centre d'expériences aériennes militaires (aujourd’hui installé sur la Base aérienne 118 Mont-de-Marsan), unité chargée notamment de tester les appareils en usage dans l'Armée de l'air et d'en définir la doctrine d'emploi. La même année s’y déploie la future 4e escadre de chasse, installation suivie en 1936 et 1937 par celle des deux groupes composant la 5e escadre de chasse. L’année 1937 voit quant à elle s’y déployer le futur groupe aérien d'observation 552 et se créer le 601e groupe d'infanterie de l'air, seule unité parachutiste stationnée en métropole avant-guerre. Enfin, en 1939, est créé le 2e groupe de la 13e escadre de chasse de nuit. Lieu de stationnement d’unités dédiées au bombardement, à l’expérimentation, à la chasse de jour et de nuit, à l’observation et au parachutisme, la base de Reims, base « vitrine » pour l'Armée de l'air, reçoit à la fin de la décennie la visite de personnalités de premier plan appartenant aux armées polonaise, allemande et britannique : le général Edward Rydz-Śmigły, commandant en chef de l’armée polonaise (1936), le général Erhard Milch, sous-secrétaire d’État allemand à l’Aéronautique (1937) et l’Air Chief Marshal Sir Cyril Newall, chef d’état-major de la Royal Air Force (1938).

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Curtiss H 75 aux couleurs françaises .
La R.A.F sur la base en 1939.

En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Reims possède la plus importante base de France par l'activité aérienne ; quelque trois cents appareils y sont stationnés, notamment les bombardiers Bloch MB.210 équipant la 12e escadre de bombardement et la centaine de chasseurs Curtiss H-75 américains dont ont été équipées à partir de mars 1939, juste à temps : les 4e

  • la I/4 du commandant Hertaut :
    • du capitaine O'Byrne treize H-75 de la SPA 95,
    • du capitaine Barbier treize H-75 de la SPA 153,
  • la II/4 du commandant O'Byrne :
    • du lieutenant Guieu douze H-75 de la SPA 160,
    • du capitaine Claude treize H-75 de la SPA 155.


La 5e

  • la I/5 du commandant Murtin :
    • du capitaine Accart quatorze H-75 de la SPA 67,
    • du lieutenant Dorance treize H-75 de la SPA 75,
  • la II/5 du commandant Hugues :
    • du capitaine Monraisse quatorze H-75 de la SPA 124,
    • du capitaine Reine treize H-75 de la SPA 167, escadres de chasse jusque là dotées de Dewoitine D.500 et 501. Le 28 août, les avions sont répartis sur les bases de campagnes aménagées dans les années 1930 et la base est dissoute le 2 septembre 1939.

Entre 1939 et 1945, Français, Britanniques, Allemands et Américains se succèdent sur la base.

Quittant la base dès la fin août 1939 pour se déployer sur plusieurs terrains de campagne comme celui de Vraux, les appareils « rémois » cèdent la place à la Royal Air Force qui, dès le début de septembre, y déploie des escadrons dotés de bombardiers Fairey Battle tandis que le corps expéditionnaire de la RAF en France – dénommé « Advanced Air Striking Force » – installe son quartier général à Reims. La « drôle de guerre » débute, période mal nommée compte tenu des combats violents qui opposent dès septembre avions alliés et allemands. Participent notamment à ces combats le lieutenant Edmond Marin la Meslée (futur as des as de la campagne de France), le capitaine Jean-Mary Accart (qui commandera la BA 112 de 1952 à 1955), Michel Dorance (qui la commandera de 1958 à 1960), le Rémois François Warnier (huit victoires sûres) et d'autres as parmi lesquels Camille Plubeau.

À la mi-juin 1940, les Allemands occupent la base aérienne, qu’ils conserveront jusqu'aux derniers jours d’août 1944 et dont ils se serviront notamment une fois les Alliés débarqués en Normandie. À compter de 1941, la base aérienne devient un important site aéronautique avec l'installation d’ateliers appartenant à la firme Junkers, constructeur d’avions qui, notamment, y monte et y répare ses bombardiers Ju 88 et ses avions de transport Ju 52. Le terrain est fréquemment la cible des appareils alliés qui, à partir de 1943, le bombardent, détruisant peu à peu son infrastructure.

Le 6 septembre 1944, pour faire face à l'avancée rapide du front et face aux difficultés d'approvisionnement en carburant, les Américains mirent en place un pont aérien entre l'aérodrome de Cherbourg-Querqueville (ancienne base aéronavale de la marine française aujourd'hui disparue) et l'aéroport de Reims[2]. Pendant 5 jours et 5 nuits, 200 Douglas C-47 Skytrain transportant des jerrycans d'essence assurèrent la rotation entre les deux aérodromes[2].

Epoque moderne[modifier | modifier le code]

Évacuée par les Allemands, la BA 112 est utilisée à partir de septembre 1944 par l’United States Army Air Forces. En février 1945, le général Dwight David Eisenhower, commandant des forces alliées en Europe, installe à Reims son grand quartier général ; le 7 mai, à 2 h 41, le generaloberst Alfred Jodl, après s’être posé la veille sur la base, signe en ville la reddition sans condition du IIIe Reich. La guerre finie, le terrain est utilisé comme tête de pont à un pont aérien permettant de rapatrier plusieurs milliers de déportés et de prisonniers de guerre. Dans les mois qui suivent, il sert de lieu de stockage au surplus militaire américain, surplus qui, cédé à la France, est vendu par la Société nationale de vente des surplus.

Broussard n°305 de l'escadron d'entrainement tout temps 12.030 Hautvillers de la BA 112 .

La décision de réactiver la base est prise à la fin de la décennie. Sur le point d’être dotée d'avions à réaction, celle-ci doit d’abord s'équiper d'une piste bétonnée puis reconstruire son casernement et ses hangars. La 3e escadre de chasse, basée à Reims de 1950 à 1961, est d'abord équipée de De Havilland 100 Vampire ; en 1951, elle perçoit des Republic F-84 Thunderjet puis, en 1959, des North American F-100 Super Sabre. La décennie est marquée par la création au sein de cette escadre, par le commandant Pierre Delachenal, de la future Patrouille de France (1953) et la crise de Suez qui conduit l'unité à se déployer à Chypre (1956).

Après son départ en 1961, l'escadre est remplacée par la 30e escadre de chasse tout temps, formation dotée de chasseurs-bombardiers SNCASO 4050 Vautour IIN. Le prestigieux escadron de chasse tout temps 2/30 « Normandie-Niemen » s’installe à Reims en juin 1966 et y rejoint l’escadron de chasse tout temps 3/33 « Lorraine », ce qui vaut à la base aérienne dans les années 1970 – en pleine Guerre froide – des échanges répétés avec l'Union soviétique. Le 20 décembre 1973, les premiers Dassault Mirage F1 se posent sur la base. De 1961 à 1978 stationne également à Reims la 62e escadre de transport équipée notamment de Nord 2501 Noratlas.

Le début des années 1990 est marqué par le départ pour Colmar du « Normandie-Niemen » (1993) et par la dissolution de la 30e escadre de chasse (1994). Au printemps de 1994, suite à la fermeture de la base aérienne 124 de Strasbourg, se déploient à Reims les escadrons de reconnaissance 01.033 « Belfort » et 02.033 « Savoie » et leurs Mirage F1CR. Dans le même temps, l’escadron de chasse 3/30 « Lorraine » devient le 03.033 « Lorraine ». Avec une soixantaine d’appareils, la BA 112 est alors l’une des plus importantes bases de l’Armée de l’air. Le 22 septembre 1996, pour le quinzième centenaire du baptême à Reims du roi Clovis 1er, elle reçoit le pape Jean-Paul II qui y célèbre une messe devant plus de deux cent mille fidèles. En 2005, le « Lorraine » est mis en sommeil et ses avions quittent Reims pour rejoindre Colmar.

En juillet 2008, la fermeture définitive de la base aérienne 112 – officiellement baptisée « Commandant Edmond Marin la Meslée » le 14 février 1953 – est annoncée par le Premier Ministre François Fillon, celle-ci devant intervenir en 2011/2012. Les 27 et 28 juin 2009, la base accueille le Mondial des patrouilles et le Meeting du centenaire[3] .

Dissolution[modifier | modifier le code]

Accueil d'avions soviétiques sur le sol de la BA112 pour des échanges Normandie-Niemen pendant la Guerre froide .

En juillet 2008, une nouvelle carte militaire fut mise en place. Parmi les mesures prises figurait la fermeture de la base aérienne de Reims à l'horizon 2011, décision annoncée par Hervé Morin, ministre de la Défense[4].

La cérémonie de dissolution de la base aérienne 112 s'est déroulée le 30 juin 2011, en présence du général d'armée aérienne Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'Armée de l'air. Symbole de cette dissolution : la remise, au cours de cette cérémonie, du drapeau dont la base aérienne 112 avait la garde depuis 1994, celui de la 33e escadre de reconnaissance en l'occurrence, geste qui fut précédé par la lecture de l'ordre général no 20 – signé Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'Armée de l'air – relatif à la dissolution de cette base : « [...] Aujourd’hui, alors que l’escadron de reconnaissance 02.033 « Savoie » décolle vers Mont-de-Marsan, s’achève l’ère du Mirage F1 à Reims, après 38 années durant lesquelles, de l’opération Manta au Tchad aux missions d’Harmattan en Libye, les femmes et les hommes de la base aérienne 112 "Marin-la-Meslée" ont sans discontinuer apporté leur foi, leur motivation et leurs compétences aux opérations extérieures menées par la France. Officiers, sous-officiers, militaires du rang et personnel civil de la base aérienne 112 "Commandant Marin-la-Meslée", personnel naviguant, mécaniciens ou du corps des bases, vous pouvez être fiers d’avoir servi sur une base dont la riche histoire se confond avec celle de l’Armée de l’air, et qui a vu s’illustrer les figures les plus emblématiques de l’aviation. Nous honorons aujourd’hui vos drapeaux et rendons un hommage solennel à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont servi la France, ont défendu ses valeurs, allant pour certains jusqu’au sacrifice de leur vie. Nous nous souvenons, avec respect et émotion, de tous vos grands anciens, morts au champ d’honneur ou blessés dans l’accomplissement de leur devoir. Vous avez su vous inspirer de leur exemple pour assurer, jusqu’au dernier jour, avec rigueur et détermination, toutes les missions qui vous ont été confiées. Votre motivation exemplaire aura su porter à son plus haut niveau la capacité opérationnelle reconnue de cette base aérienne prestigieuse. En servant avec honneur, abnégation et loyauté, vous avez gagné le respect de l’Armée de l’air et de la France. »

Les derniers Mirage F1 présents sur la base, ceux de l'escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie »[5], ont définitivement quitté la Champagne pour la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan. Après un dernier salut à la base, aux Rémois et à la cathédrale Notre-Dame de Reims, deux d'entre eux ont participé au volet aérien du défilé militaire du 14 Juillet 2011 avant de rejoindre Mont-de-Marsan[6]. Seul un Mirage F1CR, victime d'un problème de freins, n'a pu décoller ce jour-là et est demeuré sur la base. Cet appareil, le Mirage F1CR n°620 immatriculé 112-CT, s'est envolé de la BA 112 le 20 juillet 2011, à 12 h 32, à destination de Mont-de-Marsan[7].

La base aérienne 112 « Commandant Marin-la-Meslée », définitivement délaissée par l'armée le 30 juin 2012, est actuellement une friche. Le devenir de cette friche est confié, au sein du Syndicat Mixte du Nord-Rémois, à la maire de Reims, Adeline Hazan[8].

Le 17 avril 2014, le quotidien "L'union" annonce l'organisation d'un teknival sur une partie de l'ancienne base aérienne 112[9]. 30 000 personnes sont attendues pour cet évènement annuel autour de la musique techno. Le choix du site, imposé par l'Etat, est critiqué par les élus locaux qui mettent en avant les nuisances engendrées par la manifestation ainsi que les problèmes de sécurité sur le terrain[10].

Eisenhower vient célébrer la livraison de Thunderjet à la France sur la BA 112.

Commandement[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les officiers ayant commandé la base aérienne 112 ont été :

  • De 1944 à 1946 : lieutenant-colonel Émile Prouvay.
  • En 1946 : lieutenant Pierre Gaudin.
  • De 1946 à 1948 : capitaine Demay.
  • De 1948 à 1949 : lieutenant-colonel Hilaire Mattei.
  • En 1949 : colonel Cardin.
  • De 1949 à 1950 : colonel J.-L. Morlat.
  • De 1950 à 1952 : colonel Marcel Housset.
  • De 1952 à 1955 : colonel Jean Accart, as de guerre.
  • De 1955 à 1956 : colonel Raymond Brohon.
  • De 1956 à 1958 : Gabriel Gauthier, as de guerre et futur chef d'état-major de l'Armée de l'air.
  • De 1958 à 1960 : colonel Michel Dorance, as de guerre.
  • De 1960 à 1961 : colonel Jacques Fabry.
  • De 1961 à 1963 : colonel Henri Dugit-Gros.
  • De 1963 à 1965 : colonel Edmond Deleuze.
  • De 1965 à 1967 : colonel Charles Mesnard.
  • De 1967 à 1969 : colonel Louis Cinquin.
  • De 1969 à 1971 : colonel Jacques Jallas.
  • De 1971 à 1973 : colonel Hugues Chataing.
  • De 1973 à 1975 : colonel Jean Cannac.
  • De 1975 à 1977 : colonel Michel Forget.
  • De 1977 à 1979 : colonel Étienne Copel.
  • De 1979 à 1981 : colonel Jean Bodéré.
  • De 1981 à 1983 : colonel Jacques Potier.
  • De 1983 à 1985 : colonel Yves Joseph.
  • De 1985 à 1987 : colonel Jean-François Pidancet.
  • De 1987 à 1989 : colonel François Gueniot.
  • De 1989 à 1991 : colonel Patrick Jelensperger.
  • De 1991 à 1993 : colonel Richard Wolsztynski.
  • De 1993 à 1995 : colonel Jean Bachelard.
  • De 1995 à 1997 : colonel Christophe Motte.
  • De 1997 à 2000 : colonel Frédéric Maigne.
  • De 2000 à 2002 : colonel Henri Switzer.
  • De 2002 à 2005 : colonel Denis Mercier actuel chef d'état-major de l'Armée de l'air.
  • De 2005 à 2007 : colonel Francis Lonnoy.
  • De 2007 à 2009 : colonel Gilles Perrone.
  • De 2009 à 2011 : colonel Jean-Michel Meyer.

Insigne[modifier | modifier le code]

blason de la base.

La base aérienne 112 disposait d’un insigne qui avait été homologué le 24 juillet 1953 sous le numéro A-565.

La définition héraldique de cet insigne est la suivante : « Vol replié d’or, à l’écu de Champagne en pointe sommé d’une cathédrale de Reims survolée par un avion et soutenu d’un pentacle d’argent, brochant du rai supérieur. En pointe, les signes B.A. 112. »

Cet insigne a la forme d’un blason. Les éléments qui le composent sont, de bas en haut, les armes de la Champagne, la cathédrale Notre-Dame de Reims et un chasseur Republic F-84 vu de face, ces trois éléments étant encadrés par les ailes de l’Armée de l’air. À la base de l’insigne figure une étoile blanche à cinq branches qui, encadrée par l’inscription « B.A. 112 », fait référence au commandant Edmond Marin la Meslée (1912-1945), as des as de la bataille de France 1939-1940 et parrain de la base aérienne 112.

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

Érigé à l’extrémité ouest de la cour d’honneur de la base, le monument aux morts de la BA 112 est l’ancien monument aux morts de la 12e escadre de bombardement qui, le 20 juin 1933, fut inauguré par le ministre de l’Air Pierre Cot (cette unité aérienne ayant été la toute première à avoir été affectée sur la base aérienne, en octobre 1928). En effet, le 7 juin 2007, au cours d’une cérémonie organisée pour célébrer la restauration de ce monument, celui-ci devint officiellement le monument « de tous les morts de la base aérienne 112, quelle qu’ait pu être leur unité d’appartenance » ; à cette occasion, une plaque de marbre portant l’inscription « Aux morts de la BA 112 » fut dévoilée.

À la base de ce monument – qui comporte en façade une hélice bipale sculptée et est surmonté de la croix de guerre 1914-1918 – figure, gravée dans la pierre, l’inscription suivante : « Aux morts du 12e ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Franck Poidevin et Frédéric Lafarge, préface du général d'armée aérienne Richard Wolsztynski (CEMAA), La base aérienne 112 entre ciel et terre, Comme un oiseau,‎ 2004, 176 p. (ISBN 2-9519206-1-x, résumé)
  • Jean-Pierre Calka et Frédéric Lafarge, préface du général d'armée aérienne Jean-Paul Paloméros (CEMAA), La base aérienne 112 de Reims, histoire d'une grande base aérienne, Marines Éditions,‎ 2010, 280 p. (ISBN 978-2-35743-040-2, résumé)
  • Jean-Pierre Calka et Frédéric Lafarge, préface du colonel Jean-Michel Meyer (dernier commandant de la base aérienne 112), BA 112 de Reims, côté coulisses, Editions Dominique Guéniot,‎ 2011, 176 p. (ISBN 978-2-7089-9233-7, résumé)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]