Voves

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Voves
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Chartres
Canton Voves
Intercommunalité Communauté de communes de la Beauce vovéenne
Maire
Mandat
Marc Guerrini
2008-2014
Code postal 28150
Code commune 28422
Démographie
Gentilé Vovéens
Population
municipale
2 946 hab. (2010)
Densité 89 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 22″ N 1° 37′ 38″ E / 48.2727777778, 1.6272222222248° 16′ 22″ Nord
       1° 37′ 38″ Est
/ 48.2727777778, 1.62722222222
  
Altitude Min. 139 m — Max. 156 m
Superficie 32,98 km2
Localisation

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Site web Site officiel

Voves est une commune française, située dans le département d'Eure-et-Loir et la région Centre. Ses habitants se nomment les Vovéens et Vovéennes.

Sommaire

Géographie [modifier]

Lieux dits [modifier]

  • Villarceaux
  • Foinville
  • Soignolles
  • Genonville
  • Yerville
  • Sazeray
  • Lhopiteau

Toponymie [modifier]

Attesté sous la forme Voves dès 1138-1776 (A.D. 28-G 136) ; puis Apud Vovas, 9 janvier 1188 (Livre d’anniversaires, Obituaires de Sens, t. 2, p. 115) ; Quoddam herbergamentum situs apud Vovas, 6 février 1246 (Obituaire de Sens, t. 2, p. 132) ; Tria modia terre site apud Vovas, 7 mars 1287 (Obituaire de Sens, t. 2, p. 135) ; Gaucher de Chartres, gouverneur de Voves, janvier 1361 (A.N.-JJ 89, n° 416, fol. 183) ; Vosves, septembre 1392 (Archives Nationales-JJ 143, n° 156, fol. 81 v°) ; Vauves en Chartrain, 1395 ; Vosves, juillet 1420 (Archives Nationales-JJ 171, n° 174, fol. 104) ; La garnison de Vosves, mars 1421 (Archives Nationales-JJ 171, n° 365, fol. 213 v°) ; Vosves, 1451 (Archives Départementales du Cher-G 136) ; Vosves, janvier 1479 (Archives Nationales-JJ 206, n° 80, fol. 18 v°) ; Voves, juin 1482 (Archives Nationales-JJ 208, n° 238, fol. 143) ; Voves, 1740 (Bibliothèque Municipale d’Orléans, Manuscrit 995, fol. 268) ; Voves, XVIIIe siècle. (Carte de Cassini).

Les toponymes de ce type remontent au gaulois vidua « bois, forêt », mot basé sur la racine celtique vidu- « arbre » (cf. gallois gwydd arbres, vieux breton guid, breton gwez « arbre »)[1]. Vidua est mentionné sous les formes volva ou vova en latin médiéval. Vidua, avec un i bref et un u consonne, aboutit régulièrement à veive, voive. Vova prit aussi le sens particulier de : bois ou broussailles situés dans des endroits marécageux.

Homonymie avec Veuve, Veuves, villages de Seine-et-Marne et du Loir-et-Cher.

Situé sur le chemin gaulois, devenu voie romaine, de Chartres à Orléans : il peut s’agir d’un relais dans la forêt, ou d’un bois entouré d’espaces libres et habités.[réf. souhaitée]

Histoire [modifier]

La fibule de Voves [modifier]

Découverte en 1969 à l'occasion de travaux dans un jardin privé du quartier de la Poste, à 1,60 m de profondeur environ, cette fibule est en cuivre émaillé et a l'aspect d'une roue à huit rayons, au moyeu épais de 1,4 cm. Son diamètre est de 5,5 cm. Les couleurs sont encore très vives. Le moyeu est vert clair et bleu. Au-dessus, sont représentées des « fleurs», aux pétales bleu foncé et blancs dont le centre est turquoise. Elles sont prises dans une pâte vert clair. L'émail des rayons est alternativement bleu et rouge. Quant au contour du bijou, il est constitué d'une très fine mosaïque bleu foncé et blanche, sertie dans une pâte vert clair. Le travail est d'une minutie extraordinaire.

La datation, en l'absence d'un contexte sérieux, est délicate. L’abbé Nouel, dans son ouvrage « Les Origines gallo-romaines du Sud du Bassin parisien », a publié une fibule ornée d'émaux trouvée à Bazoches-les-Hautes (28), qu'il date du IIe ou IIIe siècle après J.-C., et qui présente de grandes ressemblances avec celle de Voves. Il s'agit, peut-être, d'une fabrication d'inspiration ou de tradition celtique, œuvre d'un atelier gaulois.

Les fortifications de Voves [modifier]

[pas clair] Depuis le XIVe siècle, la présence continuelle de gens d’armes et d’arbalétriers dans la région de Chartres est attestée. En août 1387, le bourg de Voves était victime de brigandages, semble-t-il récurrent dans cette partie de la Beauce, à tel point que le roi de France, Charles VI envoya le Bègue de Villaines pour délivrer le village de ces brigands.

Le chef de ces troupes de brigands n’était autre que Gaucher de Chartres, frère de Philippe, seigneur de Chartres et capitaine de Chartres en 1380. Après cette intervention, il rendit le fort de Voves avec tous les biens qui y étaient dans le cadre d’une transaction qui fut passée avec les chanoines et notamment Pierre Guette, chanoine nommé à la prébende de Voves en 1385. Il est cependant impossible de savoir si les fortifications de Voves furent rétablies telles qu’elles existaient avant leur destruction par Gaucher de Chartres même s’il est certain qu’elles n’existaient plus au commencement du règne de Louis XIII (en 1610).

À cette époque, une effervescence régnait et une ligue imposante s’était formée contre la régente Marie de Médicis. La Beauce a été victime des dégradations commises durant les guerres de religion et de la ligue. En avril 1614, les habitants de Voves adressent une requête au Chapitre, seigneur temporel du bourg, pour demander le rétablissement des fortifications. La permission accordée le jour même par le Chapitre, fut aussitôt adressée au roi avec la requête des habitants et Louis XIII ne fit pas attendre sa sanction en envoyant des lettres-patentes octroyant de « faire clore, fermer et environner de fossés, murs, tours, tourelles, boulevers, ravins, esperons et ponts-levis le-dit bourg et village de Voves ».

Pendant plusieurs décennies, le calme semble être revenu dans le bourg de Voves. En 1642, un premier incident, répertorié par le curé Gendron dans le registre de l’état civil du bourg, eu lieu avec des soldats attaquant les habitants qui s’étaient réfugiés dans l’église pour se protéger. Seuls 39 maisons subsistèrent après un incendie. En janvier 1659, les habitants sont de nouveau victimes de la violence de gens d’armes. Ces derniers demandèrent la démolition des murailles, désarmèrent les habitants puis profanèrent l’église et la clôture du cimetière. Ils empêchèrent aussi le vicaire perpétuel de porter les sacrements aux malades. Début février 1659, une expertise eut lieu : la voûte de l’église menaçait de ruine, la clôture et les portes du cimetière avaient été démolies. On se contenta alors de faire à l’église les réparations indispensables et le bourg fut privé pour toujours de ses fortifications.

Passionné par l’histoire de France, Roger de Gaignières (1644-1715) amasse en près d’un demi-siècle une collection considérable de manuscrits historiques, de portraits et de documents originaux. Dans cette entreprise, Roger de Gaignières ne se contente pas de collectionner des documents existants, il en constitue une grande partie accompagné notamment par le copiste et dessinateur, Louis Boudan. Ils parcourent la France du Nord afin de relever des tombeaux, des épitaphes et des vues topographiques. En 1696, Louis Boudan réalise cette très jolie vue [1] du bourg de Voves dont on peut voir en avant-plan un moulin puis le village encerclé par une enceinte de protection. L’église « de l’ange gardien, paroisse du bourg », majestueuse, est au centre de la vue sur laquelle on peut lire « Vue du bourg de Voves. En Beauce, sur le grand chemin de Chartres à Orléans, a une lieu de Beauvillier. 1696 ». La partie iconographique de ce fonds qu’Henri Bouchot publie en 1891 dans son Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières est conservée au département des Estampes et des Manuscrits de la BNF.

Maison du Temple de Voves [modifier]

L'ancienne maison du Temple de Voves fut désignée, après que les Hospitaliers en eurent pris possession, sous le nom de maison de « l'Hopitau », ainsi qu'elle est mentionnée dans le procès-verbal de la visite pricurale de 1495 : « La ferme du Temple de Vausves, aujourd'hui l'Hopitau, où y a chappelle, fondée de saint Jehan, chargée tous les moys d'une messe et où a III ou IIII cens arpens de terre et maison pour le fermier et toute jurisdicion ». La maison de Voves fut détruite pendant les guerres du XVe siècle. Une partie des terres fut réunie à la maison de Sours, et une autre partie donnée à cens et à rente perpétuelle.

Le camp de Voves [modifier]

Entre le 29 janvier 1939 et le 8 février, plus de 2 000 réfugiés espagnols fuyant l'effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent dans l’Eure-et-Loir. Devant l'insuffisance des structures d'accueil (le camp de Lucé et la prison de Châteaudun rouverte pour l’occasion), 53 villages sont mis à contribution[2], dont Voves[3]. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants (les hommes sont désarmés et retenus dans le sud de la France), sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[4]. Une partie des réfugiés rentrent en Espagne, incités par le gouvernement français qui facilite les conditions du retour, mais en décembre, 922 ont préféré rester et sont rassemblés à Dreux et Lucé[5].

Article détaillé : Retirada.

Le camp de Voves a été bâti en 1939 pour accueillir un centre d'instruction de la route. Il est utilisé en 1940 et 1941 par l'armée allemande pour le regroupement de prisonniers de guerre français.

À la fin de 1941, les autorités françaises cherchent à déplacer le camp d'Aincourt, dans l'actuel département du Val-d'Oise, où sont internés depuis octobre 1940 des militants communistes de la région parisienne.

C'est dans ce but que l'armée d'occupation accepte de restituer à l'administration française le camp de Voves. Le 5 janvier 1942, un premier groupe d'internés arrive d'Aincourt à Voves pour remettre les lieux en état.

Durant les mois d'avril et de mai suivants, des arrivées massives marquent le début du fonctionnement réel du camp. Les premiers internés viennent non seulement du camp d'Aincourt mais aussi de ceux de Gaillon, dans l'Eure, et du camp de Châteaubriant, en Loire-Atlantique. D'autres transferts suivront, notamment en provenance des camps de Rouillé, dans la Vienne, d'Écrouves, en Meurthe-et-Moselle, et de Pithiviers, dans le Loiret.

La grande majorité des internés est constituée de « politiques », principalement des militants et sympathisants communistes, mais quelques-uns sont, pour reprendre le vocabulaire de l'époque, des « indésirables », essentiellement des étrangers, et des « droits communs », trafiquants du marché noir ou repris de justice.

L'histoire du camp est marquée par l'importance du rôle joué par la direction politique communiste, bien sûr clandestine, qui, dans le but de former des cadres politiques et militaires pour la Résistance, crée une véritable université et organise des représentations théâtrales et des compétitions sportives, mais aussi, de façon plus dramatique, par les prélèvements d'otages et les transferts d'internés vers les camps de concentration d'Auschwitz et de Mauthausen, enfin par plusieurs évasions spectaculaires.

Dans la nuit du 5 au 6 mai 1944, quarante-deux internés s'évadent par un tunnel de cent quarante-huit mètres de long, creusé à partir de la baraque des douches et qui descend à deux mètres de profondeur pour passer sous la clôture du camp. Un détachement de SS prend alors le contrôle du camp et, le 9 mai, la totalité des internés est transférée au camp de Compiègne, puis, quelques semaines plus tard, dans le camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg. Il n'y aura que peu de survivants…

D'août 1944 à 1947, le camp est à nouveau utilisé, cette fois pour accueillir des prisonniers de guerre allemands.

Le camp aujourd'hui [modifier]

Le site du camp est aujourd'hui un lieu de mémoire, entretenu par un Comité du souvenir.

Il regroupe une baraque musée, un Mémorial, un wagon du type de ceux ayant servi à la déportation des internés, divers souvenirs du camp et un arboretum.

Blasonnement [modifier]

Blason ville fr Voves (Eure-et-Loir).svg

Les armoiries de Voves se blasonnent ainsi :

D’aur au râteau levé d’argent, au moulin à vent brochant sur le manche, accosté de deux gerbes de blé du même.
Création Conseil Français d'Héraldique

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1945 1983 Roger Gommier    
1983 2001 André Coeuret    
mars 2001 2008 Maryvonne Genin    
mars 2008   Marc Guerrini Nouveau Centre vice-président du conseil général d'Eure-et-Loir,
président de la Communauté de communes de la Beauce vovéenne

Démographie [modifier]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 044 1 173 1 163 1 136 1 256 1 315 1 283 1 303 1 436
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 468 1 514 1 670 1 845 1 736 1 913 1 960 1 996 2 023
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 021 2 070 2 081 1 903 2 019 2 070 2 017 2 161 2 110
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2010
2 352 2 506 2 619 2 834 2 785 2 928 2 910 2 910 2 946
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[6] puis Insee à partir de 1968[7].)

Histogramme de l'évolution démographique

Jumelage [modifier]

Drapeau de l'Italie Stroncone (Italie) depuis le 14 juillet 2007

Lieux et monuments [modifier]

  • Église Saint-Lubin. XIIe s. XVe s. XVIe s.
  • Fontaine Saint-Lubin
  • Dolmen (à proximité de la fontaine Saint-Lubin)
  • Site de l'ancien camp de prisonniers de guerre puis camp d'internement


Personnalités liées à la commune [modifier]

Cadre de vie [modifier]

Ville fleurie : deux fleurs au Concours des villes et villages fleuris[8].

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Notes [modifier]

  1. Xavier Delamarre, La langue gauloise, éditions errance 2003. p. 318 -319.
  2. Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1996, no 44. p. 43.
  3. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 46.
  4. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
  5. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  8. Villes et villages fleuris - Eure-et-Loir