Base aérienne 133 Nancy-Ochey

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Base aérienne 133 Nancy-Ochey
Décollage d'un Mirage 2000D de la SPA 153 depuis la BA 133
Décollage d'un Mirage 2000D de la SPA 153 depuis la BA 133
Cocarde
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Département Meurthe-et-Moselle
Ville Ochey
Date d'ouverture 1915
Coordonnées 48° 35′ 02″ N 5° 57′ 18″ E / 48.584, 5.955148° 35′ 02″ Nord 5° 57′ 18″ Est / 48.584, 5.9551  
Altitude 337 m (1 106 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne 133 Nancy-Ochey
Pistes
Direction Longueur Surface
02/20 2 400 m (7 874 ft) béton
Informations aéronautiques
Code OACI LFSO
Type d'aéroport militaire
Gestionnaire Armée de l'air
Site web aéroport Consulter
Cartes SIA VAC

La base aérienne 133 Nancy-Ochey de l'Armée de l'air française est située sur les communes d'Ochey et de Thuilley-aux-Groseilles, au sud de Toul et à l'ouest de Nancy dans le département de la Meurthe-et-Moselle, région Lorraine.

Créée en 1915 après l'expropriation de 150 hectares de terres cultivées, il s'agit d'une des bases aériennes françaises les plus anciennes[1].

Entrée de la base en 2007

La base abrite aujourd'hui trois escadrons de chasse volant sur Mirage 2000D :

Cette base regroupe une grande partie des métiers qu’on peut trouver dans le civil : certaines de ces activités sont spécialisées en aéronautique militaire (exemple : pompiers, contrôleurs, armuriers, mécaniciens avions, météorologue…)

On y trouve aussi L'Escadron de Soutien Technique Aéronautique 2 E003 « Malzéville ».

Cette base aérienne abrite des éléments rattachés et diverses stations radars disséminées dans la région Est. L'ancienne base de Toul-Rosières est rattachée à la BA 133 depuis 2004. L'ancienne Base aérienne 128 Metz-Frescaty est sous autorité du commandant de la BA 133 depuis sa fermeture en 2012.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création du terrain en 1915[modifier | modifier le code]

Les premiers aéronefs militaires s'installent en septembre 1915. La vocation du terrain est alors purement opérationnelle, compte tenu de son implantation au plus près de la ligne de front.

Entre les guerres[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale, la base aérienne de Nancy-Ochey est un terrain d'aviation de l'Armée de l'air. En mai 1940, le terrain sert de quartier général pour la Zone d'Opérations Aériennes Est (Z.O.A.E.). Un chasseur Curtiss H.75 Hawk et dix chasseur lourds Potez 63.11 y sont basés. Le No. 3 Wing du Royal Naval Air Service britannique y est également basé pendant la Bataille de France.

Utilisation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Le terrain fut capturé par les troupes allemandes en juin 1940. La Luftwaffe n'y installa aucune unité avant avril 1943, lorsqu'une unité de planeurs, la Luftlandegeschwader 2 (LLG 2), équipée de planeurs Gotha Go 242 et de bombardiers moyens Heinkel He 111 (utilisés pour tracter les planeurs). La LLG 2 quitta le terrain en juin 1943, et la Luftlandegeschwader 1 s'y installa à partir du mois de septembre. La LLG 2 était équipée de planeurs DFS 230 et de bombardiers Dornier Do 17. Les unités de planeurs restèrent sur la base jusqu'en août 1944.

Au printemps 1944, la Luftwaffe se trouvait en position défensive, tentant de protéger le Reich allemand de la campagne de bombardement stratégique alliée. Les chasseurs Messerschmitt Bf 109G de la Jagdgeschwader 26 (JG 26) furent donc déployés à Nancy afin d'intercepter les raids alliés.

La JG 26 stationna à Nancy jusque juin 1944, et fut remplacée par la Kampfgeschwader 53 (KG 53) revenue du front russe et dont les He 111 furent utilisés pour lancer des missiles V1 contre l'Angleterre. La KG 53 quitta Nancy à la fin de l'été, reculant devant l'avancée des troupes alliées.

Utilisation par les Alliés[modifier | modifier le code]

Le terrain de Nancy fut libéré par les forces alliées le 20 août 1944. Presque aussitôt, le 826th Engineer Aviation Battalion du IX Engineering Command de l'USAAF commença à déminer le terrain et à le remettre en état en vue d'une future utilisation par l'aviation américaine. La base devint une base de la 9th Air Force américaine et fut désignée Advanced Landing Ground A-96 Toul/Ochey Airfield le 29 août.

Le 50th Fighter Group (en) s'y installa le 3 novembre 1944 avec ses trois escadrilles de P-47 Thunderbolt. Une autre unité, le 415th Night Fighter Squadron (en) de la Twelfth Air Force, s'y installa avec ses Bristol Beaufighter de novembre 1944 à mars 1945, menant des missions de chasse de nuit contre la Luftwaffe.

Après l'Armistice, la base devient un point de rassemblement des appareils allemands capturés dans le cadre de l'Opération Lusty (en). Divers appareils à réaction et à hélices y furent convoyés et stockés à Ochey avant d'être transportés à Cherbourg et embarqués à destination des États-Unis. L'opération Lusty s'acheva progressivement à la fin de 1945, et les américains commencèrent à évacuer leur personnel et leur matériel. Le contrôle de la base fut rendu à la France le 5 novembre.

Pendant la guerre froide[modifier | modifier le code]

Au cours des premières années de la guerre froide, le gouvernement français mit la base d'Ochey à la disposition de l'US Air Force comme terrain de dispersion pour ses unités basées en France dans le cadre de l'OTAN.

Fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Sous administration française après la guerre, la base de Nancy-Ochey fut complètement reconstruite. La piste 07/25 en béton, sérieusement endommagée pendant la guerre, fut détruite. Afin de pouvoir accueillir des avions à réactions, une nouvelle piste en asphalte d'une longueur de 2 434 m (8000 pieds) fut construite. Des abris durs pour avions furent construits, disposés de façon circulaire (disposition dite « en marguerites »). Deux marguerites sont situées à l'extrémité nord de la piste et une au sud. Chaque marguerite comporte de 15 à 18 abris (avec un ou deux avions par abri), regroupés autour d'un large hangar central. Chaque escadron était affecté à un ensemble hangar/abris. Les escadrons qui la composent sont l'Escadron de chasse 1/3 Navarre, l'Escadron de chasse 2/3 Champagne, l'Escadron de chasse 3/3 Ardennes et l'Escadron de Transformation Mirage2000D 2/7 Argonne.

Début des années 2000[modifier | modifier le code]

Les chasseurs de la Base Aérienne 133 sont présents en Afghanistan depuis 2002 (voir Forces françaises en Afghanistan). Ce sont aussi les derniers appareils de chasse français à revenir d'Afghanistan, le 10 juillet 2012.

Les Mirage 2000D de la BA 133 sont parmi les premiers avions de chasse français, avec les Rafale de la Base Aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson, à être déployés dans le ciel libyen, lors de la Guerre civile libyenne de 2011, que ce soit depuis la BA 133 elle-même ou depuis la Base aérienne de Solenzara, en Corse (France) puis depuis la Base aérienne de La_Sude en Crête.

Dès le 11 janvier 2013, les Mirage 2000D de la BA 133 participent à des missions d'attaque au sol au Mali dans le cadre de l'Opération Serval. Une partie de ces Mirage était déjà détachée au Tchad dans le cadre de l'Opération Épervier; ils opèrent avec des Rafale (en configuration d'attaque au sol) et des Mirage F1-CR (reconnaissance). En février 2013, les Mirage 2000D ainsi que des F1-CR ont été redéployés sur Bamako (Mali). À partir d'avril 2013, les Mirage F1-CR rentrent en France pour l'entraînement des équipages.

En Décembre 2013, les 3 Mirage 2000D rejoignent les Rafale à N'Djamena au Tchad.

Les 05 et 06 juillet 2014 se déroula un meeting de l'air en partenariat avec la FOSA.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la base sur le site de la BA 133.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]