Commando parachutiste de l'air n° 10

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Commando parachutiste de l'air n°10
Insigne du CPA 10
Insigne du CPA 10

Période 1956
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de l'air
Type Forces spéciales
Rôle Renseignement
Opérations commandos
Guidage d'armements lasers
Reconnaissance
Effectif Théorique : 274 personnes - réel début 2 014 : 231[1] personnes
Fait partie de Commandement des opérations spéciales
Garnison Base aérienne 123 Orléans-Bricy
Devise "Sicut aquila" (latin) - "Comme l'aigle"
Décorations Croix de la valeur militaire
Commandant Lieutenant-colonel Asselin

Le Commando parachutiste de l'air no 10 (CPA 10) est une unité de l'armée de l'Air française, rattachée au commandement des opérations spéciales. Il est basé sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy dans le Loiret. Présents sur tous les théâtres d'opérations, les hommes du CPA 10 font partie des troupes d'élite de l'armée française.

Historique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Dès 1935, les Soviétiques avaient exécuté parfaitement des largages de parachutistes avec leurs équipements et matériels de soutien. La France, consciente de l'intérêt opérationnel que représente ce système de mise en place, envoie trois officiers en stage en URSS, actuelle Russie (Tuchino, près de Moscou) afin de se familiariser aux techniques et matériels de parachutisme utilisés par l'URSS.

Parmi ces trois officiers, le capitaine Frédéric Geille, pilote de chasse de l’armée de l’air, obtient le brevet d’instructeur parachutiste.

Le 12 septembre 1935, est décrétée par le ministre de l'Air, le général Denain, la création d'un centre d'instruction au parachutisme à Avignon-Pujaut, placé sous les ordres du capitaine Frédéric Geille. Le 26 septembre 1935, le capitaine Frédéric Geille célèbre l'inauguration du terrain de Pujaut.

Le 3 octobre 1936, Pierre Cot, ministre de l'Air, signe un décret stipulant que les grandes unités aériennes pourront disposer d'unités d'infanterie de l'air. C'est le 8 février 1937 que le Capitaine Sauvagnac, s'entraînant à Pujaut avec neuf officiers et vingt sous-officiers, s'élance d'un avion LéO 20 pour effectuer le premier saut en parachute militaire volontaire jusqu'au sol.

Le 1er avril 1937 voit la création des 601e (Reims) et 602eBaraki près d'Alger) groupes d'infanterie de l'air (GIA). Ils s'entraînent au 95 RI de Bourges et au 4e zouaves à Tunis dans le domaine de l'infanterie.

Chaque groupe se compose :

  • d’un État major
  • d'un escadron d'avions de transport. Le GIA 601 commença avec des Potez 650 puis reçu des Farman 224 en septembre 1939. Le GIA 602 commença avec des LeO 213 puis fut equipé de Potez 650 en mars 1938
  • d'une compagnie d'infanterie aéroportée : 8 officiers, 25 sous-officiers et 174 parachutistes organisés dans 2 pelotons et 1 peloton de soutien (avec canon de 37 mm et mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914). Chaque peloton de 12 hommes est armé de fusils MAS 36, deux FM 24/29 par peloton, de lances grenades et grenades à main, des pistolets mitrailleurs MAS 38 et plus tard des pistolets mitrailleurs IEM.

Les canons de 37mm ainsi que les mitrailleuses lourdes sont lancés dans des containers séparés. La doctrine et la formation sont inspirées des grandes formations russes observées à Kiev en 1935. Beaucoup d'équipements spécifiques, ceintures pour la fixation de divers équipements… ont été spécialement étudiés et réalisés par l'armée de l'air française. Ces équipements ont été présentés aux forces britanniques en 1939 et adoptés par le SAS britannique. Les premiers parachutes étaient des parachutes de sport américain de chez IRVIN importés par la Société générale des parachutes des usines d'Angleterre ou des copies russes du modèle IRVIN puis plus tard, furent utilisés les modèles français Aviorex 120 et 130.

En 1942, les deux GIA sont regroupés pour former le 1° régiment de chasseurs parachutistes (1° RCP). Ce régiment s’est couvert de gloire au cours de la campagne d’Alsace, mais en 1945, après la guerre, le 1° RCP est transféré à l’armée de terre.

Guerre d'Algérie, naissance du CPA 10[modifier | modifier le code]

Sous l’impulsion du général Alain de Maricourt commandant l'armée de l’air en Algérie, le groupement des commandos parachutistes de l’air est créé en 1956, afin de compléter au sol l’action des moyens aériens.

C'est le lieutenant-colonel François Coulet qui commande le groupement. Dans ce cadre, le Commando parachutiste de l’air no 10.541 voit le jour ; il est placé sous le commandement du capitaine Albert-Charles Meyer. Il reprend les traditions du 602° GIA. La numérotation 541 est celle attribuée par l'armée de l'air aux unités affectées au maintien de l'ordre en Afrique du Nord. Le CPA 10 est organisé selon la répartition suivante : 5 officiers, 22 sous-officiers, 75 hommes de troupe, soit 102 hommes au total, et rattachés administrativement à la base aérienne de La Réghaïa (base aérienne 146 La Réghaïa).

Le CPA10 défile à la REGHAIA

Le 2 juillet 1956, les hommes du CPA 10 sont acheminés par Dakota vers Tebessa pour un jumelage avec le 3e régiment de parachutistes coloniaux (RPC). Pendant deux mois, ils s'initient aux méthodes de travail du régiment, avec baptême du feu pour le plus grand nombre. De retour à La Reghaïa le 20 août 1956, la mise en condition est terminée, et le CPA 10 est déclaré apte à agir seul ou à s'intégrer dans une opération combinée.

Les Commandos participent activement, en Algérie, à l'œuvre de pacification entreprise par les forces de l'ordre mais leur emploi le plus fréquent et le plus rationnel est l'opération héliportée. En alerte au pied des Sikorski, en base arrière, ou dans un secteur opérationnel, les Commandos sont utilisés comme troupe d'intervention rapide, jetés dans la lutte là ou un renfort ou une action immédiate sont nécessaires. La souplesse d'emploi est la règle : pour une intervention du type « coup de poing », il est fait appel à une ou deux sections ; en d'autres occasions, à trois Commandos ou plus, travaillant en commun. Les opérations de grande envergure réunissent souvent les commandos de l'air et leurs camarades bérets rouges ou encore les unités de Légion.

En 1956, le CPA 10 est mis pour emploi à la 10e Division parachutiste et participe à toutes les opérations de dégagement dans l’Algérois. Le 11 décembre 1957, le lieutenant Albert Vasseur est tué dans une opération du CPA 10.

De 1957 à 1958, le CPA 10 est intégré aux unités de réserve générale que constitue la 10e DP. Avec un PC opérationnel léger, il opère soit isolément (interventions choc ponctuelles héliportées), soit en groupement dans le sud-Algérois.

En juillet 1958, les CPA expérimentent une nouvelle tactique d’appui aérien. Le capitaine Albert-Charles Meyer quitte le commandement du CPA 10 (pour prendre celui du Groupement des commandos parachutistes de l'air).

En 1959, le GCPA au complet, avec son PC opérationnel, prend part à toutes les opérations du plan Challe qui se développe d’Ouest en Est : Ouarsenis, Kabylie, Constantinois, massif de Collo, Le Hodna.

Durant l’hiver et le printemps 1960, à partir de Balna, un groupement de trois commandos auxquels sont rattachés pour emploi 6 autres commandos de secteur, s’attaquent aux dernières bandes rebelles retranchées dans les Aurès.

Le CPA 10.541 est dissout en mai 1961.

En 1965, l'escadron des commandos de l'air reçoit la mission de former le personnel chargé de la protection des installations des forces nucléaires. Après quatre années, il apparaît nécessaire de tester l'efficacité des dispositifs de protection mis en place. Ainsi, en 1969, l'escadron d'évaluation et d'intervention (EEI) est mis sur pied et est implanté sur la base aérienne 726 Nîmes-Courbessac. L'EEI devient escadron de protection et d'intervention 11.301 (EPI 11.301) en 1979.

Opérations spéciales[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1992, Pierre Joxe, ministre de la Défense, signe un décret donnant naissance aux forces spéciales. En septembre 1993, l'état-major du commandement des opérations spéciales (COS) est déclaré opérationnel.

Des unités des trois armées sont identifiées. Elles seront employées par le COS pour les opérations ou dans le cadre de l'entraînement interarmées. S'agissant de l'armée de l'air, outre des moyens aériens, il est décidé de mettre à disposition du COS des commandos de l'air qui seront chargés plus particulièrement de faciliter l'engagement dans la profondeur des aéronefs.

Ainsi, le 1er janvier 1994, l'EPI devient l'escadron d'intervention des commandos de l'air (EICA) en regroupant les commandos parachutistes 10 et 40.

En juillet 1996, la base aérienne 726 Nîmes-Courbessac ferme ses portes et le CPA 10 devient une unité à part entière dont l'appellation officielle devient CPA 10.566. Il est alors stationné sur la BA 200 d'Apt, qui est à son tour fermée, et le CPA 10.566 s'installe en juillet 1999 sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy au quartier Reymondaud.

En 2014, l'unité aura pris part, entre autres, aux opérations françaises en Afghanistan (opération Arès) et au Mali (intervention militaire au Mali Serval et Barkhane), où a péri le sous-officier Thomas Dupuy dans la nuit du 29 au 30 octobre 2014[2].

Missions[modifier | modifier le code]

Le CPA 10 est une unité d'intervention principalement affectée pour emploi auprès du Commandement des opérations spéciales (COS). Il détient des capacités importantes dans les domaines du renseignement et des opérations de type commando.

Ses missions ont pour principal objectif de faciliter l'engagement des moyens aériens dans la profondeur.

Il est spécialisé dans :

  • la désignation d'objectifs et le guidage des frappes aériennes (missions ODESSA)
  • la saisie et la remise en œuvre de zones aéroportuaires (missions RESEDA).
  • la mise en place de terrains sommaires pour les posers d'assaut ou l'aérolargage (missions RTPA)
  • le contre terrorisme et la libération d'otages (CTLO) et l'évacuation de ressortissants (missions RESEVAC)
  • la reconnaissance ou destruction d'objectifs dans la profondeur

Du fait de leur fort taux d'emploi compte tenu des faibles effectifs, les missions suivantes ont été déléguées ces dernières années aux CPA 20 et 30 ou aux fusiliers de l'air:

  • les mesures actives de sécurité aériennes (missions MASA)
  • la recherche et sauvetage au combat (missions RESCO)
  • les patrouilles extérieures et protections d'installations aéroportuaires en zone de conflit (missions PATEXT)


Le CPA 10 compte une dizaine de groupes « action » constitués d'une dizaine de personnes maîtrisant un standard de procédures communes, acquis au cours de divers stages dont le très sélectif stage final BELOUGA. Chaque membre suit ensuite plusieurs stages de spécialisation individuels (Chuteur opérationnel, FAC, tireur d'élite, transmissions, premiers soins…). Ainsi, le CPA 10 possède la plus forte proportion de chuteurs opérationnels parmi les unités du COS.

Commandants d'unité[modifier | modifier le code]

601° groupement d'infanterie de l'air :

  • 1937 : le commandant Arsac

602° groupement d'infanterie de l'air :

  • 1937 : le commandant Michel

Groupement de commandos parachutistes de l’air 10.54 :

Escadron d'évaluation et d'intervention :

  • 02-1969 à 08-1969 Ltt Vinciguerra
  • 1969 à 1973 Cne Catalifau
  • 1973 à 1974 Ltt Donate
  • 1974 à 1976 Cne Keryhuel
  • 1976 à 1979 Cne Lassalle

Escadron de protection et d'intervention 11.301 :

  • 1979 à 1982 Cne Janvier
  • 1982 à 1985 Cne Jean
  • 1985 à 1987 Cne Masson-Regnault
  • 1987 à 1990 Cne Bonnefond
  • 1990 à 1992 Cne Redon
  • 1992 à 1993 Cne Charpentier

Commando parachutiste de l’air no 10 (composante opération spéciale de l'EICA 11.301) :

  • 1994 à 1995 Cne Charpentier
  • 1995 à 1996 Cne Willem

Commando parachutiste de l’air no 10.566 :

  • 1996 à 1997 Cdt Willem
  • 1997 à 1999 Cdt Landicheff
  • 1999 à 2002 Lcl Fontant
  • 2002 à 2006 Lcl Renon
  • 2006 à 2009 Lcl Sutter
  • 2009 à 2011 Lcl Boïté
  • 2011 à 2013 Lcl Brault
  • 2013 - lieutenant-colonel Eric Asselin

Témoignages de reconnaissance[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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