Base aérienne 921 Taverny

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

49° 02′ 00″ N 2° 13′ 00″ E / 49.03333, 2.21667

Blason de la base aérienne

La base aérienne 921 Frères Mahé de Taverny est située sur les territoires des communes de Taverny et Bessancourt dans le département du Val-d'Oise, à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris. Elle a été dissoute le 5 juillet 2011 et devient élément air rattaché (EAR) à la base aérienne 110 de Creil. Seul reste en activité le Centre d'opérations des forces aériennes stratégiques (COFAS) avec environ 200 militaires[1].

La base aérienne 921 est divisée en trois tiers d'une superficie d'environ quinze hectares chacun :

  • le premier tiers est situé en souterrain dans une ancienne carrière de gypse située sous la forêt de Montmorency. Cette partie souterraine abrite des centres de commandements opérationnels ainsi que l'ensemble des installations permettant de fournir en permanence à ces centres l'énergie, la climatisation et les moyens de télécommunications nécessaires pour assurer leurs missions.
  • le deuxième tiers est situé en extérieur et appelé communément « zone vie ». Cette zone vie abrite l'ensemble des entités qui contribuent au soutien des centres de commandement opérationnels : le commandement de la base aérienne, les structures de restauration et d'hébergement, les services de secours (service médical, pompiers, gendarmerie)...
  • le troisième tiers appelé « zone haute » est situé en extérieur et abrite notamment des moyens de télécommunications militaires sécurisés.

La base aérienne 921 ne dispose d'aucun avion car il n'y a pas de piste de décollage : seul existe un héliport.

Le plan de modernisation des armées annonce en juillet 2008 par le Premier Ministre François Fillon prévoit la fermeture de la BA921 en 2011[2]. Celle-ci est effective depuis le 5 juillet 2011.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

La base aérienne 921 se situe à flanc de coteau sur les hauteurs de la commune de Taverny, et l'essentiel de ses installations est implanté dans d'anciennes carrières de gypse désaffectées[3] creusées à environ soixante-dix à quatre-vingts mètres sous la surface couverte par le massif forestier de Montmorency. Le sommet de la base aérienne est couronné par d'impressionnants pylônes de télécommunications, défendus par une triple ligne de barbelés délimitant un petit angle ouest de la forêt.

Sa partie souterraine occupe environ quinze hectares, la dimension des galeries principales est suffisante pour laisser pénétrer un camion. La roche y est le plus souvent apparente et l'air y est tempéré et sec. Les risques liés à la dissolution du gypse font l'objet d'une étroite surveillance géologique[4].

Les installations[modifier | modifier le code]

La base aérienne constitue en quelque sorte un village autonome. Elle possède des routes, une agence postale, un coiffeur, une assistante sociale, un service médical, une brigade de gendarmerie, des pompiers, deux restaurants, un bar, une salle de danse, plusieurs installations sportives, une salle de cinéma, une salle de billard, une bibliothèque comptant 7 000 livres ainsi qu'une vidéothèque, des ateliers de réparation et d'entretien, un aumônier et une chapelle qui se situe à l'intérieur de l'ouvrage souterrain.

Un journal y est même édité, nommé L'Alérion.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1815 : début de l'exploitation commerciale de la carrière de gypse.
  • 1941-1944 : Pendant la Seconde Guerre mondiale[5], les Allemands ont converti une partie de ces tunnels et y ont transféré l'usine de roulement à billes SKF du sud de Paris. Aucune preuve d'attaque aérienne sur les tunnels de Taverny n'existe. À l'heure de l'invasion alliée, la fabrication des roulements à billes avait été commencée mais les Allemands ont détruit tout le matériel avant d'évacuer Paris.
L'inspection des tunnels a prouvé que les Allemands avaient construit des portails aux entrées jumelles, camouflées par un maillage maintenant détruit, et avaient relié les deux tunnels principaux parallèles.
À plusieurs endroits dans le secteur de l'usine, il y a des preuves de feu. Un habitant du village a dit que c'était des feux d'huile que les Allemands ont allumé pour détruire le matériel. Le feu, dans une certaine mesure, avaient causé des ruptures et des chutes de roche : d'après cet habitant, quelques mines et pièges ont été laissés dans les tunnels et dans les bois par les Allemands mais ceux-ci ont été enlevés par l'armée américaine quand les restes de l'usine ont été éliminés.
  • 1946 : l'Armée de l'air française utilise les carrières comme entrepôt de matériel.
  • 1957 : création du Centre d'Opération de la Défense Aérienne (CODA).
  • 1961 : création de l'État-major de la Défense Aérienne du Territoire (DAT) puis du Commandement Air des Forces de Défense Aérienne (CAFDA). Ces entités sont dissoutes en 1994 pour laisser place au Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes (CDAOA) et son Centre de Conduite des Opérations Aériennes (CCOA)
  • 1963 : création de la BA 921 qui est rattachée à la 2e Région aérienne, puis à la même époque s'installe en surface le Commandement des Forces Aériennes Stratégiques (CFAS).
  • 1967 : installation du Centre d'opérations des forces aériennes stratégiques (COFAS) dans l'ouvrage enterré.
  • 1988 : la BA 921 prend le nom de baptême « Frères Mahé », en hommage aux trois frères morts aux commandes de leur appareil.
  • 2000 : la BA 921 est rattachée à la Région aérienne Nord.
  • 2011 : dissolution le 5 juillet 2011[1].

La clef de voûte de la dissuasion nucléaire française[modifier | modifier le code]

La base aérienne 921 accueille les entités suivantes :

  • le Commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS) ;
  • le Centre d'Analyse et de Simulation pour la Préparation des Opérations Aériennes (CASPOA) ;
  • la Direction de la Circulation Aérienne Militaire (DirCAM) ;
  • le Centre de Météorologie des Opérations Extérieures (CMOE).

Les forces aériennes stratégiques constituent l'un des deux piliers sur lesquels repose désormais la dissuasion nucléaire française. Le commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS) met en œuvre la composante « air » aéroportée de la force de dissuasion. Celle-ci comprend trois escadrons de Mirage 2000N porteurs du missile air-sol moyenne portée (ASMP) et un escadron d'avions ravitailleurs C 135 FR. Elle offre au dispositif dissuasif national la souplesse et la diversité qui permettent à la dissuasion française de rester pertinente et crédible en toutes circonstances.

Le Centre d'Analyse et de Simulation pour la Préparation aux Opérations Aériennes (CASPOA) a pour mission essentielle de préparer le personnel militaire au commandement et à la conduite des opérations aériennes. Cette unité du Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes (CDAOA) propose différents stages de formation tant au profit des militaires français de l'armée de l'air, de l'armée de terre ou de la marine nationale, qu'au profit des militaires étrangers.

La direction de la circulation aérienne militaire (DIRCAM) a pour objectifs de :

  • « Permettre aux forces aériennes de s’entraîner et d’exécuter leurs missions dans les meilleures conditions, en leur fournissant des espaces aériens et une réglementation adaptés » ;
  • « Procéder à la surveillance des prestataires de services ATM de la défense dans le cadre de leur conformité aux exigences européennes » ;
  • « Délivrer aux unités de la défense, sur tout type de support, l’information aéronautique nécessaire à l’exécution de leur mission ».

La sécurité[modifier | modifier le code]

La sécurité de la base est fondamentale et assurée par divers moyens visibles ou invisibles : badges d'accès, caméras de surveillance, comptage permanent du personnel, rondes de maîtres-chien, escadron de fusiliers commando[6].

Au vu du perfectionnement des armes modernes, la protection apportée naturellement par l'épaisseur de roche a été renforcée par la construction d'une vingtaine d'épaisses enceintes de béton successives. Pour parer à toute éventualité, une réplique souterraine de la base existe au nord-ouest de Lyon, la base aérienne 942 Lyon-Mont Verdun.

La base peut fonctionner en autonomie totale tout en assurant les conditions de protection contre la menace nucléaire, bactériologique, chimique ou radiologique. Le centre souterrain possède ses puits d'aération et d'expulsion de l'air vicié, soigneusement protégés par divers filtres contre les vapeurs ou poussières. La base possède son alimentation électrique autonome et son propre traitement de l'eau, ainsi que des réserves de vivres et d'eau.

La situation souterraine apporte également l'avantage de protéger contre les impulsions électro-magnétiques, et c'est une des raisons qui pousse l'État-Major des armées à installer le centre de transmissions et de traitement de l'information (CTTI) à la base à Taverny. Les travaux d'installation ont démarré en 1987 pour s'achever en 1993, à cette occasion, une des plus vastes cages de Faraday d'Europe y est édifiée (2000m²)[7]

Personnel et impact économique[modifier | modifier le code]

Un peu plus de 1 000 personnes travaillent sur la base aérienne dont certaines logent sur place dans les constructions de surface. Seuls les célibataires peuvent y résider. Les célibataires géographiques sont nombreux, les contraintes de la vie en région parisienne obligeant certaines familles à rester en province. À ce titre, la base aérienne 921 constitue un des plus importants parcs hôteliers du département, avec plus de 650 chambres.

La base aérienne 921 recrute annuellement et localement de trente à cinquante militaires de rang[8].

La féminisation de l'armée est une réalité visible ici : un tiers de ces militaires de rang sont des femmes, 28 % parmi les sous-officiers et 8 % parmi les officiers.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b A Creil, grogne contre la « privatisation » de l’armée, article du 29 avril 2011, leparisien.fr, consulté le 17 août 2011
  2. [PDF] Site officiel du Premier Ministre - Modernisation de la Défense : le nouveau dispositif territorial
  3. L'exploitation du gypse se poursuit toujours de façon souterraine sous la forêt de Montmorency
  4. Magazine Vivre en Val-d'Oise, n°92, juin-juillet-août 2005, p. 49
  5. Rapport anglais du 2 mars 1945 du "British bombing research mission"
  6. Magazine Vivre en Val-d'Oise, op. cit.
  7. Magazine Vivre en Val-d'Oise, n°92, juin-juillet-août 2005, p. 50
  8. Site Internet du recrutement de l'armée de l'air