Forces françaises en Allemagne

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Forces françaises en Allemagne
Insigne des FFA
Insigne des FFA

Période 10 août 1949 – 30 août 1993
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Drapeau de la France France
Garnison Zone d'occupation française en Allemagne + Berlin-Ouest
Ancienne dénomination Troupes d’occupation en Allemagne (TOA)
Surnom FFA

Les Forces françaises en Allemagne (FFA) étaient les unités de l'armée française stationnées dans la Zone d'occupation française en Allemagne et à Berlin-Ouest entre 1949 et 1993.

Elles succédaient aux Troupes d'occupation en Allemagne (TOA) créées dès 1945 et sont devenues les Forces françaises stationnées en Allemagne (FFSA) en 1993 puis les Forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne (FFECSA) en 1999.

Histoire[modifier | modifier le code]

Précédent après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Zones d'occupation militaire alliée en Allemagne en 1923; En bleu, la zone française d'occupation, en vert le territoire du Bassin de la Sarre.
Retrait des forces françaises de Dortmund en 1924 après l'occupation de la Ruhr.
Départ des forces françaises de Rhénanie le 30 juin 1930.
La dernière parade des troupes françaises devant la gare centrale de Mayence sous le commandement du général Adolphe Guillaumat, juste avant leur départ, le 30 juin 1930.

À la suite de l'armistice de la Première Guerre mondiale, des forces de l'Entente ont occupé une partie du territoire allemand de fin 1918 jusqu'en 1930 et la France administra le territoire du Bassin de la Sarre jusqu'en 1935[1].

Le 1er décembre 1918, des éléments des VIIIe et Xe armées françaises franchissent la frontière franco-allemande, 21 divisions au total doivent occuper la zone Landau-Gerolstein-Königstein. Des divisions complémentaires sont en outre placées en réserve dans la région de Neunkirchen (3 divisions) et surtout en Lorraine et en Belgique (30 divisions) [2].

Le traité de Versailles prévoyait une présence militaire des Français, des Britanniques, des Américains et des Belges sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite à partir de janvier 1920 et pour une période de 5 à 15 ans suivant les territoires. Les Français héritaient à la fois de la plus grande des zones d’occupation qui s’agrandit encore avec le retrait rapide des États-Unis ainsi que de la direction de la haute commission interalliée aux territoires rhénans (HCITR), de la présidence de la commission de gouvernement de la Sarre mandatée par la SDN, ainsi que celle de Memel et de la haute Silésie.

Le général Adolphe Guillaumat avec le drapeau de la France devant la porte du Deutschhaus le 30 juin 1930

Les effectifs des forces occupantes dans l'armée française du Rhin crée en octobre 1919 étaient au nombre de 100 000 dans les territoires rhénans dans les périodes les plus calmes. Le maximum de militaires est atteint en mai 1921 lors de la première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg avec 250 000 soldats dont 210 000 Français[3].

La France, opposée à l'intervention de l'armée allemande sans contrepartie lors du soulèvement de la Ruhr, réagit à celle-ci en envoyant ses troupes occuper temporairement à partir du 6 avril 1920 Francfort et Darmstadt[4].

Les forces françaises interviendront dans des missions de maintien de la paix en compagnie de troupes alliés en Haute-Silésie entre 1920 et 1922 pour séparer milices polonaises et allemandes en déployant les 15 000 hommes de la 46e division d'infanterie[5] regroupant le 6e BCA, 7e BCA, 10e BCP, 13e BCA, 15e BCP, 24e BCA, le 29e BCP et 27e BCA dont le chef de corps est tué dans une opération de maintien de l'ordre ainsi qu'à Memel ou entre le 15 février 1920 et avril 1923, le 21e bataillon de chasseurs à pied s'interposa entre pro-polonais et pro-lituaniens.

Une évaluation du coût total d'entretien des armées d'occupation entre 1919 et 1924 s'élève à 240 millions de Goldmarks[6].

Entre 1923 et 1925, l'occupation de la Ruhr par les forces françaises et belges est effectuée pour tenter d'obliger l'Allemagne à payer ses indemnités de guerre.

À partir du 11 octobre 1924 et jusqu'au retrait total des forces françaises d'Allemagne le 30 juin 1930, Adolphe Guillaumat commande l'armée d'occupation du Rhin et exerce le commandement supérieur des forces alliées des territoires rhénans.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale: les Troupes d'occupation en Allemagne[modifier | modifier le code]

Zones d'occupation alliée de l'Allemagne après 1945
Les quatre secteurs de l'occupation alliée de Berlin
Les quatre zones d'occupation alliées de Autriche entre 1945 et 1955. La zone française est constituée par le Tyrol du nord et le Vorarlberg ainsi que d'une partie de Vienne.
Un général de brigade français avec un policier allemand le 30 juin 1959.
Insigne des Troupes d'occupation en Allemagne. L'épée fracasse la croix gammée.

Après la défaite de 1945, l'Allemagne et l'Autriche furent divisées en quatre zones d'occupation, réparties entre les quatre grands alliés : Union soviétique, Royaume-Uni, États-Unis et France.

La Zone d'occupation attribuée à la France comprenait les territoires situés le long de la frontière française, ainsi que les districts nord de Berlin-ouest dans ce qui deviendra l'Allemagne de l'Ouest et son premier gouverneur fut le général d'armée Marie-Pierre Kœnig.

C'est dans ce contexte que l'armée française créa en 1945 les Troupes d'occupation en Allemagne (TOA), dont le quartier-général fut établi à Baden-Baden pour contrôler sa zone d'occupation. Cette décision s'accompagna de la création d'une monnaie autonome n'ayant cours légal que dans la zone d'occupation française, le Franc FFA.

Les Forces françaises en Allemagne (1949 -1993)[modifier | modifier le code]

Un Haut Commissaire français entrant en fonction en Allemagne, l'appellation TOA fut remplacée par Forces françaises d'occupation en Allemagne (FFA) à la suite du décret du 2 août 1949, paru au Journal officiel de la République française no 185 du 6 août 1949 prenant effet le 10 août 1949. Il ne faut pas confondre la durée de l'Occupation avec celle des TOA : les conventions de Bonn du 26 mai 1952 mirent fin au régime d'occupation et furent amendées par les accords de Paris du 23 octobre 1954, dont l'article premier prévoyait qu'à partir du 5 mai 1956 « des forces de même nationalité et de même importance que celles qui se trouveront à cette date sur le territoire de la RFA pourront y être stationnées ». Le commandant en chef en Allemagne fut aussi le commandant de l'Enseignement français en Allemagne durant quelques années ; avec l'aide de l'Académie de Strasbourg, de nombreux établissements scolaires sont créés, destinés à accueillir les enfants des éléments constituant les Troupes d'occupation, notamment le lycée Ausone le lycée français de Trèves, le lycée français de Mayence, le lycée français Hoche à Landau, le « collège Marceau » de Coblence, le « collège Turenne » de Fribourg-en-Brisgau. À Coblence, la vie des Français s'organise notamment autour du cinéma « Le Paris », du cercle du Rhein-Mosel Club, des Économats des FFA.

En novembre 1945, l'armée luxembourgeoise reprit une partie de la zone d'occupation française en Allemagne, à savoir le 2e bataillon une partie de l'arrondissement (Kreis) de Bitburg et un détachement du 1er bataillon une partie de l'arrondissement de Saarburg. Le 2e bataillon resta à Bitburg jusqu'en 1955. (En même temps, une partie de la zone anglaise est reprise par la Belgique pour former un créneau de l'OTAN s'étendant de la frontière belge à la frontière de l'Allemagne de l'Est).

En 1951, la France installa à Trèves, en Allemagne, sa 1re division blindée (aujourd'hui 1re brigade mécanisée). Pendant toute la Guerre froide, la 1re DB constitua une grande et puissante unité de l'arme blindée et cavalerie, dotée de matériels modernes susceptibles de pouvoir faire face à une éventuelle menace venue de l'Est. Toujours en 1951, la France installa dans le Bade-Wurtemberg la 3e division blindée (aujourd'hui 3e brigade mécanisée). La 5e division blindée était également basée en Allemagne.

Ces grandes formations constituaient le 2e corps d'armée de la Ire armée française.

Insigne de Forces Françaises à Berlin à partir de 1949.

Des Forces Françaises à Berlin furent stationnées à Berlin-Ouest de juillet 1945 à septembre 1994 dans le quartier Napoléon – (ancienne « caserne Régiment-Général-Göring ») – dont les principales occupantes furent le 11e régiment de chasseurs et le 46e régiment d'infanterie.

Aux grandes heures de la Guerre froide, les FFA comptèrent jusqu'à 50 000 soldats.

Les forces françaises en Allemagne eurent à leur disposition des armes nucléaires tactiques américaines dans le cadre de l'OTAN « sous double clefs » à partir de 1960. Celles-ci équipées de bombardiers SO.4050 Vautour et de North American F-100 Super Sabre de l'armée de l'air française (une soixantaine de Sabre en 1966), les divisions mécanisées modèle 59 qui avaient 2 batteries de 2 MGR-1 Honest John (un total de 10 batteries en 1966), et 8 batteries de missile sol-air Nike armées par la 520e et la 521e brigade d’engins dans le Bade-Wurtemberg de 1960 à 1966[7],[8].

Le 25 octobre 1960, un accord logistique franco-allemand fut signé permettant à la Bundeswehr d'entreposer et de tester son matériel, ainsi que d'entrainer son personnel sur des sites militaires français. Ainsi, en 1966, plus de 26 000 militaires allemands furent entrainés par les FFA.

Le retrait du commandement militaire intégré de l'OTAN décidé par Charles de Gaulle est annoncé au président des États-Unis Lyndon Johnson le 7 mars 1966[9]; autre aide-mémoire, en date du 29 mars, de Gaulle précise que l’affectation au commandement OTAN des forces terrestres françaises stationnées en Allemagne, ainsi que du 1er Corps aérien tactique, prendra fin le 1er juillet 1966[10].

Le 21 décembre 1967, un échange de lettres entre les ministres des Affaires étrangères français et allemand règle le statut des Forces françaises en Allemagne. Cette clarification était rendue nécessaire à la suite de ce retrait[11].

Les forces françaises qui auparavant devaient tenir un créneau en première ligne dans le dispositif allié en cas d'invasion du Pacte de Varsovie eurent des relations plus distendues avec leurs homologues occidentaux qui cependant s'améliorèrent avec le temps.

L’accord entre le chef d'état-major des armées Charles Ailleret et le Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe Lyman Lemnitzer, conclu le 22 août 1967, et dont le texte est très succinct et de caractère très général, n’a prévu que des contacts d’état-major indispensables au cas où l’Europe occidentale aurait été le théâtre d’un conflit dans lequel la France aurait choisi de s’impliquer [12], les FFA jouant le rôle de réserve générale et l'autonomie de décision de l'emploi des forces est respecté. L’accord Valentin-Ferber, du 3 juillet 1974, complétait le précédent : le corps d’armée français en Allemagne étant très étroitement rattaché à l’ensemble de la première armée dont le commandement était en territoire français, c’est bien celle-ci qui serait impliquée par l’éventuelle coordination entre états-majors français et atlantique[13].

En 1976 ont lieu des entretiens entre les ministres de la Défense de la France et de la RFA sur le retrait partiel de troupes françaises de RFA soit environ 10 000 hommes.

Conclu en 1978, l’accord Biard-Schulze porta sur les procédures nécessaires à cet égard, bien qu’il fût précisé qu’il n’avait qu’une « portée générale »[14]. À partir du début des années 1980, des initiatives nouvelles sont venus préciser les hypothèses d’actions conjointes entre forces françaises et atlantiques telle de la décision d’envisager l’engagement du nouveau troisième corps d’armée, créé à Lille, au-delà de la ligne Rotterdam-Dortmund-Munich, admise auparavant comme limite extrême d’éventuels mouvements français[15]. À l'occasion de consultations gouvernementales franco-allemandes en octobre 1982, les deux États conviennent d'organiser leur coopération militaire et de sécurité conformément au traité de l'Élysée[16].

Le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl passant en revue des troupes de la FAR stationnées au Bade-Wurtemberg, le 24 septembre 1987.

Alors que depuis 1966, jamais plus d’un régiment n’avait pris part à des manœuvres interallié, on mit publiquement en avant le rapprochement progressif entre l'armée française et l’organisation militaire atlantique, comme en septembre 1986 avec la participation de 3 500 militaires à l’exercice « Fränkischer Schild » et celle, plus ample encore, de 20 000 hommes dont des unités de la force d'action rapide à l’exercice « Moineau hardi » de septembre 1987[17],[18].

La principale force de frappe des FFA était, dans les années 1980, environ 600 chars AMX-30B2 tandis que 850 autres étaient sur le territoire français.

Le 50e sommet franco-allemand, tenu à Karlsruhe le 12 et 13 novembre 1988, décide, entre autres, de la création d'un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité. Les ministres de la Défense signent un accord sur le développement et la production d'un hélicoptère antichar commun qui deviendra le Eurocopter EC665 Tigre. Les contours de la future brigade franco-allemande sont précisés (quatre bataillons stationnés à Böblingen); celle-ci sera créée le 2 octobre 1989.

En 1990, après la chute du mur de Berlin, le président de la république française François Mitterrand annonce le retrait progressif des 46 000 Forces françaises en Allemagne, lors du sommet franco-allemand de Munich les 17 et 18 septembre. Le 2 octobre de la même année, le commandement allié de Berlin cesse son activité, le statut quadripartite de la ville étant éteint[19].

Les Forces françaises stationnées en Allemagne et les Forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne (depuis 1993)[modifier | modifier le code]

Les Forces françaises en Allemagne sont dissoutes le 30 août 1993, consécutivement à la fin de la Guerre froide. Elles sont alors partiellement remplacées par les Forces françaises stationnées en Allemagne (FFSA) qui ne comptent plus que 25 000 hommes et adoptent un nouvel insigne comportant les couleurs de la France, de l'Allemagne et les étoiles de l'Europe. Les FFSA deviennent les Forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne (FFECSA) à partir de 1999.

En 2006, à la suite de la réorganisation de l'Armée de terre et la suppression du service militaire obligatoire, les FFECSA ne comptent plus qu'environ 3 600 soldats et quatre garnisons.

Consécutivement à la réforme des armées françaises de 2008 le 16e bataillon de chasseurs à pied quitte Saarburg en 2010 et s'installe à Bitche en Moselle. En 2011 le 3e régiment de hussards quitte Immendingen pour rejoindre Metz. Le 110e régiment d'infanterie de Donaueschingen est dissous le 24 juin 2014. Depuis cette date les soldats français de l'état-major de la brigade franco-allemande et de son Bataillon de commandement et de soutien sont les derniers représentants des FFECSA, aujourd'hui rattachés à la base de défense de Strasbourg. La caserne Robert Schuman de Müllheim est donc la dernière garnison française en Allemagne.

Listes des commandants en chef des Forces françaises en Allemagne[modifier | modifier le code]

  • CCFA : commandant en chef français en Allemagne
  • CSTOA : commandant supérieur des troupes d’occupation en Allemagne
  • CCFFA : commandant en chef des forces françaises en Allemagne
  • CFFSA : commandant des forces françaises stationnées en Allemagne

Les généraux CSTOA étaient subordonnés au général Kœnig, ce dernier détenant le pouvoir législatif : de ce fait il est secondé par un gouvernement militaire détenant le pouvoir exécutif et recevant des consignes du Commissariat français aux affaires allemandes et autrichiennes. Cette situation prendra fin en 1949 et à compter du 8 mai, date du vote de la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne. Le nouveau statut des forces entre en vigueur le 21/09/49 en la personne du général Guillaume, premier CCFFA du 21/09/49 au 01/10/51.

Nom Grade[note 1] Fonction Dates de fonction
Jean de Lattre de Tassigny G. A. Cdt en chef de la 1re armée 31.03.45 - 27.05.45
Marie-Pierre Kœnig [note 2] G. A. CCFA 25.07.45 - 30.09.49
Joseph de Goislard de Monsabert G. CA. CSTOA 29.07.45 - 30.09.46
François Sevez[note 3] G. CA. CSTOA 01.10.46 - 29.02.48
Augustin Guillaume G. CA. CSTOA 22.03.48 - 01.10.51
Roger Noiret G. A. CCFFA 04.10.51 - 09.08.56
Pierre-Elie Jacquot G. A. CCFFA 10.08.56 - 24.04.59
Jacques Allard G .A. CCFFA 25.04.59 - 26.03.61
Jean Crépin G. A. CCFFA 27.03.61 - 16.12.63
Michel de Brébisson G. A. CCFFA 17.12.63 - 20.02.66
Jacques Massu G. A. CCFFA 01.03.66 - 01.07.69
Jean-Louis du Temple de Rougemont G. CA. CCFFA 01.08.69 – 09.16.70
Gérard Lecointe G. CA. CCFFA 10.06.70 - 31.07.72
Jean-Pierre de Lassus Saint-Geniès G. CA. CCFFA 01.08.72 - 02.12.74
Jean Richard G. CA. CCFFA 02.12.74 - 21.02.78
André Laurier[note 4] G. CA. CCFFA 22.02.78 - 23.05.78
Pierre Brasart G. CA. CCFFA 16.06.78 - 14.12.82
Bernard Philipponat G. CA. CCFFA 17.02.82 - 04.06.84
Furcy Houdet G. CA. CCFFA 05.06.84 - 12.05.87
Jean-Louis Brette G. CA. CCFFA 13.05.87 - 23.06.89
Noël Chazarain G. CA. CCFFA 24.06.89 - 22.12.92
Michel Cavaillé G. DIV. CCFFA 23.12.92 - 30.08.93
Alain Curé G. DIV. CFFSA 01.09.93 - 30.11.94
Yves Crène G. DIV. CFFSA 01.12.94 - 20.12.95
Claude Bénito G. DIV. CFFSA 21.12.95 - 01.07.99

Composition des unités après 1945[modifier | modifier le code]

Défilé de soldats français du 159e RIA devant les ruines du Reichstag le 8 mai 1946[20].

La Gendarmerie nationale en Allemagne 1945 - 1989[modifier | modifier le code]

Après la capitulation signée les 8 et 9 mai 1945, deux légions de la gendarmerie nationale d'occupation sont constituées (Rhénanie-Palatinat, Sarre pour la 1re, Bade-Wurtemberg pour la 2e) et disposent chacune d'un groupe de trois escadrons mobiles. En outre, un détachement autonome intervient à Berlin et une compagnie autonome est constituée pour l'Autriche, qui est annexée à l'Allemagne depuis 1938. En mai 1946, 11 000 gendarmes sont présents en Allemagne. Une école est créée à Horb. Le recrutement est constitué de gendarmes mutés, et en faible minorité de jeunes gens engagés dans les années 1943 et 1944 pour échapper davantage au STO que pour l'engouement pour le métier.

La guerre d'Indochine réclame des hommes qui sont prélevés sur les deux légions, si bien qu'en 1950, l'effectif de la gendarmerie des FFA se trouve réduit à 320 hommes, puis 1 760 en 1956. Le corps est réorganisé : la compagnie autonome de la Sarre disparaît après le rattachement de cette région à la RFA. Le commandement des forces de gendarmerie des FFA a sous son autorité deux légions d'occupation, une légion d'intervention, le détachement de gendarmerie du Haut Commissariat et celui de Berlin. Les formations seront ensuite transformées en groupements de gendarmerie puis en groupements prévôtaux. En 1968, le commandement de la gendarmerie des FFA devient unité formant corps [21].

Garnisons des Forces françaises en Allemagne de 1950 à 1993[modifier | modifier le code]

Un engin blindé de reconnaissance du 1er régiment de spahis en 1978 dans une caserne de Spire.
Parade du 11e régiment de chasseurs des forces françaises à Berlin le 11 juin 1988 lors de la journée des forces alliées à Berlin-Ouest. Au premier plan, des AMX-30B2 suivis de VAB.

Liste à compléter. 50 000 militaires répartis dans trente-trois garnisons :

Garnisons des Forces françaises stationnées en Allemagne du 1er septembre 1993 à 1999[modifier | modifier le code]

Insigne de la brigade franco-allemande.

25 000 hommes répartis dans quinze garnisons :

Garnisons des Forces françaises stationnées en Allemagne au milieu des années 2000[modifier | modifier le code]

Exercice de l'OTAN Combined Endeavor 2007 concernant les communications.
Soldat français s'entraînant pour une mission au Joint Multinational Readiness Center de l'OTAN à Hohenfels dans le district du Haut-Palatinat en 2008.
Un militaire français armé d'un Famas dans le même centre s'entraînant pour les Operational Mentoring Liaison Team (Équipe de Liaison et de Tutorat Opérationnel-ELTO).

3 600 hommes répartis dans quatre garnisons :

Depuis la dissolution du 110e régiment d'infanterie le 24 juin 2014, il reste environ 500 militaires français en Allemagne, équilibrant ainsi le contingent allemand en Alsace (291e Jägerbataillon de la BFA en garnison à Illkirch-Graffenstaden depuis 2010).

Bases aériennes françaises en Allemagne[modifier | modifier le code]

Les dernières bases sont fermées depuis 1994 :

Statut juridique des forces françaises en Allemagne après 1945[modifier | modifier le code]

Les accords suivants régissent la présence des forces des États de l'OTAN postés en Allemagne sur la base d'un traité international :

  • Le NATO Status of Forces Agreement (SOFA) du 19 juin 1951 (Convention entre les États parties au Traité de l'Atlantique Nord sur le statut de leurs force)[23]
  • L'accord supplémentaire au SOFA du 3 août 1959 (Accord sur le supplément à l'accord concernant les parties de traité de l'Atlantique nord en respect des forces étrangères stationné dans la république fédéral d'Allemagne, Federal Law Gazette 1961 II p. 1218)[24].

Monde associatif[modifier | modifier le code]

Fondée à Paris et enregistrée le 31 mai 1924 sous le no 162.790, succédant à la Garde au Rhin de 1797, la Fédération nationale des Anciens des Forces françaises en Allemagne et en Autriche a constitué jusqu'avant le conflit du Moyen-Orient en 1990, la principale association représentant les militaires et les civils sous contrat ayant servi en Allemagne[25]. Dès 1991, fut créée l'UNAFFA, Union nationale des Anciens des FFA, officiellement récompensée par la ville de Bordeaux (Jacques Chaban-Delmas) pour son action nationale en faveur du soutien des militaires français et de leurs familles, déjà engagés dans la « guerre du Golfe ». D'autres associations se créerent et en particulier les Anciens militaires en Allemagne de Vendée, qui œuvrèrent avec l'UNAFFA, Union nationale des Anciens des Forces françaises en Allemagne, statutairement dissoute concomitamment à la dissolution des Forces françaises en Allemagne.

Dès l'année 2003 fut créée une association nationale française déclarée (loi et décret 1901) regroupant les vétérans de la guerre froide 1945-1991, la VAFOR (Vétérans des Armées françaises outre-Rhin), ouverte aux anciens membres des TOA et FFA ayant pour principaux buts la défense de la mémoire et des droits des anciens militaires ayant servi dans les armées françaises outre-Rhin. Un de ses objectifs est la reconnaissance en tant que telle de la « Guerre Froide 1945-1991 », déjà reconnue officiellement par les États-Unis d'Amérique. Cette association regroupe les présidents de différentes associations « FFA » dans un Conseil des Élus dénommé « VAFORCE ». La [guerre froide] ayant été reconnue par le président de la République française, dans son discours officiel lors de la visite du président de Russie en 2011,l'UNAFFA fut statutairement « mission accomplie » dissoute début janvier 2012. Le CEVA, Comité des Élus Vétérans d'Allemagne créé en 2000, regroupe les présidents d'associations qui prennent des mesures collégiales à la demande, représentant quatre-vingt-trois pour cent des Anciens des FFA recensés au niveau national, dont une partie des sections fédérales déclarées en préfecture du fait que leurs présidents participent à la cohésion nationale. Une de ses décisions, prise à Versailles le 11 avril 2012 à 10 heures, dans le Bureau des décisions du roi Louis XIV, fut de voter contre les « oublieux » des Anciens des Forces françaises en Allemagne et de persister à réclamer un officiel « Certificat de reconnaissance - Vétéran de la guerre froide 1945-1991 » en tous points semblable à celui qu'ont déjà obtenu leurs homologues des États-Unis d'Amérique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. G. A. = Général d’armée, G. CA. = Général de corps d’armée, G. DIV. = Général de division
  2. Général commandant la 1re armée du 28 mai au 24 juillet 1945, date de sa dissolution.
  3. Décédé le 29 février 1948 lors d'un accident de chasse.
  4. Décédé le 23 mai 1978 lors d'un accident de la route.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) L’armée française en Sarre, 1918-1930, Emmanuel Pénicaut, Revue historique des armées, Service historique de la défense
  2. (fr) Allemagne, décembre 1918. Les premières heures de l’occupation, Revue historique des armées
  3. (fr) Occuper l’Allemagne après 1918, Revue historique des Armées, 2009
  4. Pierre Genevey, « Le désarmement après le traité de Versailles », Politique étrangère, vol. 32, no 1,‎ 1967, p. 87-112 (lire en ligne)
  5. (fr) Quand l'armée française intervenait en Silésie pour séparer Allemands et Polonais, Secret Défense, 11 avril 2010
  6. (fr) La participation belge à l'occupation en Allemagne après la Première Guerre mondiale, Service Historique des Armées.
  7. (en) French Army Air Defense Missiles Nike & Hawk, G. Dessornes, 2007
  8. (en) The Nato Problem: French Forces in Germany, Direction du Renseignement, CIA, 18 avril 1966
  9. (fr) De Gaulle, l'Amérique et lalliance atlantique, une relecture de la crise de 1966, Frédéric Bozo, Revue d'histoire N° 43, juillet-septembre 1994
  10. (fr)[PDF] Le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN , Alessandra Giglioli, Lauréate des Bourses OTAN - CPEA 1998
  11. (fr) Les relations franco-allemandes 1963-2003 > Chronologie, La Documentation française
  12. Michael M. Harrison, The Reluctant Ally : France and Atlantic Security, Johns Hopkins University Press Baltimore, 1988. Général Valentin, L’Aventure de la Bombe, de Gaulle et la dissuasion nucléaire, Plon, Paris, 1985.
  13. Lothar Rüehl, La Coopération franco-allemande à l’appui de l’Alliance et de l’Europe, Revue de l’OTAN, Bruxelles, décembre 1987
  14. Frédéric Bozo, La France et l’OTAN, Masson, Paris, 1991
  15. Diego A. Ruiz Palmer, Nato-Warsaw Pact Force Mobilization, National Defense University Press, Washington, 1988
  16. (fr) Chronologie des relations franco-allemandes
  17. (en) The New Security Concept and German-French Approaches to European Pillar of Defense, 1990-2000
  18. (fr) Communiqué commun franco-allemand, en date du 13 novembre 1987, sur la sécurité et la défense.
  19. (fr) « Trésorerie et comptabilité publique en Allemagne, 1945-92 », sur Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi,‎ 27 août 2007 (consulté le 5 août 2009)
  20. René Brugie, « Formation du Bataillon de tradition. », sur 80°R.I - Brigade du Languedoc,‎ 2013 (consulté le 15 avril 2014)
  21. Gend Info n°220, décembre 1999, pp. 34/35
  22. « Historique du 43e bataillon d'infanterie de Marine », sur Site officiel des anciens du RICM (consulté le 2 mars 2013)
  23. (fr) (en) Digithèque de l'OTAN, « Convention entre les États parties au Traité de l'Atlantique Nord sur le statut de leurs force »,‎ 19 juin 1951 (consulté le 14 mai 2009)
  24. (de) (en) ministère des Affaires étrangères de l'Allemagne, « The status of foreign forces in Germany »,‎ 3 août 1949 (consulté le 14 mai 2009)
  25. Rgts :www.affaa.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Tirard, La France sur le Rhin. Douze années d'occupation rhénane avec 32 gravures hors texte et 8 cartes, Librairie Plon, 1930
  • Suzie Guth, Les Forces françaises en Allemagne. La citadelle utopique, L'Harmattan, Paris, 1991 (ISBN 2-7384-1127-4)
  • Forces françaises stationnées à Berlin, Berlin, des Français au service de la liberté, SIRPA-TERRE, 1994
  • Élisabeth Lambert Abdelgawad, Juridictions militaires et tribunaux d'exception en mutation : perspectives…, Éditions des archives contemporaines 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les forces de l'OTAN en RFA 

Liens externes[modifier | modifier le code]