Hubert Latham

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Latham et Charles Hamilton .
Hubert Latham sur Antoinette
Caricature de Sem

Hubert Latham (Arthur Charles Hubert Latham) est un pionnier de l'aviation, titulaire du brevet de pilote n°9 en 1909, né à Paris 8e le 10 janvier 1883[1] et est mort près de Fort Archambault (actuel Sarh, Tchad), le 25 juin 1912[2]. Il est issu d'une famille aisée d'armateurs havrais, qui vont lui transmettre une éducation en Angleterre, lui donnant le goût pour les sports (aérostation, aviation, yachting automobile)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son premier exploit aérien est une traversée de la Manche en ballon, avec son cousin Jacques Faure les 11 & 12 février 1905. Tous deux s'envolent du Crystal Palace à Londres le 11 février à 18 h 45, installés dans la nacelle du "Aéro-Club II", pour rejoindre la région parisienne le 12 février à 1 h 15, se posant entre Saint-Denis et Aubervilliers, soit un trajet de 344 kilomètres[4].

En 1905, il pilote à Monaco, des bateaux de course Antoinette.

En 1906/7, il mena ensuite une expédition d’exploration accompagné d’amis en Abyssinie (Éthiopie), au cours de laquelle  il collecta pour le Musée d’Histoire Naturelle du Paris  et entrepris un travail de repérage géographique pour l’Office Colonial française. Ses voyages se prolongèrent en 1908 lorsqu’il partit pour l’Extrême Orient avant de retourner en France.

En 1908, il assiste à l’un des vols de Wilbur Wright et décide d'apprendre à piloter sur monoplan Antoinette.

En 1909, il est employé comme pilote d'essai de la société Antoinette et il remporte plusieurs trophées : endurance, distance, vitesse, hauteur, empochant 50 000 francs au meeting de Reims-Bétheny.

Sa carrière d’aviateur (d’après des journaux de l’époque)[modifier | modifier le code]

  • Elle commença en 1909 par une double tentative de la traversée de la Manche. Ces tentatives firent de lui quelqu’un de très populaire. Deux fois il essaya le difficile exploit, deux fois il échoua, la seconde fois au port, si l’on peut dire, à moins de 500 mètres de la côte anglaise. C'était le 19 juillet 1909. Le 25 de ce même mois, Louis Blériot réussissait cet exploit et recevait le prix du Daily Mail pour cette traversée de Sangatte à Douvres. Voir la stèle retraçant l'échec de Latham et la réussite de Blériot dans le parc Clément Ader, à Muret (Haute-Garonne).
  • Le premier, il survola une grande ville d’un bout à l’autre, en allant de Johannisthal à un autre faubourg de Berlin, passant ainsi au-dessus de la capitale prussienne.
  • C’est à lui que, lors de la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne, fameux meeting de Reims, fut offerte, le 30 août 1909, la somme de 10 000 F constituant le Grand Prix décerné par Le Petit Journal, attribué à celui des aviateurs ayant accompli avec des aéroplanes les performances les plus remarquables.
  • Hubert Latham se signala encore à l’admiration de la foule de Blackpool, en Angleterre, en volant pendant une tempête terrible. Enfin, le 7 janvier 1910, à Mourmelon-le-Grand, il continuait la série de ses vols en hauteur, battant encore ses précédents records en atteignant 1 100 m d’altitude.
  • Le 23 avril 1910, Hubert Latham remporte la course Nice – Cap Ferrat et retour en 16 min, 46 s, 3/5 dans le cadre du meeting d'aviation de Nice[5].
  • Enfin, le 13 août, les Parisiens assistaient à une nouvelle prouesse de leur aviateur préféré. Hubert Latham suivit les rives de la Seine et doubla la Tour Eiffel, en passant au-dessus du Grand Palais.
  • Une magnifique randonnée lui valut le prix de 25 000 F du Daily Mail, destiné à l’aviateur ayant parcouru la plus grande distance à travers champs.
  • Il devient instructeur et aura Marie Marvingt parmi d’autres femmes comme élèves.
  • Le 22 décembre 1910, Latham réalise un bel exploit qui peut prêter à sourir mais qui est tout ce qui a de plus sérieux et qui est d'ailleurs une de ses plus grandes fiertés : c'est ainsi qu'il devient en ce jour le premier aviateur à avoir tué un oiseau en vol (canard) aux commandes de son aéroplane, ce dernier utilisant un fusil calibre 20. Canard qui sera d'ailleurs empaillé par le comte Jaro Von Schmidt en souvenir de cette performance ô combien insolite[6].

Latham réalisait des vols et surtout des virages d’une audace incroyable. Il n’en prenait nulle vanité et disait avec une insouciance où se mêlait quelque tristesse : « ma témérité n’est que de l’indifférence. Je sais que les médecins m’ont condamné ; je mourrai jeune. Mourir pour mourir, j’aime autant finir dans une chute d’aéroplane ! » Il est mort jeune, en effet, le courageux sportif, mais non point comme il croyait et comme il eût voulu mourir.

Il meurt en 1912 en Afrique-Équatoriale française.  Le journal que Latham a tenu au cours des dernières semaines de sa vie dans le bush africain, montre son malaise quant au manque de discipline par au son équipe de porteurs, et son inquiétude face à la violence et aux conflits qui dominaient cette région administre par les militaires. L’enquête officielle sur la mort de Latham n’a prit aucun compte ni de ses avis ni de doutes, et a rapporté l’incident comme étant un tragique accident de chasse.

Il est inhumé au cimetière Sainte-Marie du Havre en 1914.

Son buste est érigé dans la rue principale, face à la place de l'hôtel de ville, à Maillebois (Eure-et-Loir). Ses parents y possédaient le château qui est toujours propriété de la famille. Il existe aussi un monument à Latham sur les falaises entre Calais et Boulogne-sur-Mer et il figure au musée du lien transmanche au Mont Saint-Hubert.

Honneurs posthumes[modifier | modifier le code]

  • En hommage à Hubert Latham, pionnier de l'aviation, La Poste française a émis un Bloc de 6 timbres, dont un à son effigie, le 18 octobre 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 8/66/1883 (consulté le 8 mai 2012)
  2. Barbara Walsh (2013), traduit par Marie Monique Léoutre, Hubert Latham, Un Pilote Méconnu 1883-1912, Paris : Les éditions de l’officine.
  3. Fiche biographique d'Hubert Latham Aviatechno.net
  4. Le 12 février 1905 dans le ciel : Le ballon de Jacques Faure traverse la Manche Air-journal.fr 12 février 2011
  5. Le 23 avril 1910 dans le ciel : Latham se classe 1er dans la course Nice – Cap Ferrat et retour
  6. La première chasse dans les airs Aero-mondo.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Barbara Walsh, traduit par Marie Monique Léoutre, Hubert Latham, Un Pilote Méconnu 1883-1912, Paris: Les éditions de l’officine, 2013. ISBN 978-2-35551-151-6
  • Barbara Walsh, Hubert Latham 1883-1912 Forgotten Aviator: A Man of his Time, US edition, Odyssey Pictures Publishing, Dublin, Ireland, 2013.  ISBN 978-0-9547359-3-7       
  • Christine Lapostolle, Latham, Flammarion, Paris, 2012 (Roman)

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]