Masque de protection

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Demi-masque FFP3 jetable.
microturbulences de l'air lors d'une toux dans la main ou dans un masque

Un masque de protection est un dispositif destiné à protéger l'utilisateur de l'inhalation de poussières nocives, d'agents pathogènes, fumées, vapeurs, ou de gaz. Les masques existent dans une large gamme de types et de tailles utilisées par les militaires, le secteur privé et le public. Ils vont du moins cher, à usage unique, aux masques jetables réutilisables à des modèles à cartouches remplaçables.

Il existe deux catégories d'appareils respiratoires, à savoir les appareils « filtrants », qui forcent l'air contaminé à passer par un élément filtrant, et les appareils « isolants », dans lesquelles de l'air frais est délivré à partir d'une réserve. Dans chaque catégorie, différentes techniques sont utilisées pour réduire ou éliminer les matières nocives en suspension dans l'air.

Histoire du développement des masques de protection[modifier | modifier le code]

Gravure d'un manuel de chimie (Edward L. Youmans, New York, 1858)
Deux ouvrières de maintenance chargées de nettoyer à intervalles réguliers les sommets de 12 haut fourneaux à l'aciérie Gary Works (en), Indiana, pendant la Seconde Guerre mondiale. À titre de précaution, elles portent des masques à oxygène[1].
Port obligatoire d'équipement de protection des voies respiratoires.

Les masques ayant pour fonction de protéger de l'inhalation de particules existent sans doute depuis longtemps pour les travaux miniers ou sources de poussière. Durant les épidémies de pestes, les médecins se faisant faire des masques en bec d'oiseaux emplis de plantes médicinales supposées tuer les miasmes responsables de la contagion; Au milieu du 19ème siècle, les masques médicaux apparaissent.

À la fin du XIXe siècle, l'ingénieur Bricogne fait mettre au point un masque contre les poussières nocives pour les employés des chemins de fer[2]. Au début du XXe siècle, lors des débuts des chars d'assauts, leurs occupants (pilote, tireur) étaient obligés de porter un masque pour se protéger des éclats de peinture et de métal éjectés des parois par les impacts de projectiles à l'extérieur.

Les Casques/masques de protection métalliques comportant une fenêtre pour la vision ne sont actuellement plus utilisés qu'en métallurgie et pour la soudure, et tendent à être remplacés par des masques en matériaux composites plus légers. Pour les utilisations sans source de chaleur, le plexiglas en feuille épaisse (1 à 5 mm) est transparent et résistant aux chocs. Parfois, une simple visière constituée d'une plastique souple et transparent protège le visage de l'opérateur des projections de liquide corrosif ou à risques toxiques, biologiques ou médicaux (projections de gouttelettes, de sang, etc..

Appareil respiratoire filtrant[modifier | modifier le code]

Des masques filtrants en laine furent utilisés par les premiers inventeurs comme Haslett et Tyndall. La laine est encore utilisée comme filtre aujourd'hui, avec d'autres substances comme le plastique, le verre, la cellulose, et des combinaisons de deux ou plusieurs de ces matériaux. Étant donné que les filtres ne peuvent pas être nettoyés et réutilisés et ont donc une durée de vie limitée, le coût et la disponibilité sont des facteurs clés. Il existe des modèles à usage unique jetables ainsi que des modèles à cartouche.

La norme européenne EN 143 définit les catégories suivantes de filtres qui peuvent être attachés à un masque[3]
Classe Efficacité de la filtration (avec un débit d'air de 95 l/min)
P1 Filtration d'au moins 80 % des particules en suspension
P2 Filtration d'au moins 94 % des particules en suspension
P3 Filtration d'au moins 99,95 % des particules en suspension
La norme européenne EN 149 définit les catégories suivantes de « demi-masques filtrants »[4]
Désignation Efficacité de la filtration (avec un débit d'air de 95 l/min) Fuite vers l'intérieur
FFP1 Filtration d'au moins 80 % des particules en suspension <22 %
FFP2 Filtration d'au moins 94 % des particules en suspension <8 %
FFP3 Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension <2 %

Les deux normes européennes imposent d'effectuer des tests de pénétration des filtres avec des aérosols de chlorure de sodium et d'huile de paraffine, après stockage des filtres à 70 °C et −30 °C pendant chaque fois 24 heures. Les normes comprennent également des tests sur la résistance mécanique, la résistance respiratoire et le colmatage. La norme EN 149 teste également les fuites vers l'intérieur entre le masque et le visage (dix sujets humains effectuent cinq exercices chacun et pour au moins huit de ces personnes la moyenne mesurée des fuites vers l'intérieur énumérées ci-dessus ne doit pas être dépassée).

Aux États-Unis les normes du National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) définissent les catégories suivantes de filtres à particules[5]
Résistance à l'huile Désignation Description
Aucune résistance à l'huile N95 Filtration d'au moins 95 % des particules en suspension
N99 Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension
N100 Filtration d'au moins 99,97 % des particules en suspension
Résistant à l'huile jusqu'à 8h R95 Filtration d'au moins 95 % des particules en suspension
R99* Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension
R100* Filtration d'au moins 99,97 % des particules en suspension
Résistant à l'huile P95 Filtres au moins 95 % des particules en suspension
P99* Filtration d'au moins 99 % des particules en suspension
P100 Filtration d'au moins 99,97 % des particules en suspension
* aucun masque de ce type n'a été certifié par le NIOSH.

En 2020, selon les CDC américains, environ 3 millions d'agents de santé américains doivent régulièrement porter l'une de ces protection respiratoire[6]

Demi-masque réutilisable.

Avec cartouche[modifier | modifier le code]

Les masques filtrants à cartouche utilisent une cartouche pour retenir, en plus des particules, les gaz, les composés organiques volatils (COV) et autres vapeurs par absorption ou chimisorption.

Appareil respiratoire isolant[modifier | modifier le code]

Un appareil respiratoire isolant ou autonome a généralement trois principaux éléments : un réservoir à haute pression, un régulateur de pression, et une connexion d'inhalation (un élément à insérer dans la bouche ; dans le masque ou le demi-masque), reliés entre eux. Il existe deux types d'appareils respiratoires autonomes : en circuit ouvert et circuit fermé.

Masques en tissus[modifier | modifier le code]

Après la découverte des microbes par Pasteur, des masques médicaux ont été introduits dans le milieu hospitalier et des soins médicaux vers le milieu du 19e siècle.

Leur vocation est surtout de protéger autrui des microbes expirés par le porteur, mais des preuves historiques montrent que des masques en tissu ont aussi été portés pour protéger les agents de santé contre les miasmes et infections respiratoires[7].

La fabrication de divers types de masques jetables en fibre synthétique, en non-tissé ou en papier filtrant s'est industrialisée au XXème siècle. Ces masques sont désormais produits par centaines de millions chaque année. Il est démontré que dans un environnement à haut-risque le FFP2 (N95) est plus protecteur pour les agents de santé que le masque chirurgical, mais à condition d'être porté en continu dans cet environnement[8],[9]. Il est aussi plus couteux.

Mais depuis le début du XXIème siècle plusieurs crises sanitaires (Grippe A (H1N1) de 2009, SRAS, MERS et SRAS-CoV-2, avec entre temps émergence de plusieurs variants préoccupants de grippe aviaire, et des épisodes récurrents d'Ebola)...) on montré que les masques chirurgicaux ou FFP pouvaient brutalement manquer. Historiquement les agents de santé ont utilisé plusieurs types de masques en tissu de coton[7] dont l'efficacité peut varier selon la forme, le type de tissu, l'adaptation à la face du porteur, etc. ; Aujourd'hui en Asie (Chine et Viet-nam notamment) les masques faciaux sont volontiers portés dans la population générale et des masques en tissus sont très couramment portés par les professionnels de santé. Par ailleurs, de nombreuses version de masque protégeant plus ou moins efficacement de la pollution de l'air ont été mises sur le marché ; malgré cette large utilisation, la plupart des directives sur les EPI ne mentionnaient même pas les masques en tissu. En 2020, face à la pénurie de masque induite par la pandémie de COVID-19, l'intérêt du grand public et de certains professionnels pour les masques de tissus, éventuellement faits maison est brutalement remontée.

Avant 2015, des études descriptives ont porté sur les masques en tissus (très utilisés dans les pays pauvres ou émergents), mais toujours testés "in vitro". Ces études ont montré que plus le tissus est fin et plus le couches sont nombreuses, mieux le masque filtre l'air[10]. La présence d'humidité, la distance parcourue par les gouttelettes et la conception du masque se sont montrés être des facteurs importants pour l'efficacité de filtration (in vitro). Les masques en tissu offrent une certaines protection, réduisent l'exposition aux aérosols respiratoires mais ils n'avaient pas été comparé aux masques FFP ou chirurgicaux en hôpital[10].

En 2015, C Raina MacIntyre & al. ont publié la première étude sur l'efficacité des masques en tissu, en usage professionnel réel[10] ;
L'étude, randomisée, a comparé dans 14 hôpitaux d'Hanoi (Vietnam) l'efficacité d'un modèle d'un masque en tissu (double couches de coton tissé), et d'un masque médical en non-tissé (triple couche), tous deux fabriqués au Vietnam et couramment utilisés dans les hôpitaux du pays; 1607 participant étaient tous professionnels de santé (médecins ou infirmières volontaires), âgés de plus de 18 ans, et travaillant à plein temps dans des services à haut-risque (aucun ne portait de barbe, de moustache importante ou de cheveux longs devant le visage, ni n'étaient sujets à une maladie respiratoire chronique, des rhinites ou allergies)[10]. Une partie des participants a porté des masques médicaux jetables, l'autre des masques en tissu, et le groupe témoin conservait sa pratique habituelle (incluant le port du masque). Les deux premiers groupes devaient utiliser leur masque à chaque quart de travail, pendant 70% ou plus de leurs heures de travail et durant 4 semaines consécutives ; Ceux qui portaient des masques médicaux en recevaient deux par jour pour chaque quart de 8 heures, alors que le autres disposaient de 5 masques en tissus pour toute la durée de l'étude, à laver après chaque quart de travail au savon et à l'eau en suivant des instructions écrites sur le lavage. Dans les 3 groupes le port du masque était vérifié[10]. Trois critères d'efficacité étaient le risque de contracter une maladie respiratoire clinique, un syndrome pseudo-grippal (SG) ou une infection virale respiratoire confirmée en laboratoire)
-Résultats : les masque en tissu étaient statistiquement significativement moins protecteurs ; en outre près de 97%, des particules les pénétraient contre 44% pour les masques médicaux[10]. On sait que sur les deux types de masque des virus peuvent rester infectieux à leur surface[11] (des études de modélisation ont quantifié les niveaux de contamination des masques)[12] ; la moindre efficacité des masques en tissus peut en partie être due à une autocontamination facilitée par l'utilisation répétée et un enlèvement incorrect ; on sait aussi qu'avec le SRAS le double masquage et d'autres pratiques augmentant l'humidité dans le masque ont accru le risque d'infection et de diffusion de liquide ou de rétention des agents pathogènes[13], effets peut être valable pour les masques en tissu. Les auteurs ont appelé à des recherches supplémentaires sur l'efficacité clinique, la durée d'utilisation, les méthodes de décontamination et les tests à utiliser, afin d'éclairer l'utilisation des masques en tissu, très utilisés à l'échelle mondiale, mais mal pris en compte par les directives et guides de bonnes pratiques. Mais ils considèrent que « par mesure de précaution, les masques en tissu ne devraient pas être recommandés pour les travailleurs à risque et plus encore en situations de haut risque »[10]. Ils ont aussi appelé à mettre à jour les directives relatives au contrôle des infections, car des masque en tissus sont très utilisé dans le monde[10].

En 2020, En Europe puis aux Etats-unis, pour faire face à une pénuries critiques d'équipements de protection individuelle (EPI) un nombre croissant de soignant et de membres du public utilisent des masques fabriqués "maison" avec le soutien d'hôpitaux et des US Centers for Disease Control (qui a pour la circonstance diminué ses niveaux de recommandations pour les agents de santé), et des entreprises se lancent dans une production complémentaire de masques en tissus, sur la base de cahiers des charges hospitaliers (par exemple mis à disposition d'entreprises par le CHR de Lille en France, mais pas du grand public afin de garantir que le bon tissus soit utilisé ; les bénévoles volontaires pour coudre des masques sont aidés à s'organiser pour le faire)[14].
Les auteurs de l'étude résumée ci-dessus, dont les alertes et suggestion n'ont pas été suivies d'effets, constatent l'échec des gouvernements et des hôpitaux en termes de planification et gestion des stocks de masques nécessaires à la santé et sécurité au travail des agents de santé, y compris les pays riches. Très sollicités pour des conseils, ils répètent 5 ans après leur étude de 2015, que « la barrière physique fournie par un masque en tissu peut offrir une certaine protection, mais probablement beaucoup moins qu'un masque chirurgical ou un masque de type FFP2 ou FFP3 ». Ils évoquent aussi le fait que dans leur étude « Les masques en tissu ont peut-être été pires (...) car ils n'étaient pas assez bien lavés - ils peuvent alors être humides et contaminés »[15]. Il soulignent que depuis 2015, l'efficacité de différents types de tissu (monocouche ou multi-couches) ont été testés en laboratoire, mais pas encore lors d'un essai clinique[15]. Dans le contexte pandémique et de pénurie de masque, ils recommandent (pragmatiquement plutôt que factuellement) aux agents de santé choisissant de travailler avec des masques en tissu, d'en avoir toujours au moins deux et de les utiliser en cycle, afin que chacun puisse être lavé et bien séché après usage quotidienne[15]. Un spray désinfectant ou une boite de désinfection UV peuvent être utilisés lors des pauses en journée. Ils rappellent aussi que face à la COVID-19 pour les agents de santé le masque ne suffit pas ; gants et de lunettes de protection sont au minimum requis en respectant les bonnes pratiques et prenant garde aux auto-contamination et aux fomites[15].

Usage prolongé ou réutilisation de masques de protection[modifier | modifier le code]

Cas du masque chirurgical[modifier | modifier le code]

Cas du masque FFP2, FFP3 ou N95[modifier | modifier le code]

Dans le domaine médical, les masques de type FFP2 (N95, parfois dits respirateurs) sont normalement prévus ou utilisés pour un usage unique (certains modèles sont exclusivement à usage unique).

Mais leur pénurie lors de certaines crises sanitaires peut faire évoluer les recommandations officielles. Ainsi à partir du 27 mars 2020 les CDC américains ont admis et même encouragé :

  1. l'usage prolongé du masque, « lorsque plusieurs patients sont infectés par le même pathogène respiratoire et que les patients sont placés ensemble dans des salles d'attente ou des salles d'hôpital dédiées »[16] ; recommandation déjà faite comme option pour conserver des masques lors de précédentes crises sanitaires[17],[18].
  2. une « réutilisation limitée » : en 2020, les CDC l'ont « recommandée », arguant qu'elle a été « largement utilisée comme option pour conserver les masques lors de précédentes épidémies ou pandémies » et ajoutant que pour les pathogènes peu transmissibles par contact via les fomites, la réutilisation non-urgente est pratiquée depuis des décennies, dans le cas de la tuberculose par exemple[19], tant que le masque reste fonctionnel[20],[16]

Conditions pour un usage prolongé et/ou une réutilisation[modifier | modifier le code]

Selon les CDC américains :

  • le masque doit rester fonctionnel (ou être jeté)[16] ;
  • son utilisation doit rester conforme aux procédures locales de contrôle des infections[20],[21],[22],[23],[24] ;
  • l'hygiène des mains, et de la technique de pose et de retraits doivent être strictement respectés[25], ce qui implique de bien se laver les mains à l'eau et au savon ou avec un désinfectant adéquat, avant et après avoir touché ou réglé le masque (par exemple pour le confort, l'ajustement au visage ou pour en maintenir la forme)[16].
  • éviter de toucher l'intérieur du masque ; en cas de contact accidentel avec l'intérieur du masque, ce dernier doit être jeté, et le porteur doit se laver ou se désinfecter les mains[16] ;
  • un FFP2 ou N95 déjà porté doit être réinstallé sur le visage avec des gants propres (non stériles), puis son étanchéité est à vérifier (soi-même ou par un tiers ; le masque doit partout coller au visage) avant de jeter les gants [16] ;
  • si le masque été directement contaminé par des gouttelettes/aérosols, du sang ou des sécrétions respiratoires ou nasales ou d'autres fluides corporels de patients malades ou susceptibles de l'être (c'est souvent le cas lors de bronchoscopies et d'intubations endotrachéale ou lors certaines observations ou opérations ORL) , alors le masque doit être jeté ; de même après contact étroit avec un patient atteint d'une maladie infectieuse nécessitant des précautions de contact[16]. Nota : ce risque peut être réduit par le port d'un écran facial nettoyable au dessus du masque[26], et/ou par le masquage des patients... deux mesures barrière recommandées si une réutilisation du masque est envisagée [16] ;
  • sans précision du fabricant sur le nombre de réusages possibles, les CDC recommandent de ne pas dépasser 5 réutilisations (rem : Certains masques n'ont pas été approuvés par la FDA pour être réutilisé[27] ; l’étiquetage doit alors préciser « à usage unique uniquement » alors que d’autres masques autorisent la réutilisation « si la politique de contrôle des infections de l'établissement le permet »[28] ;
  • entre deux utilisations, les masques sont à ranger dans un sac en papier, avec le nom du porteur, en veillant à ce qu'il ne soit pas déformé lors du stockage, dans un lieu sécurisé et régulièrement désinfecté[16].
    Pour éviter toute contamination par partage accidentel d’un masque, un moyen d'identification peut être apposée sur l’un des élastiques[16]. Les utilisateurs devraient avoir des formations et rappels par affiches par exemple sur les bonnes pratiques pour la réutilisation [16].

Risques/avantages[modifier | modifier le code]

En mars 2020, l'ECRI Institute (anciennement « Emergency Care Research Institute », autorité indépendante sur les pratiques médiales aux Etats-Unis) a dans un rapport rappelé que « les risques et avantages potentiels de ces pratiques peuvent varier considérablement d'un endroit à l'autre et peuvent évoluer rapidement pendant une crise ». L'ECRI rappelle que les tests de laboratoire sont souvent des études non_répétées, aux protocoles différents et ne reflètant pas les risques existants en situation réelle. Leurs résultats (non-généralisables à tous les modèles de masque N95 variant en outre « considérablement selon les méthodes de nettoyage et les modèles N95 et nécessitent donc plus de validation »[29]

  • en cas de réutilisation « La décontamination de masques N95 à la vapeur ou par des désinfectants (par exemple, eau de javel, vapeur de peroxyde d'hydrogène) ou l'irradiation germicide ultraviolette (UVGI) peut être sûre et efficace dans certains contextes, mais chaque méthode doit être testée sur chaque modèle car les matériaux du modèle varient » ; la désinfection peut induire une perte de performance du filtre[29] ;
  • Une étude clinique a porté sur l'efficacité des masques chirurgicaux en situation réelle (en 2015), mais aucune étude publiée n'a évalué les risques posés en situation de travail par la réutilisation ou l'utilisation prolongée du FFP2 (N95) ; ceci s’explique selon l’ECRI par des raisons éthiques (pour ne pas exposer des soignants et malades) et logistiques (les réutilisation / utilisation prolongée du N95 ne se font que sporadiquement, lors de crises impromptues)[29] ;
  • Dans tous les cas le risque le plus important pour les soignants semble être celui d’« auto-inoculation » (auto-transmission par contact, en touchant le surface du masque contaminé) ; Une étude a par exemple montré que lors d'un usage prolongé, lors d'un quart de travail, une infirmière touche involontairement en moyenne 25 fois son visage, ses yeux ou son respirateur N95[30].

Ce que disent les études pour le FFP2/N95 (usage prolongé ou réutilisation)[modifier | modifier le code]

  • Durée de vie microbienne sur le masque : 4% à 18% des particules du virus H1N1 et plus de 10% des |virus bactériophages M2 sont encore infectieux après 4 à 6 jours sur des filtres 3M 8210 à température ambiante[31]. Et Selon Brady et al. (2017) 2% à 15% des particules de bactériophages M2 ​​étaient ensuite transférées, par simple toucher, aux utilisateurs portant des N95 contaminés[32]. Selon Fisher et al. en 2012, le réenvol et transfert par aérosolisation de particule virales M2 ​​est très faible (<0,2%) mais possible si l’on tousse dans un N95 contaminé[33]. De 2000 à mars 2020, 5 études ont porté sur la charge microbienne du filtre[34],[35],[36],[37],[38],[39],[29].
  • Désinfection du N95 ou FFP2 ou équivalents : entre 2000 et mars 2020, 13 études de laboratoires ont porté sur ce sujet. Parmi elles trois ont testé l’autoclave, la vapeur d'eau, la chaleur humide, l'eau de Javel, le chlorure de benzalkonium et les ultraviolets-C (UV-C) (1 à 2J/cm2) qui sur les N95 contaminés ont réduit de plus de 10 000 fois la charge en H5N1[40], en H1N1 (Heimbuch et al. 2011) et en Staphilococcus aureus[41],Heinbuch et al. (2011) ont cependant trouvé les UVGI inefficaces sur certains modèles N95[42], et l'une des études a rapporté que les profils d'inoculation affectaient les UCGI (Woo et al. 2012)[39].
    Salter et al. en 2010 n'ont pas détecté de résidu chimiques toxique dans les N95 décontaminés avec de l'eau de Javel, du peroxyde d'hydrogène ou des UVGI, mais le traitement à l'oxyde d'éthylène a laissé des résidus toxiques détectables[43].
  • Performance et intégrité du filtre : 2 études ont testé l'ajustement du N95 après jusqu'à 20 poses successives sur le visage, par 10 utilisateurs expérimentés[44], Bergman et al.2012) ont rapporté que le masque perd de sa rigidité après désinfection et/ou lors du réussie : 7% à 8% des N95 ont échoué à un bon ajustement après 2 utilisations et >20% ont échoué après 5 réutilisations. Lin et al. en 2017 ont en outre estimé que la filtration d’un N95 était dégradée par le nettoyage à l'eau de Javel, à l'éthanol à 70%, à la vapeur ou à l’autoclave ; Mais toujours selon Bergman et al. (2010) 6 modèles filtraient encore plus de 95% des particules de 300 mn après 3 nettoyages à l'eau de javel, au peroxyde d'hydrogène, à la vapeur, à la chaleur humide (65 ° C pendant 20 minutes) ou aux UVGI (1 à 2 J/cm2)[45]. Viscusi et al. 2011 concluent que les N95 nettoyés convenaient[46], mais 1 étude (Lindsey et al. 2015) a signalé que les filtres et les sangles étaient endommagés par des doses d’UVGI > 120J/cm2 [47].
  • Double protection ? En présence de microbes hautement pathogènes, certains soignants utilisent parfois une double protection. Plus de 30 modèles de masque N95 ont été testés avec une couverture supplémentaire par un masques chirurgical pour notamment étudier un éventuel effet de la réinhalation d'un peu plus du CO2 expiré (ou d'effort respiratoire ; le « sur-masque » n’avait aucun effet cliniquement significatif sur l’échange de gaz, mais selon Sinkule et al.2013[48], l'effort respiratoire est légèrement augmenté selon un tests fait sur simulateur de respiration, ce qu’ont ressenti 10 sujets humains testés par Roberge et al. (2010)[49].

  • risque d’auto-inoculation ou de transfert microbien par aérosols ou du toucher à partir du masque : Des chercheurs ont montré que plusieurs pathogènes respiratoires[50],[51],[52] peuvent longtemps persister, infectieux, en surface du masque sur le filtre[53],[54],[55] et la réérosolisation est possible[56],[57],[58],[59],[60], mais selon les CDC (mars 2020) : « plus de ~ 99,8% sont restés piégés sur le respirateur après manipulation ou après une toux ou un éternuement simulé»[29].

Vaut-il mieux utiliser un masque plus longtemps ou le réutiliser ?[modifier | modifier le code]

L’ECRI a en Mars 2020 publié la synthèse de 21 études de laboratoires publiées de 2000 au 23 mars 2020, dont 4 ont explicitement porté sur une réutilisation, simulée, du N95, et/ou sur une utilisation prolongée.

Selon l'ECRI il ressort de ces études des preuves limitées en faveur de l'usage prolongé plutôt que de la réutilisation, car le N95 propage plus facilement l'infection quand on le touche ou le manipule que quand on l’utilise plus longuement (le risque de défaillance telle que la casse de sangles ou une mauvaise étanchéité avec le visage est plus élevé en cas de réutilisation)[29].

Lignes directrices et recommandations cliniques pour la réutilisation et/ou un usage prolongé[modifier | modifier le code]

Elles sont mises à jour en fonction du contexte et des avancées de la science, par exemple par les autorités sanitaires suivantes :

  • OMS (Organisation mondiale de la santé)
  • Commission européenne (qui a par exemple dans le contexte de la pandémie de COVID-19] a adopté lé 13 mars 2020 une recommandation UE n° 2020/403 relative aux procédures d’évaluation de la conformité et de surveillance du marché concernant certains équipements de protection individuelle tels que masques, gants, lunettes et blouses de protection, qui relevaient de la directive CEE n° 93/42 du 14 juin 1993 relative aux dispositifs médicaux abrogée et remplacée par le règlement UE n° 2017/745 du 5 avril 2017 ; La commission a fixé des procédures harmonisées d’évaluation de la conformité de ces EPI. Les organismes notifiés en vertu du règlement (UE) 2016/425 devraient définir des priorités et réaliser rapidement les activités d’évaluation de la conformité dans le cadre de toute nouvelle demande déposée par un opérateur économique en ce qui concerne les EPI nécessaires pour assurer la protection dans le contexte de l’épidémie de COVID-19.)[61] ; les EPI fabriqués avec des techniques autres que celles des normes harmonisées, doivent respecter les recommandations de l’OMS sur la sélection appropriée d’EPI peuvent être utilisées comme source de référence possible concernant de telles solutions techniques, à condition d'aussi garantir "un niveau adéquat de protection correspondant aux exigences essentielles de santé et de sécurité applicables énoncées dans le règlement UE n° 2016/425".
    Les organismes notifiés délivrant des attestations pour des EPI innovants ou fabriqués hors des normes harmonisées sont invités à informer immédiatement l’autorité notifiante concernée et les autres organismes notifiés en vertu du règlement UE n° 2016/425 des attestations délivrées et de la solution technique spécifique retenue. Les organismes notifiés devraient échanger de telles informations par l’intermédiaire du groupe de coordination des organismes notifiés mis en place conformément à l’article 36 du règlement UE n° 2016/425 [61].
    Quand les autorités de surveillance du marché constatent que des EPI ou des dispositifs médicaux garantissent un niveau adéquat de santé et de sécurité conformément aux exigences essentielles énoncées dans le règlement UE n° 2016/425 ou aux exigences de la directive CEE n° 93/42 ou du règlement UE n° 2017/745, même lorsque les procédures d’évaluation de la conformité, y compris l’apposition du marquage CE n’ont pas été menées à leur terme dans le respect des règles harmonisées, elles peuvent autoriser la mise à disposition de ces produits sur le marché de l’Union pendant une période limitée et pendant que les procédures nécessaires sont effectuées[61].
    Les État membre peuvent provisoirement acheter des produits non marqués CE « à condition qu’il soit garanti que de tels produits seront exclusivement mis à la disposition des professionnels de la santé pendant la durée de la crise sanitaire actuelle, n’entreront pas dans les filières habituelles de distribution et ne seront pas à la disposition des autres utilisateurs »[61].
  • US-CDC (
Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis) : ils ont mis à jour leurs recommandations dans le cadre du plan pandémie fin mars 2020 : l’utilisation prolongée et la réutilisation sont maintenant recommandée[16].
  • NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health), 

  • OSHA (Occupational Safety and Health Administration)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Image du United States Women's Bureau (en), par le fond historique de la NARA.
  2. Charles-Urbain Bricogne, Masques respirateurs contre les poussières, mise en pratique d'un bon type de masque au chemin de fer du Nord, Paris, publications du Génie civil, 1895.
  3. « NF EN 143/A1 Septembre 2006 : Appareils de protection respiratoire - Filtres à particules - Exigences, essais, marquage », Association française de normalisation (Afnor), .
  4. « NF EN 149+A1 Septembre 2009 : Appareils de protection respiratoire - Demi-masques filtrants contre les particules - Exigences, essais, marquage », Association française de normalisation (Afnor), .
  5. (en) « NIOSH-Approved Particulate Filtering Facepiece Respirators », Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), .
  6. Clinical evidence assessment ; Safety of Extended Use and Reuse of N95 Respirators, mars 2020
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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