Pandémie de Covid-19 au Venezuela

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Pandémie de Covid-19 au Venezuela
COVID-19 Outbreak Cases in Venezuela.svg
Entités fédérales dans lesquelles des cas sont confirmés (24 juin 2020).
  • <20 cas confirmés
  • 20–39 cas confirmés
  • 40–59 cas confirmés
  • 60–79 cas confirmés
  • 80–99 cas confirmés
  • ≥100 cas confirmés
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Coordonnées
Premier cas
Date d'arrivée
Depuis le
(1 an, 1 mois et 5 jours)
Bilan
Cas confirmés
96 933 ()[1]
Cas sévères
117 ()[1]
Cas soignés
91 948 ()[1]
Morts
848 ()[1]

Au cours de la pandémie de Covid-19, les deux premiers patients atteints de la nouvelle maladie de coronavirus ont été confirmés au Venezuela le .


Cas de COVID-19 au Venezuela
(augmentation journalière en %)
    morts   guérisons   autres cas   
Date Nombre de cas
2 (n.a.)
10 (+400 %)
17 (+70 %)
33 (+94 %)
36 (+9 %)
36 (=)
42 (+17 %)
      ⋮   ⋮
70 (+67 %)
77 (+10 %)
84 (+9 %)
91 (+8 %)
106 (+16 %)
1
107 (+1 %)
2
113 (+6 %)
2
119 (+5 %)
3
129 (+8 %)
3
135 (+5 %)
3
143 (+6 %)
3
144 (+0,7 %)
5
146 (+1 %)
7
153 (+5 %)
7
155 (+1 %)
7
159 (+3 %)
7
165 (+4 %)
7
166 (+1 %)
9
167 (+1 %)
9
171 (+2 %)
9
175 (+2 %)
9
175 (=)
9
181 (+3 %)
9
189 (+4 %)
9
193 (+2 %)
9
197 (+2 %)
9
204 (+2 %)
9
227 (+11 %)
9
227 (=)
9
256 (+13 %)
10
285 (+11 %)
10
288 (+1 %)
10
298 (+3 %)
10
311 (+4 %)
10
318 (+2 %)
10
323 (+2 %)
10
325 (+0,6 %)
10
329 (+1 %)
10
329 (=)
10
331 (+0,6%)
10
333 (+0,6%)
10
335 (+0,6%)
10
345 (+3%)
10
357 (+3%)
10
361 (+3%)
10
367 (+2%)
10
379 (+2%)
10
381 (+0,5%)
10
388 (+2%)
10
402 (+4%)
10
414 (+3%)
10
422 (+2%)
10
423 (+2%)
10
440 (+4%)
10
455 (+3%)
10
459 (+0.9%)
10
504 (+10%)
10
541 (+7%)
10
618 (+14%)
10
749 (+21%)
10
824 (+10%)
10
882 (+7%)
10
944 (+7%)
10
1010 (+7%)
10
1121 (+11%)
10
1177 (+5%)
Source : Ministère de la Communication et de l'Information (Venezuela)

Notes :

  • pas de report officiel le 20 mars ;
  • les guérissons entre le 21 et le 25 mars correspondent aux personnes sans symptômes pendant au moins 5 jours, considérées comme guéries dans les rapports officiels.

Propagation du virus[modifier | modifier le code]

Le , les deux premiers cas officiels de contamination sont constatés[2]. Le 17 mars, 36 cas de contamination sont annoncés[3].

Au 4 mai 2020, 345 cas de contamination et 10 décès sont recensés[4].

Selon la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez l’Organisation panaméricaine de la santé, organisme de l'Organisation des Nations unies, a demandé au gouvernement la possibilité d’étudier sa stratégie « pour pouvoir la reproduire dans d’autres pays »[4].

L'opposition à Nicolás Maduro conteste le données officielles[5]. Juan Guaidó proclamé président par intérim en 2019 par l'Assemblée nationale pendant la crise présidentielle de 2019-2020, accuse l'administration de Maduro de cacher la gravité de la situation[5]. Le Venezuela ne publie plus de bulletins épidémiologiques depuis 2016[5]. Selon Le Monde « La transparence n'est pas le premier mérite du gouvernement vénézuélien, qui contrôle étroitement l'espace médiatique et envoie à l'occasion ses détracteurs en prison »[5]. Carlos Vecchio (en), ambassadeur de Guaidó aux États-Unis, estime que la faible expansion de la pandémie est due au fait que « Le pays était de fait confiné, bien avant l'arrivée de la pandémie ». La crise au Venezuela a poussé la plupart des compagnies internationales à suspendre leurs vols et le tourisme a pratiquement disparu[5].

Membres du gouvernement affectés[modifier | modifier le code]

Diosdado Cabello, vice-président du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et président de l'Assemblée nationale constituante vénézuélienne, est testé positif du Covid-19 le 9 juillet 2020[6].

Demandes d'aide[modifier | modifier le code]

Aide cubaine[modifier | modifier le code]

En avril 2020, Cuba envoie 137 médecins et infirmières en renfort[7].

Demandes au FMI[modifier | modifier le code]

Nicolas Maduro demande une aide de 5 milliards de dollars au Fonds monétaire international (FMI) afin de « contribuer significativement au renforcement de nos systèmes de détection et de réponse » au coronavirus. Le FMI refuse, le 18 mars, indiquant qu'une reconnaissance officielle « claire » du gouvernement par la communauté internationale est nécessaire pour obtenir cette aide, ce qui n'est pas le cas depuis la crise présidentielle de 2019-2020 au Venezuela au cours de laquelle Juan Guaidó s'était proclamé président par intérim avec le soutien des États-Unis, de l'Union européenne et de la plupart des pays d'Amérique latine[3].

Juan Guaidó indique le 12 mars avoir contacté des pays « alliés » pour obtenir du matériel hospitalier avec l'aide d'agences internationales telle que l'Organisation panaméricaine de la santé[2].

Demande de suspension des sanctions internationales[modifier | modifier le code]

Le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a appelé à une suspension des sanctions qui empêchent les livraisons d’assistance humanitaire au Venezuela[4]. Certains pays tels que la Belgique, l'Allemagne, la France et l'Estonie affirment que les sanctions européennes n’ont aucun impact sur l’aide médicale.[4]

Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, appelle aussi à l’allègement des sanctions contre l'Iran, Cuba, la Corée du Nord, le Venezuela et le Zimbabwe[8]. Elle explique que si les hôpitaux au Venezuela souffraient déjà de coupures d'électricité et d'eau et du manque de médicaments, d'équipement et de savon avant l'imposition de sanctions, leur allégement permettrait d’allouer davantage de ressources pour traiter et prévenir l’épidémie[8]. Bachelet rappelle l'importance de protéger le personnel de santé dans les pays frappés par les sanctions internationales et leur demande de fournir des informations transparentes et d'accepter les offres d’assistance humanitaire[8].

Le Venezuela demande le rapatriement de ses réserves d'or détenues par la Banque d'Angleterre (BoE) afin de financer des mesures de lutte contre la pandémie. Ces réserves ont été confisquées en janvier 2019 suite à la décision du gouvernement britannique de reconnaitre Juan Guaidó comme président du Venezuela. La Banque centrale du Venezuela décide alors de saisir la justice britannique et propose en avril que l'or soit transféré directement au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), tandis que Juan Guaido écrit à deux reprises à la BoE pour lui enjoindre de rejeter ces demandes de Caracas. La justice refuse finalement d’accéder à cette demande, soulignant que le gouvernement britannique « reconnaît sans équivoque » Juan Guaido comme président du Venezuela[9].

Pression des États-Unis[modifier | modifier le code]

Les États-Unis choisissent d'adopter une politique de « pression maximale », selon les mots de Donald Trump, contre le Venezuela[10].

Le président vénézuélien se voit accuser de terrorisme et de trafic de drogue et sa tête est mise à prix (15 millions de dollars pour toute information menant à sa capture). Washington masse ensuite une flotte de guerre à proximité du Venezuela dans ce qui constitue le plus grand déploiement militaire américain dans la Caraïbe depuis l'invasion du Panama en 1989. Le déploiement est également soutenu par 22 pays alliés aux États-Unis. En outre, les troupes américaines et colombiennes intensifient les exercices conjoints dans le cadre de l’opération « Vita » à proximité de la frontière terrestre du Venezuela[11].

Dans le même temps, le gouvernement américain présente un « Cadre pour une transition démocratique » au Venezuela, qui revendique notamment le démantèlement de l’appareil institutionnel vénézuélien pour lui substituer un « Conseil d’État » transitoire. Ce plan vise en particulier à contrecarrer le projet d'une frange de l’opposition – notamment menée par l’ancien candidat à la présidence Henrique Capriles – de trouver un terrain de discussion minimal avec le gouvernement pour faire face au péril sanitaire. Le chercheur Christophe Ventura explique que l’administration Trump entend « tenter de profiter de la crise sanitaire pour porter un nouveau coup aux autorités de Caracas, continuer d’étouffer économiquement et financièrement le pays[10]. »

Mesures de protection[modifier | modifier le code]

Confinement[modifier | modifier le code]

Le 15 mars 2020, le président Nicolás Maduro décrète un confinement pour six États vénézuéliens sur 23 dont la capitale Caracas. Il décide la fermeture des écoles et des liaisons aériennes avec l'Europe, la Colombie, la République dominicaine et Panama pour un mois. Seuls les commerces alimentaires et les centres de soins sont autorisés à rester ouverts. L'armée vénézuélienne et la police se déploient dans les rues pour faire respecter ce confinement[12].

Les autorités mettent en place un système de dépistage massif et gratuit. Le Venezuela présente ainsi le plus haut taux de dépistage d’Amérique du Sud. Les médecins effectuent un porte-à-porte afin de prévenir la propagation de la maladie[13].

En avril 2020, Maduro donne l'« ordre » d’hospitaliser la totalité des personnes contaminées par le coronavirus[14].

Le gouvernement met en place à partir de juin un dispositif qualifié de « 7+7 » : sept jours de confinement strict avec fermeture des commerces non essentiels alternent avec sept jours de « flexibilité » qui permettent leur ouverture. Les restrictions sont allégées pour la période de Noël. Le président Nicolas Maduro décide également en décembre de la levée du couvre-feu dans les municipalités frontalières de la Colombie et du Brésil, les plus vulnérables à la propagation du virus : « Nous maintenons la surveillance épidémiologique, les mesures de sécurité, la prévention et les soins. Nous gardons les bras ouverts pour tous les migrants qui arrivent, nous maintenons des mesures de santé préventives, détection, quarantaine pour ceux qui arrivent »[15].

État des hôpitaux[modifier | modifier le code]

Selon José Felix Oletta, ministre de la Santé dans les années 1990, les hôpitaux ne sont pas en mesure de supporter cette pandémie. Selon lui, 65 % des hôpitaux n'ont pas d'eau courante, le personnel de santé nettoie les locaux avec des seaux d'eau sans détergent ou chlore. Pour Médicos por la Salud, un réseau de praticiens vénézuéliens, très peu d'hôpitaux, environ 10 %, avaient mis en place, début mars un protocole pour affronter une arrivée massive de patients contaminés par la Covid-19[16]. Mais, malgré ce "système de santé fragilisé par des années de crise économique"[17], le Venezuela ne déplore en avril 2021 que 1662 morts depuis le mois de mars[18].

Mesures thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Carvativir[modifier | modifier le code]

Alors que le président avait présenté, le 24 janvier 2021, sur sa page Facebook un traitement mis au point et testé par les chercheurs vénézuéliens, le réseau social annonce, samedi 27 mars 2021, bloquer ​pour 30 jours le compte du président vénézuélien, pour des "violations répétées" et parlé d'un médicament "dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée par des études médicales"[19]. Le traitement présenté est le Carvativir, contenant de l’iso-thymol en ingrédient principal actif fonctionnant comme un "inhibiteur sélectif de la principale protéase du virus"[20]

Vaccins[modifier | modifier le code]

Le gouvernement du Venezuela lance en février une campagne de vaccination avec dix millions de doses des vaccins russe Spoutnik V[21] et chinois Sinopharm, il doit en outre recevoir 60.000 doses de vaccins cubains, mais a "décidé de ne pas autoriser le vaccin AstraZeneca en raison d'éventuels effets secondaires"[22].

Le dimanche 28 mars 2021 le président vénézuélien Maduro propose du « pétrole contre des vaccins » pour faire face à la deuxième vague de covid-19[23].

Incidences politiques[modifier | modifier le code]

Foro Penal, une organisation non gouvernementale pour la défense des droits de l'Homme, affirme que plusieurs personnes ont été interpellées pendant la pandémie « pour des raisons politiques », depuis le mois de mars 2020. Au moins dix « ont parlé publiquement de la pandémie », dont la plupart sont du personnel de santé, dit Alfredo Romero, directeur de Foro Penal[24].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique. Les différences quotidiennes sont indiquées en pointillés.


Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Coronavirus Dashboard », sur ncov2019.live (consulté le 30 septembre 2020)
  2. a et b « Coronavirus. Deux premiers cas confirmés au Vénézuela, les écoles fermées », sur Ouest France, .
  3. a et b Coronavirus : le FMI rejette une demande d'aide de plusieurs milliards de dollars du Venezuela Le Figaro, 18 mars 2020
  4. a b c et d « Venezuela. La faim, une arme contre Maduro », sur L'Humanité,
  5. a b c d et e « Coronavirus : au Venezuela, la menace d’une tragédie sanitaire et humanitaire », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  6. « Coronavirus : en Bolivie, au Brésil et au Venezuela, des dirigeants testés positifs », sur Le Point, (consulté le 10 juillet 2020)
  7. « Coronavirus : Donald Trump condamne Cuba pour sa coopération médicale », sur Martinique la 1ère (consulté le 1er avril 2020)
  8. a b et c « L’ONU appelle à l’allègement des sanctions visant certains états pour mieux lutter contre le Covid-19 », sur ONU Info, (consulté le 17 mai 2020)
  9. « Or du Venezuela : un juge britannique tranche en faveur de Guaido, «absurde» pour la BCV », sur RT,
  10. a et b « États-Unis/Venezuela : confrontation en temps de pandémie », sur www.iris-france.org,
  11. « Donald Trump envoie des navires de guerre dans la Caraïbe », sur France Info,
  12. Coronavirus: à Caracas, les Vénézuéliens masqués mais pas paniqués La Croix, 16 mars 2020
  13. Marco TERRUGI, « Le porte-à-porte : comment le Venezuela, avec les médecins cubains, stoppe le coronavirus », sur venesol.org, (consulté le 26 mai 2020)
  14. https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-au-venezuela-maduro-ordonne-l-hospitalisation-des-malades-du-covid-19-6802724
  15. https://www.lefigaro.fr/flash-actu/covid-19-le-venezuela-allege-les-restrictions-20201130
  16. Coronavirus. Manque de moyens au Venezuela, 1er décès au Brésil… L’Amérique latine menacée Ouest France
  17. https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20210108-covid-19-l-%C3%A9tonnante-r%C3%A9silience-du-venezuela
  18. https://www.worldometers.info/coronavirus/#countries
  19. https://www.ouest-france.fr/monde/venezuela/facebook-bloque-le-compte-du-president-venezuelien-pour-desinformation-liee-au-covid-59fa1fa4-8f0c-11eb-a3dd-c268e58a9335
  20. https://www.elciudadano.com/fr/carvativir-maduro-annonce-la-production-en-serie-des-gouttelettes-miraculeuses-contre-le-coronavirus/01/28/
  21. https://www.reuters.com/article/us-health-coronavirus-venezuela-idUSKBN29V1JQ
  22. https://www.parismatch.com/Actu/International/Le-compte-Facebook-du-president-venezuelien-Maduro-bloque-pour-un-mois-1731031
  23. https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20210329-covid-19-nicolas-maduro-propose-du-p%C3%A9trole-contre-des-vaccins-pour-le-venezuela
  24. AFP, « Venezuela: une dizaine de personnes arrêtées pour avoir évoqué le Covid-19 », sur Le Figaro, (consulté le 18 mai 2020)