Pandémie de Covid-19 au Yémen

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Pandémie de Covid-19 au Yémen
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Premier cas
Date d'arrivée
Depuis le (2 ans, 4 mois et 1 jour)
Site web
Bilan
Cas confirmés
11 812 ()[1]
Cas soignés
8 999 ()[1],[2]
Morts
2 146 ()[1]

La pandémie de Covid-19 est une crise sanitaire majeure provoquée par une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, la maladie à coronavirus 2019, dont l'agent pathogène est le SARS-CoV-2. Ce virus est à l'origine d'une pandémie[note 1], déclarée le par l'Organisation mondiale de la santé.

La pandémie de Covid-19 au Yémen démarre officiellement le . À la date du , le bilan est de 2 146 morts.

Le premier cas confirmé concernant la pandémie de Covid-19 au Yémen a été annoncé le avec un événement à Hadhramaut[3]. Les organisations ont qualifié la nouvelle de « coup dévastateur » et de « scénario cauchemar » étant donné la situation humanitaire déjà dramatique du pays[4].

Le pays est considéré comme extrêmement vulnérable à l'épidémie, étant donné la situation humanitaire désastreuse due à la guerre civile yéménite, exacerbée par la famine en cours, les épidémies de choléra (en) et le blocus militaire imposé par l'Arabie saoudite et ses alliés (en)[5],[6]. Le système de santé yéménite a été « presque décimé » par la guerre, avec de nombreux établissements de santé détruits par des frappes aériennes et des bombardements et un manque de personnel de santé.

Contexte sanitaire[modifier | modifier le code]

Plus de 5 ans de conflit armé ont mis à mal le système de santé au Yémen. En , si rien ne change, le nombre de décès par COVID-19 devraient augmenter à Aden, et pourrait être catastrophique dans le pays, selon Altaf Musani (représentant de l'OMS au Yémen), relayé par la revue The Lancet[7]. Une modélisation récente tenant compte du contexte du Yémen, laisse craindre (sauf si de sérieuses mesures d'atténuation sont rapidement mises en place) 28 millions de personnes infectées et plus de 65 000 décès pour 494 000 hospitalisations[7]. Début 2020, seuls 50% des établissements de santé du pays sont opérationnels et en , et ils doivent en outre répondre au même moment à trois autres épidémies, de choléra, de chikungunya et de diphtérie[7]. Au 4 juin 2021, malgré le contexte, cette épidémie n'aura pas été très importante.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Avril 2020[modifier | modifier le code]

Le premier cas a été confirmé le , le patient était un homme de 60 ans dans la région productrice de pétrole du sud de Hadhramaut. Il reste dans un état stable. Les autorités ont depuis fermé le port où l'homme travaillait et dit aux autres employés de s'isoler pendant deux semaines. Les régions voisines de Shabwah et al-Mahrah ont scellé leurs frontières avec Hadhramaut, où un couvre-feu nocturne de 12 heures a été imposé[8].

Le , le gouverneur de Hadramout, Faraj Salmin Al-Bahsni, a déclaré dans une interview à la télévision Al-Arabiya que le résultat du dernier examen que la personne avait subi le après sa convalescence était négatif.

Le , le Yémen a enregistré cinq nouveaux cas de coronavirus, dont deux décès, tous dans la ville portuaire d'Aden, dans le sud du Yémen[9].

Deux sources proches du dossier ont déclaré à Reuters qu'il y avait au moins un cas confirmé à Sanaa, contrôlé par les Houthis, mais le ministère de la Santé du mouvement a nié cela et a déclaré que tous les cas suspects avaient été testés négatifs au Covid-19[9].

Mai 2020[modifier | modifier le code]

Le 1er mai, le Yémen a signalé son premier cas dans le sud-ouest du gouvernorat de Taiz[10].

Le , trois autres cas ont été confirmés, un dans le gouvernorat de Taiz et deux dans la ville d'Aden. Le nouveau cas à Taiz avait été en contact avec la première infection de la province du sud-ouest[11].

Le , deux nouveaux cas ont été signalés à Hadhramaut[12].

Le , le gouvernement du sud a signalé 9 nouvelles infections, huit à Aden, ainsi qu'un nouveau décès et un cas à Hadhramaut. Les Houthis ont signalé leur premier cas, un ressortissant somalien, qui a été retrouvé mort dans un hôtel à Sanaa le [13].

Le , le Yémen a signalé ses trois premiers cas reconnus, dont un décès dans le gouvernorat de Lahij et une autre infection à Aden. Le comité d'urgence sur le coronavirus du gouvernement du Yémen soutenu par l'Arabie saoudite a également déclaré qu'un patient Covid-19 diagnostiqué plus tôt dans la province de Taiz était décédé[14].

Au , les autorités yéménites, surtout dans le nord-Yemen semblent vouloir minimiser le nombre de morts : elles n'avaient signalé à l'OMS que 19 morts pour 126 cas (au ) alors que selon Médecins sans frontières (gestionnaire d'un « centre COVID-19 » à Aden, du au , ce seul centre avait admis 173 patients (dont 68 au moins sont morts)[15], et selon un article scientifique (The Lancet, )[7] l'ONG Save the Children d'Aden a signalé de son côté au moins 385 morts dans la semaine du 7 au , des suites de symptômes pouvant être ceux de la COVID-19[7]. Des agences humanitaires dénoncent des pressions visant à ce que ces informations ne circulent pas, et selon Save the Children, des personnels de santé refusent de travailler (faute d'équipement individuel de protection) ; certains hôpitaux refusent même l'admission de patients ayant des symptômes de COVID-19 [7] « Les hôpitaux ferment et les patients sont refoulés ou laissés pour mort ». Les écoles sont fermées, mais confinement est en outre très imparfait car la population n'a pas accès aux ressources basique (nourriture, eau) si elle reste au domicile. Par rapport aux pays d'Europe et des États-Unis, le nombre de malades mourant dans la classe des 40 à 50 ans est plus élevé. 24 millions de yéménites (80% de la population) auraient besoin d'une aide humanitaire[7].

Dans le sud du pays, la coalition soutenue par l'Arabie saoudite (basée à Aden) avait en annoncé un cessez-le-feu pour faire face à la COVID-19, mais de nouveaux conflits éclatent entre la coalition et les Houthis (soutenus par l'Iran, basés à Sanaa au nord du pays) et avec les forces séparatrices du sud[7].

Fin mai, Altaf Musani (représentant local de l'OMS local) estime que le virus n'est plus contrôlé au Yémen, pays qui souffre en outre d'un accès réduit aux aides humanitaire et de difficultés pour payer le personnel de santé du pays (plus de 50 000 agents de santé)[7].

L'OMS et d'autres agences des Nations unies demandent une aide urgente, incluant un soutien médical et en matériel de 179 millions de dollars. Une conférence d'annonces de contributions des donateurs est prévue en Arabie saoudite avec l'ONU, le [7].

Juin 2021[modifier | modifier le code]

Au 4 juin 2021, sur 28 498 683 habitants, il y a eu au total 6 767 cas avec 3 484 guérisons et 1 325 décès, avec un taux de mortalité à 19,58%, de guérison à 51,49% et de personnes encore malades à 28,93%[16].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Nombre de cas au Yémen depuis le début de l'épidémie.
Nombre de morts au Yémen depuis le début de l'épidémie.

Prévention[modifier | modifier le code]

En réponse à la menace croissante, les Houthis ont déclaré la suspension des vols internationaux le [17]. Les autorités yéménites se sont également mobilisées pour lutter contre la menace du coronavirus[18].

L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a déclaré le qu'elle suspendrait partiellement ses opérations dans les zones tenues par les rebelles houthis en raison des restrictions imposées par les rebelles. En conséquence, Oxfam America a déclaré qu'elle serait forcée de mettre fin aux services essentiels à la prévention des coronavirus, y compris la promotion de l'hygiène et les soins de santé primaires.

Après avoir exhorté les Nations Unies à poursuivre les pourparlers de paix[19], la coalition dirigée par l'Arabie saoudite dans la guerre civile a appelé à un cessez-le-feu unilatéral le à midi, pour soutenir les efforts visant à arrêter la propagation du virus[20].

Après l'annonce du deuxième cas dans le gouvernorat de Taiz, le gouverneur de Taiz a annoncé le qu'il fermait les frontières de la province pendant deux semaines, à l'exception des fournitures de nourriture et d'autres biens essentiels, afin d'empêcher la propagation du virus[11].

Le , les États-Unis ont annoncé qu'ils fourniraient 225 millions de dollars d'aide d'urgence au Yémen pour soutenir des programmes alimentaires, et ont appelé les Houthis à faire davantage pour permettre aux opérations d'aide de fonctionner « de manière indépendante et neutre ». Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré lors d'une conférence de presse que le financement engagé par Washington ira à l'opération alimentaire d'urgence du programme alimentaire mondial des Nations unies dans le sud du Yémen, ainsi qu'à sa réduction des opérations dans le nord du Yémen.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Coronavirus Update (Live) - Worldometer », sur www.worldometers.info.
  2. « 'It is still a mystery': War-hit Yemen struggles to trace COVID-19 infection », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. (en) « War-ravaged Yemen confirms first coronavirus case, braces for more », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. (en-GB) « Yemen 'faces nightmare' as virus case confirmed », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Shaker, « WHO warns Yemen of pending 'explosion'of COVID-19 cases » [archive du ], Al-Monitor, (consulté le )
  6. « COVID-19: Impact on Yemen » [archive du ], ACAPS, (consulté le )
  7. a b c d e f g h i et j (en) Sharmila Devi, « Fears of “highly catastrophic” COVID-19 spread in Yemen », The Lancet, vol. 395, no 10238,‎ , p. 1683 (PMCID PMC7255709, DOI 10.1016/S0140-6736(20)31235-6, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) « Yemen 'faces nightmare'as first coronavirus case confirmed », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. a et b (en) « Yemen reports first two coronavirus deaths, braces for more », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. (en) « Yemen records first coronavirus case in Taiz province as virus spreads », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. a et b (en) « Three new coronavirus cases in Yemen bring total confirmed to 10 », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. (en) « Yemen records two new coronavirus cases in Hadhramout », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. (en) « Yemen's Houthis report first coronavirus case with death in Sanaa hotel », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. (en) « Yemen reports first three coronavirus cases, one death in Lahaj province », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. « Yémen : situation catastrophique dans l’unique centre de traitement contre le coronavirus d'Aden, géré par MSF », sur Médecins sans frontières (consulté le )
  16. https://coronavirus.politologue.com/coronavirus-yemen.YE
  17. « Yemen's Houthis suspend int'l flights over COVID-19 concerns – Xinhua » [archive du ], www.xinhuanet.com (consulté le )
  18. « Preparing for the arrival of Covid-19 in Yemen » [archive du ], ACTED (consulté le )
  19. (en) « As coronavirus spreads, U.N. seeks Yemen urgent peace talks resumption », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. « Ceasefire begins in Yemen to help combat virus », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )