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Maladie à virus Ebola

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Maladie à virus Ebola
Description de cette image, également commentée ci-après
Distribution fin 2014 de l'hôte naturel théorique zoonotique du virus Ebola[1].
Causes Virus Ebola transmis par contact direct
Transmission Transmission par contact (d) et transmission de l'agent pathogène par contact hématologique (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Incubation min 2 jVoir et modifier les données sur Wikidata
Incubation max 21 jVoir et modifier les données sur Wikidata
Début habituel Après 2 jours à 3 semaines d'incubation
Symptômes fièvre soudaine, asthénie, myalgie, arthralgie, céphalée, diarrhée, vomissements, douleurs abdominales soudaines, conjonctivite, exanthème, état de choc, œdème cérébral, coagulopathie, infection bactérienne secondaire, pharyngite, ulcérations, hémorragies multiples
Complications Hypovolémie
Traitement
Diagnostic ARN viral ou anticorps sanguins
Différentiel Paludisme, choléra, fièvre typhoïde, méningite, autre fièvre hémorragique (fièvre de Lassa...)
Prévention Coordination et sécurité sanitaire, acceptation du risque de la viande de brousse, anthropologie et représentation de l'infection et des informations fournies.
Traitement Symptomatique
Pronostic 25-90 % de mortalité
Spécialité InfectiologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CISP-2 A77
CIM-10 A98.4
CIM-9 065.8
DiseasesDB 18043
MedlinePlus 001339
eMedicine 216288
MeSH D019142

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La maladie à virus Ebola, également appelée fièvre hémorragique Ebola ou fièvre d'Ebola[2] (en anglais : Ebola virus disease ou EVD), est la maladie provoquée par le virus Ebola, qui touche les primates et d'autres animaux tels que le porc.

Le virus se transmet à l'homme à partir d'animaux sauvages et circule ensuite au sein des populations humaines par contact avec les fluides corporels de personnes présentant les symptômes de la maladie (à l'issue de la période d'incubation), voire par voie entérale[3], mais pas par aérosols (voie aérienne)[4]. Des chercheurs pensent que des chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constituent le réservoir naturel du virus Ebola[5],[6], bien que les porcs aient été également impliqués dans la transmission d'un virus de même type[7].

Il s'agit d'une fièvre hémorragique virale aiguë accompagnée d'une atteinte sévère de l'hémostase et du système immunitaire conduisant à une grave immunodépression[8],[9]. Présentant un tableau clinique identique à celui des affections à virus Marburg, la maladie à virus Ebola est réputée plus grave et le plus souvent mortelle chez l'homme, avec un taux de létalité atteignant parfois 90 % lors des flambées épidémiques. Ces dernières surviennent principalement dans les villages isolés d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest, à proximité des forêts de feuillus humides tropicales et subtropicales[8]. Aucun facteur de prédisposition à l'infection n'a été identifié ; toutefois, les personnes de 20 à 30 ans semblent particulièrement sensibles au virus.

Il existe des vaccins et des traitements homologués contre cette maladie. La prise en charge des personnes atteintes repose avant tout sur des soins de support.

Agent infectieux

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Virus Ebola vu au Microscope électronique en transmission.[10].

Comme le virus Marburg, le virus Ebola appartient à la famille des Filoviridae (filovirus), de l'ordre des Mononegavirales (mononégavirus). Il a été décrit pour la première fois en 1976 par David Finkes[11]. Les Filoviridae sont des virus à ARN de forme filamenteuse, d'où leur nom. Le génome du virus Ebola contient sept gènes qui codent neuf protéines différentes[12].

Le genre Ebolavirus regroupe cinq espèces différentes[13],[14] :

  • Ebolavirus Zaïre (EBOV), identifié au Zaïre en 1976 (la souche découverte en 2014 appartient à cette espèce[15]). C'est le plus fréquent et le plus virulent, circule surtout en Afrique centrale et de l'ouest[16] ;
  • Ebolavirus Soudan (SUDV), identifié au Soudan en 1976, circule plutôt en Afrique de l'est ;
  • Ebolavirus Reston (RESTV), identifié dans une animalerie (macaques importés) de Reston aux États-Unis en 1989[17], circule aux Philippines et probablement ailleurs en Asie[16];
  • Ebolavirus Forêt de Taï (TAFV, anciennement appelée Ebola-Côte d'Ivoire), identifié dans le parc national de Taï en Côte d'Ivoire en 1994 ;
  • Ebolavirus Bundibugyo (BDBV), identifié à Bundibugyo, en Ouganda en 2008.

Les deux premières (Zaïre et Soudan) sont responsables de la quasi-totalité des cas humains[12]. Le virus philippino-américano-africain (Reston) semble être transmissible aux humains (par contact de fluides, comme les autres souches, et aéroporté) mais sans donner de signes cliniques[18].

Le virus Ebola peut être linéaire ou ramifié, long de 0,8 à 1 μm mais pouvant atteindre 14 μm[19] par concatémérisation (formation d'une particule longue par concaténation de particules plus courtes), avec un diamètre constant de 80 nm. Il possède une capside nucléaire hélicoïdale de 20 à 30 nm de diamètre constituée de nucléoprotéines NP et VP30, elle-même enveloppée d'une matrice hélicoïdale de 40 à 50 nm de diamètre constituée de protéines VP24 et VP40 et comprenant des stries transversales de 5 nm[8].

Action pathogène

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Comme les autres filovirus, le virus Ebola attaque l'ensemble de l'organisme en y provoquant une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) croissante qui dégrade rapidement l'hémostase et le fonctionnement des organes vitaux[20]. L'infection vise en priorité les cellules endothéliales, les phagocytes mononucléaires — monocytes, macrophages, cellules dendritiques, mastocytes — et les hépatocytes. Elle s'accompagne par ailleurs de la rapide neutralisation de certaines populations de lymphocytes T par un effet superantigène[21].

L'entrée du virus dans les cellules repose sur la protéine NPC1[22],[23], codée par un gène en 18q11 dont la mutation provoque la maladie de Niemann-Pick type C, une maladie lysosomale caractérisée par l'accumulation de cholestérol non estérifié et de glycolipides dans les lysosomes. Dans les cellules normales, la protéine NPC1 agit avec la protéine NPC2 pour transporter les grosses molécules hydrophobes à travers le système endosome-lysosome ; il a été observé que, lorsque cette protéine n'est pas fonctionnelle, ni le virus Ebola ni le virus Marburg ne peuvent entrer dans la cellule, cette dernière demeurant donc indemne malgré la présence des virus dans son environnement. Une étude complémentaire a montré que le deuxième domaine lysosomal de la protéine NPC1 se lie directement à la glycoprotéine de l'enveloppe virale de ces virus[24].

Une fois le virus dans la cellule, il sécrète la glycoprotéine soluble sGP et la glycoprotéine structurelle GP. La réplication du virus sature la biosynthèse des protéines dans les cellules infectées et notamment celles du système immunitaire de l'hôte. La glycoprotéine GP forme un complexe trimérique liant le virus aux cellules endothéliales qui tapissent l'intérieur des vaisseaux sanguins, tandis que la glycoprotéine sécrétée sGP forme un dimère qui interfère avec les granulocytes neutrophiles, un type de leucocytes, permettant au virus d'échapper au système immunitaire de l'hôte par inactivation précoce des neutrophiles. Ces leucocytes inactivés servent alors de transporteurs du virus à travers l'ensemble de l'organisme pour notamment contaminer les ganglions lymphatiques, le foie, les poumons et la rate[25]. La présence des particules virales et les dommages causées aux cellules par leur éclosion provoquent la libération de cytokinesTNFα, IL-6, IL-8, etc. — qui sont les molécules de signalisation cellulaire provoquant fièvre et inflammation. L'atteinte des cellules épithéliales par effet cytopathique conduit à la perte de l'intégrité vasculaire, aggravée d'une part par la glycoprotéine virale qui réduit l'efficacité des intégrines responsables de l'adhérence des cellules au sein des structures intercellulaires, et d'autre part par les atteintes hépatiques, responsables de la coagulopathie[26].

Survie du virus hors d'un hôte

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Le virus Ebola peut survivre hors d'un hôte et demeurer infectieux pendant plusieurs jours à température ambiante ou à °C[27], aussi bien dans un liquide que sur une matière sèche (par exemple sur une couverture, des vêtements). Il peut demeurer infectieux sur une période indéterminée à −70 °C ainsi que par lyophilisation.[réf. nécessaire]

Il peut être inactivé par chauffage à 60 °C pendant 30 à 60 minutes, par ébullition pendant 5 minutes ou par exposition aux rayons γ[28] ou ultraviolets[8],[29]. Il est sensible à certains agents chimiques tels que les détergents comme le laurylsulfate de sodium, le paraformaldéhyde, le formaldéhyde, l'acide acétique à 3 % (pH 2,5), l'acide peracétique, la β-propiolactone, le Triton X-100 à 0,25 %, le glutaraldéhyde 2 %, le désoxycholate de sodium, l'éther diéthylique, le méthanol, les désinfectants phénoliques, les solvants lipidiques et l'hypochlorite de sodium (eau de Javel)[30],[29],[31],[32].

Épidémiologie

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Déclenchement des épidémies

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Le déclenchement des épidémies n'est pas entièrement compris. Si les chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constituent vraisemblablement le réservoir naturel du virus Ebola[5],[6], on a retrouvé des éléments génétiques de filovirus dans le génome de certains petits rongeurs, de chauves-souris insectivores, de musaraignes, de tenrecidés voire de marsupiaux[33], ce qui tendrait à prouver une interaction de plusieurs dizaines de millions d'années entre ces animaux et les filovirus. La contamination des primates à partir de ces animaux pourrait survenir par contact ou par consommation d'aliments souillés, et la contamination de l'homme pourrait elle-même résulter de contacts avec des primates contaminés ou par des animaux porteurs du virus[3].

Transmission interhumaine

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Au cours d'une épidémie à virus Ebola, la maladie se transmet entre humains par contact direct avec un malade présentant des symptômes, avec ses fluides biologiques (sang, sueur, selles, urine, salive…) ou avec son cadavre (lors d'un rite funéraire). Une transmission indirecte est aussi possible par contact avec des objets contaminés (fomite comme literie, vêtements, instruments médicaux…). Le virus pénètre dans l'organisme par voie muqueuse ou transdermique[34],[35].

La transmission par voie aérienne directe (aérosols) n'a pas été observée sur le terrain, bien que cette transmission soit expérimentalement réalisable en laboratoire chez le primate non-humain[36]. Aussi on considère qu'en situation épidémique, la transmission se fait surtout par contact direct, le risque de transmission aéroportée étant faible[37].

Ceci explique que la transmission s'effectue dans deux situations :

  • une transmission familiale : par contact étroit avec un malade, ou lors de traditions funéraires (laver, toucher le corps…),
  • une transmission aux soignants : par contact avec des produits et fluides biologiques (une contamination par voie respiratoire d'aérosols de liquides biologiques hémorragiques est possible)[35].

Le virus Ébola peut être transmis par voie sexuelle (présent dans le sperme plusieurs mois après l'infection), par voie transplacentaire (de la femme enceinte infectée à son foetus) et au cours de l'allaitement (par le lait maternel)[34],[35].

Principales épidémies

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Deux infirmières devant Mayinga N. en 1976 au Zaïre, morte à Kinshasa en des suites de la fièvre hémorragique Ebola[38]. Mayinga a donné son nom à la souche virale identifiée dans son sang.

Les deux premières épidémies recensées par l'OMS ont eu lieu en 1976, au Soudan (151 morts pour 284 cas[39]) et au Zaïre (280 décès pour 318 cas). Un cas mortel est identifié au Zaïre en 1977. De nouvelles contaminations surviennent au Soudan en 1979 : 22 décès pour 34 cas. En 1989, une épidémie touche les singes d'une animalerie de Reston, États-Unis. Elle ne fait aucune victime humaine. Le même type d'épidémie est observé en 1992 en Italie et en 1996 aux États-Unis[réf. nécessaire].

D'autres contaminations humaines massives surviennent dans les années 1990, en 1994 au Gabon (31 décès pour 52 cas) et en Côte d'Ivoire (un cas, non mortel), en 1995 au Zaïre (254 décès pour 315 cas), en 1996 au Gabon (deux épidémies successives, causant respectivement 21 décès pour 31 cas, de janvier à avril, et 45 décès pour 60 cas, de juillet à décembre). Une infirmière ayant soigné des malades atteints au Gabon meurt de fièvre hémorragique Ebola en Afrique du Sud, la même année[réf. nécessaire].

En 2000, le virus touche pour la première fois l'Ouganda (224 décès pour 425 cas) ; il y revient en 2007 dans la région du lac Albert (37 morts pour 149 cas, soit un taux de létalité inhabituellement bas de 25 %, peut-être en raison d'une souche moins virulente), 2011 (1 cas mortel, à 35 km de la capitale[40]), 2012 (dans le district de Kibale, dans l'ouest du pays : 17 morts pour 24 cas[41]) et 2013 (4 morts pour 7 cas). Une épidémie touche de nouveau le Gabon en 2001-2002 (53 décès pour 65 cas), ainsi que la République du Congo voisine (44 décès pour 59 cas en 2001-2002, 128 décès pour 143 cas de janvier à , 29 décès pour 35 cas en novembre-, 10 décès pour 12 cas en 2005). La République démocratique du Congo est également touchée en 2007 (187 morts pour 264 cas), 2008 (dans le Kasaï-Occidental, 14 décès pour 32 cas) et 2012 (dans la Province orientale, 29 décès pour 54 cas).[réf. nécessaire]

Début 2014, l'Afrique de l'Ouest est le théâtre de l'épidémie de maladie à virus Ebola la plus meurtrière depuis la découverte des premiers cas en 1976[42],[43]. D'abord localisée dans le sud de la Guinée, notamment dans les préfectures de Gueckédou[44], Macenta et Kissidougou, l'épidémie se propage rapidement au Liberia puis dans un deuxième temps en Sierra Leone[45],[46]. Des cas de maladie à virus Ebola survenus en Sierra Leone lors d'une épidémie de fièvre de Lassa entre 2006 et 2008 et identifiés montrent que le virus était déjà présent dans la région[47]. En juillet 2014, un décès lié au virus survient au Nigéria, il s'agit d'un homme en provenance du Liberia et mort peu après son débarquement à l'aéroport de Lagos[48]. Au , on dénombrait 660 décès pour plus de 1 100 cas de fièvre hémorragique[48].

Le , l'OMS fait état de « chaînes de transmission non détectées » à la suite d'une recrudescence de nouveaux cas en Guinée après plusieurs semaines de faible activité virale[49]. Le , l'OMS diffuse un nouveau bilan de l'épidémie de fièvre hémorragique faisant état de 932 décès en Afrique de l'Ouest[50]. Le , les États-Unis annoncent le premier cas de contraction du virus sur le sol américain[51], ce malade décède des suites de la maladie le . Un membre de l'équipe de soins affectée à ce patient contracte la maladie, il s'agit du premier cas non importé sur le sol américain. Le , un premier cas confirmé est également déclaré en Espagne, qui est également le premier cas en Europe[52].

L'épidémie qui a sévi en Afrique de l'Ouest en 2014 et 2015 a été provoquée par un virus très semblable à celui identifié lors de précédentes épidémies en République démocratique du Congo, en République du Congo et au Gabon[53],[54], une première étude ayant d'abord fait penser à une mutation de ce virus, à 97 % identique à celui que l'on retrouve en République démocratique du Congo[55]. Elle avait provoqué au , selon les données recueillies par l'OMS à partir des informations communiquées par les autorités des dix[56] pays concernés, la mort de 11 323 personnes sur 28 646 cas recensés[57], soit une létalité globale de 39,5 % ; si la remontée d'informations s'est par la suite progressivement fiabilisée, l'OMS avait cependant averti le 14 août 2014 que « les équipes opérant sur les sites de l'épidémie constatent des signes évidents que les données rapportées sur le nombre de cas et de morts sous-évaluent largement l'ampleur de l'épidémie »[58].

Une nouvelle épidémie frappe la République démocratique du Congo en 2019, faisant plus de 2 000 morts[59],[60].

En 2021, plusieurs cas sont à nouveau détectés dans la région de Nzérékoré, au Sud-Est de la Guinée[61].

Symptômes et évolution

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L'incubation dure de quelques jours à trois semaines, le plus souvent entre 4 et 9 jours[62]. Au cours de cette période, le patient n'est pas contagieux[35],[63].

La durée d'incubation dépend probablement de l'espèce d'Ébolavirus, de la dose infectante, et du mode de transmission (plus courte par injection contaminante que par simple contact)[16].

Panneau d'information sur les symptômes d'Ébola.

L'invasion est marquée par un syndrome pseudo-grippal : fièvre soudaine, asthénie, céphalée, myalgie, arthralgie, céphalée. Elle peut se distinguer par une pharyngite, une conjonctivite, une éruption maculopapuleuse [35],[63].

Le tableau se complète avec des troubles digestifs (hoquet, douleurs abdominales, vomissement, diarrhée…) qui sont les plus fréquents et les plus importants : les pertes liquidiennes sont en moyenne de trois et à cinq litres par jour, mais peuvent aller jusqu'à dix litres par jour[34].

Les autres troubles possibles sont hépatiques, cardiovasculaires, rénaux, neurologiques , etc.[35],[63].

L'évolution n'est guère prévisible. Dans 25 à 50 % des cas, des manifestations hémorragiques surtout digestives, internes et externes, peuvent survenir, quatre à cinq jours après le début de la maladie. Elles sont liées à des troubles de la coagulation par insuffisance hépatique aigüe et dysfonctionnement de l'endothélium[16].

La charge virale parait être en corrélation avec la gravité des symptômes, en étant indicatrice de pronostic[64]. Une charge virale égale ou supérieure à 106 copies/ml de sang laisse présager une issue fatale[63].

Les premières descriptions (fin XXe siècle) soulignaient la fréquence et la gravité de ces hémorragies, ce qui a été moins retrouvé par les études suivantes (début XXIe siècle), d'où une évolution de la nomenclature : la fièvre hémorragique à virus Ébola devenant la maladie à virus Ébola[63],[65].

Dans 25 à 90 % des cas, selon le type de virus et les conditions de prise en charge, la maladie évolue vers une défaillance multiviscérale. Quand les premiers symptômes apparaissent, chaque jour, sans prise en charge et soins de support, augmente de 11 % le risque de décès[65].

En phase terminale de la maladie, la fièvre jusque là ondulante peut disparaître (normothermie avec absence de surinfection bactérienne), mais dans un tableau de choc septique ou de choc hypovolémique entraînant la mort[37].

Pour les survivants, la convalescence s'accompagne d'une fatigue intense et de douleurs variables touchant les grosses articulations, une inflammation oculaire et une perte de mémoire peuvent persister[37]. Ces personnes peuvent présenter des troubles anxio-dépressifs ou un trouble de stress post-traumatique. Près d'un tiers des survivants sont victimes de stigmatisation sociale (perte d'emploi, ostracisme, isolement…)[64].

Les sujets touchés par le virus demeurent contagieux tant que le virion est présent dans leur sang, leurs sécrétions, leurs organes et leur sperme ; le virus Ebola a été observé dans le liquide séminal 61 jours après l'apparition des symptômes de la maladie. Une transmission par le sperme sept semaines après le rétablissement clinique du patient a été constatée et une autre cinq mois après le rétablissement[66].

Les femmes enceintes infectées sont à fort risque de fausse couche, et en cas de naissance le nouveau-né survit rarement[64].

Orientation

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Le diagnostic est évoqué devant un syndrome grippal, surtout s'il évolue avec des manifestions digestives et hémorragiques, situé ou provenant d'une zone d'endémie connue ou présumée, actuelle ou passée ; d'autant plus qu'il y a eu exposition avérée au risque (contact avec des malades, des primates, des rongeurs…) dans les trois semaines précédant l'apparition des premiers symptômes. Au delà de trois semaines, le diagnostic d'Ebola est exclu (par exemple après un retour de voyage)[35].

Selon le stade évolutif et la présentation clinique, le diagnostic différentiel d'une maladie à virus Ebola s'effectue par élimination d'autres diagnostics, principalement : paludisme, fièvre typhoïde, leptospirose, rickettsiose, infection à méningoccoque, hépatite fulminante[35]

Confirmation

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Le diagnostic de confirmation s'effectue par des examens de laboratoire (prélèvements de liquides biologiques, de tissus…) comme[35],[16] :

Ces examens peuvent être négatifs au tout début de la maladie, aussi il existe différentes stratégies pour les combiner entre eux selon le contexte clinique, afin de réduire le risque de faux négatifs[63],[64].

Les examens de laboratoire posent des problèmes de coût, de moyens et de personnel qualifié dans les régions endémiques où les structures de santé sont souvent insuffisantes, ce qui engendre des problèmes supplémentaires de transport des prélèvements biologiques[64].

Prise en charge et prévention

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Salle de confinement d'un hôpital à Gulu, en Ouganda, lors de l'épidémie d'octobre 2000.

Depuis les années 2020, il existe des recommandations internationales, comme celles de l'OMS, sur la prise en charge et le traitement des cas d'Ébola[63],[67].

La prise en charge des cas graves consiste en des soins de soutien intensifs destinés à maintenir l'hydratation la fonction rénale et l'équilibre électrolytique tout en limitant les hémorragies et l'état de choc[34].

La nature particulièrement infectieuse et contagieuse de l'agent pathogène implique de prendre d'emblée les mesures prophylactiques appropriées, d'abord par l'instauration d'une zone de quarantaine autour des régions sujettes à des flambées épidémiques, puis au sein des centres de soins afin de limiter les contaminations nosocomiales et la transmission aux personnels soignants[34],[35].

La manipulation du virus est réglementée et ne doit être entreprise qu'au sein d'un laboratoire P4 conçu pour prévenir les risques de contamination[35]. Toutes ces mesures nécessitent une infrastructure et des moyens qui peuvent être absents ou insuffisants selon les régions épidémiques[65].

Prévention en milieu hospitalier

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Entraînement à la prise de sang en équipement de protection, sur un bras artificiel, avant le départ en Sierra Leone (épidémie d'Ebola de 2014).

Les symptômes initiaux d'une maladie à virus Ebola n'étant pas spécifiques, il n'est pas toujours possible d'identifier rapidement les patients qui en sont atteints. C'est la raison pour laquelle les personnels soignants doivent appliquer en permanence les précautions d'usage à tous les patients, et ce indépendamment du diagnostic[68] :

En présence d'une infection à virus Ebola suspectée ou confirmée, les personnels soignants doivent éviter tout contact avec le sang ou les fluides biologiques du patient et toute exposition directe à l'environnement susceptible d'être contaminé. Les contacts rapprochés avec ces patients requièrent le port d'un équipement de protection individuelle médical utilisant des protocoles stricts d'habillage et de déshabillage pour un personnel régulièrement entraîné (le risque maximum est au déshabillage)[35].

Traitements spécifiques

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Dès la découverte des Ébolavirus en 1976, des traitements spécifiques sont activement recherchés, motivées notamment par les risques de bioterrorisme par virus Ebola. Les principales pistes ont été successivement : la sérothérapie (à partir de sérum ou de sang entier de convalescents d'Ėbola), les antiviraux (comme le favipiravir, le brincidofovir…), des anticorps monoclonaux (comme le ZMapp), des ARN interférents (comme TKM-Ebola) mais jusqu'en 2020, aucun n'a montré une efficacité significative sur des patients humains[63],[69].

Scientifique travaillant sur le virus Ebola dans un laboratoire P4.

Au cours de l'épidémie d'Ebola du Congo 2018-2020, des études montrent une efficacité de deux produits, qui sont désormais recommandés par l'OMS et la FDA[63],[65] :

Ces deux produits se sont montrés supérieurs aux autres avec une réduction de la mortalité à 34 % en moyenne, moins d'effets secondaires, et ce dans de nombreux sous-groupes de malades (personnes âgées, enfants, femmes enceintes et allaitantes…). Ces traitements doivent être appliqués le plus tôt possible après confirmation du diagnostic[63],[69].

Des progrès thérapeutiques significatifs ont été réalisés, mais la mortalité, même abaissée, reste haute. Ces traitements ne ciblent que l'Ébolavirus Zaïre (l'espèce la plus fréquente et la plus virulente). La recherche de nouvelles molécules (ou de nouvelles combinaisons de produits) plus efficaces et actives sur tous les ébolavirus se poursuit, notamment par intelligence artificielle[65],[69].

Vaccins disponibles

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Des vaccins contre le virus Ebola sont développés depuis les années 1980, mais cette recherche s'est heurtée à différents obstacles scientifiques, techniques et socioéconomiques. Depuis 2014, à la suite de l'épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest déclarée urgence internationale, les travaux sont accélérés.

En 2023, les vaccins homologués sont des vaccins utilisant des vecteurs viraux modifiés (adénovirus, virus de la stomatite vésiculaire ou VSV) qui expriment une glycoprotéine d'enveloppe du virus Ebola, il s'agit de[70] :

Au niveau mondial, deux vaccins sont préqualifiés par l'OMS : le vaccin ERVEBO et le vaccin Zabdeno/Mvabea. Ce qui signifie la possibilité de leur utilisation dans la politique vaccinale de l'ONU et de ses partenaires (Croix Rouge, Médecins sans frontières, UNICEF…), notamment dans la constitution d'un stock mondial en réponse à d'éventuelles épidémies[68],[70].

En Europe, l'autorisation de l'EMA stipule que les fabricants doivent fournir les études de mises à jour de sûreté du vaccin tous les six mois dans les deux ans qui suivent la mise sur le marché. L'OMS précise que l'EMA est l'autorité responsable pour la surveillance continue du vaccin préqualifié[70].

Politiques vaccinales

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Selon l'OMS, la vaccination n'est qu'un des moyens de contrôle d'une épidémie d'Ebola, elle doit s'articuler avec d'autres moyens stratégiques (systèmes de surveillance et moyens de diagnostic, isolement des patients, éducation et participation de la population…). Ces vaccins, utiles en situation épidémique, nécessitent une évaluation continue de leur efficacité, de durée de protection, de coût-efficacité et bénéfices-risques, avec engagement international des industriels et des institutions sanitaires[68],[71].

En dehors du continent africain, le vaccin peut être indiqué à titre individuel chez des personnes exposées à risque. Par exemple aux États-Unis, la vaccination est recommandée pour le personnel travaillant sur le virus Ebola dans des laboratoires de niveau P4, les soignants amenés à traiter des cas Ebola. Il en est de même en France[72],[73].

En situation épidémique, l'OMS recommande une vaccination en anneau (isolement des malades et vaccination des cas contacts) par VSV-EBOV (à effet rapide) pour contrer les épidémies en urgence. Les experts de l'OMS déconseillent une vaccination préventive de masse contre des épidémies futures, en raison des incertitudes sur la durée de protection et des réserves limitées de vaccins. Si les réserves sont suffisantes (consolidation d'un stock mondial), la vaccination préventive des populations les plus à risques pourrait être envisagée (régions ou pays ayant une histoire récente d'épidémie d'Ebola souche Zaïre, correspondant au mieux aux vaccins disponibles)[71].

Notes et références

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  1. (en) David M. Pigott, Nick Golding, Adrian Mylne, Zhi Huang, Andrew J. Henry, Daniel J. Weiss, Oliver J. Brady, Moritz U. G. Kraemer, David L. Smith, Catherine L. Moyes, Samir Bhatt, Peter W. Gething, Peter W. Horby, Isaac I. Bogoch, John S. Brownstein, Sumiko R. Mekaru, Andrew J. Tatem, Kamran Khan et Simon I. Hay, « Mapping the zoonotic niche of Ebola virus disease in Africa », eLife, vol. 3,‎ , e04395 (PMID 25201877, PMCID 4166725, DOI 10.7554/eLife.04395, lire en ligne)
  2. Dictionnaire de l'Académie de médecine.
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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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