Paradoxe de la prévention
Le paradoxe de la prévention a été formellement décrit pour la première fois en 1981[1] par l'épidémiologiste Geoffrey Rose.
Il décrit une situation contradictoire où la majorité des cas d'une maladie provient d'une population à risque faible ou modéré de développer cette maladie, alors que seule une minorité de cas concerne la population à haut risque de développer cette même maladie - Le nombre de personnes à haut risque étant plus faible.
Pendant la pandémie COVID-19 de 2019 et 2020, le terme « paradoxe de la prévention » a également été utilisé pour évoquer le paradoxe apparent chez des personnes remettant en question les étapes pour empêcher la propagation de la pandémie parce que la propagation prophétisée ne s'est justement pas produite grâce à ces gestes de prévention[2]. Ceci est cependant plutôt un exemple de prophétie autodestructrice[3].
Exemples
[modifier | modifier le code]Rose décrit le cas du syndrome de Down où l'âge maternel est un facteur de risque. Pourtant, la plupart des cas de trisomie 21 naissent de mères plus jeunes et à faible risque. Cette situation est effectivement paradoxale car il est courant et logique d'assimiler les populations à hauts risques à la majorité de la charge de morbidité.
Un autre exemple concerne la consommation d'alcool: La majorité des problèmes d'alcool ne se concentrent pas chez les buveurs les plus dépendants. Un meilleur gain sociétal sera obtenu en réduisant légèrement la consommation d'alcool dans un groupe beaucoup plus large de buveurs ne présentant pas encore de problèmes d'addictions, qu'en essayant de limiter les problèmes chez un plus petit nombre de personnes atteintes d'alcoolisme sévère.
Le paradoxe de la prévention est un problème rencontré lorsque les autorités lancent des actions à grande échelle pour améliorer la santé.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Rose G., "Strategy of prevention: lessons from cardiovascular disease", Br Med J 1981; 282: 1847-51.
- ↑ (en-GB) « Germany’s Coronavirus Expert Explains the Prevention Paradox », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Boudry, « A strange paradox: the better we manage to contain the coronavirus pandemic, the less we will learn from it », The Conversation (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Individus malades et populations malades», G. Rose, Int J Epidem 1985; vol. 14, non. 1: p. 32-38.
- « Commentaire : Le paradoxe de la prévention en épidémiologie laïque - Rose revisitée », Kate Hunt et Carol Emslie, Int J Epidem 2001; vol. 30, non. 3: pages 442-446.
- « Le paradoxe de la prévention s'applique à la consommation d'alcool et aux problèmes chez les adolescents »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)