Bronchoscopie

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La bronchoscopie est un examen endoscopique servant à visualiser l'intérieur de l'arbre bronchique. On distingue la fibroscopie bronchique souple, de réalisation plus simple, de la bronchoscopie rigide. Elle peut être pratiquée à des fins diagnostiques, ou thérapeutiques.

Historique[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc d'un homme introduisant un bronchoscope dans la trachée d'un cadavre.
Gustav Killian montrant une bronchoscopie sur un sujet anatomique.

La première bronchoscopie a été réalisée par Gustav Killian, un otorhinolaryngologiste allemand, en 1897.

Fibroscopie bronchique[modifier | modifier le code]

La fibroscopie souple, par Shigeto Ikeda (1925-2001).

Indications[modifier | modifier le code]

La fibroscopie bronchique est un examen réalisé sous anesthésie locale qui permet d'explorer l'arbre trachéo-bronchique jusqu'aux bronches segmentaires[1]. Elle est principalement réalisée en pneumologie. Il est possible de réaliser des biopsies à visée anatomo-pathologique, mais aussi des prélèvements bactériologiques, notamment un lavage broncho-alvéolaire[2]. Il s'agit d'un examen de routine réalisé entre autres dans le diagnostic des cancers du poumon et de la trachée, mais aussi dans le diagnostic de maladies infectieuses comme l'aspergillose[3] ou les pneumopathies, ou dans le bilan d'une hémoptysie.

La fibroscopie bronchique est également utilisée en anesthésie-réanimation. En cas de difficulté d'intubation trachéale, le geste peut être réalisé sous fibroscopie. Le fibroscope sert alors de guide à la sonde d'intubation. Par ailleurs, il est possible de contrôler la position d'une sonde d'intubation par fibroscopie afin de s'assurer du niveau de son extrémité, notamment en cas d'intubation sélective.

Conditions de réalisation[modifier | modifier le code]

Une fibroscopie bronchique doit être réalisée à jeun afin de limiter le risque de vomissement et d'inhalation, avec un bilan de coagulation normal. Le jeûne doit être poursuivi deux heures après l'examen en raison du risque de fausses-routes à cause de l'anesthésie locale[2]. En cas de traitement par anti-coagulants ou anti-aggrégants, celui-ci doit être suspendu pour limiter le risque de saignement lors des biopsies[1].

Le fibroscope, un tube souple comportant une caméra et un éclairage par fibres optiques[2], est introduit par le nez[1]. Les complications sont rares et généralement sans gravité[2], à type de saignement de nez, de crachats teintés de sang, de toux et parfois de pneumothorax. Les réactions allergiques au produit anesthésique sont extrêmement rares.

Bronchoscopie rigide[modifier | modifier le code]

Photographie d'un homme endormi entouré de deux médecins habillés stérilement, avec un bronchoscope introduit dans la bouche.
La bronchoscopie rigide.

La bronchoscopie rigide est réalisée sous anesthésie générale. Elle permet une exploration de l'arbre trachéo-bronchique jusqu'aux bronches souches, mais aussi de réaliser certains gestes thérapeutiques, notamment la désobstruction de la trachée et la pose de prothèse en cas de sténose trachéale[4]. Elle est particulièrement intéressante chez les patients non opérables en raison de leur terrain affaibli[5],[6]. La place de ces techniques tend à augmenter en raison de leur caractère peu invasif, mais ne peut totalement remplacer la chirurgie, en particulier pour les sténoses longues ou très serrées[4].

Techniques de désobstruction[modifier | modifier le code]

La désobstruction consiste à retirer le matériel excédentaire qui oblitère la trachée. Elle peut être réalisée à la pince, dans le cas des tumeurs bourgeonnant dans la lumière, mais aussi au laser, par électrocoagulation ou par cryothérapie[7].

Différents types de lasers sont utilisés en bronchoscopie : CO2, Nd:YAG et KTP. Leur utilisation peut être combinée à une désobstruction à la pince. Laser et électrocoagulation permettent à la fois l'hémostase d'une lésion hémorragique et la destruction du tissu tumoral[7]. Le plasma à argon est lui aussi utilisé à ces fins, en particulier en cas d'hémoptysie. La cryothérapie utilise un gaz à basse température (CO2, N2O ou N2), appliqué soit directement au contact, soit en spray.

Les risques de la désobstruction, quelle que soit la technique employée, sont dominés par la perforation de la trachée (pouvant elle-même se compliquer de médiastinite) et le saignement, mais sont rares, et le taux de mortalité est inférieur à 1 %[7]. Enfin, la sténose peut également récidiver après la désobstruction, surtout lorsqu'il s'agit d'une tumeur.

Matériel[modifier | modifier le code]

Prothèses[modifier | modifier le code]

Les premières prothèses trachéales ont été développées en 1965 par William W. Montgomery[8] ; elles étaient en forme de T et devaient être introduites par une trachéotomie. En 1990, les premières prothèses cylindriques en silicone, pouvant être introduites par un bronchoscope, sont apparues[9]. Il existe en 2016 de nombreux types de prothèses, en silicone ou en métal (le plus souvent un alliage de nickel et de titane appelé nitinol), réparties en quatre catégories[10] : prothèses en silicone, stent métallique dilaté au ballon, stent métallique auto-expansible et stent métallique couvert. Elles peuvent être cylindriques ou bifurquées en Y, de manière à être positionnées sur la carène.

La pose de prothèse est surtout utilisée dans les sténoses tumorales ou les sténoses post-intubation chez les patients non opérables, mais aussi en cas de fistule œsotrachéale ou de plaie de trachée afin de couvrir le trou[6]. Le risque principal est la migration de la prothèse après la pose.

Le choix du type de prothèse se fait selon la nature de la maladie sous-jacente[10]. Chez les patients avec une espérance de vie significative, les stents métalliques non couverts sont déconseillés en raison du bourgeonnement qui se fait au travers des mailles du stent. Les prothèses en silicone peuvent être facilement retirées, de même que les stents couverts, et sont donc préférées pour une implantation transitoire, par exemple en cas de fistule œsotrachéale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Fibroscopie bronchique », sur Institut national du cancer (consulté le 4 juillet 2016).
  2. a, b, c et d « La fibroscopie bronchique », sur Réseau insuffisance respiratoire de Lorraine (consulté le 4 juillet 2016).
  3. (en) M. L. Uffredi, G. Mangiapan, J. Cadranel et G. Kac, « Significance of Aspergillus fumigatus Isolation from Respiratory Specimens of Nongranulocytopenic Patients », European Journal of Clinical Microbiology & Infectious Diseases, Springer Science + Business Media, vol. 22, no 8,‎ , p. 457-462 (ISSN 0934-9723, DOI 10.1007/s10096-003-0970-y, lire en ligne).
  4. a et b (en) Matthew T. Brigger et Mark E. Boseley, « Management of tracheal stenosis », Current Opinion in Otolaryngology & Head and Neck Surgery, Ovid Technologies (Wolters Kluwer Health), vol. 20, no 6,‎ , p. 491-496 (ISSN 1068-9508, DOI 10.1097/moo.0b013e328358566d, lire en ligne).
  5. (en) Sandro Batzella, Gabriele Lucantoni, Alfonso Fiorelli, Raffaele Dello Iacono, Paolo Battistoni, Umberto Caterino, Mario Santini et Giovanni Galluccio, « A new endoscopic hand drill for management of tracheal stenosis », Interact CardioVasc Thorac Surg, Oxford University Press (OUP), vol. 23, no 1,‎ , p. 168-170 (ISSN 1569-9293, DOI 10.1093/icvts/ivw068, lire en ligne).
  6. a et b (en) Nikolaos Charokopos, Christophoros N. Foroulis, Efi Rouska, Maria N. Sileli, Nikolaos Papadopoulos et Christos Papakonstantinou, « The management of post-intubation tracheal stenoses with self-expandable stents: early and long-term results in 11 cases », European Journal of Cardio-Thoracic Surgery, Oxford University Press (OUP),‎ (ISSN 1010-7940, DOI 10.1016/j.ejcts.2010.12.042, lire en ligne).
  7. a, b et c (en) Nicolas Guibert, Julien Mazieres, Charles-Hugo Marquette, Damien Rouviere, Alain Didier et Christophe Hermant, « Integration of interventional bronchoscopy in the management of lung cancer », Eur Respir Rev, European Respiratory Society (ERS), vol. 24, no 137,‎ , p. 378-391 (ISSN 0905-9180, DOI 10.1183/16000617.00010014, lire en ligne).
  8. (en) W. W. Montgomery, « T-Tube Tracheal Stent », Archives of Otolaryngology - Head and Neck Surgery, American Medical Association (AMA), vol. 82, no 3,‎ , p. 320-321 (ISSN 0886-4470, DOI 10.1001/archotol.1965.00760010322023, lire en ligne).
  9. (en) Jean-François Dumon, « A Dedicated Tracheobronchial Stent », Chest, Elsevier BV, vol. 97, no 2,‎ , p. 328-332 (ISSN 0012-3692, DOI 10.1378/chest.97.2.328, lire en ligne).
  10. a et b Cynthia S. Chin, Virginia Litle, Jaime Yun, Todd Weiser et Scott J. Swanson, « Airway Stents », The Annals of Thoracic Surgery, Elsevier BV, vol. 85, no 2,‎ , S792-S796 (ISSN 0003-4975, DOI 10.1016/j.athoracsur.2007.11.051, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]