Distanciation physique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Longue queue en distanciation sociale (avec marquage au sol) à Genève en avril 2020.
Affiche de l'Office suisse de la santé publique recommandant de « garder ses distances » pendant la pandémie de coronavirus de 2019-2020.
Alignements de petits cercles blancs, certains vides, certains occupés par une personne.
Marquages au sol pour favoriser la distanciation sociale au Dolores Park de San Fransisco. Mai 2020.

La distanciation physique[1],[2], distanciation sociale[1],[2] ou éloignement sanitaire[2] (en anglais : social/physical distancing) est une mesure visant à éloigner les individus les uns des autres, notamment à l'extérieur. C'est l'une des mesures non pharmaceutiques de contrôle des infections prises par les responsables de la santé publique pour arrêter ou ralentir la propagation d'une maladie très contagieuse comme les maladies infectieuses émergentes. L'objectif de la distanciation sociale est de réduire la probabilité de contacts entre les personnes porteuses d'une infection et d'autres personnes non infectées, de manière à réduire la transmission de la maladie, la morbidité et la mortalité[3]. C'est un des comportements-barrière qui participe à la réduction des risques sanitaires.

L'éloignement physique est la mesure la plus efficace lorsque l'infection peut être transmise par contacts de gouttelettes (toux ou éternuements) ; par contact physique direct, y compris sexuel ; par contact physique indirect (par exemple en touchant une surface contaminée) ; ou par transmission aérienne (si le micro-organisme peut survivre dans l'air pendant de longues périodes)[4].

L'éloignement physique est moins efficace dans les cas où l'infection est transmise principalement par de l'eau ou des aliments contaminés ou par des vecteurs tels que les moustiques ou autres insectes, et moins fréquemment de personne à personne[5].

Les inconvénients de la distanciation sociale peuvent inclure la solitude, la réduction de la productivité (partiellement compensée par le télétravail et les téléconférences[6]) et la perte d'autres avantages liés aux interactions humaines. Dans les endroits où l'accès à la technologie est réduit, elle peut également rendre plus difficile le suivi de la santé d'une population.

Histoire[modifier | modifier le code]

Médecine moderne[modifier | modifier le code]

En , lors de la pandémie de grippe espagnole, Max C. Starkloff, médecin en charge de la santé de la ville de Saint-Louis dans le Missouri (États-Unis), met notamment en place une distanciation sociale en interdisant les rassemblements de plus de 20 personnes. Les décisions de Starkloff permettent de limiter les effets de la pandémie dans la ville et sont considérées comme la première mise en place d'une distanciation sociale à l'époque moderne[7],[8].

Le terme est importé par l'Organisation mondiale de la santé dès 2006, et on en trouve une description sous la plume de Charles Gilbert (L’Express du 2 mars 2006) dans un article intitulé "On ne se touche plus”[9]:

Selon les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie pourrait toucher plus de 1 milliard d’individus dans le monde et laisser les autorités démunies devant l’épidémie: les stocks de médicaments antiviraux sont notoirement insuffisants dans tous les pays et les premiers vaccins contre la nouvelle maladie seront prêts, au mieux, dans quatre à six mois. La seule arme immédiatement disponible pour ralentir ce fléau s’appelle la “distanciation sociale”. Cette expression définit, dans les codes de procédures d’urgence recommandées par l’OMS, toutes les mesures de quarantaine visant à diminuer au maximum les contacts physiques entre les individus: interdiction des manifestations et des réunions publiques, restriction des déplacements dans les transports en commun, port du masque obligatoire...

L'année 2009 est une année de diffusion de l'expression en lien avec la pandémie de Grippe A (H1N1) de 2009. A cette occasio, l'Organisation mondiale de la santé a recommandé des mesures de distanciation sociale et d'hygiène personnelle[10]. Le 18 septembre 2009 (21h46), l'agence Xinhua fait passer un communiqué intitulé “la production de vaccins inférieure aux prévisions” et conclut:

L’agence onusienne recommande également diverses mesures préventives et de traitement, y compris les anti-viraux et d’autres médicaments, la distanciation sociale et de l’hygiène personnelle[9].

Lors de la pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020, l'Organisation mondiale de la santé et d'autres autorités ont recommandé les mesures de distanciation sociale (se tenir à distance des autres personnes) et d'hygiène personnelle (en particulier l'hygiène des mains)[11],[12]. De nombreux pays ont alors mis en place des mesures de confinement pour de larges populations sur plusieurs semaines. Pour illustrer ce phénomène, on retient que l’agence News Press publie à son tour, mais le 2 juin 2017 (12h15), un communiqué qui n’est guère repris intitulé : « La peur joue un rôle déterminant dans une épidémie d’Ebola ». Il y est indiqué que l’agence sanitaire, l’OMS, préconise :

Une distanciation sociale, accompagnée d’un suivi sanitaire. Les personnes ayant été en contact avec un malade sont surveillées pendant 21 jours et il leur est demandé de rester à leur domicile pour faciliter cette surveillance et éviter d’exposer d’autres personnes[13].

Le 20 mars 2020, l’OMS a indiqué dans un bulletin d’information OMS 2020 p6 qu’il convenait de privilégier désormais l'expression « distanciation physique » à celle de « distanciation sociale » pour mieux décrire la nécessité de maintenir un espace entre les personnes pour contenir la propagation d’une épidémie comme celle actuelle de la COVID-19. Selon son épidémiologiste Maria Van Kerkhove, le confinement physique ne doit pas signifier isolement social des proches ou de la famille, car il est nécessaire de préserver une bonne santé mentale qui est aussi importante que la santé physique pour surmonter la crise sanitaire. Nous pouvons ainsi, selon elle, rester connectés de nombreuses manières via internet et les médias sociaux sans être physiquement dans la même pièce ou dans le même espace que les gens. Cnews pourquoi-faut-il-preferer-le-terme-distanciation-physique-celui-de-distanciation La distanciation physique dans le monde en dix images saisissantes - Edition du soir Ouest France - 29/04/2020

Orientation lexicale et choix de traduction en matière de politique de santé[modifier | modifier le code]

L'expression « distanciation sociale » sur le modèle de social distancing en anglais, s'est imposée dans la presse française avec facilité à l'occasion de la pandémie de Covid-19. La gouvernance de l’OMS en matière de langue repose sur un effort de standardisation de l’accès à l’information[14]. Depuis 2007, Wikipédia et Traducteurs sans frontières sont entre autres agences locales et gouvernementales de chaque zone intéressée des acteurs majeurs de la diffusion de l’information et de la propagation des traductions[14]. L'affirmation est d'ailleurs précisée sur le site de l'OMS où on lit (au 14 juin 2020):

L’un des sites Web d’information sanitaire les plus consultés, Wikipédia, collabore avec Traducteurs sans frontières afin de combler ce fossé. Avec l’aide du réseau mondial de traducteurs, Wikipédia Medicine a réuni un corpus important d’articles dans plus de 100 langues et présente du contenu médical dans plus de 250 langues[14].

On remarque ainsi que la page “Social Distancing” de Wikipedia a été créée le 4 mai 2009 et que la page française, toute récente, est déjà liée à son double anglais par le moteur d’équivalence linguistique de la plateforme encyclopédique. C'est un enjeu politique qui fait écho à la notion française de "fracture sociale"[15].

Normes proposées ou établies[modifier | modifier le code]

L'UNE (Spanish Association for Standardisation-UNE) en collaboration avec l'institut pour la qualité touristique espagnole[16] a publié une série de Spécifications UNE de type guide-ânes et recommandations pour réduire le risque de propagation du coronavirus SARS-CoV-2 — le virus de la maladie à coronavirus — dans le secteur du tourisme[17].

Ces spécifications de la famille UNE-0066 sont publiées gratuitement mais en échange d'un enregistrement. Elles incluent les visites de plages, vignobles[18], organisations industrielles, culturelles et de sites historiques, société de transport par autocar de tourisme, société de location de véhicules, transport par câble et société de transport d'eau/par eau[19], équipements sportifs nautiques et activités nautiques, loisirs nocturnes, espaces naturels protégés, parcs de loisir et d'amusement, tourisme MICE [20]et espaces publics uniques[21],[17].

Exemples de distanciation physique dite « sociale »[modifier | modifier le code]

Huit manières alternatives de saluer sans contact[22] : * agiter la main ; * placer sa main sur son cœur ; * Namasté ; * lever les pouces ; * lever les sourcils ; * hocher de la tête (deux versions) ; * hausser les épaules.

Voici quelques exemples de distanciation physique ou dite sociale utilisée pour limiter la propagation de maladies contagieuses[23],[24] :

Une mesure essentielle a été la fermeture de lieux de rassemblement de masse, dont :

  • la fermeture d'écoles (proactive ou réactive)[25] ;
  • la fermeture de lieux de travail non indispensables [26], y compris la fermeture d'entreprises et de services sociaux non essentiels (non essentiel signifie les installations qui ne maintiennent pas de fonctions primaires dans la communauté, par opposition aux services essentiels[27]) ;
  • la fermeture de lieux de culte. De nombreux foyers de contamination de COVID-19 ont été créés par des rassemblements religieux ; le 07 avril, l'OMS a recommandé à toutes les communautés et autorités religieuses d'« éviter les grands rassemblements et organiser les rituels et les activités religieuses à distance/virtuellement, selon le cas et dans la mesure du possible ; de veiller à ce que toute décision d’organiser des rassemblements à des fins de prière ou d’éducation ou des rencontres sociales s’appuie sur une évaluation solide des risques et soit conforme aux orientations des autorités nationales et locales ; et lorsqu’ils ont lieu, veiller à ce que les rassemblements, cérémonies et rituels religieux se déroulent dans des conditions sûres »[28] ;
  • l'annulation de rassemblements de masse tels que les manifestations sportives, les films et les spectacles musicaux[29] ;
  • l'arrêt ou la limitation des transports en commun, l'évitement dans les transports publics[30] ;
  • la fermeture d'installations de loisirs telles que les piscines communautaires, les clubs de jeunes et les gymnases[31] ;

D'autres mesures concernent le contexte de la santé et les comportements individuels

  • les mesures d'autoprotection telles que la limitation des contacts en face à face (voir paragraphe suivant), la conduite des affaires par téléphone ou en ligne, l'évitement des lieux publics et la réduction des déplacements non essentiels[32],[33] ;
  • la salutation par le coude (au lieu de la poignée de main ou de la bise pour saluer)[34].

Preuves d'efficacité de la distanciation physique[modifier | modifier le code]

Pour des raisons éthiques, il n’existe bien entendu pas d’étude randomisée en double aveugle utilisant le virus SARS-CoV-2 lui-même[35]. Jusqu’en mai 2020, dans l'urgence, on s’est surtout basé sur des données issues d'études anciennes et/ou concernant d'autres microbes, ou sur des modélisations[35].

Puis en juin 2020, un article de Derek Chu et al., publié dans The Lancet, produit à partir de 172 études observationnelles et d'une compilation des preuves issues de 44 études comparatives sur le SRAS, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), COVID-19 et les bêtacoronavirus) a montré que le risque d’infection diminue de 82% avec une distance physique de 1 m dans les contextes de soins de santé et dans les rassemblements de personnes, et pour chaque mètre supplémentaire de distanciation, la protection relative a plus que doublé (en se basant sur les données disponibles jusqu'à 3 m)[36].

Ces preuves, compilées par le groupe canadien SURGE (Systematic Urgent Review Group Effort) avec Cochrane Canada, chargé de l'examen critique systématique des études existantes sur la COVID-19, ont permis d’étayer les recommandations faites sur la distance physiques. Elles montrent qu’une réduction très importante des risques résulte de cette distance physique, mais que « la règle de la distance de 1 à 2 m dans la plupart des directives hospitalières est basée sur des résultats obsolètes des années 40, avec des études de 2020 montrant que les grosses gouttelettes peuvent se déplacer jusqu'à 8 m »[37]. Une étude a trouvé un virus viable dans l'air 16 h après l'aérosolisation et le SARS-CoV-2 a montré une plus grande propension à être aéroporté, par rapport au SARS-CoV et MERS-CoV[38]. L'étude de Derek et al. porte aussi sur l'intérêt respectif de divers types de masque[35].

Efficacité, conditions de réussite[modifier | modifier le code]

Des recherches indiquent que les mesures doivent être appliquées rigoureusement et immédiatement pour être efficaces[39].

Par exemple, lors de la grippe espagnole de 1918, des fermetures d'écoles, des interdictions de rassemblements publics et d'autres interventions de distanciation sociale ont été instaurées à Philadelphie et à Saint-Louis (Missouri), mais à Philadelphie, le retard de cinq jours dans le lancement de ces mesures a laissé doubler les taux de transmission de trois à cinq fois, alors qu'une intervention plus immédiate à Saint-Louis, par le biais de Max C. Starkloff, a permis de réduire considérablement la transmission à cet endroit[40] (deux fois moins de cas par nombre d'habitants[8],[41]).
Par ailleurs, la quarantaine de Saint-Louis a permis de réduire la courbe épidémique, en étalant les infections et donc en étalant la prise en charge des malades[42].
Bootsma et Ferguson ont analysé les mesures de distanciation sociale dans seize villes américaines pendant l'épidémie de 1918. Ils ont constaté que les interventions limitées dans le temps ne réduisaient que modérément la mortalité totale (peut-être de 10-30 %), et que l'impact était souvent très limité parce que les interventions étaient introduites trop tard et levées trop tôt. Ils ont observé que plusieurs villes ont connu un deuxième pic épidémique après la levée des contrôles de distanciation sociale, car les personnes sensibles qui avaient été protégées étaient désormais exposées[43].

Des enjeux sont donc de commencer assez tôt, de ne pas déconfiner trop tôt et d'avoir une communication de crise adaptée aux différents publics, métiers et cultures pour permettre l'adhésion de tous à la distanciation sociale, cruciale contre la contagion par des pathogènes aéroportés. Il est à noter que depuis les années 1990, la démocratisation du téléphone et de l'internet (pour ceux qui y ont accès) a fait que le confinement est devenu une distanciation plus physique que sociale.

Fermeture d'écoles[modifier | modifier le code]

Les fermetures d'écoles ont réduit la morbidité due à la grippe asiatique de 90 % lors de l'épidémie de 1957-1958[44], et jusqu'à 50 % dans la lutte contre la grippe aux États-Unis, de 2004 à 2008[45]. De même, les fermetures d'écoles obligatoires et d'autres mesures de distanciation sociale ont été associées à une réduction de 29 à 37 % des taux de transmission de la grippe lors de l'épidémie de grippe de 2009 au Mexique[46].

Fermeture de lieux de travail[modifier | modifier le code]

Des études de modélisation et de simulation basées sur des données américaines suggèrent que si 10 % des lieux de travail touchés sont fermés, le taux global de transmission de l'infection est d'environ 11,9 % et le pic épidémique est légèrement retardé. En revanche, si 33 % des lieux de travail touchés sont fermés, le taux d'infection tombe à 4,9 % et le pic épidémique est retardé d'une semaine[47].

Mise en quarantaine des contacts et des cas suspects[modifier | modifier le code]

Lors de l'épidémie de SRAS de 2003 à Singapour, quelque 8 000 personnes ont été soumises à une quarantaine obligatoire à domicile et 4 300 autres ont dû s'autosurveiller pour détecter les symptômes et prendre contact quotidiennement par téléphone avec les autorités sanitaires afin de contrôler l'épidémie. Bien que seulement 58 de ces personnes aient finalement reçu un diagnostic de SRAS, les responsables de la santé publique ont estimé que cette mesure a contribué à prévenir la propagation de l'infection[48].

De même, l'auto-isolement volontaire a peut-être contribué à réduire la transmission de la grippe au Texas en 2009[49].

Cordon sanitaire[modifier | modifier le code]

En 1995, un cordon sanitaire a été utilisé pour contrôler une épidémie de virus Ebola à Kikwit, au Zaïre[50],[51],[52]. Le président Mobutu Sese Seko a encerclé la ville avec des troupes et a suspendu tous les vols dans la communauté. À l'intérieur de Kikwit, l'Organisation mondiale de la santé et les équipes médicales du Zaïre ont érigé d'autres cordons sanitaires, isolant les zones d'inhumation et de traitement de la population générale et réussissant à contenir l'infection[53].

Lors de l'épidémie de SRAS de 2003 au Canada, la quarantaine communautaire a été utilisée pour réduire la transmission de la maladie avec un succès modéré[54].

Séquestration protectrice[modifier | modifier le code]

Le lazaret d'Ancône est un bâtiment du XVIIIe siècle construit sur une île artificielle pour servir de station de quarantaine et de léproserie à la ville portuaire d'Ancône (Italie).

Pendant la pandémie de grippe espagnole de 1918, la ville de Gunnison, au Colorado, s'est isolée pendant deux mois pour éviter l'introduction de l'infection. Toutes les routes ont été barricadées près des limites du comté. Les chefs de train ont averti tous les passagers que s'ils sortaient du train à Gunnison, ils seraient arrêtés et mis en quarantaine pendant cinq jours. Grâce à cette mesure, personne n'est mort de la grippe à Gunnison pendant l'épidémie[55]. Plusieurs autres communautés ont adopté des mesures similaires[56].

Annulation des rassemblements de masse[modifier | modifier le code]

Les preuves suggérant que les rassemblements de masse augmentent le potentiel de transmission des maladies infectieuses ne sont pas concluantes[57].

Des preuves anecdotiques suggèrent que certains types de rassemblements de masse peuvent être associés à un risque accru de transmission de la grippe, et peuvent également semer de nouvelles souches dans une région, ce qui déclenche la transmission communautaire en cas de pandémie. Pendant la pandémie de grippe de 1918, les défilés militaires de Philadelphie[58] et de Boston[59] ont peut-être été responsables de la propagation de la maladie en mélangeant des marins infectés à des foules de civils.

Cependant, il semble que la restriction des rassemblements de masse, combinée à d'autres interventions de distanciation sociale, peut contribuer à réduire la transmission[60].

Restrictions de voyage[modifier | modifier le code]

Il est peu probable que les restrictions aux frontières et/ou aux voyages intérieurs retardent une épidémie de plus de 2 à 3 semaines si elles ne sont pas mises en œuvre avec une couverture supérieure à 99 %[61].

Le dépistage dans les aéroports s'est révélé inefficace pour prévenir la transmission du virus lors de l'épidémie de SRAS de 2003 au Canada[62] et aux États-Unis[63].

Des contrôles stricts aux frontières entre l'Autriche et l'Empire ottoman, imposés de 1770 à 1871 pour empêcher les personnes infectées par la peste bubonique d'entrer en Autriche, se sont avérés efficaces, car il n'y a pas eu de grandes épidémies de peste sur le territoire autrichien après leur création, alors que l'Empire ottoman a continué à connaître de fréquentes épidémies de peste jusqu'au milieu du XIXe siècle[64].

Une étude de la Northeastern University publiée en mars 2020 a révélé que « les restrictions de voyage à destination et en provenance de la Chine ne font que ralentir la propagation internationale de COVID-19 [lorsqu'elles] sont combinées aux efforts visant à réduire la transmission au niveau communautaire et individuel... Les restrictions de voyage ne sont pas suffisantes à moins que nous les associions à une distanciation sociale »[65]. L'étude a révélé que l'interdiction de voyage à Wuhan n'a fait que retarder de trois à cinq jours la propagation de la maladie dans d'autres parties de la Chine continentale, bien qu'elle ait réduit la propagation des cas internationaux de 80 %. L'une des principales raisons pour lesquelles les restrictions de voyage ont été moins efficaces est que de nombreuses personnes atteintes de COVID-19 ne présentent pas de symptômes au cours des premiers stades de l'infection[66].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « distanciation sociale », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 1er mai 2020).
  2. a b et c Bureau de la traduction, « Lexique sur la pandémie de COVID-19 », sur btb.termiumplus.gc.ca, Gouvernement du Canada (consulté le 5 avril 2020).
  3. Carolyn Y. Johnson, Lena Sun et Andrew Freedman, « Social distancing could buy U.S. valuable time against coronavirus », sur Washington Post, (consulté le 11 mars 2020)
  4. "Information about Social Distancing", Santa Clara Public Health Department.
  5. "Interim Pre-Pandemic Planning Guidance: Community Strategy for Pandemic Influenza Mitigation in the United States—Early, Targeted, Layered Use of Nonpharmaceutical Interventions", CDC, Feb 2007
  6. Guy-Philippe Goldsteine et Alon Rozen, « Coronavirus : « L’institution ou l’entreprise ne peut se permettre de devenir un nouveau foyer de contagion » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 13 mars 2020).
  7. (en-US) bioMerieux Connection Editors, « How Public Health Policies Saved Citizens in St. Louis During the 1918 Flu Pandemic », sur bioMérieux Connection, (consulté le 19 mars 2020)
  8. a et b (en) « St. Louis, Missouri and the 1918-1919 Influenza Epidemic », sur The American Influenza Epidemic of 1918: A Digital Encyclopedia, (consulté le 15 mars 2020)
  9. a et b « BLOG - La "distanciation sociale" et la "fracture sociale" ont un lien qui nous échappe », sur Le HuffPost, (consulté le 14 juin 2020)
  10. « Grippe A(H1N1) dans la Région européenne de l’OMS », sur Organisation mondiale de la santé, (consulté le 13 mars 2020).
  11. « L’OMS/Europe organise une séance d’information sur le coronavirus pour les ambassadeurs », sur Organisation mondiale de la santé, (consulté le 13 mars 2020).
  12. Marie Maurisse, « Trois scénarios de sortie d’épidémie », Le temps,‎ (lire en ligne, consulté le 13 mars 2020).
  13. « BLOG - La "distanciation sociale" et la "fracture sociale" ont un lien qui nous échappe », sur Le HuffPost, (consulté le 14 juin 2020)
  14. a b et c « OMS | Combler le fossé linguistique dans le domaine de la santé », sur WHO (consulté le 14 juin 2020)
  15. « De la fracture à la distanciation sociale », sur Le Monde Moderne, (consulté le 14 juin 2020)
  16. instituto para la Calidad Turística Española
  17. a et b https://www.en.une.org/la-asociacion/sala-de-informacion-une/noticias/directrices-para-un-turismo-seguro
  18. Norme UNE 0066-13
  19. Tourist coach companies, car rental companies, cable transport and water tourism transport UNE 0066-17
  20. MICE Tourism UNE 0066-19
  21. Norme UNE Unique public spaces UNE 0066-21
  22. Siouxsie Wiles, « The world is on fire: My message to New Zealanders on Covid-19 », sur The Spinoff, (consulté le 16 mars 2020)
  23. Kathy Kinlaw, Robert Levine, "Ethical Guidelines on Pandemic Influenza", CDC, December 2006
  24. (en) Tomas Pueyo, « Coronavirus: Why You Must Act Now », sur Medium, (consulté le 12 mars 2020)
  25. « Closure of schools during an influenza pandemic », The Lancet Infectious Diseases, vol. 9, no 8,‎ , p. 473–481 (PMID 19628172, DOI 10.1016/s1473-3099(09)70176-8)
  26. « The Impact of Workplace Policies and Other Social Factors on Self-Reported Influenza-Like Illness Incidence During the 2009 H1N1 Pandemic », American Journal of Public Health, vol. 102, no 1,‎ , p. 134–140 (PMID 22095353, PMCID 3490553, DOI 10.2105/AJPH.2011.300307)
  27. "Social Distancing Support Guidelines", Colorado Dept. of Public Health and Environment, March 2008.
  28. Organisation mondiale de la Santé (OMS) (2020). Considérations pratiques et recommandations à l’intention des autorités religieuses et des communautés de croyants dans le contexte de la COVID-19 : orientations provisoires, 7 avril 2020 (No. WHO/2019-nCoV/Religious_Leaders/2020.1). Organisation mondiale de la Santé.
  29. R. Booy and J. Ward, "Evidence compendium and advice on social distancing and other related measures for response to an influenza pandemic", National Centre for Immunisation Research and Surveillance.
  30. Rémi Barroux, « Les mesures de distanciation sociale ne sont pas bien comprises par les Français », sur lemonde.fr,
  31. "Flu Pandemic Mitigation - Social Distancing"
  32. (en-US) Robert J. Glass, Laura M. Glass, Walter E. Beyeler et H. Jason Min, « Targeted Social Distancing Designs for Pandemic Influenza - Volume 12, Number 11—November 2006 - Emerging Infectious Diseases journal - CDC », Emerg Infect Dis.,‎ (DOI 10.3201/eid1211.060255, lire en ligne, consulté le 19 mars 2020)
  33. "Social Distancing Guidelines (for workplace communicable disease outbreaks)"
  34. « Guidance on Preparing Workplaces for an Influenza Pandemic », sur www.osha.gov (consulté le 19 mars 2020)
  35. a b et c (en) C Raina MacIntyre et Quanyi Wang, « Physical distancing, face masks, and eye protection for prevention of COVID-19 », The Lancet,‎ , S0140673620311831 (DOI 10.1016/S0140-6736(20)31183-1, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  36. (en) Derek K Chu, Elie A Akl, Stephanie Duda et Karla Solo, « Physical distancing, face masks, and eye protection to prevent person-to-person transmission of SARS-CoV-2 and COVID-19: a systematic review and meta-analysis », The Lancet,‎ , S0140673620311429 (PMCID PMC7263814, DOI 10.1016/S0140-6736(20)31142-9, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  37. (en) Prateek Bahl, Con Doolan, Charitha de Silva et Abrar Ahmad Chughtai, « Airborne or Droplet Precautions for Health Workers Treating Coronavirus Disease 2019? », The Journal of Infectious Diseases,‎ , jiaa189 (ISSN 0022-1899 et 1537-6613, PMID 32301491, PMCID PMC7184471, DOI 10.1093/infdis/jiaa189, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  38. (en) Alyssa C Fears, William B Klimstra, Paul Duprex et Amy Hartman, « Comparative dynamic aerosol efficiencies of three emergent coronaviruses and the unusual persistence of SARS-CoV-2 in aerosol suspensions », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, Infectious Diseases (except HIV/AIDS),‎ (DOI 10.1101/2020.04.13.20063784, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  39. « Controlling epidemic spread by social distancing: Do it well or not at all », BMC Public Health, vol. 12, no 1,‎ , p. 679 (PMID 22905965, PMCID 3563464, DOI 10.1186/1471-2458-12-679)
  40. « Public health interventions and epidemic intensity during the 1918 influenza pandemic », Proc Natl Acad Sci U S A, vol. 104, no 18,‎ , p. 7582-7587 (PMID 17416679, PMCID 1849867, DOI 10.1073/pnas.0610941104, lire en ligne)
  41. Yascha Mounk, « Cancel Everything », sur The Atlantic, (consulté le 15 mars 2020)
  42. David S. McKinsey, Joel P. McKinsey et Maithe Enriquez, « The 1918 Influenza in Missouri: Centennial Remembrance of the Crisis », Missouri Medicine, vol. 115, no 4,‎ jul–aug 2018, p. 319–324 (ISSN 0026-6620, OCLC 7850378090, PMID 30228752, lire en ligne, consulté le 14 mars 2020)
  43. « The effect of public health measures on the 1918 influenza pandemic in U.S. cities », Proc Natl Acad Sci U S A, vol. 104, no 18,‎ , p. 7588–7593 (PMID 17416677, PMCID 1849868, DOI 10.1073/pnas.0611071104, lire en ligne)
  44. « Morbidity and mortality characteristics of Asian strain influenza », Public Health Rep., vol. 75, no 2,‎ , p. 148–58 (PMID 19316351, PMCID 1929395, DOI 10.2307/4590751, JSTOR 4590751)
  45. « Effect of school closure on the incidence of influenza among school -age children in Arizona », Public Health Reports, vol. 125, no 6,‎ , p. 851–859 (PMID 21121230, PMCID 2966666, DOI 10.1177/003335491012500612)
  46. Flu Pandemic Study Supports Social Distancing", NIH Research Matters, June 6, 2011.
  47. « Attending work while sick: implication of flexible sick leave policies », Journal of Occupational and Environmental Medicine, vol. 52, no 10,‎ , p. 1009–1013 (PMID 20881626, DOI 10.1097/jom.0b013e3181f43844)
  48. Chorh-Chuan Tan, "SARS in Singapore – Key Lessons from an Epidemic", Annals Academy of Medicine, May 2006, Vol. 35 No.5.
  49. « Impact of swine influenza and quarantine measures on patients and households during the H1N1/09 pandemic », Scandinavian Journal of Infectious Diseases, vol. 44, no 4,‎ , p. 289–296 (PMID 22106922, DOI 10.3109/00365548.2011.631572)
  50. Laurie Garrett, « Heartless but Effective: I've Seen 'Cordon Sanitaire' Work Against Ebola », The New Republic,‎ (ISSN 0028-6583, lire en ligne, consulté le 19 mars 2020)
  51. « Outbreak of Ebola Viral Hemorrhagic Fever -- Zaire, 1995 », sur www.cdc.gov (consulté le 19 mars 2020)
  52. Rachel Kaplan Hoffmann and Keith Hoffmann, "Ethical Considerations in the Use of Cordons Sanitaires", Clinical Correlations, February 19, 2015.
  53. Laurie Garrett, Betrayal of Trust: The Collapse of Global Public Health, Hachette Books, 2011 (ISBN 1401303862)
  54. « Quantifying the impact of community quarantine on SARS transmission in Ontario: estimation of secondary case count difference and number needed to quarantine », BMC Public Health, vol. 9, no 1,‎ , p. 488 (PMID 20034405, PMCID 2808319, DOI 10.1186/1471-2458-9-488)
  55. Gunnison: Case Study, University of Michigan Medical School, Center for the History of Medicine
  56. H. Markel, A.M. Stern, J. A. Navarro, J. R. Michalsen, A. S. Monto, and C. DiGiovanni, "Nonpharmaceutical Influenza Mitigation Strategies, US Communities, 1918–1920 Pandemic", Emerging Infectious Diseases, Vol. 12, No. 12, December 2006.
  57. Thomas V. Inglersby et al, "Disease Mitigation Measures in the Control of Pandemic Influenza", Biosecurity and Bioterrorism Biodefense Strategy & Science, Volume 4, Number 4,2006
  58. Kenneth C. Davis, "Philadelphia Threw a WWI Parade That Gave Thousands of Onlookers the Flu", Smithsonian.com, September 21, 2018
  59. "The Flu in Boston", American Experience, WGBH
  60. « Could influenza transmission be reduced by restricting mass gatherings? Towards an evidence-based policy framework », Journal of Epidemiology and Global Health, vol. 1, no 1,‎ , p. 33–60 (PMID 23856374, DOI 10.1016/j.jegh.2011.06.004)
  61. « Strategies for mitigating an influenza pandemic », Nature, vol. 442, no 7101,‎ , p. 448–52 (PMID 16642006, DOI 10.1038/nature04795, Bibcode 2006Natur.442..448F)
  62. « Public health interventions and SARS spread, 2003 », Emerg Infect Dis, vol. 10, no 11,‎ , p. 1900–1906 (PMID 15550198, PMCID 3329045, DOI 10.3201/eid1011.040729, lire en ligne)
  63. Martin Cetron, et al. "Isolation and Quarantine: Containment Strategies for SARS, 2003." From Learning from SARS: Preparing for the Next Disease Outbreak, National Academy of Sciences, 2004. (ISBN 0309594332)
  64. George C. Kohn, Encyclopedia of Plague and Pestilence: From Ancient Times to the Present, Infobase Publishing, 2007; p. 30. (ISBN 1438129238)
  65. Emily Arntsen, "Closing borders can delay, but can’t stop the spread of COVID-19, new report says", News@Northeastern, March 6, 2020.
  66. Matteo Chinazzi1, Jessica T. Davis1, Marco Ajelli, Corrado Gioannini, Maria Litvinova, Stefano Merler, Ana Pastore y Piontti1, Kunpeng Mu1, Luca Rossi, Kaiyuan Sun, Cécile Viboud, Xinyue Xiong, Hongjie Yu, M. Elizabeth Halloran, Ira M. Longini Jr. Alessandro Vespignani1, "The effect of travel restrictions on the spread of the 2019 novel coronavirus (COVID-19) outbreak." Science 06 Mar 2020

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]