Didier Raoult

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Didier Raoult
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Portrait de Didier Raoult.
Fonctions
Directeur exécutif
IHU Méditerranée Infection
depuis
Directeur
Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Emergentes (d)
-
Philippe Parola (d)
Président d'université
Université de la Méditerranée - Aix-Marseille II
-
Claude Mercier (d)
Biographie
Naissance
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Didier Raoult, né le , à Dakar au Sénégal, est un microbiologiste français, spécialiste des maladies infectieuses, professeur des universités-praticien hospitalier au sein d’Aix-Marseille Université et des Hôpitaux universitaires de Marseille jusqu'à sa retraite en 2021 et directeur de la fondation institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU).

Lauréat du grand prix de l'Inserm en 2010, il étudie pendant sa carrière et avec son équipe marseillaise, des virus complexes et des bactéries.

Raoult acquiert une notoriété médiatique internationale en 2020 quand, au début de la pandémie de Covid-19, il annonce qu'un traitement à base d'hydroxychloroquine pourrait résoudre la crise sanitaire. Les quatre études qu'il produit ensuite à l'appui de cette thèse ont toutes une méthodologie défaillante. Près d'un an et demi plus tard, fin 2021, après des essais randomisés contrôlés, l’efficacité du traitement n’est toujours pas démontrée. Dans le contexte polémique généré par ses déclarations controversées lors de la pandémie, il est soutenu par une partie du grand public et de la classe politique, notamment à droite et à l'extrême droite de l'échiquier politique. De nombreuses théories du complot naissent après ses prises de position, alimentant l'idée d'une cabale à l'encontre de son traitement qui nuirait aux groupes pharmaceutiques. Ses positions lui valent de nombreuses dénonciations dans les milieux scientifiques, médicaux et hospitaliers, le comité d'éthique du CNRS l'accusant de jouer de « populisme scientifique » et d'introduire un climat de défiance vis à vis de la gestion de la pandémie par les gouvernements.

Certaines de ses prises de position controversées vont à l’encontre du consensus scientifique, notamment sur le réchauffement climatique.

Biographie

Jeunesse et famille

Marseille, ville de résidence et de travail de l'infectiologue
Marseille, ville de résidence et de travail du microbiologiste, éponyme du Marseillevirus, genre de girus découvert en 2009 par Raoult et son équipe[1].

Didier Raoult naît le à Dakar, au Sénégal. Il gardera un lien affectif avec ce pays et le continent africain[a]. Il est le fils unique d'André Raoult (1909-1978)[b],[3], un médecin militaire originaire de Bretagne, fondateur de l'Organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition africaines (Orana)[4],[5], et de Francine Le Gendre (1912-2009) une infirmière née à Marseille, petite-fille de Louis-Paul Le Gendre (1854-1936), un médecin des hôpitaux de Paris (Hôpital Tenon et Hôpital Lariboisière) et infectiologue renommé[3],[6].

La famille s'installe à Marseille en 1961[7].

Il effectue une partie de sa scolarité dans un lycée de Nice, puis dans un internat à Briançon[8]. Mauvais élève[5],[9], Didier Raoult part travailler à 17 ans[9], pendant deux ans selon certaines sources mais en fait probablement moins de six mois[10], sur des bateaux, paquebot de croisière[10],[9] ou navire de la marine marchande selon les sources[11].

D’après le sociologue Frédéric Pierru, l'éducation stricte qu’il reçoit de son père militaire aurait eu des conséquences sur sa révolte adolescente et son échec scolaire[6].

Marié en 1982 avec Natacha Caïn, psychiatre, fille du psychiatre et psychanalyste Jacques Caïn, dont la famille est originaire du comtat Venaissin et d'Anne Caïn, psychanalyste et psychodramatiste issue d'une famille d'origine lituanienne et juive[12],[13],[14],[15], il est père de trois enfants : Sacha (maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à Marseille), Lola Raoult-Cohen (médecin psychiatre à Marseille) et une fille née en 1977, d'une précédente union[3].

Formation médicale et en biologie

En 1972, il passe un baccalauréat littéraire en candidat libre puis, alors qu'il n'a aucune vocation dans ce domaine[6], il s'inscrit à la faculté de médecine de Marseille[16] car « c’étaient les seules études que son père acceptait de financer »[5]. Il réussit l'internat et souhaite devenir obstétricien, mais son classement à l'internat ne le lui permet pas. Il devient donc infectiologue comme son arrière-grand-père, Paul Le Gendre[17].

Cursus en médecine

Cursus en biologie humaine

Carrière professionnelle

Recherche

Didier Raoult découvre un moyen de cultiver les rickettsies[5], ce qui lui permet de les étudier[23] et en 1983, il crée l'Unité des rickettsies[9]. Devenu professeur, il dirige des thèses sur les maladies infectieuses à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille[24],[25] : de 1988 à 2018, il fait soutenir quatre-vingt-neuf thèses[26]. Il est président de l'université de la Méditerranée Aix-Marseille II de 1994 (où il est élu face à Michel Fougereau)[27] à 1999[28],[29].

Il est notamment connu pour ses contributions à la recherche sur le mimivirus, qui ont ouvert un champ complètement inexploré[30], celui des girus[31]. Ses découvertes scientifiques sont récompensées par le Grand Prix Inserm en 2010[32], décerné pour l'ensemble de ses travaux sur les agents pathogènes et sa co-découverte des virus géants, et le prix de la fondation Louis D. (Institut de France) en 2015 pour son étude sur le répertoire des microbes du tube digestif et l'évolution de son activité antibiotique[31],[33],[34]. Didier Raoult se revendique « premier expert » des maladies infectieuses au niveau mondial et affirme que le site américain Expertscape permet d’évaluer l’expertise de scientifiques, et confirmerait cette revendication. Cependant Libération remarque que bien que la compétence de Didier Raoult sur le sujet soit reconnue en 2020, le site ne permet pas d’évaluer sérieusement l’expertise d’un scientifique[35].

Décrit en mars 2020 comme « l'un des meilleurs infectiologues de la planète », selon Le Point[36], « ponte de la recherche »[37], Raoult est connu pour avoir fait évoluer, en collaboration avec son équipe, via leurs nombreux essais cliniques et leurs brevets[38], la science des bactéries de manière significative[39].

Toutefois, son aura scientifique est progressivement entachée par ses prises de position et ses publications lors de la pandémie de Covid-19, ce que le New-York Times résume en mai 2020 par ce titre « He Was a Science Star. Then He Promoted a Questionable Cure for Covid-19 » (« Il était une star de la science. Puis il a fait la promotion d'un remède douteux pour la Covid-19 »)[40].

Virus géants

Virus Spoutnik (virologie)
Virus Spoutnik.

Sa co-découverte (avec l'équipe de Jean-Michel Claverie et Chantal Abergel[41],[42]) des virus géants remet selon eux profondément en cause la classification des virus. Concernant les virus géants, Raoult a identifié en 1992, avec Jean-Michel Claverie, mimivirus, un virus géant d’amibe[43],[44]. Depuis, les recherches sur mimivirus se poursuivent avec la publication de son génome[45], la découverte en 2008 de Mamavirus, virus encore plus grand, et d'un petit virus capable de l'infecter pour se reproduire : Spoutnik, le premier virophage découvert[43],[46],[47],[48] ; la mise en évidence dans mimivirus d'un mécanisme de défense empêchant l’implantation du virophage dans l’usine à virus (MIMIVIRE)[49].

Mimivirus possède des gènes ayant des fonctions de synthèse de protéines qui sont le propre des organismes cellulaires, dont les virus ne font pas partie[9]. Raoult avance l'idée que les virus géants sont d’une nature différente des autres virus et qu'ils constituent un quatrième domaine du vivant, les « mégavirales », aux côtés des eucaryotes, bactéries et archées. Pour Raoult, le « vivant » pourrait se caractériser par « la faculté de transmettre de l'information » contenue dans l'ADN et propagée par l'ARN messager, une faculté que possèdent les virus géants comme les trois grandes familles qui constituent le domaine du vivant[9]. Mais l'idée d'une quatrième branche du vivant est controversée[50].

En 2003, Didier Raoult et Jean-Michel Claverie émettent également l'idée que les virus aient un autre ancêtre que Luca, plus vieux ancêtre commun au domaine du vivant. Ils se basent sur l'identification de structures ou de gènes communs aux virus mais absents du règne des cellules, ce qui induirait selon eux que les virus possèdent des ancêtres cellulaires préexistant à Luca[51].

Par ailleurs, son équipe a découvert les Marseillevirus[1] et les Faustovirus (en).

Bactéries nouvelles

Depuis les années 1990, Le Monde avance que Didier Raoult a identifié et décrit avec son équipe une centaine de nouvelles bactéries pathogènes[52]. Un certain nombre de ces descriptions ne respectent pas les standards de la nomenclature bactérienne et sont donc invalides. Par exemple, les descriptions de la revue New Microbes and New Infections, revue complaisante dont le tiers des publications sont signées par Raoult, ne respectent le code de nomenclature que pour 2 % des noms publiés[53].

Les taxons ayant Raoult comme co-descripteur incluent par exemple :

Selon la List of Prokaryotic names with Standing in Nomenclature, Raoult est co-descripteur de nombreux noms qui ne sont pas valides au regard du code de nomenclature en vigueur, et qui ne devraient donc pas être utilisés, dont :

  • "Alistipes obesi" Hugon et al., 2013
  • "Bacillus andreraoultii" Traore et al., 2016
  • "Beduinella" Traore et al., 2016[56], encore appelé « gen. nov. » dans une autre publication de la même année[57]
  • "Beduinella massiliensis" Traore et al., 2016[56]
  • "Beduinellaceae" Traore et al., 2016[56]
  • "Clostridium merdae" Ndongo et al., 2017
  • "Collinsella phocaeensis" Ndongo et al., 2017
  • "Duodenibacillus" Mailhe et al., 2017
  • "Duodenibacillus massiliensis" Mailhe et al., 2017
  • "Enorma phocaeensis" Ndongo et al., 2017
  • "Ihuprevotella" Ricaboni et al., 2016
  • "Ihuprevotella massiliensis" Ricaboni et al., 2016
  • "Mailhella" Ndongo et al., 2017
  • "Mailhella massiliensis" Ndongo et al., 2017
  • "Marseilla" Ricaboni et al., 2016
  • "Marseilla massiliensis" Ricaboni et al., 2016
  • "Massilibacterium" Tidjani Alou et al., 2016
  • "Massilibacterium senegalense" Tidjani Alou et al., 2016
  • "Massiliprevotella" Ndongo et al., 2017
  • "Massiliprevotella massiliensis" Ndongo et al., 2017
  • "Mobilibacterium" Bilen et al., 2017
  • "Mobilibacterium timonense" Bilen et al., 2017
  • "Mordavella" Ndongo et al., 2017
  • "Mordavella massiliensis" Ndongo et al., 2017
  • "Negativibacillus" Ricaboni et al., 2017
  • "Negativibacillus massiliensis" Ricaboni et al., 2017
  • "Neobittarella" Bilen et al., 2018
  • "Neobittarella massiliensis" Bilen et al., 2018
  • "Neofamilia" Lagier et al., 2016[57]
  • "Neofamilia massiliensis" Lagier et al., 2016[57]
  • "Sutterella massiliensis" Ndongo et al., 2017
  • "Sutturella timonensis" Ndongo et al., 2017
  • "Traorella" Mailhe et al., 2017
  • "Traorella massiliensis" Mailhe et al., 2017
  • "Tropheryma" La Scola et al., 2001
  • "Tropheryma whipplei" La Scola et al., 2001
  • "Urinacoccus" Morand et al., 2016
  • "Urinacoccus massiliensis" Morand et al., 2016
  • "Urinicoccus" Yimagou et al., 2019, homonyme mal orthographié d'Urinacoccus mais encore proposé en tant que « gen. nov. » trois ans plus tard
  • "Urinicoccus" Tall et al., 2020, homonyme mal orthographié d'Urinacoccus mais encore proposé en tant que « gen. nov. » quatre ans plus tard
  • "Urinicoccus timonensis" Tall et al., 2020
  • "Vaginisenegalia" Lo et al., 2019
  • "Vaginisenegalia massiliensis" Lo et al., 2019

Hypothèses de recherche sur le Sida

Didier Raoult publie en 2014, dans sa revue Clinical Microbiology and Infection[58], une étude sur deux patients identifiés par les équipes de l'immunologiste Yves Lévy à l'hôpital Henri-Mondor[59]. Cette étude fait l’analogie entre l’évolution de rétrovirus du koala (en)[60] alors en cours d’endogénéisation et une apparente guérison spontanée de l’infection par le VIH chez deux patients jamais traités par antirétroviraux et n’ayant aucun symptôme clinique lié au VIH ni aucun acide nucléique VIH détectable dans le sang par les tests diagnostics standards. Les séquences VIH obtenues chez ces deux patients à l’aide de techniques modernes de séquençage ont montré que les gènes VIH étaient inactivés par le remplacement des codons tryptophane par des codons-stop. Didier Raoult et ses co-auteurs font l'hypothèse que ce pourrait être dû à l’action d’une enzyme cellulaire, APOBEC[61], et recommande que cette piste soit étudiée, car si c'était confirmé, cela pourrait ouvrir la voie à la recherche de nouvelles formes de traitement du sida. Bien que le sida ne fasse pas partie de son champ de compétences, il indique avoir « voulu donner un point de vue évolutionniste sur cette maladie », et sa découverte serait alors une illustration de « l’hypothèse de la reine rouge »[59]. Cette piste est accueillie comme intéressante, mais restant à prouver ; un médecin souligne que malgré le bruit médiatique fait autour de cette publication, il n'y a rien de bien nouveau puisque « les patients décrits dans cette étude sont des contrôleurs du VIH (des patients capables de contrôler spontanément l'infection du VIH dans leur corps), un phénotype décrit depuis 2005 », et le mécanisme analysé est correct, mais déjà connu[58].

Nombre de publications scientifiques et taux de citations

Didier Raoult est un fervent défenseur de la bibliométrie dont il explique qu'elle permet de rationaliser la compétition entre les savants grâce à des algorithmes qui évaluent les chercheurs en quantifiant leurs publications et l'impact de celles-ci[42],[62]. Selon l'analyse du journaliste Benoit Gilles de Marsactu, il l'utilise comme un moyen de construire sa réputation et ses réseaux, en s'appuyant sur une stratégie de publication destinée à le placer au premier rang[62]. Didier Raoult a co-signé de nombreux articles (entre 2 000 et 3 000 jusqu'en 2020, selon les estimations par Le Point[63] et Marsactu[42] à partir de la base de données PubMed, 2 018 articles entre 1979 et 2018 selon l'interrogation par Le Monde de la base de données SCOPUS[64]), certains dans des revues prestigieuses, mais l'immense majorité dans des revues à faible impact[42],[65]. Des centaines de ses articles sont publiés dans des revues éditées par ses propres collaborateurs[8],[65],[63] : l'hebdomadaire Le Point donne à ce sujet l'exemple de la revue « New Microbes and New Infections », dont l'éditeur en chef Michel Drancourt travaille depuis 35 ans avec Didier Raoult, et dont 230 articles, soit un tiers de toute la production du journal, sont signés par Didier Raoult[63],[66],[64],[67].

Selon Scott Sayare du New York Times Magazine, Raoult est réputé être un travailleur infatigable, mais atteint aussi son taux exceptionnel de publications et citations en associant son nom à presque tous les articles publiés par son institut[40]. Le Monde note aussi que Didier Raoult cite beaucoup ses propres articles (il est « dans les 8 534 auteurs les plus adeptes de cette pratique dans le monde »), ce qui « gonfle ainsi ses scores »[64]. L'indice h de Didier Raoult sur Google Scholar est de 185, et de 120 sur Web of Science. Cependant, au moins 25 % des citations de Didier Raoult sont des auto-citations, et ce chiffre ne prend pas en compte les citations faites par d'autres membres de son unité[68]. Par ailleurs, son article le plus cité est son article sur l'usage de l'hydroxychloroquine sur la COVID-19, article cité essentiellement par des chercheurs qui en réfutent les conclusions[réf. nécessaire]. En 2008, il est classé parmi les dix premiers chercheurs français par la revue Nature en termes de nombre de publications comme de citations reprenant ses travaux[43]. Par ailleurs, selon la source ISI Web of Knowledge, Didier Raoult est un des chercheurs qui publient le plus en France[69].

Ce nombre élevé de publications est important pour le financement de l'AP-HM[63],[64],[70] : le système d’interrogation de gestion, d’analyse des publications scientifiques (Sigaps) lie la dotation annuelle de chaque IHU au nombre de publications de ses chercheurs et praticiens[42],[71],[65]. Par exemple, les 77 articles publiés par Didier Raoult en 2017 dans la revue New Microbes and New Infections, éditée des chercheurs de son institution et classée au plus bas dans sigaps, ont mécaniquement rapporté 800 000  à l’AP-HM[72]. En 2018, Didier Raoult expliquait : « Je rapporte au moins onze millions d’euros par an à l’AP-HM »[42]. Selon Le Point, chacun des quarante articles « signés par Didier Raoult dans le « International Journal Antimicrob Agents », dont l'éditeur en chef travaille au sein de son IHU, a ainsi rapporté de 3 600 euros à 14 400 euros par an à l'AP-HM »[63]. Didier Raoult reconnait avoir « menacé de faire la grève des signatures » des articles pour obtenir son institut quand il ne disposait que d'un pôle dédié aux maladies infectieuses[73],[63],[64].

Interdiction temporaire de publication dans les revues de la Société américaine de microbiologie

En 2006, Didier Raoult et quatre de ses co-auteurs sont interdits de publication pendant un an dans les revues de la Société américaine de microbiologie (ASM), comme l'a révélé en 2012 un article à propos de Didier Raoult publié dans la revue Science[74],[75],[8]. La sanction fait suite à un de leurs articles publié en 2006 dans le journal Infection and Immunity (en), qui présentait les mêmes chiffres pour des résultats d'expériences prétendument différentes[74], ce qui caractérise un manquement éthique selon les représentants de l'ASM[74]. En réponse à l'ASM, le deuxième et le dernier auteur[c] plaident une simple erreur et veulent en assumer la pleine responsabilité, expliquant qu'ils n'avaient pas montré l'article aux autres auteurs alors en vacances[74]. L'ASM, non convaincue par les réponses apportées, interdit aux cinq auteurs dont Didier Raoult de publier dans ses revues pendant une année[74]. Didier Raoult fait appel de l’interdiction (sans succès), démissionne du panel éditorial de deux autres revues de l’ASM, annule son adhésion et interdit aux membres de son laboratoire de publier dans les revues de l'ASM[74].

Accusations de manquements à l'intégrité scientifique

Un compte rendu de ces entretiens conduits, notamment, par l’Université d’Aix-Marseille, l’Inserm et l’AP-HMEn avril 2020, Médiapart publie une enquête sur l'IHU de Marseille dans laquelle certains chercheurs affirment que la peur de contredire Didier Raoult peut inciter à biaiser les résultats d'expériences[65].

Entre mars 2020 et mars 2021, la chercheuse indépendante Elisabeth Bik publie soixante commentaires sur soixante articles signés par Didier Raoult[76],[77],[78]. Ses commentaires concernent de possibles oublis de déclaration de conflits d'intérêts (10 articles), des anomalies avec les images par exemple des images identiques dans des expériences différentes (plus de vingt articles), et des questions d'éthique concernant des « recherches impliquant la personne humaine » (plus de la moitié des articles)[79]. Un an plus tard, l'un de ces articles a été rétracté[80], l'un a fait l'objet d'une correction, et deux autres sont encore en cours d'enquête[81]. Devant le Sénat français le , Didier Raoult déclare être « traqué » par cette « fille » depuis qu'il est « célèbre », et la qualifie de « cinglée »[76]. Il affirme n'avoir jamais fraudé de sa vie et que ses « 3 500 publications internationales » doivent contenir certainement beaucoup plus d'erreurs que celles signalées par Elisabeth Bik, estimant son taux d'erreur entre 2 et 4 %[82],[83]. Raoult et un autre professeur de l'IHU, Eric Chabrière, portent plainte le contre elle pour « harcèlement, tentative de chantage et d’extorsion »[84]. Ils appuient l'accusation de tentative de chantage sur un tweet d'Elisabeth Bik, dont, selon Le Monde, ils n'ont pas compris l’ironie[78]. Le , l’association citoyenne Citizen4Science, constituée de scientifiques et de citoyens, dénonce le harcèlement subi par les porteurs de l’intégrité scientifique de la part des chercheurs de l’IHU Marseille dans un communiqué de presse[85],[86] et lance une pétition qui recueille plusieurs milliers de signatures sur le site change.org[87],[88],[85],[89]. Le , une lettre ouverte[90] signée par des centaines de scientifiques prend également la défense de la chercheuse,[81]. Le , l'ENS de la rue d'Ulm dénonce la stratégie d'intimidation de Raoult sur Elisabeth Bik[91]; dans un communiqué du intitulé Les prétoires ne sont pas des laboratoires, le CNRS dit avoir « pris connaissance avec consternation » de cette plainte de Didier Raoult, dénonce la « judiciarisation de la critique et de la controverse scientifique » et rappelle que « la validation scientifique doit rester avant tout basée sur celle des pairs »[92],[93].

Le , le biologiste moléculaire et chercheur au CNRS Hervé Seitz, poste en ligne une pré-publication intitulée « Hydroxychloroquine et Covid-19 : résumé d’un an de controverse »[94]. Ce chercheur montpelliérain qui a recensé 2 470 articles scientifiques sur la chloroquine et l’hydroxychloroquine dénonce en conclusion un « scandale sanitaire initié par des mensonges délibérés de la part du laboratoire du professeur Raoult » qui relève selon lui de la fraude scientifique et la responsabilité pénale[95],[96].

Le , l'université Aix-Marseille révèle avoir lancé une enquête interne sur les études du Pr Raoult, à sa demande, pour étudier l'intégrité de ses travaux scientifiques sur le traitement du Covid, réalisée par des experts indépendants[97],[98] Dans un compte rendu des entretiens conduits par l’Université d’Aix-Marseille, l’Inserm et l’AP-HM, des membres de l’IHU dénoncent la falsification de résultats scientifiques avec pour but de démontrer l’efficacité de l’hydroxychloroquine[99] ; ces dénonciations déclenchent une nouvelle enquête de l'AP-HM[100].

Rapport sur les risques épidémiologiques

En 2003, à la demande de Jean-François Mattéi, alors ministre de la Santé, il rédige durant l'épidémie de SRAS de 2002-2004 un rapport sur le bioterrorisme et les risques épidémiologiques et note que « le risque actuel d’apparition de mutants de virus respiratoires, en particulier de la grippe, est le phénomène le plus redoutable »[101]. Il pointe également l'impréparation du système de santé français en cas de pandémie. Il recommande un grand discours fondateur d'une nouvelle politique de santé qui serait capable de mieux anticiper les risques épidémiologiques dont il voit qu'ils deviendront un des enjeux forts d'un monde interconnecté. Il met en garde contre les risques de débordement des services de santé français et recommande de doter les hôpitaux d'infectiopôles, notamment d'unités de fabrication de tests, afin de repérer le plus vite possible, et le plus tôt possible, les premiers malades[102],[103].

Urmite

Financement et critique

De 2008 à 2017, il dirige l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (Urmite) à Marseille et à Dakar au sein du campus de Hann, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'université Cheikh-Anta-Diop (UCAD)[104]. En 2008, 10 % seulement de ses financements sont récurrents et il se procure le reste auprès des industriels et des collectivités territoriales. Il critique le système « égalitariste » français et demande des évaluations individuelles, afin que les chercheurs les plus compétents soient mieux financés[43].

Selon un article de Mediapart d'avril 2020, deux rapports émis par « une quinzaine de chercheurs européens venant notamment du University College de Londres (UCL), de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale de Hambourg ou de l’Institut Pasteur », affirment lors d'une évaluation menée par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur en 2018 que ses unités de recherche manquent « d’expertise dans des domaines clefs », en particulier « en épidémiologie », et n'approfondissent pas assez leurs études, par exemple pour connaître les effets d’un virus sur le corps humain. Les évaluateurs reprochent que la priorité soit donnée au « volume de publications plutôt qu’à leur qualité », estimant qu'une compilation de nouvelles bactéries - comme « on collectionne les timbres » - ne procure pas plus d'avancée pour la recherche scientifique et médicale. Ils jugent « désespérée » la création de la revue New Microbes and New Infections destinée à publier des articles refusés par les autres revues[65]. Pour le chercheur Romain Garrouste, cette critique n'est pas surprenante. Selon lui, de nombreuses publications de Raoult concerne de nouvelles bactéries ou virus et la taxonomie — l'« inventaire du vivant » — est souvent dénigrée. D'après lui, il existe également un « biais taxonomique » : il est difficile de publier dans une revue de renom lorsque l'organisme décrit n'est pas « extraordinaire » alors que, selon lui, chaque organisme a le même intérêt biologique intrinsèque et qu'il est « essentiel de publier dès que possible une découverte, quelle qu’elle soit »[105].

Accusations de harcèlement au sein de son unité

Le 31 mars 2017, douze ingénieurs et techniciens rattachés à l’Urmite, mais employés du CNRS, de l'Inserm, de l'université d'Aix-Marseille ou de l’IRD, envoient une lettre anonymes aux Comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de ces quatre organismes de tutelle de l’IHU[106]. Ils y affirment subir une situation « insupportable et dégradante », découlant d'une absence de reconnaissance et de considération pour leur travail, de comportements inappropriés, humiliations, altercations verbales et menaces répétées de certains personnels et directeurs de recherche, du manque de représentants élus, ainsi que des conditions de travail « en dehors de toute règle »[107],[106]. Quatre plaintes pour harcèlement ou agression sexuelle sont déposées à l'encontre de chercheurs ou d'enseignants de l'Urmite[108],[107].

Didier Raoult nie la présence de tout climat malsain au sein de son unité. D'après lui, ces accusations seraient le résultat d'une minorité de détracteurs, jaloux du succès de l'IHU[107],[109]. En ce qui concerne les accusations de harcèlement et agressions sexuelles, il affirme avoir réglé le problème et dénonce le fait que le CNRS ait voulu rendre justice lui-même en révoquant le chercheur accusé de harcèlement[110],[111],[112].

Le 9 octobre 2017, Marsactu dévoile le contenu du rapport sur l'Urmite rédigé après la visite en juillet 2017 des CHSCT des quatre organismes de tutelle[113],[107],[114]. Selon Marsactu, le rapport est « très sévère »[113]. Il se conclut sur 26 « constats et préconisations », dont, notamment, la mise en place d'une médiation au sein des unités[107],[113]. Le rapport fait état de l'existence de trois « clans » : ceux qui expriment leurs souffrances, ceux qui expriment leur bien-être et s'insurgent à l'écoute des plaintes, et les silencieux. Des ingénieurs et techniciens affirment que leur travail n'est pas reconnu par la hiérarchie et que, notamment, leurs noms ne sont pas mentionnés dans les articles scientifiques. Un chef de service ayant reconnu ne pas faire signer systématiquement tous les techniciens, le rapport recommande : « Rappeler les règles éthiques en termes de signature des articles scientifiques ». Également dans le rapport, deux témoignages écrits rapportent des « mépris et maltraitance verbale durant les réunions ». À ce sujet, Marsactu, qui a enquêté auprès d'anciens membres de l’Urmite, indique que les témoignages anonymes de ces derniers « recoupent largement les points de vue soutenus dans le rapport ». Inversement, Marsactu note que le « clan des partisans de la méthode Raoult » a publié une pétition, « Laissez nous travailler », signée par 333 personnes très positives au sujet de l'Urmite[113].

L'IHU Méditerranée Infection

Grâce à la subvention la plus élevée accordée en France pour la recherche médicale (72,3 millions d’euros portés par l’ANR[d] dans le cadre du Programme investissements d'avenir (PIA)[e],[115]), Didier Raoult fait construire un nouveau bâtiment pour accueillir l'IHU Méditerranée Infection, inauguré en 2018[116]. Cet institut est dédié au diagnostic, à la prise en charge et à l’étude des maladies infectieuses y compris les soins, la recherche et l’enseignement[117]. L'IHU Méditerranée Infection a pour membres fondateurs : université d'Aix-Marseille, Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, BioMérieux, l'Établissement français du sang, l'IRD, le Service de santé des armées[118]. Il bénéficie de l'aide de l'Union européenne et du Fonds européen de développement régional ainsi que de nombreux partenariats[119]. L'IHU héberge huit start-ups qui, en retour, réservent 5 % de leur capital à l'IHU. Didier Raoult possède 23 % de Techno-Jouvence, qui étudie les planaires pour régénérer les cellules souches[120],[121].

Relations avec les institutions

Portrait de Didier Raoult (2020).

Didier Raoult critique une hyper-centralisation de la recherche médicale française et attribue un déclin de cette dernière à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il est en faveur d'une plus grande liberté de recherche par rapport à l’État et affiche une hostilité envers le milieu médical parisien[122].

À partir de 2014, année où Yves Lévy est nommé à la tête de l'Inserm, Didier Raoult accentue ses critiques de l'institution via des tribunes de presse. Depuis longtemps, Didier Raoult critique l'engagement de fonds colossaux dans la recherche d'un vaccin contre le sida, domaine d'expertise d'Yves Lévy. La nomination d'Agnès Buzyn, épouse d'Yves Lévy, au poste de ministre de la Santé est suivie d'une décision ministérielle le visant à ramener les instituts hospitalo-universitaires (IHU) dans le giron de l'Inserm tout en divisant leurs crédits par deux, le tout selon les critères demandés par son mari, alimentant le soupçon de conflit d'intérêts. Raoult, très attaché au statut de « fondation » des IHU, affirme dans les médias l'existence de ce conflit d'intérêts et accuse Yves Lévy de vouloir diriger les IHU depuis Paris. Le projet de la ministre de la santé échoue. Le neuroscientifique Richard Frackowiak, qui a démissionné « avec fracas » le de la présidence du jury international des IHU, déclare : « J'avais vu les liens entre le ministère et l'Inserm. J'ai alors présenté ma démission en défendant le modèle des IHU et les 200 millions qu’on nous prenait. Finalement j’ai obtenu gain de cause car leur position était intenable »[123],[122],[8],[110],[124].

En 2018, l'Inserm et le CNRS retirent leurs labels aux unités de recherches de Didier Raoult après une mauvaise évaluation par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES) et des accusations de harcèlement visant certains chercheurs de l'IHU[8],[65]. Ni Agnès Buzyn, ni Frédérique Vidal ne sont présentes à l'inauguration des nouveaux locaux[110]. La gouvernance de l'institut n'est pas remise en cause : selon Le Monde, « on touche là cruellement du doigt les limites du mandarinat et du localisme »[70].

Plus généralement, d'après Paris Match, Raoult affiche un large mépris à l'encontre d'une partie de ses confrères et des journalistes[17].

Retraite

Le 31 août 2021, il prend sa retraite de professeur des universités-praticien hospitalier, la direction des Hôpitaux universitaires de Marseille ayant refusé sa demande de cumul emploi-retraite[125]. François Crémieux, nommé à la tête de l’AP-HM en juin 2021, et Eric Berton, président de l'Université Aix-Marseille souhaitent qu'il abandonne aussi la direction de l’IHU, piloté par une fondation privée. Ces décisions sont prises à un moment où les prises de positions de Didier Raoult sur les variants et la vaccination sont considérées comme étant de plus en plus problématiques[126], ses soutiens locaux faiblissent[127], et l'image de l'IHU auprès de ses partenaires largement dégradée[128],[129]. Il souhaite néanmoins conserver un an supplémentaire la direction de l'IHU, dont les statuts indiquent que « le directeur est nommé, après avis du conseil d’administration, par [son] président »[130]. Le le conseil d'administration met en route une procédure de recrutement, qui « aboutira à la désignation de la nouvelle directrice ou du nouveau directeur au plus tard le 30 juin 2022, pour une prise de poste au plus tard le 30 septembre 2022 »[131],[126].

Soupçons d'essais illégaux sur des patients tuberculeux

Le 22 octobre 2021, le site web d'investigation Mediapart révèle que l'IHU Méditerranée Infection, dirigé par Didier Raoult, a conduit, sous l'impulsion de ce dernier et de son adjoint Michel Drancourt[132], de 2017 à mars 2021, des essais cliniques de repositionnement de molécules médicamenteuses pour lutter contre la tuberculose[133] et ce malgré les refus répétés de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui dans son courrier de refus évoque l'absence d'argumentaire scientifique sur le choix des molécules, l’association, la posologie et la durée du traitement envisagée[132]. L'ANSM et l'AP-HM ont indiqué au journal que des suites judiciaires allaient être données.

Des sources internes à l'IHU ont révélé que ces essais avaient été menés sans qu'aucun indice d'efficacité de ces médicaments, la minocycline et la sulfadiazine notamment, ne permette de les soutenir, sur des patients souvent étrangers, parlant mal le français et donc potentiellement non-informés ou mal informés de leur participation à un essai clinique, ne pouvant donc donner leur consentement éclairé[134].

Lors de cet essai, plusieurs signalements attestent que des patients, dont un mineur de 17 ans, faisant partie des cohortes de l'essai ont développé des complications rénales sévères (un des effets secondaires de la sulfadiazine, l'un des médicaments testés dans l'essai clinique) et qu'ils ont de ce fait dû subir une intervention chirurgicale (pose de sonde pour rétablir les fonctions rénales). De plus, en septembre 2019, un nourrisson de 11 mois aurait contracté une tuberculose après avoir vécu pendant plusieurs mois avec son grand-père, lui-même infecté et traité par le protocole expérimental de l'IHU. Peu après, en novembre 2019, la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) intime à D. Raoult de mettre un terme à son protocole[132].

D'après Christian Lehmann, la méthode - utiliser un médicament non-indiqué pour tenter de vérifier ses effets sur une pathologie donnée - relève de la même logique que celle soutenue par D. Raoult dans le cadre de la polémique sur l'usage de l'hydroxychloroquine pour traiter le COVID-19 : « se basant sur sa seule intuition, Didier Raoult a utilisé des antibiotiques peu efficaces contre le bacille de Koch, aux effets indésirables graves, sur des patients qui ont subi des complications et ont pu contaminer leurs proches en n'étant pas soignés correctement »[134]. Un collaborateur de Didier Raoult, témoignant pour Libération sous couvert d'anonymat, déclare ainsi avoir décidé de prendre la parole après une série de complications sévères sur des patients de l'essai : « la goutte d'eau a été de voir deux patients finir en urgence au bloc opératoire pour des complications rénales qu'on aurait pu éviter. Ils sont roumains et ne porteront jamais plainte. Ils ne se doutent même pas qu'ils ont été utilisés pour des essais interdits. Je suis épuisé de constater que [Didier Raoult] met en danger les patients en toute impunité, en se présentant auprès de l'opinion publique comme un sauveur »[134]. D'autres employés de l'IHU parlent ainsi de conditions inhumaines constatées lors de ces essais.

Prises de position et notoriété médiatique

Selon le portrait que l'Inserm dresse de lui, Didier Raoult n'aime ni les consortiums ni le consensus et se réjouit des controverses scientifiques[16].

Ses prises de position sont parfois qualifiées d'iconoclastes, mais jugées toujours polarisantes, ce qui lui vaut des soutiens hétéroclites, dont celui des amateurs de théories du complot[135],[136].

Médiatisation

Avec ses prises de position sur la pandémie de Covid-19, critiquées par la communauté scientifique[8],[92],[126],[137], Didier Raoult devient, en 2020, l'une des personnalités les plus suivies par les médias grand public et les réseaux sociaux en France. En , il apparaît en deuxième place du baromètre Odoxa des personnalités préférées des Français[138]. Sa chaîne YouTube de l'IHU de Marseille totalise des millions de vues ; son compte Twitter personnel atteint 100 000 abonnés trois jours après sa création[139] et approche les 600 000 en juin 2020. Il est soutenu par des personnalités (Jean-Marie Bigard[140], Jair Bolsonaro[141],[142], Valérie Boyer, Christian Estrosi, Éric Cantona, Gilbert Collard, Dieudonné[139], Laeticia Hallyday[140], Elon Musk[36][source insuffisante], Michel Onfray[143]…), certains médecins (Violaine Guérin, Philippe Douste-Blazy, Christian Perronne, Michèle Barzach, Marc Gentilini, Patrick Pelloux, Paul Trouillas, Martine Wonner[144]… alors que d'autres témoignent de leur opposition[145]), et des groupes de citoyens sur les réseaux sociaux[146],[147] — entre autres des Gilets Jaunes[139]. Le groupe Facebook « Didier Raoult Vs Coronavirus », créé le , réunit en quelques jours 370 000 membres ; selon l'analyse de la Revue des médias de l'INA, le contenu de ce qui y est publié s'apparente à une communication institutionnelle de l'IHU de Marseille, ce qui limite la portée de la comparaison avec les « gilets jaunes »[146]. Il devient une figure centrale[136] dans les milieux complotistes[148]. Cette période apporte à Didier Raoult une importante notoriété médiatique[140].

Une enquête réalisée par YouGov les 27 et , peu après l'abrogation du décret autorisant l'usage de l'hydroxychloroquine pour traiter la Covid-19, indique que les Français font plus confiance à Didier Raoult qu'au ministre de la Santé, Olivier Véran[149].

Le sociologue Frédéric Pierru estime que Didier Raoult a adopté un style « populiste ». Le sociologue note cependant que la notion de « populisme médical », telle que développée par Gideon Lasco et Nicole Curato, se caractérise par un appel au « bon sens » populaire contre les élites, tandis que Didier Raoult se présente lui-même comme l'un des meilleurs infectiologues mondiaux, donc comme faisant partie de l'élite[6]. Le chercheur Antoine Bristielle, qui a enquêté auprès de 1 000 personnes membres de groupes pro-Raoult sur Facebook, estime que le point essentiel caractérisant les soutiens de Raoult est la « défiance très importante envers les médias classiques et les institutions politiques ». Les soutiens de Raoult voient en lui une « figure antisystème ». Le profil type d'un pro-Raoult est « une femme âgée, éduquée et plutôt à droite »[150],[151]. Une enquête des Décodeurs portant sur le profil de 208 internautes pro-Raoult sur Facebook, affirme que les pro-Raoult ont des appartenances partisanes peu marquées : la majorité n'affichent pas de lien vers des partis ou personnalités politiques. Par contre, beaucoup suivent des personnalités estimant que les intérêts du « peuple » ne sont pas dignement défendus par l’« élite »[147].

Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire, estime que la démarche « subversive et atypique » de Didier Raoult a fonctionné : « il a fait à sa manière de la controverse académique un fait de société total » et a fait « apparaître par contraste ce qui à terme risque d’être perçu comme les limites de la technostructure de la recherche »[152]. Selon Arnaud Benedetti, la visite rendue par le président Emmanuel Macron à Didier Raoult le 9 avril montre que le président ne ferme aucune porte ; elle envoie un signal à ceux qui parmi les élus ont pris fait et cause pour le professeur marseillais[153]. Didier Raoult a un fort soutien de la droite en région Paca[154],[155]. D'après RTL, l'engouement de la droite marseillaise « semble s'étendre au reste de l'Hexagone ». Xavier Bertrand, « ténor de la droite », soutient Raoult. À gauche, la chloroquine est aussi défendue, mais « de façon plus timide ». Emmanuel Macron consulte Raoult, Jean-Luc Mélenchon prend contact une fois avec lui[156]. D'après le sociologue Pierru, toute une partie de la « gauche de la gauche » prend parti pour Didier Raoult alors que ce dernier est un homme de droite par héritage familial et « dont tous les réseaux politiques sont de droite »[6]. Selon LCI, les soutiens politiques se font plus discrets les mois passant, mais restent présents, avec une exception, la défection de Ségolène Royal. Des soutiens à la droite de la droite s'accompagnent d'une critique de l'industrie pharmaceutique[157].

Prises de position politiques

Le professeur Didier Raoult intervient régulièrement dans les médias. Il anime une chronique, où il commente entre autres l’actualité politique, dans le journal Le Figaro de 1998 à 2001[f], puis dans le magazine Le Point[g] de 2011 à 2018[h] et depuis 2017, environ trimestriellement, dans le quotidien Les Échos[158]. Il a notamment défendu la liberté de porter un voile islamique à l’université[159],[160].

Didier Raoult critique les restrictions posées par la France aux étudiants et chercheurs étrangers pour l'obtention d'un visa, en faisant valoir qu'« en France, 50 % des thésards sont étrangers. Sans les étrangers, il n’y a plus de science française »[2].

Changement climatique

Didier Raoult se revendique et s'assume climatosceptique à travers des articles de presse publiés dans le journal Le Point en 2013 et 2014[161],[162],[163], dans son livre Arrêtons d'avoir peur en 2016[164],[165] et lors de deux interviews en 2020[166],[167],[168]. Il déclare : « Vous pouvez m'accuser de climatoscepticisme comme de tous les scepticismes, et je suis d'accord. Car, sinon, je cesse d'être un scientifique, et je deviens un prêtre »[165],[167]. Il estime que « le futur lointain reste imprévisible »[166]. Il ne croît pas aux modèles mathématiques et affirme que les mathématiciens sont de « nouveaux prophètes » dont la fiabilité ne dépasse guère celle des « anciens prophètes » qu'étaient les astronomes ayant « dérivé de l'astronomie à l'astrologie »[165].

Sur son blog « Curiologie », le journaliste scientifique Florian Gouthière estime que le positionnement de Didier Raoult sur le réchauffement climatique interroge « sur son rapport aux sciences et à la production des savoirs scientifiques »[169]. France culture rapporte que, selon un journaliste connaissant bien Didier Raoult, ses propos sont une « provocation », au même titre que l'adoption d'un look « improbable » avec cheveux longs[164]. Didier Raoult affirme en 2020 ne pas y voir de modifications majeures concernant la taille des surfaces de glace aux pôles depuis 30 ans, et ne croit donc pas à « l'apocalypse qu'on nous prédisait », même si il y a effectivement « des variations climatiques que l'on peut observer »[167],[168],[165]. En 2014, Didier Raoult déclare qu'« après une poussée thermique notable dans les années 1990, la Terre a globalement arrêté de se réchauffer depuis 1998 ». Il conclut que « le réchauffement climatique est incertain et la responsabilité de l’homme discutable »[161],[170]. Il nuance ce propos en 2020 en affirmant : « je suis d'accord sur le fond : il faut faire attention »[165]. Didier Raoult juge que la cause du réchauffement n'est pas connue, et indique que l'humanité est entrée dans l'ère anthropocène, ère où l'homme change son environnement[167].

Selon Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde, l'affirmation de Didier Raoult que le réchauffement climatique s’est arrêté en 1998 est un « hoax climatique ». Citant des études scientifiques, Stéphane Foucart affirme que la tendance lourde au réchauffement climatique n'a en réalité pas été remise en cause. Stéphane Foucart argumente notamment que prendre 1998 comme année de référence pour « faire débuter le fameux plateau des températures » est trompeur, dans la mesure où en 1998 a eu lieu une augmentation considérable de la température moyenne mondiale due à El Niño, ce qui participe à l'illusion que le réchauffement s'est interrompu dans les années suivantes. De plus, selon une étude de 2015, une évolution des relevés de température avec placement de nombreuses bouées sur les océans a « refroidi » artificiellement la température moyenne mondiale, puisque la température est plus froide au niveau de l'eau que sur les bateaux[161].

L'Express note que les déclarations de Didier Raoult sont « fluctuantes » : en 2020, il affirme ne pas voir de signes du réchauffement climatique, alors qu'en 2016, il envisageait des « conséquences positives » à ce réchauffement, imaginant par exemple que la Sibérie puisse devenir entièrement cultivable. L'Express reproche de plus à Didier Raoult, un scientifique, de ne pas « voir » diverses informations : le fait que la température moyenne de la planète a augmenté de 1 °C entre 1970 et 2019. L'Express cite également l'essai du journaliste scientifique Sylvestre Huet et le climatologue Gilles Ramstein rappelant que « la quasi-totalité des glaciers de la planète montre un bilan négatif, voire très négatif » et que « dans l'hémisphère Nord, le minimum de l'extension de la banquise mi-septembre est passé de 7 millions de kilomètres carrés en 1980 à 4,5 millions de kilomètres carrés en 2019. Une baisse spectaculaire et plus rapide que ce que prévoyaient les projections. La banquise antarctique montrait plutôt une légère augmentation de surface dans les années 2000, mais cette tendance s'est inversée depuis quelques années »[165].

Controverses en rapport avec l'épidémie de Covid-19

Déclarations et minimisation de la pandémie

Le , sur la chaîne YouTube de l'IHU, Didier Raoult relativise la portée de la pandémie de maladie à coronavirus en affirmant : « Il y a trois Chinois qui meurent et ça fait une alerte mondiale. L’OMS s’en mêle, on en parle à la télévision et à la radio. Tout cela est fou, il n’y a plus aucune lucidité »[8],[75].

Début février dans le JDD, il persiste : « ce virus n'est pas si méchant, ce n'est pas un meurtrier aveugle. Le taux de mortalité, estimé aujourd'hui aux environs de 2 % c'est-à-dire équivalent à celui de toutes les pneumonies virales présentes à l'hôpital, va probablement diminuer une fois que les cas qui n'ont pas donné de symptômes seront pris en compte. Sans être devin, je doute que le virus chinois fasse augmenter de manière très significative, chez nous tout au moins, les décès par pneumonie. Mais on ne peut pas ne pas tenir compte de l'état de notre société, très émotive. À l'heure de l'hyperréactivité des réseaux sociaux, les responsables politiques ont peur de ne pas en faire assez, alors ils en font parfois trop. » [171],[172]. Il co-signe un article dans l'International Journal of Antimicrobial Agents (de) concluant que « le problème avec le SARS-CoV-2 est probablement surestimé »[173]. L'étude est mise en cause dans une lettre à l'éditeur, publiée dans le même journal, non seulement pour des problèmes de pertinence méthodologique, mais aussi parce qu'elle compare des données annuelles relativement stables avec des données prises au tout début d'une pandémie en phase de croissance exponentielle. D'autre part, les chiffres de létalité utilisés pour la Covid-19 sont obsolètes, avec par exemple un taux de 0 % en Belgique, alors que ce taux a atteint 3,97 % à la date de publication[174].

Le , Didier Raoult devient l'un des onze experts choisis pour faire partie du conseil scientifique Covid-19, chargé d'éclairer les décisions à prendre par les autorités pour lutter contre la pandémie en France[175], mais il n'assiste à aucune des séances et annonce le qu'il refuse d'y participer[8],[176],[177], estimant qu'« Il n’y a rien de fiable scientifiquement là-dedans »[178]. Il se positionne rapidement à contre-courant de la politique de faible dépistage et se désolidarise des mesures de confinement prises en France[179], estimant que « confiner des gens infectés, qui ne le savent pas, avec d’autres qui ne le sont pas, c’est une curieuse méthode »[180]. Jugeant que la mortalité due à la maladie est peu significative eu égard à sa faible létalité enregistrée, qui concerne alors dans sa zone géographique (PACA) seulement deux personnes de plus de 87 ans pour cent vingt cas confirmés, il blâme l'intense surmédiatisation du virus sans base scientifique, en comparant ces chiffres à ceux du navire Diamond Princess[181].

Le 21 mars, au journaliste de La Provence qui l'interroge sur « 627 morts en une journée et 40 000 cas de Covid-19 en Italie, on n'en est plus à la « grippette » dont vous parliez il y a quelques semaines… », il répond : « On est passé d'une exagération à une déconnexion. Il y a dans le monde 2,6 millions de morts d'infections respiratoires par an, vous imaginez que les 5 000, 10 000 ou même 100 000 vont changer les statistiques ? […] Là, on en est à moins de 500 [morts en France]. On va voir si on arrive à en tuer 10 000, mais ça m'étonnerait. »[182],[181]. Le seuil des 10 000 morts est atteint deux semaines après cet interview, le 7 avril, et le chiffre est doublé en une semaine[183].

Le 14 avril 2020, sur la base d'une baisse très significative du nombre de cas détectés par l'IHU de Marseille, il évoque la possibilité que l'épidémie disparaisse « dans quelques semaines au printemps, ce qui est assez banal pour une maladie virale respiratoire ». Il déclare que « cette crise sanitaire ne modifie pas l'espérance de vie des Français »[184], mais La Provence note qu'il prend 2017 comme année de comparaison, une année où il y a eu un « virulent épisode grippal »[185].

Le 5 mai, constatant que parmi tous les patients hospitalisés à l'IHU, il y a eu un seul mort de moins de soixante-cinq ans et que le risque de mourir parmi la population n'ayant pas de facteur de risque est très faible, il considère que « tout le délire autour de la gravité monstrueuse de cette maladie est aussi une autre forme de délire déraisonnable »[186]. Le 12 mai, il annonce que l'épidémie est « en train de disparaître » à Marseille avec « un seul cas détecté hier malgré le fait qu'on ait testé plus de 1 200 personnes »[187]. Il appelle, le 14 mai, à réfléchir sur le confinement quand une étude espagnole montre que les travailleurs essentiels autorisés à continuer à se rendre sur leur lieu de travail ont été moins infectés que les travailleurs confinés à domicile[188].

Le 2 juin 2020, il annonce que 40 à 70 % de la population aurait été immunisée avant le début de l'épidémie. Cette immunité à la Covid-19 proviendrait des coronavirus épidémiques et serait maximale chez les enfants vivant en collectivité touchés tous les ans par ces coronavirus[189].

Le 16 juin 2020, il affirme qu'il est impossible de prédire l'avenir et déclare : « il se peut qu'il y ait un nouveau pic épidémique au moment de la saison hiverna-printanière, il se peut qu'elle disparaisse, ça dépendra de la distribution dans la zone inter-tropicale et du fait qu'il existera des gens qui seront porteurs chroniques ». Le Figaro estime qu'avec cette déclaration Raoult contredit ses propos du 12 mai quand il déclarait que l'épidémie était « en train de se terminer » à Marseille et que « nulle part il n'y a de deuxième vague, ou de dos de chameau »[190]. CheckNews estime que Didier Raoult ne s'est pas contredit car il n'utilise pas l'expression « seconde vague » tel que l'entend le grand public. Didier Raoult désigne par « seconde vague » un retour immédiat de l'épidémie qui aurait lieu au printemps ou à l'été, tandis que les médias désignent par cette expression un retour épidémique au moment de la nouvelle saison froide. D'après CheckNews, Didier Raoult a toujours jugé un retour épidémique immédiat fortement improbable, tout en admettant la possibilité que l'épidémie, devenue saisonnière, redémarre avec le retour du froid[191].

A la mi-septembre 2020, Didier Raoult affirme que le virus a muté, sa « distance » par rapport à la souche originelle chinoise ayant augmenté par rapport à la période mai-juin, le virus ayant une « variabilité » par rapport à cette période dix fois supérieure. De nombreux scientifiques affirment au contraire que le virus n'a pas muté[192],[193]. Notamment, le virologue Étienne Simon-Lorière affirme que les versions les plus distantes du virus original ne comportent que « 20 à 22 séquences » qui diffèrent, un chiffre à comparer au 30 000 bases recensées pour ce virus[194]. L'infectiologue Christophe Rapp reproche à Didier Raoult d'être « anxiogène », et affirme, comme d'autres experts[194], que le virus n'a pas changé de comportement. Raoult répond que la mutation d'un virus ne signifie pas que ce virus devient plus agressif[195].

Nombre moyen des nouvelles hospitalisations quotidiennes pour cause de Covid-19 dans les Bouches-du-Rhône. (24 août : 21 personnes, 6 septembre : 40 personnes, 24 septembre : 66 personnes, 26 octobre : 136 personnes)

Le 24 septembre 2020, alors que dans une note interne adressée la veille aux médecins de de l'AP-HM, le professeur Dominique Rossi, président de la commission médicale d'établissement décrète la mobilisation générale des services contre le coronavirus et annonce que « le nombre de malades Covid admis à l’AP-HM croît régulièrement sans véritable pause » et que Marseille est « pour les semaines à venir sur une dynamique de croissance en termes d’hospitalisations », Didier Raoult l'accuse dans une lettre qu'il rend publique, de diffuser des messages alarmistes alors qu'il constate « une stabilisation du nombre de cas diagnostiqués depuis le 6 septembre, avec une diminution régulière du nombre de cas (…) des résidents de Marseille » et indique que l'IHU dispose de 15 lits d'hospitalisation libres en fin de journée[196]. Le lendemain matin, il confirme la baisse des entrées en hospitalisation avec encore « 9 lits disponibles pour les patients Covid »[197]. Dix-neuf chefs de service de l'AP-HM répondent dans La Provence : « Le Pôle des Maladies Infectieuses de l’APHM qui compte 75 lits à l’IHU, sans aucune structure de réanimation ne traite qu'une partie des malades dont l'état ne nécessite pas des prises en charge plus lourdes. En outre il a été, comme lors de la première vague, rapidement dépassé dans ses capacités d'hospitalisation conventionnelle. À ce jour, nous accueillons 180 malades COVID, d’autres services de l’AP-HM ont donc logiquement dû transformer certaines de leurs unités d'hospitalisation en unités dédiées pour prendre en charge des patients atteints de la COVID-19 »[198].

Dans une analyse des raisons de la reprise de l'épidémie à Marseille fin septembre 2020, Le Monde évoque « l'effet Raoult » : ses prises de parole auraient « instillé dans l’esprit d’une partie des Marseillais l’idée que la ville bénéficierait d’une sorte d’immunité, grâce à sa présence et au traitement à l’hydroxychloroquine qu’il prône »[199]. Le 29 octobre, le journal Marianne le classe dans le top 7 des médecins « qui auraient mieux fait de se taire sur la Covid »[200].

En février 2021, il affirme qu'il n'y a pas de « rebond » de l'épidémie, mais une « nouvelle épidémie » due à des variants, ce qui expliquerait que certaines personnes soient malades une seconde fois de la covid-19. De plus, il juge la communication sur l'épidémie déraisonnable, car alarmiste et anxiogène, ce qui causerait selon lui « une surmortalité par les pathologies psychiatriques ou psychosomatiques ». Pour lui, les chiffres de l'épidémie ne sont pas « si dramatiques ». Il estime que 30 à 40 % des tests PCR sont des faux positifs[201],[202].

Prescription et promotion de la chloroquine puis de l'hydroxychloroquine

Février 2020 : premières prises de position publiques

Raoult annonce la « fin de partie ! » pour le coronavirus dès le , estimant que la chloroquine (un médicament antipaludéen) est « probablement le traitement le moins cher et le plus simple pour traiter le coronavirus de la Covid-19 »[172],[203],[204],[70] (le titre de la vidéo sera ensuite modifié, un point d'interrogation remplaçant le point d'exclamation final[40]). Didier Raoult se base sur deux publications chinoises[205],[206] : la première le montre des effets in vitro. La seconde, le , montre des résultats préliminaires positifs sur une centaine de malades dans dix hôpitaux chinois, et les chercheurs concluent qu'un traitement à la chloroquine « doit être recommandé afin de traiter les pneumonies associées à Covid-19 dans des populations plus importantes »[203],[207].

Selon les experts, la chloroquine était déjà connue pour être efficace in vitro sur des virus enveloppés comme le coronavirus 2019, mais ils notent que les preuves manquent en ce qui concerne l'étude clinique chinoise : notamment, les données brutes n'ont pas été publiées et, de plus, il n'est pas indiqué à quel point la chloroquine est plus efficace comparé au placebo utilisé dans le groupe contrôle[203],[208]. Egalement le 25 février 2020, Didier Raoult déclare lors d'une interview : « On attend qu'il y ait des essais cliniques qui rapportent l'efficacité que l'on préjugeait. »[208] De plus, la chloroquine fait l'objet de nombreuses mises en garde[209], en raison de nombreux échecs à traiter d'autres virus à la suite des résultats in vitro pourtant prometteurs, en raison également du faible volume des données cliniques chinoises[210],[205], et aussi de contre-indications, effets secondaires, risques de surdosage et problèmes d'interactions médicamenteuses connus[172],[211]. Didier Raoult continue de défendre la chloroquine : le 28 février un communiqué est publié sur le site de l'IHU listant les sources chinoises. L'IHU argumente que la Chine « est en première ligne sur le virus » et que s'il existe effectivement des effets secondaires, la molécule est bien connue et les posologies aussi[208].

Le , une petite étude randomisée chinoise effectuée sur 30 patients ne démontre pas une plus grande efficacité de la chloroquine à faire disparaître la Covid-19 dans un test au septième jour de traitement, par rapport à un traitement classique[212]. Le ministère français de la Santé affirme alors qu’aucune étude rigoureuse, publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant, ne démontre l’efficacité de la chloroquine pour soigner le coronavirus[213].

Didier Raoult indique avoir reçu des menaces de mort, les et , pour le dissuader de préconiser la chloroquine[214]. Le , le parquet de Nantes confirme avoir ouvert une enquête sur l'auteur présumé des appels téléphoniques[215]. Le 22 juillet, on apprend du procureur Pierre Sennès que l'enquête de la police judiciaire est bouclée, les menaces ayant été identifiées comme venant du CHU de Nantes[216]. Le professeur François Raffi, chef du service des maladies infectieuses de Nantes, reconnaît avoir insulté le professeur Raoult et fait l'objet d'une composition pénale le 20 janvier 2021[217],[218]. Il est condamné à 300 € d'amende[219].

Mars 2020 : présentations de deux premières études contestées

Le , Didier Raoult diffuse une vidéo enregistrée devant ses étudiants dans laquelle il annonce les résultats positifs de sa propre étude clinique portant sur 24 patients traités avec de l'hydroxychloroquine et un antibiotique, l'azithromycine[172],[220],[221],[222].

Dans un premier temps, ni la chloroquine ni l'hydroxychloroquine ne font partie des médicaments testés dans le premier essai clinique national Discovery, annoncé le . La justification alors donnée est le risque d'interaction médicamenteuse avec les traitements de réanimation, les effets secondaires et l'absence de la chloroquine sur la liste des traitements prioritaires recommandés par l’OMS[223]. Néanmoins, le , le ministre français de la santé Olivier Véran, jugeant « prometteurs » les résultats de Didier Raoult et son équipe, donne l'autorisation pour que d'autres équipes entreprennent un essai plus vaste dans « les plus brefs délais »[224].

Le , Donald Trump déclare qu'il a « approuvé » le recours à l'hydroxychloroquine qui a, selon lui, « montré des résultats préliminaires très encourageants » pour lutter contre la Covid-19[225]. Selon toute vraisemblance, il fait référence et a été influencé par les travaux de Didier Raoult[226],[227]. Il est immédiatement tempéré par la FDA, qui souhaite prendre plus de temps pour évaluer ce traitement et lancer « un essai clinique étendu »[225].

Le 20 mars 2020[228], les résultats préliminaires de la première étude sont mis en ligne sous forme d'une « prépublication » sur le site MedRxiv[229], et dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents[230],[228],[169]. Des critiques axées sur la faiblesse méthodologique du travail et soupçons de fraude[231] sont émis par la communauté scientifique[8],[169],[75],[79],[232],[233],[234],[235], le conseil scientifique Covid-19[236], par les chercheurs indépendants Leonid Schneider[237] et Elisabeth Bik[238], et sur le site PubPeer[239]. Le rédacteur en chef de la revue ayant publié l'étude est également l’un des coauteurs de cette étude et un membre de l’IHU, ce qui éveille des soupçons de conflit d'intérêts. La société savante International Society of Antimicrobial Chemotherapy, propriétaire de la revue ayant publié l'étude, dément l'existence d'un conflit d'intérêt, affirmant que le rédacteur en chef n'a pas participé à l'examen par les pairs, qui a été confié à un rédacteur en chef adjoint. Elle déclare cependant que l'étude « ne satisfait pas les standards attendus par la Société, en particulier en ce qui concerne le manque d'explications sur les critères d'inclusion et la répartition des patients pour s'assurer de leur sécurité »[228],[240],[241]. La même revue publie en juillet 2020 le rapport effectué par Frits Rosendaal (nl), dont les conclusions sont incendiaires[242],[i], mais décide de ne pas rétracter l'article dont elle estime qu'il doit rester disponible pour qu'un « un débat scientifique public solide sur les conclusions du document, de manière ouverte et transparente » puisse avoir lieu[243],[242],[244].

Entre temps, l'hydroxychloroquine est incorporée dans de nombreux essais cliniques[172], y compris l'essai clinique européen Discovery dévoilé par l'INSERM le [245],[246], alors qu'elle en avait été exclue dans un premier temps[247],[248].

L'équipe de Raoult annonce le qu'elle proposera à tous les patients infectés un traitement associant l'hydroxychloroquine et l'azithromycine, hors AMM[249],[250]. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande de ne pas utiliser cette molécule dans ce contexte, à l’exception de formes graves hospitalières de la maladie[172]. Le , le ministre français de la Santé annonce qu'il autorise l'usage de l'hydroxychloroquine hors AMM pour la Covid-19 dans ses « formes graves, hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance stricte » (autorisation effective le [251],[252]). Elle reste déconseillée dans les autres cas, dans l'attente de preuves de son efficacité[253]. Selon la Revue des médias de l'INA, les médias et les réseaux sociaux diffusent très largement la nouvelle[146].

Le , Raoult publie sur le site de l’IHU les résultats d'une deuxième étude sur l'effet de l'association hydroxychloroquine + azithromycine portant sur 80 patients présentant des symptômes légers, étude qui selon lui démontre l'efficacité du protocole[254],[255]. L'étude est rapidement critiquée, d'une part parce que la majorité des patients se remettraient de la maladie avec ou sans traitement, d'autre part parce qu’elle ne comporte pas de comparaison avec un groupe de contrôle[79],[246],[256] (sans lequel il n'est pas possible de conclure sur les effets du traitement), puis du fait de soupçons de contournement de la réglementation sur l'éthique médicale[257],[258]. Cette étude est ensuite publiée par la revue Travel Medicine and Infectious Disease le 11 avril, revue dont le rédacteur en chef adjoint est un membre de l’IHU Méditerranée et le premier auteur de l'étude en question, ce qui suscite à nouveau des critiques de conflit d'intérêts[228].

Le 30 mars, la revue médicale indépendante Prescrire, se basant sur un petit test randomisé effectué en Chine durant le mois de février et sur la première étude du professeur Raoult, signale que l'hydroxychloroquine pourrait aggraver la Covid-19[259].

Avril 2020 : présentation d'une troisième étude

Didier Raoult affiche le 9 avril sur le site de l'IHU les premiers résultats de sa troisième étude effectuée sans groupe contrôle, portant sur de nouveaux patients présentant majoritairement un état clinique encore peu sévère au début du traitement qui a lieu avec un délai médian de cinq jours après le début des symptômes. Les données présentées portent sur 1 061 patients ayant suivi le traitement pendant au moins trois jours. Il dévoile la primeur des résultats au président Emmanuel Macron qui a fait le déplacement à Marseille. Au bout de dix jours de traitement, 91,7 % des patients (sur les 1 061 retenus) n'excrèteraient plus de virus et ne présenteraient plus de symptômes cliniques[260] ; aucune toxicité cardiaque n'est observée ; un « mauvais résultat clinique » a été observé pour 46 patients (4,3%) dont 5, âgés de 71 à 95 ans sont morts, et 10 ont dû être transférés dans des unités de soins intensifs[261],[260],[262],[263]. Compte-tenu des données manquantes, pour un chercheur du CNRS, l'étude « ne peut pas permettre de conclure quoi que ce soit, que le médicament testé soit efficace ou pas », tandis pour d'autres, les méthodes de recrutement et l'absence de groupe de contrôle font que l'étude n'est pas jugée sérieuse[264]. Christine Rouzioux, spécialiste en virologie ajoute qu'« il y a un pourcentage de guérison quasi identique à ce qui est décrit dans l'histoire naturelle de la maladie »[264]. Selon Le Monde, « l’interprétation bute sur l’impossibilité de comparer cette cohorte à un groupe témoin »[265].

Le Figaro décrit aussi les résultats annoncés au président en les qualifiant de « peu convaincants » pour un « remède miraculeux »[266]. De son côté, Le Monde indique que l'étude « ne permet toujours pas de conclure que l’association permet de guérir plus vite que l’évolution spontanée » et que 54 cas de troubles cardiaques, dont quatre mortels, ont été reportés depuis le au centre de pharmaco-vigilance chez des malades prenant de l'hydroxychloroquine associée ou non à de l'azithromycine[267].

Entre le 27 mars et le 9 avril 2020, 43 cas de troubles cardiaques chez des patients prenant de l'hydroxychloroquine, dont quatre décès, ont été répertoriés en France[268], et ce nombre d'alertes passe à 83 entre le 27 mars et le [265],[269]. Le Monde note que « la plupart des déclarations concernent un patient traité par hydroxychloroquine ou chloroquine, ce médicament étant associé dans environ la moitié des cas à l’azithromycine »[265]. Selon la responsable du centre régional de pharmacovigilance chargé de la surveillance nationale des effets indésirables cardiaques des médicaments évalués dans l’infection au nouveau coronavirus, ces chiffres pourraient être « la partie visible d'un iceberg », 95 % des anomalies liées à la prise d'un traitement n'étant jamais déclarées[268].

Le 19 mai 2020, Didier Raoult parle d’une « hallucination collective des médias » contre l’hydroxychloroquine et pointe du doigt le rôle « d’un certain nombre de responsables », dont le directeur de l’ANSM Dominique Martin « qui a fait prendre des décisions totalement déraisonnables », le président du Haut Conseil de la santé publique Franck Chauvin et le président du Conseil national de l'Ordre des médecins Patrick Bouet. Il salue par contre leurs prédécesseurs, Roger Salamon au HCSP et Dominique Maraninchi à l'ANSM[270]. Selon lui, l'hydroxychloroquine, « ça doit être préventif de la folie, car ceux qui ne veulent pas en prendre deviennent fous »[271].

Une étude faisant état d’une dangerosité de l’hydroxychloroquine paraît dans The Lancet le 22 mai 2020, ce qui entraîne l'interdiction du médicament par l'OMS, le 25 mai, et par la France, le 27 mai, dans le cadre des traitements contre la Covid-19. Cependant, plusieurs dizaines de scientifiques, dont le professeur Nicholas White, écrivent une lettre ouverte pour exprimer leurs inquiétudes sur la méthodologie et l'intégrité des données de l'étude. Pour Didier Raoult, ce sont « des gens qui font du « big data », qui est une espèce de fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connaît pas la qualité, qui mélange tout, qui mélange des traitements dont on ne connaît pas la dose donnée » ; il affirme que l’étude a été menée « par des gens qui n'ont pas vu de patients »[272]. Début juin 2020, l'article du Lancet est critiqué[273], puis très vite rétracté[274], et les essais de l'hydroxychloroquine par l'OMS reprennent[275].

Le 27 mai 2020, Didier Raoult diffuse le résumé de sa propre étude comparative rétrospective, portant sur 3 737 patients atteints de la Covid-19 traités à l'IHU de Marseille, selon lui « la plus grande cohorte suivie dans un seul et même centre dans le monde ». Il conclut qu'« un diagnostic précoce, un isolement précoce et un traitement précoce avec au moins trois jours d'hydroxychloroquine-azithromycine (HCQ-AZ) permettent d'obtenir un résultat clinique et une contagiosité nettement meilleurs chez les patients atteints de Covid-19 que les autres traitements »[276].

Quelques jours plus tard, Peter Horby et Martin Landray de l'Université d'Oxford, directeurs de l'essai randomisé contrôlé anglais Recovery, estiment que l’hydroxychloroquine n’a aucun effet bénéfique et aucun effet toxique sur les patients hospitalisés pour Covid-19[277],[278].

Le 17 juin, s'appuyant sur les résultats des essais Solidarity/Discovery et Recovery, l'OMS décide l'arrêt définitif du bras testant l'hydroxychloroquine dans l'essai Solidarity[279].

Le 24 juillet 2020, la revue médicale indépendante Prescrire dresse le bilan de plusieurs essais contrôlés randomisés et conclut à l'absence d'efficacité, à tous les stades de la maladie, y compris dans les formes légères à modérées[280].

Avril et mai 2020 : accusations de contournement de la législation sur l'éthique médicale

Le 10 avril 2020, Le Quotidien du médecin annonce que l'ANSM a demandé des explications à Didier Raoult et son équipe sur sa deuxième étude, qualifiée d'étude observationnelle portant sur 80 patients traités avec la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine. Cette étude a été autorisée par le comité d'éthique de l'IHU, mais n'a reçu d'autorisation ni de l'ANSM[281] ni d'un comité de protection des personnes[257],[258]. S'il s'agit simplement d’une étude rétrospective sur données, il n'y a pas d'obligations légales. Par contre, s'il s'agit d'un essai clinique, celui-ci ne respecte pas les obligations légales d'autorisation auprès de l'ANSM via le CPP définies par la loi sur les recherches sur la personne humaine[282],[283]. Le sujet est débattu par plusieurs chercheurs[284] avant d'être portée par les médias.

L'auteur de cette loi, Olivier Jardé, lui-même signataire de la pétition « Ne perdons plus de temps », estime pourtant que l'utilisation de la chloroquine en milieu hospitalier ne pose pas de problème légal[285].

Pour le professeur Christian Perronne, chef du service infectiologie de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (mais figure publique controversée du fait de ses positions sur la maladie de Lyme), « il est consternant de constater que dans la médecine actuelle la démarche empirique puisse être méprisée, sous prétexte qu'on n'ait pas recouru à des tests en randomisation avec tirage au sort »[286]. Certains médecins, comme l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy[287] (membre du conseil d'administration de l'IHU Méditerranée Infection[288]) ou le chef de service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou, Philippe Juvin[289], apportent leur soutien à Didier Raoult, notamment dans une pétition intitulée « Ne perdons plus de temps », signée le par de nombreuses personnalités[j],[144] et une semaine plus tard par plus de 462 000 personnes[290], et dans une tribune le 6 avril 2020 recommandant la bi-thérapie de Raoult dès l’apparition des premiers symptômes de la maladie, avant l'apparition de complications respiratoires sévères[291],[292].

Le 21 avril 2020, un panel d'experts, convoqué par l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses membre du NIH, déconseille aux docteurs américains de prescrire la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine du fait de toxicités potentielles, et conclut qu'il n'y a pas assez de preuve pour promouvoir un traitement : « en dehors des soins de soutien, rien ne marche très bien »[293].

Une étude américaine concluant à une plus forte létalité chez des patients traités à l'hydroxychloroquine, est pré-publiée le même jour. Didier Raoult parle d’une étude biaisée « plus proche de la fraude scientifique que d'une analyse raisonnable ». Le Figaro et des scientifiques soulignent que le texte n'a pas été évalué, que l’examen des dossiers médicaments a été fait a posteriori avec des patients dont le traitement a déjà été administré, que d’importantes corrections ont dû être apportées ou encore que 10 % des patients ont reçu le traitement après intubation[294]

Le 27 avril 2020, le médecin David Gorski, rédacteur en chef du site américain Science-Based Medicine (en), qualifie la première étude de Didier Raoult d'« en tous points exécrable et peut-être même frauduleuse », et sa mise à jour ainsi que la seconde étude de « souffrant exactement des mêmes défauts »[295],[296]. Il ajoute que, « pendant ce temps, les études provenant de toute autre source que le groupe de Raoult s'accumulaient et suggéraient fortement que ni l'hydroxychloroquine ni la combinaison hydroxychloroquine-azithromycine ne montraient une activité détectable contre la Covid-19 mais avaient des effets toxiques »[295],[296].

Le 26 mai, le quotidien Libération révèle qu'une demande d'autorisation pour une étude a bien été sollicitée, mais annulée par l'IHU Méditerranée Infection quelques jours avant la publication d'une étude analogue[257],[258]. L'enquête précise que malgré l'annulation de l'IHU l'examen de la demande a été finalisé, et la demande jugée irrecevable. Quelques jours plus tard, Le Canard enchaîné révèle à son tour qu'une instruction judiciaire est en cours sur ce dossier, à la suite d'un signalement à la justice par un médecin accusant Didier Raoult d'avoir administré de l'hydroxychloroquine sans le consentement formel de ses patients[297]. Le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament a diligenté sa propre enquête[298] et estimé que « les modalités d’information des patients et de traçabilité de la motivation de la prescription ne sont pas conformes aux exigences légales ». Il confie la suite des investigations au Conseil national de l'Ordre des médecins[299]. Le 24 novembre, le parquet de Marseille classe la plainte sans suite, justifiant sa décision par le fait qu'aucun traitement spécifique n'existe pour la covid-19 et qu'un médecin peut donc administrer sous sa propre responsabilité à un patient atteint de la covid-19 des médicaments prévus pour d'autres affections[300]. En retour, Didier Raoult porte plainte en février 2021 pour dénonciation calomnieuse contre le médecin à l'origine de cette plainte[301].

Juin et septembre 2020 : auditions lors de la commission d'enquête COVID-19

Le 24 juin, au cours de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la pandémie à l’Assemblée nationale, Didier Raoult critique la gestion de la crise sanitaire en France et défend la réautorisation au plus tôt de la prescription d'hydroxychloroquine et d'azithromycine[302],[303],[182]. Certaines de ces déclarations sous serment sont qualifiées de « faux témoignage » par le Directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch, mais le taux de mortalité de 43 % en réanimation concernant l'AP-HP est attesté par le registre REVA (Réseau européen de recherche en ventilation artificielle)[304]. Le conseil scientifique et la HAS qualifient d'« infamants et dépourvus de fondements » les propos de Didier Raoult, et, pour ce qui est des accusations de conflits d'intérêt, relevant de la « calomnie »[305]. Le 29 juillet 2020, Didier Raoult porte plainte pour dénonciation calomnieuse contre Martin Hirsch devant le procureur de la République de Paris[306],[307].

Devant le Sénat le , il refuse la confrontation avec Yazdan Yazdanpanah et Dominique Costagliola (qui a affirmé au Sénat que les études conduites par Didier Raoult à l'IHU souffraient de biais majeurs)[308] estimant au-dessus de ses forces de discuter avec des gens qui l'insultent[309]. Bernard Jomier du PRG après avoir affirmé sur l'hydroxychloroquine que « dans le monde entier, ce traitement n’est plus utilisé », lui demande si cela signifie « que le monde entier est dans l'erreur ». Didier Raoult réfute toutes les affirmations du sénateur et conclut : « Vous émettez une opinion scientifique, et vous voyez, je ne suis pas d’accord. Que chacun fasse son métier et les vaches seront bien gardées. Le temps triera à la fin, on verra bien ». S'appuyant sur un tableau publié sur les réseaux sociaux par Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue à l'hôpital Bichat, le sénateur cite une liste de pays où les autorités de santé déconseillent l'hydroxychloroquine. Didier Raoult conteste cette liste, déclarant que dans un tiers des États des États-Unis l'hydroxychloroquine est recommandée[310].

Juin 2020 : une nouvelle étude contestée

Le 25 juin, l'équipe de Didier Raoult publie dans le journal Travel Medicine and Infectious Disease une étude rétrospective précédemment refusée par The Lancet. L’étude porte sur plus de 3 000 personnes traitées avec le « protocole Raoult ». Selon le journal Le Monde, l'étude ne permet pas de conclure sur l’efficacité de ce traitement contre le Covid-19 et ne convainc pas nombre d’épidémiologistes. Le journal cite, par exemple, Anton Pottegard, professeur de pharmaco-épidémiologie à l'Université du Danemark du Sud, qui a récemment contribué à définir des directives approuvées par la Société internationale de pharmacoépidémiologie (en) concernant les études liées à la Covid-19, et qui pointe des problèmes méthodologiques qui font que l'étude est « 100 % inutile pour guider la pratique clinique », et illustre la « faillite complète du système de relecture par les pairs » telle que diligentée par la revue scientifique en question. Le professeur critique le fait que des patients décédés aient été retirés du groupe des patients traités. Est aussi citée Dominique Costagliola, directrice adjointe de l'Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique (à Sorbonne Université, Inserm) et membre du consortium REACTing, pour laquelle ce travail est « nul de chez nul » : d'une part elle estime que la comparaison entre les patients traités et les autres n'est pas valide, ceux ayant reçu le « protocole Raoult » étant en moyenne plus jeunes, moins sujets à des maladies chroniques ou présentant des symptômes et des atteintes pulmonaires moins sévères, et d'autre part elle n'est pas convaincue par la tentative de correction de ces biais[311].

En juin 2020, à la suite de révélations du site Mediapart[312], l'historien et sociologue des sciences Yves Gingras et son subordonné le chercheur postdoctoral en science, technologie et société Mahdi Khelfaoui de l'université du Québec à Montréal (UQAM) affirment que Didier Raoult a cosigné 234 études scientifiques dans la seule revue New Microbes and New Infections (et un total de 337 pour l'équipe marseillaise, soit un tiers de tous les articles publiés par le journal[67]), alors que la très grande majorité du comité éditorial de la revue est composé de proches collègues et de subalternes de Raoult (5 chercheurs de Marseille pour 15 membres), laissant planer le doute quant à la validité de ces publications[66].

Début juillet 2020, la Société de pathologie infectieuse porte plainte contre Didier Raoult devant le conseil départemental de l’Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, lui reprochant d'avoir enfreint neuf articles du Code de déontologie de la profession, dont la promotion d’un traitement dont l’efficacité n’a pas été démontrée, la diffusion de fausses informations, des manquements au devoir de confraternité, la réalisation d’essais cliniques hors du cadre légal, etc.[313],[314],[315].

Le 16 juillet, un membre de l'IHU déclare : « Dans cette stratégie, il y a la proposition d’un dépistage précoce, d’un traitement précoce dont on pense qu’il est efficace sur le virus. C’est basé sur des données in vitro, c’est-à-dire dans le tube, et sur des données cliniques avec des études qui confirment son efficacité dans notre centre sur 3 700 patients, et deux études américaines récemment publiées »[316].

Le , l'ancien directeur de recherche à l'INSERM Axel Kahn porte sur Didier Raoult un jugement sévère : « C'est un scientifique de haute volée, directeur de l'un des six IHU français, les perles de la recherche hospitalo-universitaire, doté d'un budget de l'ordre de 120 millions d'euros par an, on attendait de lui de la belle science, robuste, contrôlée. Pas des publications hebdomadaires à grand succès sur YouTube, la mobilisation sur un tel sujet d'un invraisemblable mouvement d'opinion qui restera dans les annales, des articles bâclés dans des revues maison. Ils ont failli, déconsidéré la recherche hospitalo-universitaire française, effroyablement compliqué la recherche clinique dans le monde entier. »[243].

Octobre - novembre 2020 : judiciarisation du conflit

Le , l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé refuse la « recommandation temporaire d’utilisation » de l'hydroxychloroquine pour le traitement de la Covid-19, demandée par les docteurs Philippe Brouqui et Didier Raoult dans une lettre du [317]. Didier Raoult mandate l'avocat Fabrice Di Vizio pour contester cette décision auprès du Conseil d'État et pour porter plainte « pour mise en danger de la vie d'autrui » contre l'ANSM et son directeur Dominique Martin, leur reprochant de favoriser l'antiviral remdesivir[318].

Le 12 novembre, à la suite des signalements et de la plainte déposée auprès de l’Ordre des médecins au mois de juillet par la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), le conseil départemental de l’Ordre des médecins porte plainte auprès de la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Paca contre Didier Raoult[319],[320],[321],[322]. Celui-ci porte plainte en retour contre le vice-président du conseil départemental de l'Ordre des médecins chargé de la déontologie, pour « non-confraternité »[323]. Début décembre 2020, le conseil national de l’Ordre des médecins porte plainte contre six médecins, dont Didier Raoult, Christian Perronne et Henri Joyeux[324],[325].

Le 20 novembre 2020, Didier Raoult porte plainte pour diffamation contre le professeur Jean-Paul Stahl, ancien président de la Société de pathologie infectieuse de langue française, celui-ci l'ayant publiquement accusé d'avoir « bidonné » son étude sur l'hydroxychloroquine[326].

Didier Raoult est convoqué le 5 novembre 2021 par la chambre disciplinaire du conseil régional de l’ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux[327], pour répondre de neuf infractions au code de la déontologie, dont celle d’avoir fait la promotion de l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le Covid-19 « sans données scientifiques établies », ce qui s’apparente à du « charlatanisme »; selon son avocat, il est jugé « comme un criminel » pour avoir critiqué la gestion de la crise sanitaire par l'état[328],[329]. La plainte déposée par Didier Raoult contre le vice-président de l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, Guillaume Gorincour, pour « non-confraternité » est aussi examinée. Les décisions seront publiées le 3 décembre[328].

Janvier 2021

Le 4 janvier 2021, l'équipe de Didier Raoult publie une lettre dans laquelle elle annonce avoir réanalysé ses données sur le petit nombre de patients présents dans sa première étude clinique, réalisée au mois de mars 2020. En plus de la charge virale, l'équipe a désormais rajouté divers indicateurs comme le besoin d’oxygène, le transfert en unité de soins intensifs, le décès ou la durée de séjour à l’hôpital. La lettre stipule que, à part sur la durée de séjour à l’hôpital, il n’y a pas de différence significative entre le groupe traité et le groupe contrôle. Les commentateurs scientifiques sur Twitter estiment alors que Raoult vient de changer d'avis et reconnaître que son traitement n’est pas efficace. L'équipe de Raoult réagit : elle répond notamment que l'étude clinique de mars 2020 n'avait pas été conçue pour prouver un effet concernant la mortalité. D'après Les Décodeurs, le taux de mortalité dû à la covid-19 est autour de 0,5 sur 100 : l'étude, ne comportant que 42 malades, ne permettait donc pas d'obtenir des statistiques significatives. L'équipe de Raoult affirme de plus qu'elle n'a pas changé d'avis et maintient ses conclusions positives concernant la charge virale et la durée d'hospitalisation. Mais l'équipe s'expose alors en retour aux mêmes critiques qu'auparavant : l'épidémiologiste Thibault Fiolet déclare ainsi que « vu la méthode et les nombreux biais, on ne pouvait déjà rien conclure » en mars 2020[330],[331],[332].

Août 2021

Fin août 2021, Didier Raoult publie de nouveaux résultats dans une revue de cardiologie (et non d’infectiologie ou de pharmacologie) peu prestigieuse[333], Reviews in Cardiovascular Medicine. Libération note que le rédacteur en chef de cette revue, Peter A. McCullough, a été plusieurs fois épinglé pour la diffusion d’informations fausses sur la pandémie. Cette nouvelle étude sur 10 429 patients traités en ambulatoire permet à Didier Raoult de conclure que « le traitement par hydroxychloroquine et azithromycine entraîne une réduction significative de la mortalité » [334]. Mais de l'aveu même des auteurs, l'étude souffre d'un important biais méthodologique : les patients ne recevant pas d’hydroxychloroquine étaient en moyenne plus âgés[333].

Septembre 2021

Le 21 septembre 2021, le rapport émis pas le comité d'éthique du CNRS accuse un certain nombre de personnalités scientifiques et médicales, dont Didier Raoult nommément cité, d'avoir fait œuvre de populisme scientifique au cours de leur communication sur la pandémie et sur les traitements possibles du COVID-19[335]. Didier Raoult y est notamment accusé d'avoir construit l'opposition entre « éthique du traitement » et « éthique de la recherche », d'avoir bénéficié de la complaisance de la revue dans laquelle il publiait, en raison de liens de dépendance avec l’IHU, sources de conflits d’intérêts, et d'avoir tenté de judiciariser le débat scientifique à des fins d’intimidation[336].

« L’article de D. Raoult et son équipe obligent à un questionnement sur la responsabilité des auteurs face à l’énorme impact de leurs résultats en termes de soins. On peut s’inquiéter de ce que cette étude si peu probante ait pu susciter une telle adhésion du public. Il a été impossible par la suite d’en corriger les effets. Comme nous le discutons plus loin, cette situation rassemble beaucoup des ingrédients de ce qui s’apparente au "populisme scientifique" »

— Comité d'éthique du CNRS, rapport du 21 septembre 2021 (Lire en ligne : https://comite-ethique.cnrs.fr/wp-content/uploads/2021/09/AVIS-2021-42.pdf)

Dans ce même rapport, la responsabilité de Philippe Douste-Blazy et de Christian Perronne est aussi pointée, ces derniers ayant lancé une pétition en faveur de l'hydroxychloroquine, le CNRS rappelant qu'on « ne peut que s’inquiéter que le choix d’un traitement puisse être décidé par l’opinion publique sur la base d’une pétition ou d’un sondage »[336].

Octobre 2021

En , plusieurs membres de l’IHU dénoncent la falsification de résultats scientifiques par Didier Raoult pour démontrer l’efficacité de l’hydroxychloroquine, lors d’une audition sur leurs conditions de travail[99].

Critiques des prises de position de Didier Raoult sur l'hydroxychloroquine

Les prises de positions de Didier Raoult sur les bénéfices allégués de l'hydroxychloroquine prend la dimension d’une polémique internationale, ce qui entretient énormément de confusion sur les faits réels, et entrave la réalisation des essais cliniques[337],[338].

L'emballement qui suit l'annonce par Didier Raoult que l'hydroxychloroquine est un traitement de la COVID-19 est comparé par plusieurs médecins et journalistes à l'affaire de la ciclosporine en 1985, dans le contexte de l'épidémie de sida[339],[340],[341],[342].

Le 22 mars, le journaliste scientifique Florian Gouthière dénonce en outre « un traitement médiatique absurde, et une starification complètement irresponsable »[169], dénonçant le manque d'esprit critique de nombreux acteurs médiatiques quant à ces annonces. Fin mars, Rony Brauman, directeur d'études et ancien président de Médecins sans frontières, considère que « la façon dont Didier Raoult a présenté la chloroquine comme un médicament miracle appartient plus à un prophète qu'à un spécialiste de santé. […] Didier Raoult a un passé de chercheur sérieux, mais son personnage de génie autoproclamé n'incite pas à la confiance. Quant à la validité de son essai, elle a été très précisément analysée »[343]. À cette même date, le journaliste scientifique Nicolas Martin explique que l'absence de considération de la méthode scientifique par Didier Raoult n’est pas qu’une simple question de procédure : « Dans l’esprit collectif, beaucoup semblent croire que ce sont juste des scientifiques et des journalistes scientifiques qui râlent alors qu’il y a des résultats positifs : mais non, il n’y a pas de résultats positifs que l’on peut attester. L’étude ne respecte aucune méthode, alors c’est comme construire un mur sans ciment, si on s’appuie dessus, il s’écroule »[344].

Selon une analyse du médecin Maxence Ouafik, publiée début avril par la Société scientifique de médecine générale (association belge), les deux premières études sont entachées de manquements tels qu'elles ne permettent pas de conclure quant à l'efficacité des traitements proposés[345]. Ces manquements sont des erreurs de conception, de méthodologie et d'analyse, dont la plupart « auraient pu être évitées sans prendre significativement plus de temps »[345].

En Afrique, le Sénégal, le Burkina Faso, le Maroc et l'Algérie adoptent un traitement à base de chloroquine, celle-ci étant déjà largement utilisée sur le continent en tant qu'antipaludéen. Le professeur Moussa Seydi, du CHNU de Fann, administre de la chloroquine aux 100 premiers patients testés positifs à la Covid-19 au Sénégal, et exprime son intérêt pour le traitement de Didier Raoult dès le 19 mars[2]. Cependant, un collège de treize médecins, dont huit Africains, publie le 22 avril, dans la revue American Journal of Tropical Medicine and Hygiene (en), une mise en garde contre une utilisation inappropriée, généralisée ou en automédication de l’association hydroxychloroquine-azithromycine en Afrique subsaharienne, expliquant que ce traitement interfère avec ceux de la malaria, de la tuberculose et du VIH, trois fléaux de santé publique affectant particulièrement l’Afrique[346],[347].

Livres publiés

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  • Arrêtons d'avoir peur ! : santé, environnement, climat, flux migratoires et société : la science vous aide à y voir clair, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, , 347 p. (ISBN 978-2-7499-3003-9, notice BnF no FRBNF45031036, lire en ligne)
  • Mieux vaut guérir que prédire : santé, société, vivre ensemble, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, , 280 p. (ISBN 978-2-7499-3149-4, notice BnF no FRBNF45184038, lire en ligne)
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  • Didier Raoult, La science est un sport de combat : Débat « dans la tête de Didier Raoult », éditions HumenSciences, septembre 2020.
  • Didier Raoult, Carnets de guerre Covid-19, Michel Lafon, 2021.

Distinctions

Prix et récompenses

Prix parodique

  • 2021 : Récompensé par le Rusty Razor pour la pseudoscience[356].

Autres

Photographie en couleurs d'une plaque portant un texte en blanc sur fond bleu
Plaque de rue non officielle portant le nom de Raoult à Meaux.
  • 17/11/2021 : Les Gilets Jaunes meldois inaugurent symboliquement une rue au nom de Didier Raoult, le « cours Raoult »[357]

Décorations

Taxons dédiés

Bactérie Raoultella planticola
Bactérie Klebsiella planticola dans un tube à essai, temporairement placée dans le genre Raoultella, désormais placé dans la synonymie de Klebsiella Trevisan, 1885.

Didier Raoult est le dédicataire du genre de protéobactéries Raoultella Drancourt et al., 2001, de la famille des entérobactéries, décrit par une équipe de l'Hôpital de la Timone[364] et désormais placé en synonymie du genre Klebsiella Trevisan, 1885[365],[366]. Dans l'équipe de l'IHU Méditerranée Infection menée par Pierre-Édouard Fournier, Oleg Mediannikov et al. ont nommé en l'honneur de Raoult la rickettsie Rickettsia raoultii Mediannikov et al., 2008[367], désormais reconnue comme une simple sous-espèce de Rickettsia conorii Brumpt, 1932[368],[369], et ont tenté de lui dédier en 2014 une Bartonella sous le nom de « Bartonella raoultii », nom invalide aux yeux du code de nomenclature bactérienne[370]. Avec Fournier toujours, Sory Ibrahima Traore et al. proposent le nom de genre « Raoultibacter » comme nouveau dans pas moins de trois publications différentes[371],[372],[373], mais la description du nom n'est pas valide aux yeux du code de nomenclature bactérienne[374]. Toujours à l'IHU Méditerranée Infection, deux autres tentatives ont été faites pour dédier à Raoult des bactéries pathogènes de la flore vaginale humaine : « Peptoniphilus raoultii » (nom décrit à deux reprises de manière invalide par Khoudia Diop et al. en 2016 puis 2018[375],[376] respectivement sous la direction de Fournier et de Florence Fenollar de l'IHU marseillais, et toujours non valide[377]), et « Lactobacillus raoultii » décrit de manière invalide en 2017 puis 2019 par Bérangère Nicaise et al., toujours sous la direction de Fournier et Fenollar[378],[379], ayant désormais pour nom valide Lentilactobacillus raoultii Zheng et al., 2020 après avoir été décrit de manière valide par une équipe menée par des scientifiques chinois lors d'une révision taxinomique du genre[380],[381].

Dans les arts

En juillet 2020, l'opéra des Landes met en scène L'elisir d'amore, dont l'un des personnages les plus amusants, le charlatan Dulcamara, apparaît sous les traits de Didier Raoult pendant quelques secondes[382],[383].

En décembre, Dadou publie une bande dessinée humoristique, Chloro King, qui parodie Didier Raoult et son influence à Marseille[384].

Notes et références

Notes

  1. « Étant partiellement sénégalais, je ne peux pas ne pas me sentir concerné par ce qui se passe en Afrique. » (7 avril 2020)[2]
  2. « André Raoult a donné son nom à une bactérie, le Bacillus andreraoultii. L'arrière grand-père de Didier Raoult, Louis Paul Le Gendre (1854-1936), était médecin des hôpitaux de Paris (hôpital Tenon et Lariboisière) et infectiologue »[3].
  3. En biologie, quand un article scientifique est publié par plusieurs auteurs, la position de chacun d'entre eux dans la liste des auteurs indique leur contribution relative (voir l'article Publication_scientifique#Listes d'auteurs pour plus de détails).
  4. Fonds de l'Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d'Investissements d'avenir portant la référence ANR-17-RHUS-000X.
  5. Méditerranée infection 10-IAHU-03.
  6. 29 articles au total du 13 février 1998 (Le Figaro no 16641 p. 10) au 18 mai 2001 (Le Figaro n°17657, p.15).
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  8. 91 articles au total du jeudi 22 septembre 2011 (Le Point, no 2036, p. 112) au jeudi 6 septembre 2018 (Le Point, no 2401, p. 61).
  9. « Il s'agit d'un manuscrit non informatif présentant des lacunes méthodologiques flagrantes. Les résultats ne justifient pas les conclusions de grande portée sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine dans le Covid-19 et, de l'avis de cet examinateur, ne justifient aucune conclusion ».
  10. Notamment par Philippe Douste-Blazy, Christian Perronne, Michèle Barzach, Isabelle Bourgault Villada, François Bricaire, Marc Gentilini, Olivier Goulet, Jacques Marescaux, Catherine Neuwirth, Patrick Pelloux, Paul Trouillas et Martine Wonner.

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Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes