Quarantaine

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« Lima » est le drapeau actuel international de la quarantaine.

La quarantaine est le fait de mettre à l'écart des personnes, des animaux, ou des végétaux durant une certaine période. Cet isolement sanitaire forcé avait pour but d'empêcher la transmission de maladies supposées contagieuses et est toujours utilisé en cas de suspicion de ce type de maladies. Elle désigne aussi au figuré la condition d'une personne mise volontairement à l'écart (ostracisme).


Étymologie et évolution sémantique[modifier | modifier le code]

Le terme « quarantaine », attesté en français depuis les années 1180, signifiait « espace de quarante jours » (période du carême). Dans le sens de mesure sanitaire, apparu au XIVe siècle, il dérive de l'italien quaranta (nombre quarante). En français, le terme quarantaine au sens d'isolement sanitaire imposé, remonte à 1635[1],[2],[3].

Dans son sens historique, la quarantaine (sanitaire) se définit comme la séparation, la détention et la ségrégation de sujets suspectés de maladies contagieuses. Le sens du terme évolue pour désigner la période de cet isolement imposé sur des personnes, des animaux, des objets ou marchandises[4].

Dans son sens contemporain, le terme quarantaine désigne une mise à l'écart, ou une restriction de déplacement, proposé ou imposé, à des personnes saines potentiellement exposées à une maladie contagieuse. Alors que le terme isolement se rapporte plutôt aux personnes connues pour être infectées (un malade déclaré est isolé, un sujet en incubation possible est mis en quarantaine)[4].

Dans son règlement sanitaire international (2005), l'OMS définit une quarantaines’entend de la restriction des activités et/ou de la mise à l’écart des personnes suspectes qui ne sont pas malades ou des bagages, conteneurs, moyens de transport ou marchandises suspects, de façon à prévenir la propagation éventuelle de l’infection ou de la contamination ;

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La séparation et l'interdiction sociales se sont inscrites d'abord dans le cadre du sacré, avec la notion de tabou, par exemple le tabou alimentaire. La séparation du pur et de l'impur concernant les maladies est manifeste dans la Bible[5] :

« Parlez aux Israélites, vous leur direz : lorsqu'un homme a un écoulement sortant de son corps, cet écoulement est impur
Voici en quoi consistera son impureté tant qu'il a cet écoulement : que sa chair laisse échapper l'écoulement ou qu'elle le retienne, il est impur
Tout lit où couchera cet homme sera impur et tout meuble où il s'assiéra sera impur
Celui qui touchera son lit devra nettoyer ses vêtements, se laver à l'eau, et il sera impur jusqu'au soir. »

— La Bible, Lévitique 15:2-5.

Ce passage a été interprété comme la description d'une gonorrhée avec « déclaration obligatoire de maladie contagieuse » et « isolement et désinfection ». En médecine hébraïque, des textes mentionnent les maladies de peau avec isolement social temporaire, ou avec exclusion définitive (discrimination des lépreux)[5].

L'idée du nombre 40 comme période décisive de temps serait celle d'Hippocrate (vers le Ve siècle av. J.-C.), qui indique qu'une maladie aigüe se manifeste dans l'espace de 40 jours. D'autres mentionnent Pythagore qui attribue au chiffre 4 des vertus mystiques. Cette période de 40 jours est adoptée par les premiers textes chrétiens (le jeûne de 40 jours de Jésus-Christ dans le désert)[2].

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

« Pestiférés bénis » ou « lépreux sermonés » par un évêque. Miniature du XIVe siècle, British Library de Londres.

En France, la séparation sociale et l'exclusion des lépreux relève de l'ordonnance royale du 21 juin 1321. Le rejet des lépreux est partout la norme, mais d'application locale très variée. De nombreuses villes ont une léproserie située à l'écart, avec limitation ou contrôle du déplacement des lépreux. Les motifs d'origine sont d'abord religieux et moraux : la lèpre est une maladie de l'âme qui se manifeste par une mort lente du corps[6].

Avec la survenue de la peste noire, les motifs sanitaires apparaissent au premier plan. Les mesures prises sont le fait des autorités municipales qui s'appuient sur le sens commun d'une contagiosité, notion de peu d'importance pour la médecine médiévale[4]. Les mesures les plus anciennes d'isolement des pestiférés consiste à enfermer les pestiférés (et leur famille) dans leur maison (séquestration), une autre est l'expulsion hors de la ville. Ces mesures, d'ordre juridique plus que médical, sont adoucies à partir du XVIe siècle. Plus rarement, les malades sont autorisés à circuler, mais en étant porteurs de signes distinctifs[7].

Des structures sont mises en place pour concilier l'isolement et le soin : cabanes en bois hors agglomération (1348 à Avignon par le pape Clément VI), hôpital de pestiférés (Venise en 1403). Des léproseries sont converties en hôpital pour pestiférés (Marseille en 1476)[7].

La quarantaine maritime proprement dite (isolement préventif) est instaurée le , par le Grand Conseil de Raguse qui interdit l'accès de la ville ou de son district à ceux « qui arrivent d'une zone infestée par la peste, à moins qu'ils ne soient restés d'abord à Mrkan (it) ou à Cavtat pour s'y purger pendant un mois », instituant ainsi la première quarantaine officielle reconnue comme telle[8],[9].

La même année, Venise adopte le procédé de Raguse (isolement sur un îlot proche). Sur l'avis des médecins, la durée est portée à 40 jours, d'après la doctrine hippocratique des jours critiques, où une maladie qui dépasse 40 jours ne peut-être qu'une maladie chronique. La quaranta se répand dans les ports italiens, elle est adoptée par Marseille en 1383, Barcelone en 1458, Édimbourg en 1475. L'application de la quarantaine est renforcée par la fondation de lazarets, dont le premier, celui de Venise (1403), sert de modèles pour d'autres ports (Gênes 1469, Marseille 1526)[10].

La quarantaine sur terre est d'abord adoptée en Provence (Brignoles, 1464). Le système de quarantaines est renforcée par les patentes pour les marchandises, et les billets de santé pour les personnes. Il s'agit de certificats attestant la provenance d'une ville saine[10].

Période classique[modifier | modifier le code]

Le système des quarantaines et lazarets devient une administration permanente à partir du XVIe siècle en Italie. Malgré leurs rivalités, les cités-états italiennes sont reliées par un réseau d'informations sanitaires provenant de France, de Suisse, et des Balkans. Cet exemple est suivi par les cités germaniques ; alors qu'ailleurs, en France, en Espagne ou en Angleterre, les quarantaines ne sont que des mesures temporaires[11].

À partir de la fin du XVIIe siècle, le système de quarantaine et de contrôle des épidémies est transféré progressivement de la cité au plan national. La santé devient une question gouvernementale. La coordination la plus avancée est alors celle de la Prusse et d'autres états germaniques, où l'expression police médicale est utilisée pour la première fois en 1764 par Wolfgang Thomas Rau (de) (1721-1772)[12].

En Angleterre, les premiers règlements de quarantaines (niveau gouvernemental) sont établis en 1663. En France, le conseil du Roi met toute la Provence en quarantaine lors de la peste de Marseille en 1720-1722. Au cours du XVIIIe siècle un réseau de surveillance s'établit entre les grands ports méditerranéens d'Europe et du Levant[2].

Aux Amériques, la première quarantaine maritime est celle de Saint-Domingue en 1519 contre la variole[13]. En Amérique du nord, la quarantaine est aussi appliquée contre la variole, la première fois en 1647, par la colonie de la baie du Massachussetts pour les navires arrivant des îles Barbade. Puis contre la fièvre jaune, par les villes de New-York (1688) et Boston (1691). En 1799, le congrès américain transfère l'autorité des quarantaines (du niveau de chaque état) au niveau fédéral (secrétariat du trésor jusqu'en 1876)[2],[14].

Période moderne[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le monument aux médecins dans le cimetière des Irlandais, sur Grosse Île du Québec, lieu de quarantaine créé en 1832 pour les immigrants.

La deuxième pandémie de choléra touche l'Europe en 1830 et l'Amérique du nord en 1832. La stratégie officielle est alors de renforcer les méthodes utilisées contre la peste : quarantaines, lazarets et cordons sanitaires, mais celles-ci s'avèrent peu efficaces contre le choléra, ce qui suscite tensions sociales et troubles politiques. Les politiques de quarantaines varient selon les pays, elles peuvent servir de prétexte politique (pour restreindre les libertés de l'adversaire – déplacement, échange, correspondance...–) ou économique (protection commerciale)[2],[4].

En 1834, la France appelle à une standardisation internationale des politiques de quarantaine. En 1838, un Conseil Sanitaire International est fondé à Constantinople pour coordonner les mesures frontalières contre les épidémies. En 1851, la première conférence sanitaire internationale se tient à Paris, où le premier règlement sanitaire international est adopté. Il impose aux états signataires les mêmes mesures quarantenaires contre la peste et le choléra[4], mais sur les 12 pays participants à cette première conférence, trois seulement sont signataires : France, Portugal et Sardaigne[15].

Les conférences suivantes sont parfois le lieu de violentes discussions, comme celle de la conférence de Rome en 1885, à propos des quarantaines effectuées sur le canal de Suez pour les navires venant de l'Inde. Le réel conflit n'était pas d'ordre sanitaire, mais politique (domination britannique ou française sur la région)[4].

Aux États-Unis, la politique de quarantaine est jugée mal appliquée par le département du trésor, et une nouvelle législation fédérale de quarantaine est adoptée en 1878. L'autorité des quarantaines est transférée au Marine Hospital Service, un ancêtre du Service de santé publique des États-Unis. L'administration d'une quarantaine doit être médicalisée, et sa durée doit se baser sur la période d'incubation spécifique à la maladie[14].

En 1893, les États-Unis rejoignent le concert sanitaire européen[14]. Les trois maladies quarantenaires internationales sont alors le choléra, la peste et la fièvre jaune[4].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Soldats canadiens en quarantaine pour cause de rougeole, juillet 1915.

Les premières mesures concrètes, appliquées par un grand nombre de pays signataires sont celles de la 11e conférence internationale de Paris en 1903 (adoption d'une convention de 184 articles)[2]. En 1907, l'Office International de l'Hygiène Publique est fondé à Paris, réunissant 12 pays[15]. Il devient après la première guerre mondiale, le Comité d'Hygiène de la Société des Nations (SDN). En 1926, la liste des maladies quarantenaires est portée à cinq, avec l'ajout de la variole et du typhus[4].

Dans le premiers tiers du XXe siècle les mesures de quarantaines sont médicalisées. Le nouveau savoir microbiologique permet de distinguer les cas confirmés, les cas suspects et les sujets indemnes, ainsi que les modes de transmission et la durée d'incubation spécifiques à chaque maladie infectieuse. Il s'avère que la quarantaine peut être efficace pour limiter certaines maladies, mais aussi inutile ou néfaste pour d'autres[4].

Après la seconde guerre mondiale, l'OMS fondée en 1948, remplace le Comité d'Hygiène de la SDN. L'expression « maladies quarantenaires » disparaît, pour devenir « maladies sous contrôle international » inscrites dans un règlement sanitaire international, adopté par 181 pays[15], et donnant lieu à déclaration obligatoire. En 1951, elles sont au nombre de 6 : choléra, peste, fièvre jaune, variole, typhus et fièvre récurrente[4].

Dans la deuxième moitié du XXe siècle l'importance relative de la quarantaine décroit, elle apparait comme une des méthodes, parmi beaucoup d'autres, utilisées dans un système plus général de surveillance et de contrôle des maladies. Aux États-Unis, en 1967, 55 « stations de quarantaine » sont régies par le CDC et situées dans les ports et aéroports internationaux. En 1992, elles ne sont plus que 8. Il en est de même pour les maladies quarantenaires : dans les années 1980 le CDC listait encore 26 maladies pour l'entrée aux États-Unis, en 1992 cette liste est réduite à 7 maladies : fièvre jaune, choléra, diphtérie, tuberculose, peste, suspicion de variole (bioterrorisme) et fièvre hémorragique virale[14].

Il apparait alors que la quarantaine n'est pas une panacée, qu'elle a ses limites, notamment lors de l'apparition du sida, pour des raisons biomédicales, mais aussi juridiques et éthiques. Dans d'autres cas, elle peut être validée pour des maladies ou des contextes particuliers. La quarantaine « moderne » est alors un moyen, non pas indistinct ou généralisé, mais « taillé sur mesures » et toujours discutable. Ce fut le cas lors de l'épidémie de SARS de 2003, ou de la pandémie A(H1-N1) de 2009[2],[4].

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

La quarantaine est une des premières méthodes préventives pour lutter contre les maladies infectieuses. En empêchant les personnes d'avoir des contacts avec des individus sains se trouvant à l'extérieur de la zone de confinement, on rend la contagion impossible et les maladies infectieuses disparaissent d'elles-mêmes. Les personnes saines travaillant directement au contact des individus confinés dans un lieu de quarantaine — comme le personnel médical — doivent alors adopter des mesures de protection individuelle (masque, combinaison, lavage systématique des mains…). Le lieu d'accueil des personnes suspectées de maladie était appelé lazaret.

La mise en quarantaine se limite bien souvent de nos jours à n'isoler qu'un seul individu dont la pathologie est déjà déclarée ou suspectée en raison de l'apparition de symptômes, alors que le vrai but de la quarantaine est de mettre à l'écart tous les porteurs potentiels de germes (en raison : soit de leur provenance d'un milieu à risque ; soit des contacts physiques que ces personnes ont eus avec l'individu ou la matière éventuellement contaminé), et cela même s'ils ne manifestent aucun signe clinique, pendant une durée suffisante pour couvrir la période d'incubation de la maladie suspectée. Le but de cet isolement étant que la maladie ne puisse éventuellement se déclarer dans un milieu déjà protégé, évitant ainsi sa propagation potentiellement exponentielle.

Exemples de mesures de quarantaine :

  • À Venise, au milieu du XVe siècle, on fit construire le Lazzaretto Nuovo destiné à recevoir les navires et leurs équipages en provenance des ports méditerranéens qui étaient suspectés d’être vecteurs de maladie comme la peste (le Lazzaretto Vecchio à l'inverse, ne traitait que les cas avérés de maladie). À la fin du XVIe siècle, le lazaret possédait une centaine de chambres et plusieurs grands hangars destinées à entreposer les marchandises qui y étaient alors décontaminées en utilisant surtout la fumée générée par des herbes aromatiques, comme le genièvre ou le romarin[16].
  • Le Royaume-Uni obligeait depuis les années 1800 les animaux en provenance de pays étrangers à subir une quarantaine d'une durée de six mois, de manière à prévenir la rage[17]. Au début des années 2000, cette politique de quarantaine systématique a été allégée et au les animaux munis d'un passeport européen pour animal de compagnie ou Pet Passport peuvent désormais échapper à la mise en quarantaine (puisque ce document atteste que l'animal a été vacciné à une date précise)[18].
Les astronautes de la mission Apollo 11 en quarantaine à la suite de leur retour sur Terre.
  • Aux États-Unis, lors du retour des premières missions lunaires, les astronautes des missions Apollo 11, 12 et 14 ont été mis en quarantaine, par précaution (les astronautes de la mission de Apollo 13 n'ayant pu alunir en raison d'un problème technique).

Dans son règlement sanitaire international (RSI, 2005), l'OMS définit une quarantaine comme « la restriction des activités et/ou de la mise à l’écart des personnes suspectes qui ne sont pas malades ou des bagages, conteneurs, moyens de transport ou marchandises suspects, de façon à prévenir la propagation éventuelle de l’infection ou de la contamination ».

Le placement en quarantaine peut faire partie des recommandations de l'OMS faites aux Ėtats-membres, qui peuvent être temporaires (d'une durée de trois mois renouvelable) ou permanentes (d'application systématique ou périodique). Une quarantaine s'effectue selon les principes énoncés dans le RSI (articles 1 et 18), notamment en ce qui concerne le respect de la dignité des personnes et de leurs droits fondamentaux (article 32)[19].

Une quarantaine peut consister à « isoler ou traiter si nécessaire les personnes affectées ; rechercher les contacts des personnes suspectes ou affectées ; refuser l’entrée des personnes suspectes et affectées ; refuser l’entrée de personnes non affectées dans des zones affectées ; et soumettre à un dépistage les personnes en provenance de zones affectées et/ou leur appliquer des restrictions de sortie », (article 18)[19].

Ces recommandations ne sont pas contraignantes, chaque pays garde la décision d'appliquer ou pas une quarantaine en fonction de sa situation épidémiologique particulière, tout en ayant l'obligation de fournir à l'OMS les motifs de sa décision (articles 3 et 43)[19].

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon Patrick Zylberman, historien de la santé et professeur émérite à l’École des hautes études en santé publique, la mise en quarantaine d'une population peut induire des conséquences connexes pouvant avoir un effet contre-productif[20].

En mélangeant indistinctement des patients asymptomatiques mais contagieux et des personnes saines, la mesure peut ainsi accélérer la transmission du virus au sein de la zone confinée[20].

En outre, ce type de mesure peut engendrer la panique au sein de la population et aggraver ainsi le risque de contamination, comme ce fut le cas en 2014 lorsque certains quartiers de Monrovia, la capitale du Liberia, furent placés en quarantaine pour endiguer l'épidémie d'Ebola. Des heurts avaient ainsi opposé des habitants effrayés (notamment ceux de West Point, le township le plus pauvre de la ville) aux forces de l'ordre, la répression conduisant à la mort de plusieurs civils[20],[21]. Un lycée transformé en centre de confinement accueillant 29 malades avait été attaqué par une bande armée venue piller les lieux. Dix-sept patients avaient fui lors de l'assaut, neuf sont décédés quatre jours plus tard, tandis que trois autres furent emmenés de force par leurs parents vers une destination inconnue[22].

En outre, ces mesures de quarantaine avaient accentué la défiance de la population envers le personnel médical, poussant certains malades à cacher leurs symptômes pour éviter tout confinement[20].

Certaines quarantaines ont aussi conduit à des troubles sociaux, notamment du fait du blocage économique qu’elles engendrent. Ce fut le cas en Chine en 2003 durant l’épidémie de SRAS, où des émeutes et manifestations violentes dans les régions de Nankin et Shanghai avaient éclaté à la suite de confinements brutaux, ne prévoyant aucune aide aux populations concernées, notamment pour l’approvisionnement alimentaire ou les soins médicaux[20].

Travail en quarantaine[modifier | modifier le code]

Dans un sens plus large, on désigne par zone de quarantaine les locaux servant au stockage, à l'étude ou à la transition d'éléments biologiques non-implantés dans l'environnement desdits locaux. L'objectif n'est plus uniquement sanitaire, mais surtout écologique : la dispersion de ces organismes exotiques étant susceptible de conduire à une invasion. De telles zones peuvent se trouver dans les aéroports, mais aussi dans les centres de recherches ou les parcs zoologiques.

Fonction quarantaine d'un logiciel antivirus[modifier | modifier le code]

Un logiciel antivirus peut avoir une fonction Quarantaine[23]. Celle-ci permet de maintenir un fichier infecté par un virus informatique dans une zone blanche sans lien avec le cœur du système, pour l'empêcher d'agir sur l'ordinateur de la victime. Cependant, il n'y a aucun moyen de supprimer le ou les fichiers infectés, car toute manipulation effectuée sur un ces fichiers leur offre à nouveau la possibilité d'agir, le meilleur moyen étant de faire une restauration complète afin de remettre le système sous un jour meilleur, ou de manière plus radicale, de réinstaller entièrement le système en ayant préalablement détruit les partitions du disque et en installant le système sur une nouvelle base, saine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Quarantaine subst. fém. », CNRTL (consulté le 8 novembre 2014).
  2. a b c d e f et g (en-US) Eugenia Tognotti, « Lessons from the History of Quarantine, from Plague to Influenza A », Emerging Infectious Diseases, vol. 19, no 2,‎ , p. 254-259. (DOI 10.3201/eid1902.120312, lire en ligne, consulté le 8 février 2020)
  3. Alain Rey, Dictionnaire culturel en langue française, Le Robert, (ISBN 978-2-84902-178-1), p. 2274.
  4. a b c d e f g h i j et k (en) Gian Franco Gensini, « the concept of quarantine in history : from plague to SARS », Journal of Infection, vol. 49, no 4,‎ , p. 257-261. (lire en ligne)
  5. a et b Jea-Charles Sournia (dir.) et Isidore Simon, Histoire de la médecine, de la pharmacie..., t. III, Albin Michel / Laffont / Tchou, , « La médecine hébraïque au moyen-âge », p. 19-20.
  6. Françoise Bériac, Histoire des lépreux au moyen-âge : une société d'exclus, Imago, (ISBN 2-902702-41-8), partie III, chap. II (« La ségrégation des lépreux »), p. 180-202.
  7. a et b Jean-Noël Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens, t. II : Les hommes face à la peste, Mouton, (ISBN 2-7193-0978-8), p. 169-172.
  8. (en) « Founding and Developpement of the Health Office, 1390-1482 », dans Zlata Blazina Tomic et Vesna Blazina, Expelling the Plague : The Health Office and the Implementation of Quarantine in Dubrovnik, 1377-1533, McGill-Queen's University Press, coll. « Studies in the History of Medicine, Health and Society » (no 43), , 362 p. (ISBN 978-0-7735-4540-3, lire en ligne), « The First Quarantine Legislation in the World »
  9. Frati P., « Quarantine, trade and health policies in Ragusa-Dubrovnik until the age of George Armmenius-Baglivi », Medicina nei secoli, vol. 12, no 1,‎ , p. 103-127 (PMID 11624707, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2018) modifier
  10. a et b Jean-Noël Biraben 1976, op. cit., p. 174-175.
  11. Mirko D. Grmek (dir.) et Olivier Faure, Histoire de la pensée médicale en Occident, vol. 2 : De la Renaissance aux Lumières, Seuil, (ISBN 978-2-02-115707-9), « Les stratégies sanitaires », p. 282-283.
  12. Olivier Faure 1997, op. cit., p. 289 et 292.
  13. (en) Robert B. Baker, The Cambridge World History of Medical Ethics, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-88879-0), p. 584.
  14. a b c et d (en) Joshua Lederberg (dir.), Emerging Infections : Microbial Threats to Health in the United States, Washington, National Academy Press, (ISBN 0-309-04741-2), p. 22-24.
  15. a b et c Jean-Louis Miège, Encyclopaedia Universalis, t. 7 (Article Epidémies), Encyclopaedia Universalis, , p. 48.
  16. « L'île du Lazzaretto Nuovo à Venise | e-Venise.com », sur www.e-venise.com (consulté le 31 janvier 2020)
  17. « Le Royaume-Uni supprime la quarantaine pour les animaux de compagnie », sur Maxisciences, (consulté le 25 janvier 2020)
  18. « Voyager au Royaume-Uni avec votre chien », sur www.visitbritainshop.com (consulté le 18 août 2017).
  19. a b et c « OMS | Règlement sanitaire international (2005) », sur WHO (consulté le 12 février 2020)
  20. a b c d et e « Coronavirus chinois : la quarantaine est-elle une mesure efficace pour éviter la propagation ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 28 janvier 2020)
  21. « DIAPORAMA. Ebola : la quarantaine sème le chaos à Monrovia », sur Courrier international, (consulté le 28 janvier 2020)
  22. Le Point magazine, « Liberia: un centre d'isolement attaqué à Monrovia, 17 malades d'Ebola en fuite », sur Le Point, (consulté le 28 janvier 2020)
  23. (en) Michelle et Patrick Gillet, Les systèmes d'Information de A à Z, Dunod, (ISBN 9782100562510, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]