Charles de Gaulle (porte-avions)

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Charles de Gaulle (R91)
Image illustrative de l'article Charles de Gaulle (porte-avions)
Le Charles de Gaulle à Toulon en octobre 2002.

Autres noms PH 75 (1973) puis Bretagne (1975) puis Richelieu (1986) et Charles de Gaulle (1987)
Type Porte-avions
Histoire
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Commanditaire Délégation générale pour l'Armement
Chantier naval DCNS, Brest
Commandé
Quille posée
Lancement
Armé
Mise en service

(du 21 mai au 1er juin 2001, participation à l'exercice franco-italien Trident d'or)

Statut En service
Équipage
Équipage 1 915 personnes dont 700 affectées au groupe aérien
Caractéristiques techniques
Longueur 261,50 mètres (hors-tout)
Maître-bau 64,36 m (pont) - 31,5 m (flottaison)
Tirant d'eau 12,50 m
Tirant d'air 66,5 m
Déplacement 42 500 tonnes à pleine charge
Propulsion 2 réacteurs à eau pressurisée K 15, 2 groupes turboréducteurs 61 SW, 2 hélices à 4 pales fixes
Puissance 83 000 ch (61 000 kW)
Vitesse 27 nœuds (50 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement 32 missiles antiaériens Aster 15 en deux groupes de 16 silos

4 × lance-missiles SYLVER (MBDA Aster 15)
2 × Sadral
8 × Mistral
8 × canons Giat 20F2 (20 mm)
4 mitrailleuses de 12,7 mm

Électronique radar: 2 DRBN-34, 1 DRBJ-11, 1 DBRB 26, 1 DRBV -15 1 Arabel ; système de veille et de conduite optroniques ; systèmes TACAN et IFF ; contre mesures : 1 ESMARBR-21, 1ESM ARBG-2, 2brouilleurs ARBB-33, 4 lance-leurres Sagaie, 1 leurre antitorpilles SLAT ; système de commandement SENIT 8/05 ;

Liaison 11 et 16

Rayon d'action Illimité - 45 jours de vivres
Aéronefs 28 à 40 aéronefs

18 Rafale Marine F3
8 Super-Étendard Modernisé
2 E-2C Hawkeye
1 AS532 Cougar RESCO
1 Caïman Marine (ISR & RESCO)
1 AS565 Panther ISR
2 AS365F Dauphin Pedro
1 Alouette III Pedro jour

Carrière
Port d'attache Base navale de Toulon
Indicatif R91

Le Charles de Gaulle est un porte-avions de la Marine nationale française dont il est le navire amiral. Il est le premier et seul bâtiment de combat de surface à propulsion nucléaire construit en Europe occidentale et la France est le seul pays en dehors des États-Unis à avoir lancé la construction d'un porte-avions à propulsion nucléaire. Il offre à la France un outil de diplomatie par le simple fait de son appareillage : "Quand le groupe aéronaval a appareillé, il y a eu des effets politiques dus au 13 novembre. Cela a provoqué une réaction de Poutine, qui a décidé de considérer la France comme alliée et a donné l'ordre au Moskva d'aller à la rencontre du Charles de Gaulle et de travailler de façon tout à fait conjointe" déclare le contre-amiral René-Jean Crignola qui est le premier non-américain à la tête de la Task Force 50 de l'OTAN avec le Charles de Gaulle comme navire-amiral[1].

Le vendredi 24 octobre 2014, un E2-C Hawkeye effectue le 34 000 e appontage sur le porte-avions Charles de Gaulle.

Il a remplacé le porte-avions Clemenceau. Un second porte-avions devait être construit, le PA 2 pour remplacer le Foch, conformément aux promesses du président Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007[2], mais le projet a finalement été repoussé. Des études d'évaluation ont été menées en 2009[3]. Paris est sa ville marraine depuis le .

Une importante phase de remise à niveau opérationnelle (RANO) s’est déroulée du 6 au . Le Charles de Gaulle a procédé pour la première fois depuis sa mise en service en 2001 à un tir en salve de missiles surface-air. En cinq secondes, quatre missiles Aster-15 ont été tirés depuis les deux lanceurs du porte-avions. La Marine nationale souhaitait démontrer « sa capacité à faire face à des menaces simultanées provenant de différentes directions »[4].

Lorsque le président de la République décide d'intensifier la guerre contre l'EI à la suite des massacres perpétrés à Paris le , le déploiement du Charles de Gaulle permet d'augmenter notablement la puissance de frappe de la France[5]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le numéro de coque du Charles de Gaulle est R91. Il s'agit d'un porte-avions de taille moyenne, plus petit que ceux de l'US Navy, mais deux fois plus gros que les porte-aéronefs en service dans les marines britannique, italienne, espagnole et indienne. Il mesure 261,5 mètres de long, 64,36 m de large et 75 m de haut. Avec un déplacement de 42 500 tonnes[6], il peut embarquer environ 1 950 marins à son bord, avec un supplément de 800 militaires en transport de troupes. Selon les ingénieurs ayant travaillé sur le projet du PA 2 du temps de la coopération franco-britannique, la conception très cloisonnée de la coque du Charles de Gaulle et de ses systèmes de sécurité avancés (lutte contre les incendies notamment), en font un bâtiment pouvant continuer le combat après avoir encaissé plusieurs torpilles et missiles[7].

La surface du pont d'envol atteint les 12 000 m2 et dispose d'une surface de hangars aéronefs de 4 600 m2[8].

Le plus comparable par la taille est l'Amiral Kouznetsov qui est légèrement plus grand que le Charles de Gaulle mais dont les capacités opérationnelles sont limitées car sa propulsion n'est pas nucléaire et qu'il n'est pas un véritable porte-avions, mais un porte-aéronefs : il ne dispose pas de catapulte, ce qui limite le poids au décollage et les possibilités opérationnelles des avions qui sont essentiellement destinés à des missions d’interception[9],[10],[11].

Le Charles de Gaulle est équipé d'une propulsion nucléaire qui lui assure une vitesse maximum de 27 nœuds (50 kilomètres par heure), au lieu de 32 pour le Foch et le Clemenceau. Toutefois, la moindre vitesse du Charles de Gaulle n'est pas un obstacle à la mise en œuvre de l'aviation embarquée grâce à la puissance accrue de ses deux catapultes C 13-3 américaines de 75 m de long qui permettent de lancer des appareils de 25 tonnes à 270 km/h en 2 secondes avec 4 à 5 g d'accélération[12].

La vitesse de croisière du groupe aéronaval est grandement supérieure à celle des groupes aéronavals non nucléaire grâce à l'allègement significatif de la contrainte de ravitaillement. En effet, les porte-avions classiques comme ceux des autres nations que la France et les États-Unis nécessitent un ravitaillement en carburant tous les trois ou quatre jours, devant régler leur vitesse sur celle du pétrolier accompagnateur, soit environ 13 nœuds. Le Charles de Gaulle, grâce à un espace accru, peut également ravitailler son escorte ou emporter du carburéacteur. Sa capacité d'emport de carburéacteur lui permet de couvrir la consommation de trois frégates pendant 10 jours. Ainsi, à 22 nœuds de moyenne, le Charles-de-Gaulle et son escorte peuvent, par exemple, depuis Toulon, rallier Ormuz en 8 jours par le canal de Suez, ou en 22 jours par le cap de Bonne-Espérance en se déplaçant de 1 000 km par jour. Cette grande vitesse de croisière obtenue par la propulsion nucléaire confère selon le contre-amiral Hervé de Bonnaventure, commandant de la Force maritime de l'aéronautique navale (ALAVIA), « compliquerait sérieusement la tâche d'un ennemi, même technologiquement avancé : par simple effet mathématique, quand nous doublons la distance par rapport à une menace, nous multiplions par quatre la surface de la zone à investiguer"[13]. »

La propulsion nucléaire a aussi facilité l'organisation du pont d'envol, dans la mesure où l'emplacement de l'îlot central n'est plus conditionné par le positionnement des cheminées et a donc pu être placé assez en avant sur le pont. Les deux ascenseurs latéraux, dont la capacité d'élévation de 36 tonnes permet de recevoir deux avions à la fois, ont été placés en arrière pour faciliter les mouvements entre le pont d'envol et le hangar. La capacité des ascenseurs à acheminer deux avions toutes les deux minutes sur le pont, leur emplacement et l'emplacement des zones de parking d'alerte, situées à l'arrière et sur tribord, celui de la zone de recueil, située à l'extrême avant, permettront au navire de lancer en 15 minutes, une vague d'assaut d'une vingtaine d'avions complètement équipés, de la récupérer et de la relancer 4 heures plus tard[14]. La capacité en vivres (120 tonnes) et en carburant (3 400 tonnes) du Charles de Gaulle lui confère 45 jours de totale autonomie en opération. Son groupe aérien peut effectuer 100 vols par jour pendant 7 jours, soit plus de 700 vols en totale autonomie. Ceci entraîne l'obligation de ravitailler à la mer lors des missions de longue durée de plusieurs mois, que sa propulsion nucléaire lui autorise. Un pétrolier-ravitailleur qui assure 30 jours supplémentaires d'autonomie totale est affecté en permanence au GAN TF473 pour ravitailler le Charles de Gaulle et les autres bâtiments du groupe. Avec un seul ravitaillement par semaine, le niveau de carburant à bord ne descend jamais en dessous de 70 %, soit plus d'un mois de totale autonomie en opération [13]. Lors de mission de guerre de haute intensité, un second pétrolier-ravitailleur est affecté en renfort. Pendant que l'un des deux reste avec la flotte, l'autre peut faire la navette vers les points de rechargement pour garantir la présence permanente d'un pétrolier-ravitailleur auprès du Charles de Gaulle. Ce dispositif renforcé a été utilisé en 2002 lors de l'opération Héraclès au large de l'Afghanistan[15].

Le rapport d'information no 358[16] de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du sénat sur l'avenir du groupe aéronaval indique que:

  • la vitesse de croisière du groupe aéronaval du Charles de Gaulle est améliorée par rapport à un porte-avions à propulsion classique grâce à l'allègement significatif de sa contrainte de ravitaillement. En effet, un porte-avions classique nécessitant un ravitaillement tous les trois ou quatre jours, doit régler sa vitesse de croisière sur celle du pétrolier accompagnateur, soit 13 nœuds alors qu'un porte-avions nucléaire peut régler la sienne sur son escorte[17].
  • grâce à un espace accru, le Charles de Gaulle peut emporter plus de carburéacteur et couvrir la consommation de trois frégates pendant 10 jours. Ainsi, à 22 nœuds de moyenne, le porte-avions et son escorte peuvent, par exemple, depuis Toulon, rallier Ormuz en 8 jours par le canal de Suez, ou en 22 jours par le cap de Bonne-Espérance[17].
  • permet d’effectuer les mêmes missions que celles accomplies par un porte-avions lourd américain, mais avec un équipage presque trois fois moins important[18], et un taux d'effort plus important : avec 20 avions à bord lors de la mission Bois Belleau conduite pendant cinq semaines avec l'USS Harry S. Truman et ses 60 avions, le Charles de Gaulle mettait en l'air 45 avions par jour et l'USS Harry S. Truman 60 avions[19].

Avec une capacité de projection en opération extérieure pouvant atteindre 40 aéronefs dont trois flottilles de Rafale M en cas de crise majeure[20], le Charles de Gaulle offre une puissance de projection supérieure à celle de l'Armée de l'air (dont les moyens sont pourtant de 180 chasseurs contre 45 pour la Marine selon le livre blanc de la Défense) qui est estimée par le chef d'état-major air, être à son maximum en décembre 2014 avec 25 chasseurs déployés en opérations extérieures[21].

Le Charles de Gaulle permet également la mise en œuvre d’un avion de guet aérien conférant une large maîtrise de l’espace aérien environnant (hémisphère d’un diamètre de 200 nautiques au lieu de 60 nautiques avec un hélicoptère comme c'est le cas des portes-avions des marines autres que la marine américaine ou la marine française) et de ce fait il est le seul porte-avions non américain pouvant commander et contrôler (mission C2[22]) au profit d'un des deux CAOC (Combined Air Operations Center) de l'OTAN, des COMAO (COMposite Air Operation)[23], c'est-à-dire des raids complexes d’aéronefs différents réalisant des missions à objectifs multiples dans la profondeur des lignes ennemis, comme ce fus le cas lors de l'opération Chammal[1].

Selon le contre-amiral Hervé de Bonnaventure, commandant de la Force maritime de l'aéronautique navale (ALAVIA) , les lois internationales stipulant la liberté de circulation maritime jusqu'à 12 nautiques permette à un porte-avion de s'approcher des côtes de 154 états dans le monde, l'énorme rayon d'action du Rafale Marine, la possibilité de le ravitailler en vol et de tirer les missiles de croisière SCALP EG et ASMP-A, font du couple Charles de Gaulle/Rafale un outils capable de traiter des objectifs au cœur des états hostiles. Le capitaine de vaisseau Éric Aymard commandant du GAé (COMGAé) déclare que "le Charles de Gaulle nous a véritablement ouvert un nouveau champ opérationnel et j'estime que nous sommes passés dans une autre catégorie. Le porte-avions nucléaire se révèle parfaitement adapté aux opérations soutenues et nous pouvons lancer dans un laps de temps bien plus de sorties que depuis une unité de la classe Clemenceau. Je vais vous donner une comparaison qui résume tout. Pendant le conflit en Bosnie, de 1993 à 1996, le Clemenceau et le Foch se sont relevés quasi sans discontinuité en mer, et avec 35 avions, nous avions généré environ 1 500 sorties opérationnelles en trois ans, essentiellement de jour. En Libye, avec 18 chasseurs et Hawkeye seulement, ce sont 1573 sorties qui ont été effectuées, de jour comme de nuit, en un peu plus de cinq mois"[13].

Système de propulsion[modifier | modifier le code]

Le porte-avions est propulsé par deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée K15. Chaque réacteur est relié par un réducteur à l'une des deux lignes d'arbre d'hélice de 125 m de long pour les turbines avant et de 75 m de long pour celles situées à l'arrière.

La puissance de 83 000 ch permet d'atteindre la vitesse maximale de 27 nœuds qui est nécessaire pour assurer des catapultages sécurisés de Rafale en configuration de fortes charges par vent debout nul. La vitesse est de 5 nœuds inférieure à celle de la classe précédente des porte-avions français, Clemenceau et Foch. Selon la DCN, la vitesse n'est pas un but en soi, ce qui compte c'est la capacité à faire décoller des avions plus lourds par mer de force 6 ou 7 grâce au système SATRAP (Système Automatique de TRAnquillisation et de Pilotage)[24]. Le choix de la propulsion nucléaire a été motivé par plusieurs avantages jugés essentiels pour ce type de bâtiment :

  • L'autonomie qui est de 7 ans 1/2[14] entre deux rechargements du combustible nucléaire, contre quelques jours pour un bâtiment utilisant un combustible fossile, fioul ou gaz ;
  • Les incertitudes sur les fluctuations de prix et de disponibilité du combustible pétrolier pour les quarante années de service actif du porte-avions ont beaucoup pesé dans le choix du mode de propulsion. La charge de combustible nucléaire embarquée représente l'équivalent de 1,5 milliard de litres de combustible pétrolier ;
  • La propulsion nucléaire permet de libérer sous le pont les espaces habituellement affectés au stockage du combustible des propulsions à carburants fossiles. Les enceintes des réacteurs pèsent 900 tonnes mais n'ont que 10 mètres de hauteur et 10 mètres de diamètre. Ce faible encombrement permet d'embarquer 3 400 tonnes de carburant aviation et 600 tonnes de munitions "muratisées"[14], c'est-à-dire rendues inertes pour éviter les accidents[8]. Il est également possible d'embarquer 1 000 tonnes de gazole, afin de permettre au porte-avions de ravitailler en mer ses bâtiments d'escorte en cas de problème avec le pétrolier-ravitailleur du groupe aéronaval qui ne ravitaille le Charles-de-Gaulle qu'une fois par semaine en carburant aviation (de façon à maintenir le potentiel à 70 %) alors qu'un porte-avions classique comme le Clemenceau nécessitait 1 000 tonnes de mazout tous les 3 jours pour sa simple propulsion. L'énorme réduction du volume de carburant à ravitailler procure un accroissement très significatif de la sécurité du porte-avions et de son pétrolier lors de la manœuvre de ravitaillement à la mer (RAM) qui nécessite de placer les deux bâtiments à une vitesse comprise entre 10 à 15 nœuds, distants de 42 à 49 m, et les rend plus vulnérables à une éventuel attaque sous-marine et perturbent les opérations de combat.
  • La possibilité d'accélérer de 0 à 20 nœuds en 4 minutes et d'atteindre une vitesse de 27 nœuds en 7 minutes, accroît considérablement sa capacité de survie lors de manœuvres évasives et lui permet de catapulter ses Rafale avec leur charge maximum et en toute sécurité. Sur un porte-avions à propulsion conventionnelle, il faut allumer une ou plusieurs chaudières supplémentaires pour accroître la puissance (6 chaudières sur le Clemenceau) ce qui peut prendre plusieurs dizaines de minutes[25];
  • Le directeur adjoint du programme à la DGA, estimait que « eu égard aux caissons protecteurs placés tout autour du bateau, le missile intelligent qui peut entrer par un bout de la coque du porte-avions Charles de Gaulle et atteindre le circuit primaire du réacteur (son point sensible) n'existe pas »[25].

Système Automatique de stabilisation SATRAP[modifier | modifier le code]

Le porte-avions est équipé d'un système de stabilisation SATRAP : (Système Automatique de TRAnquillisation et de Pilotage)[24]. Ce système permet de réduire les mouvements non désirés du navire : le roulis, le lacet, l’embardée et la gîte. Il coordonne, par l'intermédiaire d'un calculateur centralisé, l'action des différents organes : deux paires d'ailerons stabilisateurs et le gouvernail servent à « tranquilliser » la plate-forme en réduisant les mouvements de lacet, de roulis et d'embardée. L'ensemble de masses mobiles pour « COmpenser la GITE » (Cogite), composé de douze lignes de wagonnets métalliques (représentant une masse totale de plus de 240 tonnes) se déplaçant dans des tunnels perpendiculaires à l’axe de la coque, permet au porte-avions de virer à plat et de compenser la gîte générée par le déplacement des aéronefs sur le pont d'envol. La combinaison des deux systèmes (tranquillisation et Cogite) permet de mettre en œuvre son groupe aérien embarqué dans des conditions de mer dégradées[26]. Ce système de stabilisation donne une gîte limitée à 1 ° par force 3-4 et de 3 ° maximum par force 6[24], il permet au Charles de Gaulle de mettre en œuvre des avions de 20 tonnes par mer de force 5 et 6. Par comparaison, le Clemenceau et le Foch avaient été étudiés pour l'emploi d'appareils de 13 tonnes par mer force 3 à 4[25].

Groupe aérien embarqué (GAE)[modifier | modifier le code]

Deux Rafale, deux Super-Étendard et un Hawkeye du Charles de Gaulle (12 avril 2007).

Le Groupe aérien embarqué (GAE) varie selon les missions[13], et peut atteindre 40 aéronefs :

  • Chasseurs-bombardiers Rafale Marine des Flottilles 11F ou 12F ;
  • Chasseurs-bombardiers Super-Étendard modernisé (SEM) de la Flottille 17F ;
  • Avions de guet avancé et de contrôle aérien E2-C version Group II (M) Hawkeye 2000 de la Flottille 4F qui permettent de suivre 2 000 pistes propres et 700 pistes ou points de référence issus d'autres unités jusqu'à une distance de plus de 250 nautiques ;
  • Hélicoptères AS365F Dauphin (Pedro) de la flottille 35F, pour les opérations de SAR de jour ou de nuit (3 heures d'autonomie à 70 nœuds, utilisation des jumelles JVN pour le plongeur et le treuilliste mais pas pour les pilotes) ; les Dauphin mènent aussi des missions de liaison vers la terre ou d'autres bâtiments (5 passagers à 120 nautiques) et de ravitaillement (dite « Vertrep ») à partir du pétrolier-ravitailleur avec des charges de 450 kg ;
  • Hélicoptères Alouette III (Pedro) de la flottille 22S pour les opérations de SAR Jour ;
  • Hélicoptères AS565 Panther ISR au standard 2 pour les missions de renseignement d'intérêt maritime (ISR) ; Le radar des Dauphin et Panther sont identiques mais le Panther dispose en plus de liaisons de données tactiques.
  • Hélicoptères AS532 Cougar de l'ALAT pour le transport de commandos marine lors des missions de RESCO ;
  • Hélicoptère SA330 Puma de l'ALAT pour de SAR des missions de liaison de jour ou de nuit (jumelles JVN les pilotes) vers la terre ou d'autres bâtiments (10 passagers à 250 nautiques) et de ravitaillement avec des charges de 2 500 kg. Les Puma de l'ALAT ne disposent pas de Radar, ils sont donc guidés par le Charles-de-Gaulle qui les prend en recueil radar ;
  • Hélicoptères H225M Caracal (anciennement EC725) des trois armées pour le transport de commandos marine ou du CPA 30 lors des missions de RESCO [Note 1] .
  • Hélicoptères NH90 Caïman marine de la flottille 31F et 33F qui progressivement devraient reprendre les missions des Puma et peuvent aussi remplacer les Caracal pour le transport de commandos marine ou du CPA 30 lors des missions de RESCO [Note 2]
  • Hélicoptères EC725 Caracal de la flottille 32F pour le transport de commandos marine lors des missions de RESCO.

En 2014, pendant la mission Bois-Belleau le parc des deux flottilles de chasseurs incluait 11 Rafale Marine et Super-Étendard. Lors de la prochaine période d'IPER (indisponibilité périodique pour entretien et réparations) programmée en 2017, les installations techniques et zones stockages de pièces spécifiques au Super-Étendard seront démontées puisqu'en 2018, les trois flottilles de chasse de la Marine nationale ne mettront plus en œuvre que des Rafale Marine. Le gain de place obtenu par l'homogénéisation des installations techniques et des zones de stockage permettra de mettre en œuvre deux flottilles avec 24 Dassault Rafale, et même en cas de nécessité jusqu'à 30 (en plus des Hawkeye et des hélicoptères) selon le Commandant du GAé en prélevant des appareils de la troisième flottille de soutien normalement en régénération à la BAN de Landivisiau pour renforcer les deux flottilles en alerte[27].

La capacité maximale aérienne est de 100 vols par jour pendant 7 jours par pontées massives de 20 à 24 avions, renouvelables toutes les 4 heures ou par pontées enchaînées de 4 à 8 avions toutes les h 30 environ[14]. Le Charles de Gaulle peut catapulter un avion toutes les 30 secondes. Comme les catapultes avant et latérales débordent sur la piste oblique, l'appontage et le catapultage simultanés sont impossibles. La soute à munitions de 4 900 m3 beaucoup plus spacieuse que celle de la classe Clemenceau (3 000 m3) permet d'emporter près de 600 tonnes de munitions[14], ce qui est suffisant pour couvrir l'ensemble des missions pendant plusieurs semaines sans faire appel au pétrolier ravitailleur du GAN task force 473.

Lors d'un appontage, le pilote du Rafale dispose de 90 mètres pour passer de 220 km/h à zéro, encaissant une décélération de choc dans une manœuvre qu'il doit réussir en 1,5 seconde. Cela représente une décélération de 40 m/s2, soit environ 4 g[28]. Les pilotes sont guidés par les officiers d'appontage (OA) qui disposent de plusieurs systèmes d'aide et peuvent demander au pilote de remettre les gaz pour éviter un accident[29] :

  • une Optique principale de 3e génération (OP3) : Le miroir d'appontage (souvent appelé du vocable anglais meatball) diffuse un pinceau lumineux visible à très grande distance et permet de guider le pilote en approche vers la pente idéale en couvrant un angle vertical de 1°30, soit 40 m à 1 nautique du pont.
  • un Dispositif d'Aide à L'appontage lASer (DALAS) : Ce système est utilisé de nuit ou par mauvais temps informe l'officier d'appontage de la position des avions en approche avec une très grande précision qui peut, le cas échéant. Le faisceau laser est réfléchi par un réflecteur disposé sur le train avant des Rafales ou des SEM et sur le train gauche des Hawkeye. Une caméra vidéo IR thermique Murène montée sur le châssis de l'OP3 et une seconde caméra vidéo complètent le DALAS. Ce dispositif conçu en France sera modernisée en 2017 par SAFRAN[30].
  • Deux systèmes MOVLAS (Manually Operated Visual Landing Aid System) peuvent également être installée en moins de 10 minutes à bâbord en cas de panne de l'OP3 qui est alors bloquée manuellement à une pente de 3°30 minutes.

Le Groupement Technique aéronautique du Charles de Gaulle assure un service H24 pour permettre d'entretenir et réparer tous les aéronefs présents à bord. Ils disposent pour cela d'un stock de plus d'un million de pièces de rechange, de plusieurs ateliers et hangar, d'un banc d'essai réacteur pour les Atar 8K50 des SEM et d'un second banc pour les SNECMA M88-2 des Rafale.

Système d'armes[modifier | modifier le code]

Le système tactique SENIT 8 du Charles de Gaulle est le cœur du Système d'armes qui dispose d'un ensemble de capteurs radars de veille à courte et moyenne portée et de radars secondaires pouvant suivre 2 000 contacts aériens, navals ou sous-marins. Le porte-avions assure le commandant de la lutte anti-surface pour l'ensemble du Groupe aéronaval, alors que la frégate de défense aérienne (FDA) en assure le commandement de la lutte anti-aérienne et anti-missile.

Les armes d'autodéfense mettent en œuvre des missiles sol-air, en particulier les deux systèmes SAAM (Système d'Armes Anti-Missiles) armés de 32 missiles Aster 15[31] (16 cellules pour le lanceur Sylver de tribord avant et 16 autres sur celui de bâbord arrière) qui constitue le troisième et avant-dernier rideau de défense après les chasseurs Rafale M, les 16 missiles Aster 30 et 16 missiles Aster 15 de la frégate de défense aérienne (FDA) qui assure le commandement de la lutte anti-aérienne et anti-missile du groupe aéronavale, et avant les deux lanceurs Sadral armés de 12 missiles Mistral. Les missiles Aster des FDA ou du Charles de Gaulle considéré par les spécialistes comme les plus performants du monde en 2016 peuvent être tirés en salve contre une attaque saturante omnidirectionnelle. Ils sont efficaces sur 360° et selon le chef du service arme du Charles de Gaulle, ils assurent une bulle de sécurité totale de 10 nautiques contre tous les missiles subsoniques ou supersoniques actuellement en service, y compris ceux qui seraient tirés de très prêt par un sous-marin et le système de défense du Charles de Gaulle est réputé plus efficace que celui plus ancien des portes-avions américains actuellement en service. Lors du passage dans certains détroits ou canaux dangereux, les deux lanceurs Sadral sont complétés par deux lanceurs de missile Mistral sur trépieds disposés à l'avant et à l'arrière du pont. Au cas ou un missile aurait passé les trois barrières d'Aster et de Mistral, le Charles de Gaulle dispose d'un système de guerre électronique et de brouilleurs ARBB33 qui selon le chef du service LAS) est optimisé contre les autodirecteurs des missiles anti-navire les plus modernes et la faible signature Radar du Charles de Gaulle rends l'usage des lances-leurres électroniques obsolètes[13]. Pour la défense asymétrique le Charles de Gaulle dispose de 5 mitrailleuses de 12,7 mm à chargement rapide du canon (CRC) à viseur holographique offrant une précision redoutable contre les jet-skis ou vedettes rapides et mis en œuvre par son détachement permanent de fusiliers-marin qui dispose aussi d'un arsenal d'arme individuelle : Pistolet HK USP de 9 mm, fusils automatique FAMAS G2 5,56 mm, fusils à pompe FAP Valtro PM05 cal 12, fusils de précision HK G3 7,62 mm avec lunette pour tireur d'élite, mitrailleuse minimi 5,56 mm, mitrailleuse AANF-1 7,62 mm et FAMAS F1 lance-amarres.

Une équipe NEDEX (Neutralisation Destruction d'EXplosifs) de 4 démineurs est embarquée par précaution, en cas de découverte d'un colis piégé à bord.

Il dispose de la liaison de données tactiques liaison 16. Il participe au réseau en tant que centre de contrôle et de commandement (plate-forme C2). Il peut à ce titre, prendre le contrôle de chasseurs sur le Groupe de Participation Liaison 16 Control et leur assigner diverses missions ; les chasseurs (plates-formes Non-C2) sont informés de la situation tactique en écoutant le Groupe de Participation Liaison 16 surveillance.

Il continue à mettre en œuvre la Liaison 11 car de nombreuses plates-formes du Groupe Aéronaval français ne disposent que de cette Liaison de Données Tactiques.

Afin de permettre la tenue d'une image tactique et opérative unique, il travaille en configuration multi-liaisons (Liaison 16 + Liaison 11) ; à cette fin, il met en œuvre une fonction de dataforwarding qui permet l'échange de données entre les deux liaisons de données. Un lien satellitaire (via Syracuse III) devrait permettre la mise en œuvre dans le futur de la Liaison de Données Tactiques J-Over IP ; dès aujourd'hui, il possède la capacité de mettre en œuvre le JREAP-C (en) qui lui permet de transmettre des messages de la série-J empaquetés sous IP. Il dispose des structures d'accueil d'une cellule JICO.

Il est important de noter qu'en mettant en œuvre pleinement les principes définis dans le concept de guerre en réseau ou NCW (Network Centric Warfare), les plates-formes Non-C2 (essentiellement les Dassault Rafale), une fois pris sous contrôle après catapultage, font entièrement parties du système d'armes du porte-avions, où elles agissent en tant que plates-formes Non-C2 c'est-à-dire en tant que senseurs et d'armes du SENIT 8.

Électronique[modifier | modifier le code]

  • Radar de veille air tridimensionnel DRBJ-11B (bande S) ;
  • Radar de veille air lointaine DRBV-26D (bande L ; portée 370 km) ;
  • Radar de veille combinée surface-air basse altitude DRBV-15C Sea Tiger Mk2 (bande S ; portée avion 100 km, missile 50 km) ;
  • Radar de conduite de tir ARABEL (bande X) ;
  • 2 radars de navigation DRBN-34A Racal-Decca ;
  • Radar secondaire ou IFF
  • Veille infrarouge Vampir DIBV-2 ;
  • Leurre antimissile Sagaie ;
  • Leurre antitorpille SLAT ;
  • Suite de guerre électronique (Détecteur Radar ARBR-21 / 2 brouilleurs radar ARBB-33 / intercepteur COMINT ARBG-2 MAIGRET) ;
  • Système de navigation aérienne (TACAN) NRBP-20A
  • Système de transmission par satellites Syracuse III, Fleetsatcom, Inmarsat ;
  • Système de combat SENIT8 (liaison 11, liaison 16 et passerelle d'échange entre ces deux liaisons de données tactiques).

Equipement de sécurité et installations médicales[modifier | modifier le code]

  • 1 000 détecteurs d'incendie de haute technologie associés à différents systèmes d'extinction selon les zones.
  • 620 m2 pour l'infirmerie et l'hôpital
    • L'infirmerie est dotée de trois cabinets de consultation, d'un cabinet dentaire, d'un laboratoire d'analyse médicales, d'un secrétariat, de deux salles de soins, d'une salle de biométrie/radiologie et d'un laboratoire de développement radio. et l'hôpital;
    • L’hôpital est dotée d'une salle déchoquage/triage/réanimation, un bloc pour la chirurgie orthopédique, un bloc pour la chirurgie viscérale, une salle de traitement des grands brûlés, une salle de réveil de quatre lits, une chambre collective pour les patients, deux chambres à deux lits pour patients en isolement. et une soute à médicament;
    • un ascenseur relie directement le pont d'envol aux installations médicales pour gagner du temps lors du transfert d'un patient vers la terre via un hélicoptère, soit pour prendre en charge un pilote ou un marin blessé;
  • Le personnel qui travaille en H24 est composé au minimum deux médecins, huit infirmiers et deux personnels administratifs, complétés en cas de mission de longue durée par un spécialiste en médecine aéronautique, deux chirurgiens, un médecin-anesthésiste-réanimateur, un infirmier de bloc opératoire, et deux aides-soignantes, un technicien de laboratoire, un chirurgien-dentiste, un manipulateur radiologiste pour le Scanner corporel, un kinésithérapeute[13].

Cuisines et équipements de confort[modifier | modifier le code]

  • Les 2 cuisines et les 4 salles de restauration (carré amiral, messe des officiers, messe des officiers-mariniers, et cafétéria du reste de l'équipage sont servis par 73 personnes dont 2 brigades de 15 cuisiniers chacune ;
  • Les menus sont les mêmes pour tous les membres d'équipage quel que soir leur grade;
  • Les 1 000 m3 d’entrepôt permettent de stocker 315 tonnes de vivre qui permettrait de tenir 45 jours en totale autonomie sans ravitaillement du pétrolier-ravitailleur. La consommation quotidienne est de 500 kg de légumes frais, 400 kg de fruits frais, 600 kg de viande, 500 kg de farine pour produire 500 kg de pain et 10 000 petits pains. Des viennoiseries sont produites le dimanche[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Le porte-avions Charles de Gaulle remplaça le Clemenceau, un porte-avions à propulsion classique (chaufferie à vapeur fonctionnant au mazout et turbines), en 2001. Le Clemenceau et son sistership le Foch furent armés respectivement en 1961 et 1963 ; le besoin d'un remplacement avait été identifié en 1973[32].

En 1975, un programme militaire est adressé au STCAN de la DCN à Paris pour étudier un projet à propulsion nucléaire baptisé PH 75. Ce porte-aéronefs mesura 208 m de long dont 202 m de pont d'envol dont la largeur maximale atteindra 46 m, le déplacement sera de 18 400 t. La propulsion sera assurée par 1 réacteur nucléaire CAS230 associé à deux turboréducteurs-condensateurs de 65 000 ch chacun avec deux diesels de secours (autonomie de 3 000 nautiques à 10 nœuds. La vitesse maximale sera de 28 nœuds. Le hangar aéronautique (L 84 m x l 21 m x h 6,5 m) permettra d'emporter 25 hélicoptères Lynx, ou 15 SA330 Puma ou 10 SA321 Super-Frelon. L'armement défensif sera composé de deux batteries de missile sol-air crotale et 4 canons bitubes de 40 mm antiaériens. L'effectif global sera de 1000 hommes. L'équipement électroniques comportera 1 radar DRBV-26 de veille air, 1 radar DRBV-51 de veille combinée, 2 radars DRBC-32 de conduite de tir, 1 sonar DUBA 25 et 2 DECCA pour la navigation[33].

La construction de trois unités PH-75 est envisagée.

Des essais anti-collision du compartiment nucléaire, par les plus gros navires, sont réalisés à la DCN à Brest, sur maquettes.

Le choix d'une propulsion nucléaire était dicté par la conjoncture de l'époque, afin de conforter l'indépendance de la politique étrangère et de l'action militaire de la France. D'après certains calculs, le combustible nucléaire devait éviter l'achat de près de 1,5 milliard de litres de pétrole sur vingt ans. En 1977, le programme, rebaptisé PA-75, sera étendu à la conception d'un nouveau porte-avions, l'option étant ouverte entre la refonte des porte-avions Clemenceau et Foch et la construction d'une nouvelle génération de porte-avions nucléaires, adaptés au lancement d'avions à décollage court.

Le projet est terminé en 1979, mais les études de construction ne seront pas entreprises. Le projet de Porte-Hélicoptères PA-75 sera remplacé par celui d'un porte-avions à propulsion nucléaire dotés de catapultes[16].

Construction[modifier | modifier le code]

La construction du Charles de Gaulle a débuté le 25 novembre 1987.

La structure fut assemblée en avril 1989 aux chantiers navals de la DCN, à Brest. Le porte-avions fut achevé en mai 1994 et, avec 42 500 tonnes, il était le plus grand bâtiment de guerre lancé en Europe de l'Ouest depuis le HMS Ark Royal en 1950.

Le nom initialement choisi en 1986 était Richelieu, en mémoire du célèbre homme politique français Armand-Jean du Plessis, duc et cardinal de Richelieu et un nom traditionnel pour les navires importants dans la Marine française, mais il a été rebaptisé Charles de Gaulle l'année suivante par le Premier ministre de l'époque, Jacques Chirac.

La construction du Charles de Gaulle a représenté 25 % de la charge de travail de la DCN-Brest entre 1990 et 1996 et le chantier a mobilisé entre 1 000 et 1 200 personnes selon les périodes pour 13 millions d'heures de travail, 2 millions d'heures les études et 11 millions d'heures la construction. C'était alors l'un des plus grand chantier de France[24].

La construction du Charles de Gaulle aura coûté près de 20 milliards de francs (environ 3 milliards d'euros)[34], soit 2,2  milliards de dollars US à comparer aux 4,3 milliards de dollars américains du porte-avions USS Ronald Reagan qui est entré en service la même année.

Le porte-avions a été admis au service actif le 18 mai 2001 et officiellement armé.

Essais, mises au point techniques et modifications apportées[modifier | modifier le code]

Allongement de la piste oblique du pont d'envol[modifier | modifier le code]

Un avion d'alerte radar E-2C Hawkeye sur le pont d'envol.

Les premiers essais en mer du Charles de Gaulle en janvier 1999 permirent d'identifier la nécessité d'allonger la piste oblique pour permettre l'appontage des E-2C Hawkeye avec des configurations dégradées des brins d'arrêt[35].

À l'origine du programme, en 1986, le porte-avions avait été conçu pour permettre le catapultage, l'appontage et les manœuvres sur le pont du Super-Étendard, du Rafale Marine, du Breguet Alizé et éventuellement du F18 C/D. Le choix, en 1992, d'acquérir 3 E-2C Hawkeye neufs pour la somme de 6 milliards de francs comme avion de guet a modifié la donne. Le pont était certes dimensionné pour permettre un catapultage et un appontage dans des conditions de sécurité normale, mais son maniement en bout de piste, lors d'appontages dans des conditions extrêmes, aurait risqué de ralentir son acheminement au parking et d'empêcher les autres appareils de se succéder rapidement. L'appareil a en effet une envergure très importante pour un avion embarqué, avoisinant les 25 mètres[35]. Les médias non spécialisés ne manquèrent pas d'ironiser sur cette opération, alors que :

  • ce genre de modifications de pont d'envol et installations d'aviation est plutôt courant sur les navires de ce type prévus pour fonctionner 40 ou 50 ans avec des systèmes d'armes et un parc d'aviation en permanente évolution et à un rythme rapide. Aussi est-il souhaitable que les porte-avions puissent commodément s'adapter à ces changements ;
  • les mêmes travaux avaient dû être réalisés sur le Foch et le Clemenceau quand l'avion F-8 Crusader a été mis en service ;
  • les cinq millions de francs dépensés pour l'allongement nécessaire à la modification des tôles du pont d'envol et de la coque ne représentaient que 0,025 % du coût de construction du Charles de Gaulle[36].

Protection radiologique[modifier | modifier le code]

Au cours des travaux d'études finales et de construction, la décision fut prise de mettre en conformité la protection radiologique avec les dernières normes CIPR en vigueur, rendues applicables entre temps. Ceci nécessita des modifications limitées des protections radiologiques à proximité des réacteurs.

Le 28 février 2000, au cours d'un essai d'un réacteur nucléaire, une combustion d'éléments de protection radiologique proches du réacteur provoqua l'émission d'une épaisse fumée restée contenue dans l'enceinte de confinement des réacteurs. Pour être efficace, le matériau, du bois compressé imbibé de bore et d'autres composants, donc sensible à la température, doit être proche des enceintes chaudes du réacteur. Son positionnement plus précis au montage et l'amélioration de sa protection thermique ont résolu le problème[35].

Bris de l'hélice bâbord[modifier | modifier le code]

Durant la nuit du 9 au 10 novembre 2000, alors que le porte-avions naviguait en Atlantique ouest, faisant route vers Norfolk, en Virginie, une pale de l'hélice bâbord se brisa, et le navire dut retourner à Toulon pour remplacer l'hélice défectueuse. L'enquête qui suivit mit en évidence que les hélices de remplacement comportaient les mêmes défauts de structure : des bulles (soufflures survenant lors du refroidissement du métal coulé dans le moule) près de l'axe des hélices (réalisées d'une pièce dans un alliage cuivre-aluminium) ; ce défaut est dû au fournisseur Atlantic Industrie[37], qui avait effectué des compressions de son personnel le plus expérimenté. Les hélices du Foch et du Clemenceau, moins adaptées au Charles de Gaulle ont été utilisées, ce qui devait limiter la vitesse maximale à 25 nœuds, au lieu des 27 nœuds prévus. Le 5 mars 2001, il appareille avec deux anciennes hélices, et réalisa des pointes de vitesse à 25,2  nœuds aux essais. Les anciennes hélices sont remplacées fin mai 2008 par deux hélices Rolls-Royce Naval Marine de 20 tonnes et 6 mètres de diamètre, fabriquées aux États-Unis, permettant l'accueil des Rafale F3, dont l'appontage en situation difficile requiert un porte-avions marchant au moins à 27 nœuds, ce qui, dans le cas où le temps le permet, est sa vitesse maximale.

Revêtement de piste[modifier | modifier le code]

Une autre intervention a été nécessaire sur le pont d'envol : le changement de la peinture du revêtement de la piste, qui s'était révélée trop abrasive pour les nouveaux câbles de frein des brins d'arrêt du Charles de Gaulle. Une nouvelle peinture de revêtement a donc été utilisée pour recouvrir le pont d'envol[35]. En 2011 des travaux DCNS ont modifié le revêtement de la zone d'appontage, et de la partie du pont d'envol mis en place suivant un procédé adapté par DCNS. Elles ont été réalisées en 2011 avec une peinture qui augmente l'adhérence des trains avant des avions lors des appontages, tout en réduisant leur sollicitation. Le résultat étant probant, la même peinture est appliquée aux zones de roulage de la piste d'aviation et de parking, à l'occasion d'une autre période d'entretien du porte-avions en 2013[38].

Vibrations zone arrière[modifier | modifier le code]

Du 18 au 30 mars 1999, un phénomène vibratoire est apparu au niveau de l'appareil à gouverner lors des essais à grande vitesse. Malgré ces difficultés, le Charles de Gaulle pouvait néanmoins atteindre une vitesse de 28 nœuds en naviguant à un cap constant. Des études complémentaires ont permis de localiser la source des dysfonctionnements : les safrans arrière ont été légèrement déplacés pour se situer dans l'axe des hélices[35].

Incident au gaz[modifier | modifier le code]

Le , un quartier-maître qui réalise une opération de maintenance de routine pour débloquer un clapet de non-retour défaillant sur l’une des 48 caisses du système de collecte des eaux usées du bâtiment, perd connaissance après avoir inhalé du sulfure d’hydrogène. Un second quartier-maître tente de le secourir et s'évanouit à son tour. Ils sont immédiatement secourus par l'équipe médicale de bord et envoyés à l'hôpital de Toulon. Le second quartier-maître reprend son service quelques semaines plus tard mais le premier reste plongé dans un coma profond, et sa famille décide de porter plainte. La marine nationale ne pouvait être mise en cause puisqu'un message en date du 10 août 2001 du commandement de la Force d’action navale (FAN), recommandait par précaution à tous les bâtiments d'appliquer la procédure d’intervention en espaces confinés lors des opérations de maintenance sur les caisses d’eaux usées. Cependant un mois plus tard, la commission d’hygiène et de prévention du bâtiment estime que le message n’est en fait qu’un rappel des procédures, qu’il ne concerne pas spécifiquement le compartiment abritant les caisses d’eaux usées puisque le constructeur, DCNS, ne l’a pas classé comme local confiné. Cinq marins sont alors mis en examen pour négligence alors qu'au moment des faits ils exerçaient des responsabilités en rapport avec l'accident, un maître-principal responsable de la section collecteur-pompes , un enseigne de vaisseau et un lieutenant de vaisseau alors chef du service de sécurité, un capitaine de vaisseau alors officier de sécurité nucléaire, un contre-amiral alors commandant en second du bâtiment et qui en assurait le commandement au moment de la réception du message d'alerte de la FAN. Un premier jugement prononcé en novembre 2008 par la chambre militaire du tribunal correctionnel de Marseille, relaxe les deux officiers supérieurs mis en examen, et condamne les trois autres marins à des peines de 3 mois à un an de prison avec sursis, les estimant coupables de graves négligences. En novembre 2010, la cour d’appel d’Aix-en-Provence déboute le parquet qui avait demandé une aggravation des peines et décide de relaxer définitivement trois des cinq marins mis en examen, et de réduire la peine de l'enseigne de vaisseau à 3 mois de prison avec sursis et celle du chef du service de sécurité à 6 mois de prison avec sursis considérant que « c’était à lui qu’il appartenait de signaler le risque »[39].

Usure prématurée imprévue sur une ligne d'arbre[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il était en phase de remontée en puissance après son IPER, le Charles de Gaulle a de nouveau été contraint d'arrêter ses activités à la mer du fait de « problèmes de fabrication et de conception » sur la ligne d'arbre. Selon un rapport parlementaire, « la conception du bâtiment dans les années 1990 s'appuie sur des données scientifiques et industrielles fondées sur les retours d'expérience des autres bâtiments de la Marine nationale à propulsion vapeur. Or, la technologie utilisée a atteint ses limites à bord du porte-avions Charles de Gaulle. En effet, les performances demandées en couple et en vitesse sont significativement plus élevées que celles des accouplements conçus auparavant. Il apparaît aujourd'hui que la durée cumulée du fonctionnement des accouplements du Charles de Gaulle ne peut excéder une vingtaine de milliers d'heures et non 100 000 heures comme initialement prévu » [40]. Les travaux de l'ordre de 10 millions d'euros ont été pris en charge par DCNS.

Service actif - Événements notoires[modifier | modifier le code]

Permanence du groupe aéronaval[modifier | modifier le code]

Alors que les États-Unis préparaient leur riposte au 11 septembre 2001 sous la forme de l'opération Enduring Freedom, les médias français se plaignaient du manque de puissance militaire déployable. À la même époque, la Commission de la Défense rapportait que la maintenance de la flotte était de mauvaise qualité. Dans ce contexte, le Charles de Gaulle, alors en réparation, était à nouveau l'objet de critiques, qui seront récurrentes et souvent fort caustiques par la suite.

Les États-Unis ont un taux de disponibilité de leur porte-avions de 50 % soit six porte-avions disponibles en permanence. Avec un taux de disponibilité de 70 % depuis 10 ans la Marine nationale fait mieux que l'US Navy, mais l'absence du second porte-avions rend les périodes d'indisponibilité du Charles de Gaulle très voyantes et provoque à chaque fois des polémiques qui ne pourront se dissiper qu'après le lancement hypothétique d'un second porte-avions (PA2).

Liaison 16[modifier | modifier le code]

Passerelle de navigation du porte-avions Charles de Gaulle.

Le 11 octobre 2001, la frégate Cassard, quatre avions AWACS et le Charles de Gaulle participèrent à un essai de Liaison 16. Le réseau permit une surveillance en temps réel de l'espace aérien du Sud de l'Angleterre jusqu'à la mer Méditerranée. Les données collectées furent aussi retransmises en temps réel vers le Jean Bart via l'ancien système Liaison 11.

Guerre d'Afghanistan : mission Héraclès en 2001-2002[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre 2001, la France décida d'envoyer le Charles de Gaulle dans l'océan Indien pour soutenir les opérations de l'OTAN en Afghanistan.

La Task force 473, avec 2 900 hommes sous le commandement du contre-amiral François Brassac appareilla le 1er décembre. La task force comprenait le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, les frégates La Motte-Picquet, Jean de Vienne et Jean Bart, le sous-marin nucléaire d'attaque Rubis, le pétrolier ravitailleur La Meuse et l'aviso Commandant Ducuing.

La force aérienne comprenait 16 Super-Étendard, un E-2C Hawkeye, deux Rafale et plusieurs hélicoptères.

Le 17 décembre 2001, la task force 473 fut intégrée dans une force internationale, à côté des groupes navals américains du USS Theodore Roosevelt et USS John C. Stennis, et du Giuseppe Garibaldi italien. La force incluait plus de cent navires, français, américains, canadiens, britanniques, allemands, italiens, néerlandais, australiens, espagnols et japonais sous un commandement centralisé inter-allié à Bahreïn.

Les Super-Étendard exécutèrent leurs premières missions sur l'Afghanistan le 19 décembre, réalisant des missions de reconnaissance et de bombardement, couvrant plus de 3 000 kilomètres. Au total, ils réalisèrent 140 missions, 12 par jour en moyenne, échappant à cinq missiles Stinger.

Le 18 février 2002, un satellite d'observation Helios repéra des activités anormales près de Gardez. Le lendemain, après que des membres des forces spéciales américaines dans la région eurent confirmé ces observations, le Charles de Gaulle lança deux Super-Étendard de reconnaissance. Le 20, des forces britanniques et américaines entrèrent dans la vallée, et le 2 mars, l'opération Anaconda débuta.

Le Charles de Gaulle (au premier plan) et l'USS Enterprise, le premier porte-avions du monde à propulsion nucléaire.

En mars, des Super-Étendard et six Mirage 2000 prirent en charge des attaques aériennes contre des cibles d'Al-Qaïda. Quelques cibles proposées par les forces américaines furent refusées, de peur d'atteindre des civils. Pourtant, le président américain George W. Bush se félicita de l'engagement de la France, citant : « notre fidèle alliée, la France, qui a déployé un quart de sa marine de guerre dans l'opération Enduring Freedom »[41]. À cette époque, la force aérienne française avait été portée à 16 Super-Étendard, 6 Mirage 2000 D, 5 Rafale, deux ravitailleurs aériens KC-135, et deux Hawkeye. À partir de février, le Charles de Gaulle et le USS John C. Stennis échangèrent quelques avions de façon à resserrer les liens entre alliés et un E2-C Hawkeye de la VAW-112 fut le premier avion étranger à apponter sur la piste avec les brins d'arrêt [Note 3].

Le 2 mai, le Charles de Gaulle arriva à Singapour pour une escale, et repartit vers Oman le 18. À la même époque, la tension commençait à monter sur la question de l'Irak ; le vice-amiral François Cluzel déclara à la presse : « La France s'oppose à toute action contre l'Irak. Si quelque chose est entrepris, nous ne prendrons probablement pas part à la coalition. »

Cérémonies de commémoration en 2005[modifier | modifier le code]

Le porte-avions Charles de Gaulle représenta la France à Portsmouth, aux cérémonies de commémoration du 200e anniversaire de la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805), l'une des plus sévères défaites de la Marine française, combat où la flotte alliée franco-espagnole perdit 22 vaisseaux et 4 400 marins.

2009. Le porte-avions en réparation dans l'arsenal de Toulon, entouré d'un barrage de protection.

Mission de sauvetage en 2008[modifier | modifier le code]

Le 9 octobre 2008, le CrossMed (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée) reçut un appel de détresse du Babolin, un huit-mètres dont la coque prenait l'eau. Le Charles de Gaulle, en manœuvres dans le secteur, envoya un hélicoptère qui hélitreuilla l'équipage de trois hommes, malgré un vent de 35 nœuds, une mer agitée et une mauvaise visibilité.

Première indisponibilité majeure en 2007[modifier | modifier le code]

De juillet 2007 à décembre 2008, le Charles de Gaulle a été placé en IPER (Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations), laissant ainsi pendant près de dix-huit mois la France sans porte-avions (durée d'IPER initialement prévue de 16 mois) tous les sept ans. Les aéronefs du groupe aéronaval ont été contraints de s'entraîner à terre sur une piste de la base de Landivisiau[42], dont le marquage au sol recréait la taille et la forme des pistes axiale et latérale du Charles de Gaulle.

Retour en service début 2010[modifier | modifier le code]

Après la période d'essai et de maintien en condition opérationnelle (MCO), le Charles de Gaulle et son groupe aéronaval (GAN) dénommé Task force 473 mènent à bien la mission Agapanthe 2010 en Afghanistan. Ses avions ont effectué 180 missions de guerre dans le cadre de l'opération Enduring Freedom puis, après l'exercice Varuna réalisé avec la Marine indienne[43], le Charles de Gaulle et son groupe ont été engagés durant l'opération « Harmattan » en Libye ayant pour but de faire appliquer la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le , lors de l'opération Harmattan, le Charles de Gaulle a passé le cap des 342 000 nautiques, soit l'équivalent de 16 tours du monde depuis sa mise en service, dont 100 000 depuis fin 2008[44].

Dès sa remise en service en décembre 2008, il est de nouveau indisponible à cause de l'usure prématurée de pièces du système de propulsion. L'essentiel de l'année 2009 sera consacrée aux réparations et dès que le porte-avions est en état de naviguer, il participe à des exercices de mise en conditions opérationnelles (MCO), dont les indispensables qualifications des pilotes du groupe aéronaval.

Du 10 au 23 avril 2010, le PAN Charles de Gaulle est en exercice en mer du Nord, avec une puissante force aéronavale de 40 bâtiments appartenant à 11 pays de l'OTAN, ainsi que la Suède comme invitée, à l’occasion de l'exercice Brillant Mariner qui vise à préparer les unités navales qui seront mises au service de l'Alliance en cas d'activation de la composante maritime de la force de réaction rapide de l'OTAN (NRF, NATO Response Force). Au 1er juillet, la France prend le 15e tour d'alerte de la NRF et, pendant six mois, elle assure le commandement de la force navale NRF 15 avec, comme pièces maîtresses, le porte-avions Charles de Gaulle et le bâtiment de projection et de commandement Mistral. Le parc aérien embarqué pour l'exercice est limité à 12 Super Étendard, 7 Rafale, 2 Hawkeye, et 2 Dauphin.

Le Charles de Gaulle franchit le cercle polaire arctique, événement relativement rare, le samedi 17 avril 2010 à 23 h 5 min 10 s sur les paroles de circonstance : « Adjoint de quart, inscrivez au journal de navigation : passage du cercle polaire dans le sens sud-nord ». Ce déplacement au nord du bâtiment est la conséquence de la présence d'un nuage de cendres perturbant le vol des aéronefs et provoqué par l'éruption du volcan Eyjafjöll en Islande.

Guerre d'Afghanistan : Mission Agapanthe 2010[modifier | modifier le code]

Après avoir appareillé mercredi 13 octobre 2010 de Toulon, le porte-avions Charles de Gaulle a regagné sa base le 15 octobre. Alors que le bâtiment menait d'ultimes entraînements au large avant son déploiement en océan Indien, un problème technique a été détecté, après détection d'un défaut d'isolation sur une armoire électrique qui commande des soupapes de sécurité au niveau de la propulsion[45],[46],[47]. Depuis son admission au service actif en 2001, « c'est la seconde fois que le porte-avions revient à quai sur incident technique ».

Les investigations menées pour identifier le défaut électrique ont mis en évidence un dysfonctionnement sur une soupape de sécurité. Après expertise, la décision a été prise, le samedi 16 octobre, de procéder à un échange standard de la soupape.

Le porte-avions appareille le 30 octobre 2010 après deux semaines de réparation et participe à la mission Agapanthe 2010 comme prévu[48]. Le groupe aéronaval (GAN) dénommé Task force 473, articulé autour du porte-avions Charles de Gaulle, comprend la frégate anti-sous-marine Tourville, la frégate de défense aérienne Forbin, le pétrolier-ravitailleur La Meuse et le sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste[49]. Le groupe aérien embarqué ayant perdu un Rafale le 28 novembre 2010 qui s'est abîmé en mer peu après le catapultage[50], est depuis cette perte constitué de 9 Rafale de la flottille 12F, de 12 Super-Étendard de la 17F et de 2 Hawkeye de la 4F ainsi que d'un groupe hélicoptères[51].

Ceux-ci ont effectué 180 missions de guerre au-dessus de l'Afghanistan, entre le 25 novembre et le 25 décembre, date à laquelle le porte-avions a quitté l'opération Enduring Freedom.

138 de ces sorties avaient pour objet des missions d'appui aérien rapproché, mais aucune munition n'a été tirée au combat. Dix sorties ont été des missions de reconnaissance et 38 de contrôle aérien[52].

Opération Harmattan en Libye[modifier | modifier le code]

Le Charles de Gaulle participe à l'opération « Harmattan » en Libye ayant pour but de faire appliquer la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a appareillé de Toulon le 20 mars 2011, pour faire route vers les côtes libyennes. Le groupe aéronaval (GAN) dénommé Task force 473 du porte-avions Charles de Gaulle, l'escorte comprend un sous-marin nucléaire d'attaque, trois frégates (la frégate anti-sous-marine Dupleix, la frégate de défense aérienne Forbin, et la frégate légère furtive Aconit). Sa proximité de la Libye permet de réduire le délai d’intervention des avions à 10 minutes au lieu de 2 heures depuis la Corse, et d’allonger la durée de mission de chaque appareil sans ravitaillement en vol. Son parc aérien est composé de 10 Rafale M, et Super-Étendard modernisés, de 5 hélicoptères et 2 appareils de surveillance Grumman E-2 Hawkeye[53] et deux avions de transport logistiques Grumman C-2 Greyhound prêtés par l'US Navy pendant deux semaines pour accélérer les rotations logistiques. Bien que son parc d'avions de combat ne représente que 15 % du parc de l'armée française, la Marine nationale peut réaliser entre 30 à 50 % des missions françaises en Libye démontrant ainsi l'intérêt de disposer d'un tel équipement selon le consultant Pierre Servent et l'amiral Philippe Coindreau commandant du GAN lors de leurs interventions sur BFM TV[54]. Le bâtiment rentre à Toulon le 12 août 2011 en présence du président français pour une nouvelle révision technique.

1 350 sorties et 3 600 heures de vol ont été enregistrées en 120 jours d’activité aérienne au profit de l’opération Harmattan. 2 380 catapultages et appontages ont été réalisés.

Les sorties générées par le porte-avions se répartissent en 840 d’attaque (Rafale et SEM), 390 de reconnaissance (Rafale), 120 de détection et de contrôle (E-2C) et 240 de ravitaillement en vol (Rafale, SEM)[55].

Indisponibilité pour entretien intermédiaire[modifier | modifier le code]

Après une période d'indisponibilité pour entretien intermédiaire (IEI), dans son port d'attache de Toulon de janvier à août 2013[56] et un entraînement complet en Méditerranée avec son groupe aéronaval, le porte-avions Charles de Gaulle a, depuis le , recouvré sa pleine qualification opérationnelle et se tient à la disposition du commandement pour toute opération de projection de puissance en mer ou en profondeur contre la terre[57].

Opération Bois Belleau[modifier | modifier le code]

Du 20 novembre 2013 au 18 février 2014 le Charles de Gaulle participe à l'opération "Bois Belleau" dans le Nord de l'océan Indien et le golfe arabo-persique. À cette occasion, il effectue des manœuvres durant cinq semaines avec le groupe aéronaval CSG-10 dont le navire amiral est le porte-avions USS Harry S. Truman.

Guerre contre l'organisation terroriste EI : mission Arromanches et opération Chammal[modifier | modifier le code]

Le 26 janvier 2015, le groupe aéronaval Arromanches composé du Chevalier Paul, de la Meuse, du HMS Kent, du SNA Améthyste, et articulé autour du porte-avions Charles de Gaulle, a franchi le canal de Suez et rejoint la zone maritime « océan Indien ».
Le 23 février 2015, le Charles de Gaulle arrive dans le golfe Persique. Il rejoint le dispositif de l'opération Chammal afin de renforcer la position de la France dans la coalition contre l'organisation terroriste EI[58]. Le Charles de Gaulle est parti le 13 janvier de Toulon pour une mission d'environ cinq mois et il doit être engagé durant huit semaines dans le Golfe[59]. Du 12 au 16 avril 2015, il assure seul la permanence aéronavale en attendant la relève d'un porte-avions américain[60]. Le 19 avril, il quitte l'opération Chammal et se dirige vers Goa en Inde pour participer à l'exercice Varuna 2015 avec la marine indienne.

Le 18 novembre 2015, le Charles de Gaulle est reparti de Toulon[61] pour la mission Arromanches II en Méditerranée orientale afin d'être le plus proche de la côte syrienne au lieu du golfe Persique prévu initialement[62], le groupe aéronaval se renforce progressivement et comprend un sous-marin nucléaire d'attaque, un bâtiment ravitailleur, la frégate anti-sous-marine la Motte-Piquet, la frégate de défense aérienne Chevalier Paul ainsi que la frégate belge Léopold Ier, la frégate allemande Augsburg[63], et la frégate britannique HMS Defender (en)[64]. Constitué de 32 appareils dont 18 Rafale M, et Super-Étendard modernisés, de 4 hélicoptères et 2 appareils de surveillance Grumman E-2 Hawkeye, le groupe aérien embarqué est le plus puissant que la France ait jamais engagé[5]. Le Groupe aéronaval du Charles de Gaulle passe le canal de Suez le 7 décembre 2015 et se repositionne dans le golfe Persique, devenant le bâtiment amiral de la Task Force 50, qui regroupe l’ensemble des moyens aéronavals engagés contre l'organisation terroriste EI par la coalition internationale, L'engagement par la France d'un groupe aéronavale puissant lui permet d'être le premier pays non-américain à se voir confié le commandement de la Task Force 50. Le vendredi 18 décembre le Groupe aéronaval du Charles de Gaulle franchit le détroit d’Ormuz. Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter se rend le 19 décembre sur le Charles de Gaulle avant qu'il ne rallie sa nouvelle zone d’opération dans le golfe Persique où il reprend ses opérations contre l'organisation terroriste EI[65].


Liste des commandants[modifier | modifier le code]

Directeurs de programme successifs[modifier | modifier le code]

  • IGA Raymond Beauvais
  • IGA Pierre Montelescaut
  • IGA Xavier Lebacq
  • IGA Michel Wencker

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Le Charles de Gaulle devait apparaître dans Gemo 13, un film français d'action et d'espionnage resté inachevé.
  • Il apparaît également dans le film Forces spéciales sorti en 2011.
  • Il est grande partie du décor du clip de la chanson Si loin de vous de Nâdiya.

Bibliographie

Biliographie[modifier | modifier le code]

  • Bulletin d'étude de la Marine, l'aéronautique navale, les ailes de la mer no 46, octobre 2009
  • Alexandre Sheldon-Duplaix, Histoire mondiale des porte-avion à nos jours, ETAI 2006

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une mission RESCO est une mission de « REcherche et Sauvetage au COmbat »; elle consiste en cas d'éjection d’un équipage en zone hostile, d'héliporter un commando de récupération au sol afin de récupérer l'équipage, éventuellement sous le feu ennemi ; il s'agit d'une opération aérienne combinée de grande envergure qui peut demander la participation de plusieurs dizaines d'aéronefs afin de sécuriser l'espace aérien par des avions de défense aérienne et de sécuriser la zone proche du lieu d'éjection par des avions d'appui ; l'implication d'un avion d'alerte avancée AWACS et d'un avion ravitailleur est souvent nécessaire ; cette mission implique également d'avoir au sein du commando un ou plusieurs personnels capable de médicaliser l'équipage si nécessaire ; actuellement, le Commando parachutiste de l'air n° 30 (CPA 30 est le pôle d'excellence RESCO de l'armée française) ;
  2. Une mission RESCO est une mission de « REcherche et Sauvetage au COmbat » ; elle consiste en cas d'éjection d’un équipage en zone hostile, d'héliporter un commando de récupération au sol afin de récupérer l'équipage, éventuellement sous le feu ennemi; il s'agit d'une opération aérienne combinée de grande envergure qui peut demander la participation de plusieurs dizaines d'aéronefs afin de sécuriser l'espace aérien par des avions de défense aérienne et de sécuriser la zone proche du lieu d'éjection par des avions d'appui ; l'implication d'un avion d'alerte avancée AWACS et d'un avion ravitailleur est souvent nécessaire ; cette mission implique également d'avoir au sein du commando un ou plusieurs personnels capable de médicaliser l'équipage si nécessaire ; actuellement, le Commando parachutiste de l'air n° 30 (CPA 30 est le pôle d'excellence RESCO de l'armée française) ;
  3. En 2007 un Harrier britannique avait simulé des essais d'appontage et décollage court de F-35 Lightling II

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « À bord du Charles de Gaulle : "On se concentre sur tout ce qui permet de taper Daech au portefeuille" », sur Le Point, https://plus.google.com/+LePointfr (consulté le 16 janvier 2016)
  2. « Présidentielle : Quel avenir pour l'industrie navale militaire et le second porte-avions ? », article de Mer et Marine du 9 avril 2007 (consulté le 25 mai 2014).
  3. « Audition de l’amiral Pierre-François Forissier, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi de finances pour 2010 », retranscription de l'audition du mercredi 14 octobre 2009 sur le site de l'Assemblée nationale (consulté le 25 mai 2014).
  4. « Le Charles de Gaulle prêt à partir en mission », sur Mer et Marine (consulté le 18 novembre 2015)
  5. a et b « La France engage contre Daech un groupe aéronaval particulièrement puissant », sur Mer et Marine (consulté le 18 novembre 2015)
  6. Le déplacement a augmenté de plusieurs centaines de tonnes à l'issue de la première IPER en 2010.
  7. (fr) HMS Queen Elizabeth, le nouveau fleuron de la Royal Navy, article du 9 juillet 2014 sur le site Mer et Marine (consulté le 22 septembre 2014).
  8. a et b (fr) Charles de Gaulle (R 91) - Caractéristiques, sur le site officiel de la Marine nationale (consulté le 25 mai 2014).
  9. (en) Admiral Kuznetsov the only aircraft carrier in the Russian Navy, article du 28 septembre 2007 sur Military Heat (consulté le 25 mai 2014).
  10. (en) Project 1143.5 Kreml class Aircraft Carrier Cruiser, article de Global Security (consulté le 25 mai 2014).
  11. (fr) Quels avions de combat embarqués pour le porte-aéronefs russe Amiral Kouznetsov après 2016 ?, article du 10 septembre 2008 sur Red Stars (consulté le 25 mai 2014).
  12. Stéphane Le Hir, chef patrouille sur Rafale à la 12F et Philippe Nôtre, rédacteur en chef de Focus Défense, ABCD'AIR de la chasse embarquée, Privat,‎ , 235 p. (ISBN 978-2-7089-9258-0), p. C13-3, Catapulte
  13. a, b, c, d, e, f et g Henri-Pierre Grolleau, LE CHARLES DE GAULLE EN ACTION, MARINES EDITIONS,‎ , 189 p. (ISBN 978-2-35743-132-4)
  14. a, b, c, d et e (fr) Rapport d'information no 358 - Sénat session ordinaire 1999-2000 - Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur l’avenir du groupe aéronaval, retranscription sur le site du Sénat (consulté le 25 mai 2014).
  15. (fr) Reportage : Sur un bâtiment de commandement et de ravitaillement, article du 3 février 2009 sur le site Mer et Marine (consulté le 25 mai 2014).
  16. a et b « L'AVENIR DU GROUPE AÉRONAVAL : La nécessité d'un second porte-avions », sur www.senat.fr (consulté le 31 décembre 2015)
  17. a et b Rapport d'information no 358 du sénat Session 1999-2000 paragraphe II-2-Les performances du Charles-de-Gaulle
  18. Rapport d'information no 358 du sénat Session 1999-2000 paragraphe II-3-Une qualification à préserver
  19. « Le porte-avions Charles de Gaulle regonflé après l'opération Bois Belleau », Défense et Sécurité internationale, no 105,‎ , p. 62-69.
  20. « 44 Rafale Marine auront été livrés fin 2015 », sur Mer et Marine (consulté le 17 octobre 2015)
  21. « Opérations extérieures : l'armée de l'air a atteint son maximum », article du 10 décembre 2014 sur le site du Point (consulté le 12 décembre 2014).
  22. « CSR une référence pour les moyens d’entraînement », sur www.sogitec.com (consulté le 16 janvier 2016), p. 4
  23. « Mission Bois Belleau : Le groupe aéronaval Charles de Gaulle en exercice « White Shark » avec l’Arabie Saoudite », sur www.defense.gouv.fr (consulté le 16 janvier 2016)
  24. a, b, c et d Ingénieur Principal de l'Armement Henri Brisson (responsable du projet à la Direction des constructions navales de Brest.), « La construction du "Charles de Gaulle" à Brest | Espace des sciences », sur www.espace-sciences.org (consulté le 15 janvier 2016)
  25. a, b et c « Les secrets du Charles de Gaulle », Science et Vie, no 972,‎ , p. 80-96.
  26. (fr) Commande des systèmes et dynamique du vol, sur le site de l'ONERA (consulté le 25 mai 2014).
  27. Henri-Pierre Grolleau, « L'antenne ACTIVE dans l'aéro », AIR FAN, no 432,‎ , p. 15
  28. [vidéo] EOPAN sur le porte-avions Charles de Gaulle sur YouTube
  29. « Appontage sur la Charles de Gaulle », sur www.netmarine.net (consulté le 16 janvier 2016)
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  33. Encyclopédie ALPHA LA MER, GRANGE BATELIERE,‎ , 200 p., page 200
  34. (fr) À bord du porte-avions porte-poisse, émission de France Inter entre Lionel Thompson et Pascal Dervieux et le capitaine Édouard Guillaud, commandant du CDG en date du 7 novembre 1991 (consulté le 28 mai 2014).
  35. a, b, c, d et e (fr) L'avenir du groupe aéronaval : la nécessité d'un second porte-avions - Rapport d'information 358 (1999-2000) - Commission des Affaires étrangères, André Boyer, sur le site du Sénat (consulté le 28 mai 2014).
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  41. (en) President Thanks World Coalition for Anti-Terrorism Efforts, communiqué de presse de la Maison-Blanche du 11 mars 2002 (consulté le 28 mai 2014).
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  43. « Le groupe aéronaval français à l'heure indienne », article du site internet Mer et Marine en date du 5 janvier 2011 (consulté le 25 mai 2014).
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  50. (fr) La Marine nationale perd un Rafale au large du Pakistan, article du site Mer et Marine du 29 novembre 2010 (consulté le 28 mai 2014).
  51. (fr) Zoom sur le Groupe Aéronaval et AGAPANTHE 2010, article du site officiel de la Marine nationale en date du 3 mars 2011 (consulté le 28 mai 2014).
  52. (fr) Les avions du Charles de Gaulle ont réalisé 180 missions en Afghanistan, mais sans larguer de bombes, article du 4 janvier 2010 sur Secret Défense par Jean-Dominique Merchet (consulté le 28 mai 2014).
  53. (fr) Deux Rafale Marine de plus pour l'opération Harmattan, article du site Mer et Marine du 6 avril 2011 (consulté le 28 mai 2014).
  54. (fr) Mission en Libye : à bord du Charles-de-Gaulle, reportage télévisé de BFTMV du 11 avril 2011 (consulté le 28 mai 2014).
  55. (fr) Les chiffres du GAE, le 12 août 2011 par Jean-Marc Tanguy sur Le Mamouth (consulté le 28 mai 2014).
  56. « Le porte-avions Charles-de-Gaulle a entamé son entretien saisonnier à Toulon », article de France 3 Provence-Alpes du 9 janvier 2013 (consulté le 25 mai 2014).
  57. « Le groupe aéronaval prêt au combat », article d'août 2013 sur le site officiel de la Marine nationale (consulté le 25 mai 2014).
  58. http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-journal-de-7h30-le-charles-de-gaulle-engage-contre-daesh-7776715141
  59. Le porte-avions Charles-de-Gaulle s'engage dans la coalition contre l'État islamique
  60. http://www.colsbleus.fr/articles/4285
  61. (fr) « Le porte-avions « Charles-de-Gaulle » a appareillé en direction de la Méditerranée orientale », sur Le Monde.fr (consulté le 23 novembre 2015)
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  63. « La frégate allemande Augsburg rallie le groupe aéronaval français », sur Mer et Marine (consulté le 14 janvier 2016)
  64. Nicolas Gros-Verheyde, « Le Charles-de-Gaulle en mission anti-Daech avec une escorte belgo-britannique », sur bruxelles.eu (consulté le 13 novembre 2015)
  65. « Le Charles de Gaulle en position dans le golfe Persique », sur Mer et Marine (consulté le 14 janvier 2016)
  66. (fr) Un nouveau commandant pour le Charles de Gaulle, article du site officiel de la Marine nationale du 9 août 2011 (consulté le 28 mai 2014).
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  68. « Un nouveau commandant pour le porte-avions Charles de Gaulle », sur Cols bleus,‎ (consulté le 31 juillet 2015).
  69. (fr) Attribution de Croix de la valeur militaire, page du site internet de l'Association des décorés de la Légion d'honneur au péril de leur vie - section Languedoc Sud (consulté le 28 mai 2014).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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