Pandémie de Covid-19 en Argentine

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Pandémie de Covid-19 en Argentine
COVID-19 Pandemic Cases in Argentina by number by province.svg
Nombre de cas par provinces (au )
  • 1~9 cas
  • 10~49 cas
  • 50~99 cas
  • 100~499 cas
  • 500~999 cas
  • >1000 cas
Argentina deaths of COVID-19 by province.svg
Nombre de décès par provinces (au )
  • 1~9 décès
  • 10~49 décès
  • >50 décès
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Coordonnées
Premier cas
Date d'arrivée
Depuis le
(10 mois et 16 jours)
Site web
Bilan
Cas confirmés
1 304 846 (au )[1]
Cas soignés
1 119 366 (au )[1]
Morts
35 307 (au )[1]

La pandémie de Covid-19 est une crise sanitaire majeure provoquée par une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, la maladie à coronavirus 2019, dont l'agent pathogène est le SARS-CoV-2. Ce virus est à l'origine d'une pandémie[note 1], déclarée le par l'Organisation mondiale de la santé. En Argentine, le premier cas est confirmé le .

Le pays enregistre, au , un total de près de 1 500 000 cas de Covid-19 dont plus de 40 000 décès[2].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Février[modifier | modifier le code]

Le , le navire de croisière Diamond Princess a été mis en quarantaine dans le port de Yokohama au Japon lorsque 10 passagers ont reçu un diagnostic de Covid-19 au cours des premiers stades de la pandémie de Covid-19[3]. Parmi les passagers diagnostiqués se trouvait un homme de 61 ans de nationalité argentine, qui voyageait accompagné de sa femme et qui n'avait aucun symptôme, celui-ci étant le premier ressortissant issu d'un pays latino-américain à être infecté. Le patient a été transféré dans un hôpital au Japon « pour des études et un traitement »[4]. Les sept autres Argentins à bord, dont sa femme, sont restés en croisière en quarantaine jusqu'au 21 février[5]. L'homme était en parfaite santé et a quitté l'hôpital le 17 février. Il a finalement quitté le Japon le 24 février et est arrivé en Argentine le 26 février, se déplaçant chez lui dans la ville de Buenos Aires[6].

Mars[modifier | modifier le code]

  • 3 mars : Un premier cas de Covid-19 a été confirmé dans le pays, à Buenos Aires. Le patient est un homme de 43 ans qui est arrivé le 1er mars de Milan, en Italie[7].
  • 5 mars : Le ministère de la Santé a confirmé un deuxième cas chez un homme de 23 ans vivant à Buenos Aires, récemment rentré du nord de l'Italie[8].
Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique.

Mesures de protection[modifier | modifier le code]

Le président péroniste Alberto Fernández, au pouvoir depuis , réagit tôt face à l'épidémie, décrétant la fermeture totale des frontières le 15 mars, la suspension des cours pour tous les élèves le 16 — à la même date que la France, qui comptait déjà, à ce moment-là, plus de 6 000 cas alors que l'Argentine en recensait une soixantaine —, puis le confinement des habitants du pays à partir du 20 mars[9].

Certains prisonniers sont libérés, ce qui suscite une controverse dans le pays. D'après Alcira Daroqui, sociologue et directrice du Groupe d’études sur le système pénal et les droits de l’homme de l’université de Buenos Aires, « les prisons argentines ne sont pas en mesure de faire face à l’épidémie. Il y a des rats, des inondations régulières, il n’y a quasiment jamais de visites médicales… » En outre, les prisons sont surpeuplées : la province de Buenos Aires compte près de 50 000 détenus pour moitié moins de places disponibles[10].

L'Argentine signe en décombre un accord avec la Russie prévoyant la livraison de dix millions de doses du vaccin Spoutnik V[2].

Mesures économiques[modifier | modifier le code]

Le gouvernement met en place une série de mesures économiques — construction de huit hôpitaux d’urgences modulaires, augmentation des aides aux familles pauvres, aux retraités, aux chômeurs et aux femmes enceintes sans ressources financières, plafonnement des prix des médicaments et de 50 catégories de produits de première nécessité, aide financière aux petites entreprises[11] — pour réduire l’effet du confinement sur l’économie[9]. Plus de 220 000 entreprises ont demandé à l'État un soutien financier pour éviter la faillite[12].

Toutefois, dans un pays où plus d'un tiers des emplois sont informels et où près de 4 millions de personnes vivent dans des bidonvilles, la quarantaine fait craindre une hausse de la pauvreté[9]. Selon Felipe Bosch analyste du Groupe d’études géopolitiques de l’École normale supérieure, « moins de 10 % des habitants de ces quartiers ont accès aux services de base, comme l’eau courante ou un système d’évacuation des eaux usées. Dans un contexte de crise, il est quasi impossible de suivre toutes les recommandations sanitaires[13]. »

Le groupe péroniste au Parlement dépose un projet de loi pour créer un impôt, payé une fois, qui s'appliquerait « à environ 200 personnes et 200 entreprises » les plus riches du pays. Il permettrait de récolter 2,5 milliards de dollars. Les fonds récoltés seront utilisés « pour du matériel médical, de la nourriture pour les plus vulnérables »[12].

Crise sociale[modifier | modifier le code]

Terrains inoccupés dans Guernica, Buenos Aires

Ne pouvant plus payer leur loyer, des milliers de familles ont été expulsées de leur logement et se sont établies dans des camps de fortune sur des terrains inoccupés dans l’agglomération de Buenos Aires[14].

Le président de la Chambre des députés, Sergio Massa, proche de la majorité présidentielle, déclare nécessaire d'« évaluer la possibilité, en cas d’occupation illégale, de suspendre toutes les aides versées par l’État, notamment l’allocation familiale universelle ou le revenu familial d’urgence, sinon on tombe dans le "je fais ce que je veux" »[15]. Le député Alex Campbell, membre de l'opposition conservatrice, a présenté un projet de loi en ce sens. Plusieurs maires issus de l’opposition ont critiqué l'attitude du gouvernement et réclamé des mesures de fermeté. La ministre de la Sécurité, Sabina Frederic, a au contraire estimé que les occupations illégales « ne sont pas une question de sécurité publique », mais de « crise du logement »[15], une position partagée par d'autres membres du gouvernement[14].

Recherche d'un vaccin "solidaire"[modifier | modifier le code]

Alors que les États les plus riches entrent en concurrence pour tenter de s’accaparer les stocks potentiels, le Mexique et l’Argentine s’associent avec le laboratoire AstraZeneca et l’université d'Oxford - travaillant conjointement sur un des projets de vaccin les plus avancés - pour assurer la production nécessaire à toute l’Amérique latine. En cas de réussite, l’initiative permettrait de garantir jusqu’à 250 millions de doses au premier semestre 2021, pour un coût maximal de 2 à 3 euros chacune, dans tout le sous-continent[16].

Le président argentin Alberto Fernández souligne que « si le vaccin s’avère efficace, l’Amérique latine disposera de doses à bas prix et fabriquées dans la région. Les doses seront distribuées équitablement dans tous les pays, sur la demande des gouvernements de la région[16]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette pandémie affecte tous les continents, hormis l'Antarctique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Coronavirus Dashboard », sur ncov2019.live (consulté le 15 novembre 2020)
  2. a et b « «Conflit géopolitique enclenché» : le président argentin s'exprime sur le vaccin russe Spoutnik V », sur RT en Français,
  3. (es) « Coronavirus: confirman diez enfermos más en el crucero varado en Japón con ocho argentinos », La Nación,‎ (lire en ligne)
  4. (es) « Un argentino contrajo coronavirus en el crucero en Japón y fue derivado a un hospital », La Nación,‎ (lire en ligne)
  5. (es) « Coronavirus: evacuaron a cinco argentinos del crucero Diamond Princess y dos siguen aislados », La Nación,‎ (lire en ligne)
  6. (es) « Coronavirus: el primer argentino que se contagió en el crucero japonés se recuperó y volvió al país », Infobae,‎ (lire en ligne)
  7. (es) « Confirmaron el primer caso de coronavirus en la Argentina », Infobae,‎ (lire en ligne, consulté le 3 mars 2020)
  8. (es) « Confirman el segundo caso de coronavirus en Argentina », El Cronista,‎ (lire en ligne, consulté le 6 mars 2020)
  9. a b et c « En Argentine, la lutte contre le coronavirus unit la classe politique autour du péroniste Alberto Fernandez », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. « En Argentine, la polémique enfle autour de la sortie de prison de détenus », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  11. « En Amérique latine, la pandémie attise les crises », sur L'Humanité,
  12. a et b « Coronavirus: l'Argentine prépare un impôt exceptionnel sur les grandes fortunes », sur BFMTV,
  13. « En Argentine, le défi du confinement dans les bidonvilles », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  14. a et b Kanto Andriamanjatoson, « Des milliers de familles forcées de vivre à la rue en Argentine à cause de la pandémie », sur Daily Geek Show,
  15. a et b « Urgence. En Argentine, des familles jetées à la rue par la pandémie occupent des terres », sur Courrier international,
  16. a et b Thomas Lemahieu, « Covid-19. L’Amérique latine sur la voie d'un vaccin pour tous », sur L'Humanité,