Pandémie de Covid-19 en Iran

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Pandémie de Covid-19 en Iran
COVID-19 Outbreak Cases in Iran (Density).svg
Carte des provinces iraniennes dans lesquelles des cas sont confirmés.
  • 500 à 999 cas
  • 1000 à 9999 cas
  • > 10000 cas
Maladie
Agent infectieux
Origine
Wuhan Hubei, Chine (signalements initiaux)[1]
Localisation
Coordonnées
Premier cas
Date d'arrivée
Depuis le
(11 mois et 5 jours)
Site web
Bilan
Cas confirmés
298 909 au [2]
Cas soignés
259 116 au [2]
Morts
16 343 au [2]

La pandémie de Covid-19 en Iran a été officiellement admise le [3],[4]. Bien que des cas précédemment suspectés de coronavirus aient été signalés en Iran[5], tous ont été rejetés par le ministère iranien de la Santé[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12].

Au , les chiffres étaient respectivement de 298 909 cas testés positifs, dont 16 343 décès et 259 116 guéris. De nombreux dignitaires sont touchés, du fait de l'émergence de la maladie dans la ville sainte de Qom.

Secret et déni du gouvernement iranien[modifier | modifier le code]

Nombre de cas déclarés (échelle logarithmique).
Une conférence de presse d'Iraj Harirchi, vice-ministre de la Santé, et Ali Rabiei, porte-parole du gouvernement. Harirchi est touché par la maladie.

Alors que le premier cas avait été annoncé le et qu'ils avaient précédemment été avertis de l'entrée du coronavirus en Iran[13], les responsables gouvernementaux ont longuement nié la présence de la maladie en Iran[14],[15]. Certaines personnes pensent que ces démentis étaient liés à une volonté de garder la crise du coronavirus secrète avant les élections [16]. Cependant, les autorités iraniennes ont nié cette allégation[13]. Avant l'annonce officielle de cinq cas de maladie à coronavirus et de la mort de deux personnes à Qom, les autorités de la République islamique n'ont pas fourni de statistiques spécifiques sur les cas suspects de maladie à coronavirus en Iran, affirmant qu'il n'y avait pas de maladie à coronavirus en Iran[17].

Le jeudi , le Washington Post publie un ensemble de photos satellites montrant des agrandissements dans un cimetière de Qom et une activité importante dans ceux-ci depuis le début de la pandémie[18].

Origine et diffusion : S'il est attesté que l'épidémie a commencé dans la ville sainte de Qom, l'origine exacte de la maladie en Iran n'est pas connue avec certitude. Il est possible qu'elle provienne de l'emploi des avions de la compagnie d'aviation iranienne pour rapatrier les ressortissants proche-orientaux de Chine. Les officiels iraniens évoquent l'hypothèse d'un homme d'affaires de Qom de retour de Chine[19]. L'une des premières victimes du virus est le frère d'un médecin de Qom ,le Dr Mawlai, qui a déclaré qu'après une semaine d'insistance, son frère a subi un test au coronavirus et que sa mort est survenue après que son test a été confirmé positif. Des dizaines d'autres personnes sont mortes avec les mêmes symptômes, alors qu'elles n'avaient pas été testées et que leur décès a été enregistré en mentionnant une autre cause de décès. Le frère du Dr Mawlai n'a pas voyagé à l'étranger et est demeuré à Qom.

Deux patients atteints de coronavirus signalés par le ministère de la Santé à Qom étaient des personnes âgées de deux régions distinctes de Qom et n'avaient pas voyagé à l'étranger[20].

Selon le Washington Post, de nombreux dignitaires du régime ont été affectés d'une part parce qu'ils sont nombreux à entretenir des liens avec la ville sainte de Qom, d'autre part parce que les pratiques de salutation avec triple accolade favorisent la dissémination du virus[19].

Des chercheurs de l’université de technologie de Sharif, à Téhéran, estiment que l'épidémie pourrait faire 3,5 millions de morts si l’Iran ne parvient à la maîtriser d’ici à la fin mai[21].

En mars 2020, de nombreuses sources contestent fortement les chiffres officiels annoncés par le gouvernement iranien[22],[23],[24],[25]. Le nombre de 8 800 morts évoqué par le Conseil national de la résistance iranienne n'est cependant pas établi selon l'Agence France-Presse et Ouest-France[26]. Pour Thierry Coville, spécialiste du monde iranien : « En Iran, certains universitaires ont des estimations beaucoup plus élevées que les données officielles, mais il faut faire très attention »[27]. Selon Rick Brennan directeur des situations d’urgence à l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de 80 000 cas positifs aurait été dépassé[28]. Certains officiels questionnent également les chiffres officiels. Gholamali Jafarzadeh, député de Racht, a ainsi déclaré : « Je ne veux pas provoquer de panique, mais je dois être franc et dire que de nombreuses personnes présentant des symptômes de corona sont décédées dans notre province sans être incluses dans les statistiques, puisqu’elles n’ont pas subi de test »[29].

Sanctions contre l'Iran et relations avec les États-Unis[modifier | modifier le code]

Les sanctions contre l'Iran le privent d'accès aux marchés financier, l'empêchant d'acheter du matériel nécessaire[30],[31]. Si ces sanctions ne concernent normalement pas les médicaments et l'équipement médical, elles en rendent néanmoins difficile l'importation, selon l'ONU : « Les systèmes de dérogation sont inefficaces, et très lents aussi. L'Iran, pour parler d'un pays qui est en crise actuellement au niveau de la Covid-19, manque cruellement de tout équipement. Les médecins et les soignants iraniens protègent non seulement les Iraniens mais aussi les pays limitrophes, et nous tous aussi », souligne Ruth Marshall, du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme[32].

L'Iran demande aux États-Unis d’alléger les sanctions afin de pouvoir se défendre contre l'épidémie, ce que refusent ces derniers. La Chine a également demandé à Washington d'accepter un geste humanitaire envers l'Iran[33]. Le , le président de la république Hassan Rohani demande au président des États-Unis Donald Trump de lever les sanctions afin de permettre à l'Iran de lutter contre la maladie[34].

L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni annoncent le 2 mars livrer du matériel médical à l'Iran[35]. Une aide toutefois essentiellement symbolique, ces pays devant eux-mêmes faire face à l'épidémie. La Chine envoie en revanche une aide importante, y compris du personnel. Le président chinois Xi Jinping déclare le 14 mars que la Chine continuera de fournir une assistance dans la mesure de ses capacités pour soutenir la lutte de l’Iran contre l’épidémie de Covid-19[29].

Le , le guide de la Révolution Ali Khamenei refuse toute aide américaine, et qualifie les dirigeants américains de « charlatans et menteurs ». Il laisse également entendre que les États-Unis auraient créé ce virus[36]. Le président Rouhani tient des déclarations semblables au sujet de l'éventualité d'une aide américaine, affirmant que si les États-Unis veulent vraiment aider l’Iran à lutter contre le coronavirus, ils devraient lever les sanctions contre le pays, y compris l’interdiction d’importer des fournitures médicales : « Ceux qui ont fait les choses les plus vicieuses contre la nation iranienne ces deux dernières années apparaissent [maintenant] parés du masque de la sympathie »[29].

Mike Pompeo, le ministre américain des affaires étrangères, a également multiplié les attaques contre l'Iran. Dans plusieurs messages publiés sur les réseaux sociaux, il a accusé la compagnie aérienne Mahan Airlines – « principale compagnie aérienne terroriste d’Iran » – d’avoir propagé le virus par ses liaisons avec la Chine ou encore dénoncé « l’Iran, qui demande plus d’argent. Souvenez-vous, depuis 2012, le régime a envoyé 16 milliards de dollars à ses organisations terroristes au Moyen-Orient »[37]. Au contraire, plusieurs élus démocrates, dont Bernie Sanders et Ilhan Omar, ont demandé la levée des sanctions[32].

Certains responsables de l’administration Trump font pression pour une guerre plus large contre les forces soutenues par l'Iran en Irak. Le New York Times relève dans un article du 27 mars : « le Pentagone a ordonné aux commandants militaires de planifier une escalade du combat américain en Irak, en publiant la semaine dernière une directive visant à préparer une campagne de destruction d’une milice soutenue par l’Iran qui a menacé de nouvelles attaques contre les troupes américaines. Mais le commandant US en Irak a averti qu’une telle campagne pourrait être sanglante et contre-productive et risquerait de provoquer une guerre avec l’Iran. [...] Certains hauts fonctionnaires, dont le secrétaire d’État Mike Pompeo et Robert C. O'Brien, le conseiller à la sécurité nationale, ont fait pression pour une nouvelle action agressive contre l’Iran et ses forces mandataires - et voient une opportunité d’essayer de détruire les milices soutenues par l’Iran en Irak, alors que les dirigeants iraniens sont distraits par la crise pandémique dans leur pays[38]. »

Épidémie[modifier | modifier le code]

Cas de Covid-19 en Iran
(augmentation journalière en %)
    morts   guérisons   autres cas   

    Fév FévMars MarsAvr AvrMai

    Mai
Date Nombre de cas
2
2 (=)
2
5 (+150%)
4
18 (+260%)
6
28 (+56%)
8
43 (+54%)
12
61 (+42%)
16
95 (+56%)
19
139 (+46%)
26
245 (+76%)
34
388 (+58%)
43
593 (+53%)
54
978 (+65%)
66
1 501 (+53%)
77
2 336 (+56%)
92
2 922 (+25%)
107
3 513 (+20%)
124
4 747 (+35%)
145
5 823 (+23%)
194
6 566 (+13%)
237
7 161 (+9%)
291
8 042 (+12%)
354
9 000 (+12%)
429
10 075 (+10%)
514
11 364 (+13%)
611
12 729 (+12%)
724
13 938 (+9%)
835
14 991 (+8%)
988
16 169 (+8%)
1 135
17 361 (+7%)
1 284
18 407 (+6%)
1 433
19 644 (+7%)
1 556
20 610 (+5%)
1 685
21 638 (+5%)
1 812
23 049 (+7%)
1 934
24 811 (+8%)
2 077
27 077 (+9%)
2 234
29 406 (+9%)
2 378
32 332 (+10%)
2 517
35 408 (+10%)
2 640
38 309 (+8%)
2 757
41 495 (+8%)
2 898
44 606 (+7%)
3 036
47 593 (+7%)
3 160
50 468 (+6%)
3 294
53 183 (+5%)
3 452
55 743 (+5%)
3 603
58 226 (+4%)
3 739
60 500 (+4%)
3 872
62 589 (+4%)
3 993
64 586 (+3%)
4 110
66 220 (+3%)
4 232
68 192 (+3%)
4 357
70 029 (+3%)
4 474
71 686 (+2%)
4 585
73 303 (+2%)
4 683
74 877 (+2%)
4 777
76 389 (+2%)
4 869
77 995 (+2%)
4 958
79 494 (+2%)
5 031
80 868 (+2%)
5 118
82 211 (+2%)
5 209
83 505 (+2%)
5 297
84 802 (+2%)
5 391
85 996 (+1%)
5 481
87 026 (+1%)
5 574
88 194 (+1%)
5 650
89 328 (+1%)
5 710
90 481 (+1%)
5 806
91 472 (+1%)
5 877
92 584 (+1%)
5 957
93 657 (+1%)
6 028
94 640 (+1%)
6 091
95 646 (+1%)
6 156
96 448 (+1%)
6 203
97 424 (+1%)
6 277
98 647 (+1%)
6 340
99 970 (+1%)
6 418
101 650 (+2%)
6 486
103 135 (+1%)
6 541
104 691 (+2%)

  • Sources : ?

* Nombre total de cas : morts, guéris et malades ; augmentation journalière en pourcentage.
Nombre de morts.

Le , Ali Rabiei, porte parole du gouvernement iranien et Iraj Harirchi vice-ministre de la Santé annoncent que plus de 90 personnes sont atteintes du coronavirus[39].
Le lendemain, Iraj Harirchi et le parlementaire Mahmoud Sadégui annoncent avoir été testés positifs au coronavirus[40],[41].

Le , selon le ministère de la Santé relayé par la télévision nationale Al-Alam, 245 cas sont enregistrés en Iran avec 26 morts[42] : la vice-présidence de l'Iran chargée des Femmes et des Affaires familiales, Masoumeh Ebtekar est testée positive au coronavirus tandis que Hadi Khosroshahi (81 ans), un ancien ambassadeur iranien au Vatican en décède[43].

Le , Mohammad Ali Ramdani Destak (fa) (56 ans), député au Madjles et vétéran de la guerre contre l'Irak, meurt de la COVID-19 à Astaneh-ye Achrafiyeh une semaine après sa réélection[44].

Le , le colonel Reza Khazeni-Rad, responsable de la formation des Gardiens de la révolution à Qom, décède de la COVID-19[45].

Le , Mohammad Mirmohammadi (71 ans), membre du Conseil de discernement et haut conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, décède à l'hôpital Masih Daneshvari (fa) de Téhéran après avoir contracté le nouveau coronavirus[46].

Le , le second vice-président du Madjles, Abdolreza Mesri (en), annonce que 23 députés (presque un dixième de la législature) ont été testés positifs au coronavirus[47]. Ce même jour, Mohammad Haj Abolghasemi, responsable du Basij à Téhéran[48] et Ramezan Pourghasem, ancien chef du contre-espionnage des forces terrestres, du Corps des Gardiens de la révolution[49] succombent à la maladie.

Le , le diplomate Hossein Sheikholeslam (67 ans), ayant occupé les fonctions de conseiller du ministre des affaires étrangères Mohammad Djavad Zarif, d'ambassadeur d'Iran en Syrie (1998-2003) et d'interprète pendant la crise des otages américains (1979-1981), décède de la COVID-19 à l'hôpital Masih Daneshvari de Téhéran[50],[51]. Le même jour, Ali Khalafi (fa), chef adjoint du pouvoir judiciaire, est également emporté par la maladie[52]. Fariborz Rais Dana, figure de l'opposition de gauche et professeur d’économie, succombe également[29].

Le , Tasnim News Agency annonce qu'Ali Akbar Velayati, proche conseiller du guide suprême, candidat à l'élection présidentielle de 2013 et ancien ministre des affaires étrangères (1981-1997), a été infecté par le SARS-CoV-2 après avoir été en contact avec des patients de l’hôpital Masih Daneshvari, dont il est le directeur[53]. Le même jour, le ministre de la santé annonce que 10 000 sont contaminées par le virus et compte 429 décès[18].

Afin de célébrer Norouz, le nouvel an iranien, qui a lieu le , trois millions de personnes ont quitté les treize provinces les plus touchées par la maladie par voie routière depuis le , selon le Croissant-Rouge iranien, malgré les appels des autorités à ne pas voyager[54].

Le président Hassan Rohani annonce alors la mise en œuvre de « nouvelles restrictions », « difficiles pour les gens ». Les liaisons entre les villes seront interdites. Iran Mall, le plus grand centre commercial du pays, dans l’ouest de la capitale Téhéran, est en train d’être converti en un « centre de santé » qui devrait pouvoir accueillir jusqu’à 3 000 malades[37]. Le gouvernement libère plus de 90 000 prisonniers, seuls ceux condamnés à des peines supérieures à dix ans restant incarcérés[29].

Selon la journaliste Marmar Kabir « Même si la maladie touche tout le monde sans distinction sociale, ses conséquences sont beaucoup plus dures pour les couches défavorisées. Respecter les recommandations d’hygiène contre le virus est évidemment plus difficile pour les personnes ayant du mal à joindre les deux bouts et qui continuent à travailler à la sauvette malgré le confinement recommandé, comme ces milliers de livreurs ravitaillant ceux qui les paient afin de ne plus sortir de chez eux. Chaque jour des spéculateurs sont arrêtés[29]. »

Entre 8 et le 21 mars, alors que le système de santé est de moins en moins en mesure de faire face à l'afflux des personnes malades, le taux de décès par rapport aux cas diagnostiqués a presque triplé, passant de 2,5 % à 7,3 %[29]. Habituellement, les structures sanitaires iraniennes et les professionnels de santé ont un bon niveau. La situation a cependant changé depuis le durcissement des sanctions. « Si vous enlevez à un pays 40 % de ses recettes budgétaires en l’empêchant d’exporter son pétrole et son gaz, il est évident que l’efficacité de son système de santé en sera affectée », résume le 13 mars l’économiste Thierry Coville dans La Croix[29].

Chiffres et statistiques[modifier | modifier le code]

Courbe épidémique du virus Covid-19 en Iran[modifier | modifier le code]

Nombre de nouveaux cas (bleu) et nombre de décès (rouge) - lissage dégressif, coordonnées logarithmiques.

Cette courbe s'obtient soustrayant au nombre de cas confirmés d'infection au SARS-COV-2 le nombre de décès ainsi que le nombre de guérisons.

Nombre de nouveaux cas de COVID-19 recensés par jour en Iran
Cumul du nombre de cas : 298 909 (au 29 juillet)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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