Didier Pittet

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Didier Pittet
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GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
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Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique
European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases (en) ()
Société américaine de microbiologie ()
Prix Robert-Koch (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Didier Pittet, né le à Genève, est un médecin infectiologue et épidémiologiste suisse. Il est spécialiste de l'hygiène des mains et du contrôle des infections. En 1995, il a découvert que la friction hydroalcoolique est plus efficace que le lavage des mains à l'eau et au savon pour lutter contre les maladies nosocomiales[1]. Il n'est toutefois pas l'inventeur du gel hydroalcoolique[2], disponible dès 1965.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un père électricien et d’une mère au foyer[3], une famille catholique investie dans la paroisse de Lancy, l’adolescent s’implique dans le scoutisme, l’animation de colonies de vacances et songe à devenir prêtre. Il suit des études au Collège Calvin et à l'université de Genève. Il obtient un master en épidémiologie et santé publique à l'université de l'Iowa. Il devient ensuite responsable du service « prévention et contrôle de l'infection » aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Il est responsable à l'OMS du programme « Un soin propre est un soin plus sûr »[4].

Il est régulièrement intervenu dans les médias durant la pandémie de Covid-19 en Suisse[5].

Création du gel hydroalcoolique[modifier | modifier le code]

En 1975, William Griffiths, à l'hôpital de Fribourg en Suisse, formule une solution hydro-alcoolique (SHA) à base d'isopropanol et de chlorexidine [6] En 1979, cette formule est introduite dans les hôpitaux universitaires de Genève[7],[8].

En 1995, Didier Pittet en rend populaire la formulation, en particulier auprès de l'OMS, et en empêche sa privatisation[2],[9],[10]. Cette solution sera par la suite utilisée par le personnel soignant dans de très nombreux hôpitaux afin de limiter les infections nosocomiales[5].

Son employeur qualifie avec humour Didier Pittet de « médecin le plus cher au monde, par manque à gagner ». Le don du brevet priverait les Hôpitaux universitaires de Genève de bénéfices du brevet, que certains prétendent évaluer à 1,7 milliard de francs [suisses] : « C'est la somme qu'il aurait encaissée s'il avait reçu 0,1 centime par flacon vendu chaque année »[11]. Ce calcul est très vraisemblablement fantaisiste, puisqu'il suppose la vente d'un flacon tous les 2 jours à chaque habitant de la planète depuis le dépôt du brevet.

Autres attributions de la paternité[modifier | modifier le code]

La paternité de la création du gel hydroalcoolique est parfois attribuée à une infirmière du nom de Lupe Hernandez, mais de nombreuses sources sérieuses considèrent cette information comme une légende urbaine.

Dans les années 1960, un jeune interne en cardiologie de l'hôpital de Hambourg, Peter Kalmár, constate que la solution au formaldéhyde dans laquelle les internes trempent leurs mains entre deux visites de malades contient des bactéries. Le lavage des mains à l'alcool par les chirurgiens ne maintient pas la stérilité sur toute la durée des opérations. De nombreux malades meurent d'infections post-opératoires. Il entre alors en contact avec Rolf Steinhagen, un chimiste de la société Dr. Bode & Co (de) spécialisée en produits désinfectants. Il cherche à créer un produit qu'on puisse appliquer directement sur les mains avec un distributeur, à action désinfectante rapide en quelques minutes et dont l'effet bactéricide agisse en profondeur et perdure sans abîmer pour autant la peau des mains. Après une série d'essais et une autorisation de mise sur le marché, en juin 1965, la première solution hydro-alcoolique est commercialisée à Hambourg sous le nom de Sterillium[12],[13]. Ce produit figure encore actuellement dans la liste des désinfectants agréés par l'Institut Robert-Koch[14].

Walter Koller et Manfred Rotter publient dans les années 1970 des travaux mesurant l'efficacité antimicrobienne remarquable des SHA[15],[16].

Selon un article de Vanity Fair paru en 2020, le premier désinfectant en gel aurait été introduit en 1988 par la firme américaine Gojo Industries (en), qui a finalement commercialisé le produit auprès des consommateurs sous le nom de Purell (en)[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Didier Pittet et Thierry Crouzet, Vaincre les épidémies : de la prise de conscience aux gestes qui sauvent, Éditions Hugo et Compagnie, , 256 p. (ISBN 9782755685787).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le geste qui sauve », sur Thierry Crouzet (consulté le 30 juin 2020)
  2. a et b « Didier Pittet, le médecin qui a inventé le gel hydroalcoolique », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 17 juin 2020)
  3. Sophie Davaris, « Le « Dr Mains propres » qui veut diriger l’Hôpital », sur Association des médecins du canton de Genève
  4. Message du professeur Didier Pittet sur le site de l'OMS (en anglais)
  5. a et b Christian Lecomte, « Didier Pittet insiste vraiment : ‹ Ce n’est pas le virus qui circule mais les gens › », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 20 mars 2020)
  6. [1]
  7. (en) « Alcohol-based chlorhexidine handrubsolution of the HUG » [PDF], sur pharmacie.hug.ch, hôpitaux universitaires de Genève, .
  8. Sébastien Colson, « SANTÉ. William Griffiths, l'inconnu qui a sauvé des millions de vies », sur ledauphine.com, Le Dauphiné libéré, (consulté le 6 mai 2020).
  9. Thierry Crouzet, « L’homme qui sauve huit millions de vies chaque année », sur nouvelobs.com, L'Obs, (consulté le 6 mai 2020)
  10. http://www.who.int/gpsc/5may/tools/system_change/guide_production_locale_produit_hydro_alcoolique.pdf
  11. Dejan Nikolic, « Ce médecin genevois qui a sauvé des millions de vie », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 20 mars 2020)
  12. (de) Wiebke Bromberg, « Desinfektionsmittel Sterillium Prof. Peter Kalmár: „Ich bin der Erfinder des Keim-Killers” » [« Désinfectant Sterillium Prof. Peter Kalmár : "Je suis l'inventeur du tueur de germes" »], sur mopo.de, Hamburger Morgenpost, (consulté le 6 mai 2020).
  13. (en) « Peter Kalmár, A researcher out of clinical necessity » [« Peter Kalmár, chercheur par nécessité clinique »], sur sterillium.info (consulté le 6 mai 2020).
  14. (de) « Liste der vom Robert Koch-Institut geprüften und anerkannten Desinfektionsmittel und -verfahren », sur rki.de, Institut Robert-Koch, (consulté le 6 mai 2020).
  15. (de) W. Koller, M. Rotter, M. Kundi, H. Mittermayer et G. Wewalka, « Test-methode für die Wertbemessung von Verfahren für die Hygienische Händedesinfektion », Zentralblatt für Bakteriologie und Hygiene, 1, Abteilung Originale B, no 164,‎ , p. 498-520.
  16. (en) Manfred L. Rotter, Rosemary A. Simpson et Walter Koller, « Surgical Hand Disinfection With Alcohols at Various Concentrations : Parallel Experiments Using the New Proposed European Standards Method », Infection Control & Hospital Epidemiology, vol. 19, no 10,‎ , p. 778–781 (ISSN 0899-823X et 1559-6834, DOI 10.2307/30141424, lire en ligne).
  17. (en-US) Dan Nosowitz, « The Surprising—And Surprisingly Contentious—History of Purell », sur vanityfair.com (consulté le 17 juin 2020)
  18. « Didier Pittet - Service prévention et contrôle de l'infection à Genève aux HUG | HUG - Hôpitaux Universitaires de Genève », sur www.hug.ch
  19. (en-US) « Hsu-Li Distinguished Lectureship in International Epidemiology », sur University of Iowa College of Public Health

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Clean hands : la main qui soigne, la main qui tue, de Aftermedia, 2222 Productions, Stéphane Santini PCM (prod.) et de Géraldine André et Stéphane Santini (réal.), 2017, documentaire, 60 minutes

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]