Françoise d'Eaubonne

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Françoise d'Eaubonne
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Françoise d'Eaubonne en 1964.
Nom de naissance Françoise Marie-Thérèse Piston d'Eaubonne
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 85 ans)
Paris, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
essai, biographie, science-fiction

Françoise d'Eaubonne, née Françoise Marie-Thérèse Piston d'Eaubonne le à Paris et morte le à Paris, est une femme de lettres française, romancière, essayiste et biographe, et une féministe libertaire. Elle est la sœur de l'écrivain Jehanne Jean-Charles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ce dernier appartenait à une famille de grands voyageurs et avait un ancêtre navigateur anti-esclavagiste des Antilles. Quatre filles et un garçon naquirent de cette union. Françoise d’Eaubonne fut la troisième des cinq enfants. Elle fut élevée dans une famille progressiste et cultivée. Son père, anarchiste chrétien, était secrétaire général de compagnie d’assurance. Sa mère enseignante l’avait très tôt sensibilisée aux inégalités vécues par les femmes. Elle-même n’avait pas continué sa carrière scientifique une fois mariée.

Françoise d'Eaubonne, née à Paris, le 12 mars 1920, est le troisième des quatre enfants d'Étienne Piston d'Eaubonne et de Rosita Martinez Franco. Fille d'un révolutionnaire espagnol carliste[1],[2] qui, après avoir fui l'Espagne où sa tête avait été mise à prix, rencontre et épouse la grand-mère de l’écrivaine, Rosita-Mariquita Martinez y Franco est l'une des premières femmes à poursuivre des études scientifiques. A la Faculté des Sciences de Paris, elle suit les cours de Marie Curie. Engagée, elle milite au Sillon, le mouvement progressiste chrétien de Marc Sangnier, où elle rencontre Étienne d’Eaubonne. Originaire de Bretagne, issu une famille de grands voyageurs, comptant parmi ses ancêtres un ancêtre navigateur anti-esclavagiste des Antilles, Étienne d’Eaubonne, est un anarchiste chrétien, co-fondateur du Parti fasciste révolutionnaire et membre du Sillon. Étienne d’Eaubonne est secrétaire général de compagnie d’assurance alors que Rosita-Mariquita Martinez y Franco interrompt sa carrière scientifique une fois mariée. Françoise d'Eaubonne est très tôt sensibiisée par sa mère aux inégalités vécues par les femmes[3].

Son enfance toulousaine est marquée par le déclin physique de son père dû aux effets des gaz dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Elle a seize ans quand éclate la guerre d'Espagne, dix-neuf ans quand elle voit arriver les républicains en exil. Elle poursuit ses études à la Faculté de Lettres et aux Beaux-Arts de Toulouse. Tout en entrant en résistance, elle publie ses premières poème en 1942, et Le cœur de Watteau, son premier roman en 1944[3]. De 20 à 25 ans, elle subit les privations propres à l'époque et rencontre à la Libération, dans une grande gare parisienne, les rescapés juifs de retour des camps. Elle résumera plus tard son sentiment sur cette période de sa vie sous le titre évocateur de Chienne de jeunesse. À partir de 1945, et jusqu'en 1957, d'Eaubonne adhère au Parti communiste français. Proche de Laurent Schwartz, Vladimir Jankélévitch, Lucien Goldmann, elle se marie avec Jacques Aubenque[3].

Cette enfance plaquée sur une personnalité hypersensible la conduit à porter sur le monde un regard critique qui façonnera la militante radicale et féministe. En ce sens, la lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, en 1949, est déterminante. Deux plus tard, elle prend la défense de la philosophe en publiant Le complexe de Diane[3]. En 1953, elle devint membre du Conseil national des écrivains. Lectrice chez Julliard dans les années 1950, chez Calmann-Lévy au début des années 1960, et à la fin des années 1960 chez Flammarion, elle élève ses enfants, Indiana et Vincent, avec l'aide de sa famille[3].

Elle milite activement contre la guerre d'Algérie et en septembre 1960, signe le Manifeste des 121.

Cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) dans les années 1960, signataire du Manifeste des 343 pour le droit à l'avortement[4], elle lance le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) avec l'écrivain et journaliste Guy Hocquenghem et Anne-Marie Grélois en 1971[1],[2], alors qu'elle est secrétaire de rédaction au Fléau social[5]. Au sein du MLF, elle anime également le groupe « Écologie et féminisme »[6]. À l'origine du mot « phallocrate », du terme écoféminisme en 1974, elle fonde l'association Écologie-Féminisme en 1978. Cette vie littéraire et militante se croise avec celles de Violette Leduc, Nathalie Sarraute[5], Colette, Jean Cocteau, Simone de Beauvoir dont elle fut une amie très proche, de Jean-Paul Sartre

Amie de Foucault, d'Eaubonne s'engage également pour le droit des prisonniers et contre la peine de mort. Elle se marie en 1976 avec "le détenu Pierre Sanna, matricule 645 513, à Fresnes, condamné à vingt ans de prison pour un meurtre qu'il n'a pas commis" et l'annonce dans les colonnes de Libération. L'année suivante, elle figure aux côtés du comédien Guy Bedos et du chanteur Yvon Dautin, lors la tribune de la Mutualité, pour demander l'abolition de la peine de mort[2].

À partir de 1988, Françoise d'Eaubonne devient secrétaire générale de SOS Racisme. Elle intervient comme critique littéraire sur Radio Mouvance, Paris Pluriel, Paris FM, Radio-Paris et Radio-Beur (1989).

Elle meurt à Paris le et est incinérée au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Ses archives sont conservées à l'IMEC.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive.

« Pas un jour sans une ligne » : c'est sous la férule de ce mot d'ordre que l'auteur a produit plus de 50 ouvrages, de Colonnes de l'âme (poèmes, 1942) à L'Évangile de Véronique (essai, 2003) en passant par quelques romans de science-fiction (L'Échiquier du temps, Rêve de feu, Le Sous-marin de l'espace, Les Sept Fils de l'étoile…). Parmi ses ouvrages, on peut distinguer :

Romans[modifier | modifier le code]

Romans pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

  • 1961 : Les Fiancés du Puits-Doré, Hachette, coll. « Bibliothèque verte »
  • 1962 : L'Amazone bleue, Hachette, coll. « Bibliothèque verte »
  • 1958 : Chevrette et Virginie, Hachette, coll. « Bibliothèque verte »
  • 1959 : Le Sous-marin de l'espace, Gautier-Languereau, coll. « Nouvelle Bibliothèque de Suzette »

Biographies[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Le Complexe de Diane, érotisme ou féminisme, 1951
  • Y a-t-il encore des hommes?, 1964
  • Eros minoritaire, 1970
  • Le Féminisme ou la mort, 1974
  • Les Femmes avant le patriarcat, 1976, (ISBN 978-2228-1165-03)
  • Contre violence ou résistance à l'état, 1978
  • Histoire de l'art et lutte des sexes, 1978
  • Écologie, féminisme : révolution ou mutation ?, 1978, réédition 2018 Libre et Solidaire Éditeur [ (239 pages)
  • S comme Sectes, 1982
  • La Femme russe, 1988
  • Féminin et philosophie : une allergie historique, 1997
  • La Liseuse et la Lyre, 1997
  • Le Sexocide des sorcières, 1999

Poèmes[modifier | modifier le code]

  • 1942 : Colonnes de l'âme
  • 1951 : Démons et merveilles
  • 1981 : Ni lieu, ni mètre

Autres écrits[modifier | modifier le code]

Pamphlets (20 ans de mensonges, contre Longo Maï), traductions (poèmes d'Emily Brontë), édition critique des lettres de Flaubert, nombreuses préfaces, etc.

Elle aura laissé avant de mourir un impressionnant volume de souvenirs, sous le titre Mémoires irréductibles, qui regroupe : Putain de jeunesse (antérieurement publié sous le titre plus correct que son éditeur avait voulu, Chienne de jeunesse), Les Monstres de l'été, L'Indicateur du réseau et Les Feux du crépuscule, ce dernier inédit jusque-là.

Hommage[modifier | modifier le code]

Le documentaire de Alessandro Avellis, La Révolution du désir (2006), lui rend un hommage tout en retraçant l’histoire du FHAR et ses liens avec Guy Hocquenghem.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie-Jo Bonnet, Les Deux Amies, Ed. Blanche, 2000, p. 265.
  2. a b et c Catherine Simon, « Françoise d'Eaubonne, une figure du féminisme français », Le Monde, 8 mai 2005, p. 21.
  3. a b c d et e Delphine Naudier et Marianne Enckell, « EAUBONNE (d’) Françoise [PISTON d’EAUBONNE Françoise, Marie-Thérèse, dite][Dictionnaire des anarchistes] », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 1er septembre 2018)
  4. « La liste des 343 Françaises qui ont eu le courage de signer le manifeste : "Je me suis fait avorter" », Le Nouvel Observateur n°334, 5 avril 1971, couverture.
  5. a et b « Fonds Françoise d’Eaubonne (1920-2005) », sur imec-archives.com (consulté le 1er septembre 2018)
  6. Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Histoire du féminisme français du Moyen Âge à nos jours, éd. Des femmes, Paris, 1977, p. 458.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]