Françoise d'Eaubonne

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Françoise d'Eaubonne
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Nom de naissance Françoise Marie-Thérèse Piston d'Eaubonne
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 85 ans)
Paris, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Françoise d'Eaubonne, née Françoise Marie-Thérèse Piston d'Eaubonne le à Paris et morte le à Paris, est une femme de lettres française et une féministe libertaire. Elle est la sœur de l'écrivain Jehanne Jean-Charles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième enfant du comte Étienne d'Eaubonne, un anarchiste chrétien originaire de Bretagne, co-fondateur du Parti fasciste révolutionnaire et membre du Sillon, et de Rosita Martinez Franco, une fille de révolutionnaire espagnol carliste[1],[2], son enfance toulousaine est marquée par le déclin physique de son père dû aux effets des gaz dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Elle a seize ans quand éclate la guerre d'Espagne, dix-neuf ans quand elle voit arriver les républicains en exil. De 20 à 25 ans, elle subit les privations propres à l'époque et rencontre à la Libération, dans une grande gare parisienne, les rescapés juifs de retour des camps. Elle résumera plus tard son sentiment sur cette période de sa vie sous le titre évocateur de Chienne de jeunesse.

Cette enfance plaquée sur une personnalité hypersensible la conduit à porter sur le monde un regard critique qui façonnera la militante radicale et féministe. Un temps membre du Parti communiste français, elle milite activement contre la guerre d'Algérie et en septembre 1960, signe le Manifeste des 121.

Cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) dans les années 1960, signataire du Manifeste des 343 pour le droit à l'avortement[3], elle lance le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) avec l'écrivain et journaliste Guy Hocquenghem et Anne-Marie Grélois en 1971[1],[2]. Au sein du MLF, elle anime également le groupe « Écologie et féminisme »[4]. À l'origine du mot « phallocrate », du terme écoféminisme en 1974, elle fonde l'association Écologie-Féminisme en 1978. Cette vie littéraire et militante se croise avec celles de Colette, Jean Cocteau, Simone de Beauvoir dont elle fut une amie très proche, et de Jean-Paul Sartre.

Elle est mère de deux enfants, Indiana et Vincent. Elle meurt à Paris le et est incinérée au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive.

« Pas un jour sans une ligne » : c'est sous la férule de ce mot d'ordre que l'auteur a produit plus de 50 ouvrages, de Colonnes de l'âme (poèmes, 1942) à L'Évangile de Véronique (essai, 2003) en passant par quelques romans de science-fiction (L'Échiquier du temps, Rêve de feu, Le Sous-marin de l'espace, Les Sept Fils de l'étoile…). Parmi ses ouvrages, on peut distinguer :

Romans[modifier | modifier le code]

Romans pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

  • 1961 : Les Fiancés du Puits-Doré, Hachette, coll. « Bibliothèque verte »
  • 1962 : L'Amazone bleue, Hachette, coll. « Bibliothèque verte »
  • 1958 : Chevrette et Virginie, Hachette, coll. « Bibliothèque verte »
  • 1959 : Le Sous-marin de l'espace, Gautier-Languereau, coll. « Nouvelle Bibliothèque de Suzette »

Biographies[modifier | modifier le code]

  • La Vie passionnée d'Arthur Rimbaud, 1957
  • La Vie passionnée de Verlaine, 1959
  • Une femme témoin de son siècle, Germaine de Staël, 1966
  • La Couronne de sable, vie d'Isabelle Eberhardt, 1967
  • L'Éventail de fer ou la vie de Qiu Jin, 1977
  • Moi, Kristine, reine de Suède, 1979
  • L'Impératrice rouge : moi, Jiang King, veuve Mao, 1981
  • L'Amazone sombre : vie d'Antoinette Lix, 1983
  • Louise Michel la Canaque, 1985
  • Une femme nommée Castor, 1986
  • Les Scandaleuses, 1990
  • L'Évangile de Véronique, 2000

Essais[modifier | modifier le code]

  • Le Complexe de Diane, érotisme ou féminisme, 1951
  • Y a-t-il encore des hommes?, 1964
  • Eros minoritaire, 1970
  • Le Féminisme ou la mort, 1974
  • Les Femmes avant le patriarcat, 1976, (ISBN 978-2228-1165-03)
  • Contre violence ou résistance à l'état, 1978
  • Histoire de l'art et lutte des sexes, 1978
  • Écologie, féminisme : révolution ou mutation ?, 1978
  • S comme Sectes, 1982
  • La Femme russe, 1988
  • Féminin et philosophie : une allergie historique, 1997
  • La Liseuse et la Lyre, 1997
  • Le Sexocide des sorcières, 1999

Poèmes[modifier | modifier le code]

  • 1942 : Colonnes de l'âme
  • 1951 : Démons et merveilles
  • 1981 : Ni lieu, ni mètre

Autres écrits[modifier | modifier le code]

Pamphlets (20 ans de mensonges, contre Longo Maï), traductions (poèmes d'Emily Brontë), édition critique des lettres de Flaubert, nombreuses préfaces, etc.

Elle aura laissé avant de mourir un impressionnant volume de souvenirs, sous le titre Mémoires irréductibles, qui regroupe : Putain de jeunesse (antérieurement publié sous le titre plus correct que son éditeur avait voulu, Chienne de jeunesse), Les Monstres de l'été, L'Indicateur du réseau et Les Feux du crépuscule, ce dernier inédit jusque-là.

Hommage[modifier | modifier le code]

Le documentaire de Alessandro Avellis, La Révolution du désir (2006), lui rend un hommage tout en retraçant l’histoire du FHAR et ses liens avec Guy Hocquenghem.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie-Jo Bonnet, Les Deux Amies, Ed. Blanche, 2000, p. 265.
  2. a et b Catherine Simon, « Françoise d'Eaubonne, une figure du féminisme français », Le Monde, 8 mai 2005, p. 21.
  3. « La liste des 343 Françaises qui ont eu le courage de signer le manifeste : "Je me suis fait avorter" », Le Nouvel Observateur n°334, 5 avril 1971, couverture.
  4. Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Histoire du féminisme français du Moyen-Âge à nos jours, éd. Des femmes, Paris, 1977, p.458.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]