Margaret Cavendish

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Margaret Cavendish
Margaret Cavendish, Duchess of Newcastle, by Peter Lely.jpg
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Décès
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Philosophe, scientifique, poétesse, écrivaine, essayiste, écrivaine de science-fiction, féministeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Margaret Cavendish, duchesse de Newcastle upon Tyne (1623 – ) est une aristocrate anglaise, écrivain, philosophe et scientifique. Elle est connue principalement pour son roman Le Monde glorieux. Elle défend son droit à écrire et à publier ses poèmes et ses idées philosophiques et scientifiques, en tant que femme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née Margaret Lucas en 1623, elle est la plus jeune sœur des royalistes Thomas Lucas (en), Sir John Lucas (en) et Sir Charles Lucas (en)[1]. Elle devient une suivante de la reine Henriette de France et voyage avec elle lors de son exil en France, vivant pour un temps à la cour du jeune roi Louis XIV. Elle devient la deuxième femme de William Cavendish, 1er duc de Newcastle upon Tyne, en 1645, alors qu'il est encore marquis[2].

Margaret Cavendish est la première femme admise à la Royal Society, et elle reçoit dans son salon les philosophes René Descartes, Thomas Hobbes et Pierre Gassendi[3].

Son roman Le Monde glorieux (en) paru en 1666 est une des premières œuvres de science-fiction. Elle prend la défense des droits des femmes contre le rôle de genre stéréotypé. Elle est l'auteure d'une autobiographie intitulée Relation véridique de ma naissance, de mon éducation et de ma vie. Elle est la première dans les lettres anglaises à se qualifier d'« authoress »[3] (quasi-néologisme[4] précédemment attesté chez William Caxton au XVe siècle, qui l'emploie à propos de la poétesse Christine de Pizan[5]).

Elle meurt le à 50 ans, « sans doute affaiblie par le régime ascétique qu'elle s'est imposé », composé de jeûnes et de saignées[6].

Philosophie[modifier | modifier le code]

En 1648, lors de son exil avec son mari William Cavendish, Margaret tient un salon à Paris et rencontre Thomas Hobbes, Pierre Gassendi, René Descartes, Gilles Personne de Roberval, Marin Mersenne, John Pell, William Petty et Kenelm Digby[7]. Elle se rallie aux idées atomistes et « contribue au renouveau de l'épicurisme en Angleterre », selon Constance Lacroix[8]. Elle abandonne ensuite l'atomisme, estimant qu'il ne saurait que « donner naissance à un monde livré au désordre »[8].

À partir de 1655, Margaret Cavendish soutient une forme de matérialisme panpsychique (ou vitaliste), selon la traductrice de son autobiographie, Constance Lacroix[8]. Cela signifie que pour Cavendish, il n'y a que de la matière dans l'univers et aucunement d'entités immatérielles (ou alors elles sont inconnaissables). Mais la matière se divise hiérarchiquement en trois : la matière « rationnelle » est la plus noble et est à l'origine de la pensée, elle est animée tout comme la matière « sensitive » qui lui est inférieure, tandis que le plus bas niveau est la matière « inerte », consciente mais non intelligente[9].

Sa philosophie de l'esprit est proche de Thomas Hobbes : Margaret Cavendish localise l'esprit dans le cerveau et pense qu'il est constitué de « matière rationnelle », c'est-à-dire d'une matière ontologiquement supérieure à la matière sensible, mais qui n'est pas pour autant incorporelle[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'ouvrage The Blazing World, de Margaret Cavendish.
  • (en) Poems and Fancies, 1653.
  • (en) Philosophical and Physical Opinions, 1655.
  • (en) The World's Olio, 1655.
  • (en) Natures Pictures Drawn by Fancys Pencils to the Life, 1656.
  • (en) The True Relation of my Birth, Breeding, and Life, 1656.
  • (en) Plays, 1662.
  • (en) CCXI Sociable Letters, 1664.
  • (en) Observations upon Experimental Philosophy (1666), Cambridge University Press, 2001.
  • (en) The Description of a New World, Called the Blazing World, 1666.
  • (en) The Life of the Thrice Noble William Cavendishe, Duke, Marquis, and Earl of Newcastle, 1668.
  • (en) Grounds of Natural Philosophy, 1668.
  • (en) Plays, Never Before Printed, 1668.
  • (en) Political Writings, Cambridge University Press, 2003.

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cavendish 2014, p. 125.
  2. Cavendish 2014, p. 126.
  3. a et b S.J.R., « Lady Moi-Même », Livres Hebdo, no 997,‎ , p. 49 (lire en ligne [PDF]).
  4. Caspard 2015, p. 332.
  5. Cottegnies 2014, p. 8.
  6. Cavendish 2014, p. 129.
  7. Cavendish 2014, p. 127.
  8. a, b et c Cavendish 2014, p. 128.
  9. Cavendish 2014, p. 51, notes 5-6.
  10. Cavendish 2014, p. 51, note 1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) Anna Battigelli, Margaret Cavendish and the Exiles of the Mind, The University Press of Kentucky, 1998.
  • (en) Alexandra G. Bennett (éd.), Bell in Campo and the Sociable Companions, Peterborough, ON: Broadview Press, 2002.
  • (en) Sylvia Bowerbank et Sara Mendelson (éd.), Paper Bodies: A Margaret Cavendish Reader, Peterborough, ON: Broadview Press, 2000 (ISBN 978-1-55111-173-5).
  • (en) James Fitzmaurice (éd.), Sociable Letters, Peterborough, ON: Broadview Press, 2004.
  • (en) Kate Lilley (éd.), The Description of a New World Called the Blazing World and Other Writings, London: William Pickering, 1992.
  • (en) Eileen O'Neill (éd.), Observations upon Experimental Philosophy, New York: Cambridge UP, 2001.
  • (en) Lisa Sarasohn, The Natural Philosophy of Margaret Cavendish : Reason and Fancy during the Scientific Revolution, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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