Usul (vidéaste)

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Usul
Vidéaste Web
Usul à la Japan Party 2013.
Informations
Genre Podcast vidéo
Naissance (35 ans)
Louviers
Nationalité Français
Vidéos populaires 3615 Usul
Mes chers contemporains
Ouvrez les guillemets
Nombre d'abonnés 194 000 (Usul2000, juin 2019)
170 000 (Usul Master, juin 2019)
Chaîne(s)

YouTube : Usul2000 et Usul Master

Twitch : Usul2000

Usul, né le à Louviers, est un vidéaste web et chroniqueur français.

Il se fait connaître par sa web-série 3615 Usul, qui aborde jeux vidéo et politique , diffusée de 2011 à 2014 sur Jeuxvidéo.com. Il se tourne ensuite vers la vidéo politique — orientée à gauche —, d'abord de manière indépendante comme analyste dans Mes chers contemporains de 2014 à 2016 puis comme chroniqueur pour Mediapart avec Ouvrez les guillemets depuis 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Usul naît en 1985 à Louviers, dans l'Eure, dans une famille populaire, « socialiste sans conviction ». Sa mère est secrétaire dans le milieu médico-social et son père est ouvrier[1],[2]. Après un baccalauréat littéraire, il commence des études aux beaux-arts[3], qu'il quitte rapidement et où il remarque que le jeu vidéo a du mal à trouver sa place, étant considéré « pas assez noble »[4].

Militant de la Ligue communiste révolutionnaire[2] pendant son adolescence, il choisit le surnom « Usul » en référence à un personnage de Dune, Paul Atréides, qui porte lui-aussi ce nom secret[5].

Chroniques de jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Usul commence à publier des vidéos de retrogaming en 2008 sur Dailymotion, puis part sur YouTube à partir de 2011 pour lancer la chaîne « Usul Master » où est diffusée la chronique 3615 Usul en collaboration avec Jeuxvideo.com qui le rend célèbre en tant que critique de jeux vidéo[6]. Plus que simple chroniqueur de jeux vidéo, il s'attache à analyser les thèmes, les mécanismes ou les techniques du milieu vidéoludique[7]. Il cherche à montrer qu'il existe de nombreuses passerelles entre l'art et les jeux vidéo et tend ainsi à en démonter les clichés les plus tenaces[4].

Il est proche de l'équipe de vidéastes gravitant autour de l'équipe Nesblog, dont font notamment partie le Joueur du Grenier et Karim Debbache.

En , le rédacteur en chef de Jeuxvideo.com le repère et lui propose d'intégrer son équipe de blogueurs vidéo. Usul réalise des vidéos multipliant les références aussi bien littéraires que numériques. Il multiplie peu à peu les analyses sociologiques et politiques, dérivant aux marges du jeu vidéo jusqu'à tenir un discours politique[7].

Chroniques politiques[modifier | modifier le code]

Il est classé politiquement à l'extrême gauche[1]. D'après Libération, il se revendique marxiste[8]. Lui indique, en interview à l'édition lyonnaise de Rue89, l'influence de Pierre Bourdieu sur sa pensée politique[2].

En , il met fin à sa collaboration avec Jeuxvideo.com[3], expliquant vouloir « retrouver un peu plus de liberté »[9].

En , il lance – sous le pseudonyme « Usul2000 » – une nouvelle série de vidéos intitulée Mes chers contemporains[10], dans laquelle il brosse le portrait de personnalités contemporaines avec un regard politique critique[7]. En , il réalise avec le vidéaste Monté de la chaîne YouTube « Linguisticae » un documentaire intitulé Manipulation par la langue en politique ?[11].

Usul et ses analyses sont classés à gauche[5] et Usul se met en scène comme communiste dans une vidéo de la série Ouvrez les guillemets publiée chez Mediapart[12]. C'est le succès d'Alain Soral sur Internet qui le motive à lutter contre l'influence des discours d'extrême droite en expérimentant de nouvelles formes de médias[13].

De à la fin des élections présidentielle et législatives de 2017, il réalise des chroniques vidéos bimensuelles pour Mediapart intitulées L'air de la campagne, dans lesquelles il analyse des stratégies de communications politiques[14].

Le , Usul commence une nouvelle série intitulée Ouvrez les guillemets, toujours sur Mediapart. Cette série a pour objectif de parler de politique de manière très générale en répondant à l'actualité dans certains épisodes.

Le Usul rejoint la nouvelle émission politique Backseat diffusée sur la plate-forme de streaming Twitch[2]. Il y participe en tant que chroniqueur, aux côtés du streameur politique Jean Massiet et de la podcasteuse Léa Chamboncel[15].

Prises de position[modifier | modifier le code]

En , lorsqu'éclate l'affaire dite du Doritosgate, Usul dénonce l'absence de réelle déontologie et les nombreux conflits d'intérêts existant dans le milieu de la presse spécialisée jeu vidéo[16]. Il finira cette critique avec sa dernière vidéo réalisée pour Jeuxvideo.com en , dans laquelle il précise un peu plus sa position sur les médias vidéoludiques.

En , il annonce renoncer au financement publicitaire pour réaliser sa nouvelle série Mes chers contemporains, en recourant uniquement au financement participatif via la plateforme de dons Tipeee[17].

En , Usul publie une vidéo consacrée à l'essayiste français Étienne Chouard dans laquelle il réfute les accusations de collusion avec les milieux fascistes et antisémites. Il se rétracte le lendemain même, jugeant qu'il a « raté le coche » et que les liens de Chouard avec des personnalités comme Alain Soral vont au-delà des « erreurs pardonnables »[18].

À partir de 2016, en adéquation avec son militantisme[19], il est un des membres fondateurs du collectif #OnVautMieuxQueÇa initié en réaction à l'avant-projet de réforme du Code du Travail porté par Myriam El Khomri et visant à libérer la parole sur des problèmes de société[20].

Usul est également régulièrement invité à des conférences en rapport avec les sujets traités dans sa série Mes chers contemporains, notamment à l'Institut d'études politiques de Lyon[21], à celui de Rennes, ou à l'Université libre de Bruxelles.

En , Usul y déclare à propos des émeutiers dans les quartiers populaires et des ouvriers basculant à l'extrême droite : « Elles sont où leurs instances de représentation ? Il est où leur rôle dans la démocratie ? […] Donc on est contraint, en effet, à la révolte, au vote Le Pen dans les campagnes parce que les gens se disent que la démocratie est bloquée, donc essayons de la débloquer, et on peut en effet la débloquer en gueulant un bon coup, en sortant dans la rue et en tabassant des flics ». En décembre 2017, l'exhumation de cette interview suscite des réactions violentes et haineuses sur Twitter de la part des milieux d’extrême droite, Usul réagit en assumant ses propos, en niant tout appel au lynchage[22] et en condamnant « le sacré républicain »[13][pertinence contestée].

En 2018, il déclare ne plus voter depuis 2005 et apprécier Jean-Luc Mélenchon[1].

En , des internautes le reconnaissent dans une vidéo pornographique amateur postée sur PornHub[1]. Il s'agit d'une vidéo tournée avec sa compagne, la camgirl Olly Plum – qualifiée par Libération de « féministe prosexe »[1] – et que le couple a décidé de mettre en ligne[23]. Usul explique : « Je suis en train d'essayer ça. C'est un milieu qui m'intéresse. J'ai pas du tout honte de ce que je fais (…) [Le porno] est une pratique qui n'est toujours pas acceptée. (…) Certes, c'est un danger pour moi d'aller explorer ces voies-là. Mais je ne le fais pas pour de mauvaises raisons. Et je pense même que si ça peut ouvrir un débat, ça peut même être intéressant »[8]. La réalisatrice Ovidie soutient Usul et Olly Plum dans leur démarche, mais juge cependant « contradictoire de se revendiquer du marxisme et de publier ses ébats sur Pornhub », plateforme qui a recours à de nombreux montages fiscaux[23]. La vidéo provoque une vague de commentaires moralisateurs et insultants dans les milieux réactionnaires et d’extrême droite[23].

En , Usul est l'un des initiateurs du « Stream reconductible », une chaîne de streaming de jeu-vidéo hébergée par la plateforme Twitch[24]. L'objectif d'Usul et de la dizaine d'autres membres est de récolter des fonds pour les caisses de grève établies dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites en France de 2019-2020[24]. Du au , la chaîne récolte environ 110 000 euros[24]. Le , la vidéo-diffusion s’arrête après 470 h de direct et plus de 150 000 euros récoltés[25].

Critique de Conspiracy Watch en 2018[modifier | modifier le code]

Le journaliste Yann Barte estime, dans Conspiracy Watch, que « dans son entreprise consistant à nourrir une offre politique alternative à Soral et « une critique si possible fertile des discours dominants » [sic], Usul semble paradoxalement emprunter les mêmes chemins tortueux que ceux qu’il dit vouloir combattre ». Il lui reproche notamment de s'orienter « vers des sources d’information alternatives, très douteuses », comme Jacques Sapir ou Reporterre, et considère également qu'il « flatte la nébuleuse identitaire, d’extrême gauche comme d’extrême droite », en « [soutenant] les thèses décoloniales ouvertement racistes du Parti des Indigènes de la République (PIR) » ou en « [dédouanant] de tout antisémitisme l’écrivain d’extrême droite Marc-Édouard Nabe ». Il lui reconnaît néanmoins une bonne analyse de certains discours conspirationnistes, comme celui de François Asselineau[13].

Réalisations[modifier | modifier le code]

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Quentin Girard, « Olly Plum et Usul, jouir en ligne », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a b c et d « Usul, le youtubeur de Lyon devenu chroniqueur pour Médiapart », sur Rue89Lyon, (consulté le )
  3. a et b Adrien Sénécat, « Usul, le clap de fin d'un gamer lettré », sur lexpansion.lexpress.fr,
  4. a et b Adrian de San Isidoro, « Usul, le mec à la pipe qui "frague" les clichés sur les jeux vidéo », sur rue89.nouvelobs.com,
  5. a et b Alice Maruani, « Usul met Marx à la sauce Youtube (et inversement) », sur rue89.nouvelobs.com,
  6. Carole Boinet, « Usul, la nouvelle star de la critique de jeu vidéo », sur lesinrocks.com,
  7. a b et c « Usul : du jeu vidéo à la politique », RTBF Culture,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. a et b Robin A., « C'est quoi le #UsulGate ? », sur liberation.checknews.fr, (consulté le )
  9. la rédaction, « Usul: une "saucisse" pour sa dernière sur Jeuxvideo.com », sur arretsurimages.net,
  10. Lady Dylan, « Usul se lance hors du jeu vidéo », sur madmoizelle.com,
  11. Linguisticae, « MANIPULATION par la langue en POLITIQUE ? feat. USUL (version courte) », (consulté le )
  12. « J'suis communiste à c'qui parait… […] Le fait que ma grille de lecture soit plutôt marxiste invaliderait tout mon propos, notamment sur la gauche et la droite ; en tant que communiste, je ne peux pas être objectif. »« Peut-on être communiste et objectif, par Usul »,
  13. a b et c Yann Barte, « Usul : du combat contre la « mythologie républicaine » à la tentation complotiste », sur Conspiracy Watch, (consulté le ).
  14. Usul chronique L'air de la campagne. Gauche et droite sont-elles savon ou assurance ? sur Mediapart, le 3 novembre 2016
  15. « Jean Massiet lance Backseat, l'émission d'actu politique sur Twitch », sur Rotek, (consulté le )
  16. Baptiste Peyron, « Usul: "la presse jeu vidéo est un milieu consanguin" », sur ragemag.fr,
  17. Alexandre Hervaud, « Un Youtuber à succès qui refuse la pub, c'est possible », sur mouv.fr,
  18. Vincent Coquaz, « Dédiaboliser? Usul défend Chouard, et se ravise », sur arretsurimages.net,
  19. Mathieu Dejean, « Usul, le youtubeur en guerre contre la fachosphère », sur Les Inrocks (consulté le )
  20. « "On vaut mieux que ça": quand la France qui galère trop prend la parole », sur Marianne (consulté le )
  21. « USUL vient parler avec vous ! », sur sciencespo-lyon.fr (consulté le )
  22. « "Usul" on Twitter », sur Twitter (consulté le ).
  23. a b et c Juliette Deborde, « #UsulGate : peut-on être de gauche et publier ses ébats sur Pornhub ? », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. a b et c William Audureau, « « Le Stream reconductible », un marathon de jeu vidéo pour soutenir les grévistes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. Emmanuel Forsans, « Meet-up #Recondustream : Jouer pour lutter », sur le site de l’agence française pour le jeu vidéo, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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