Elizabeth A. Lynn
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Prix World Fantasy du meilleur roman (Tour de guet (en)) () Prix World Fantasy de la meilleure nouvelle (The Woman Who Loved the Moon (d)) () |
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Les Chroniques de Tornor (d) |
Elizabeth A. Lynn, née le à New York, est une romancière et nouvelliste américaine de fantasy et de science-fiction. Lauréate de deux prix World Fantasy, elle est notamment connue pour sa trilogie Les Chroniques de Tornor (-) et pour ses récits explorant les thèmes du genre et de la sexualité. Ouvertement lesbienne, elle compte parmi les premières écrivaines de l’imaginaire à mettre en scène de manière positive des personnages homosexuels et bisexuels.
Biographie
[modifier | modifier le code]Elizabeth Anne Lynn naît le à New York[1]. Elle étudie à l’université Case Western Reserve, où elle obtient un baccalauréat, puis à l’université de Chicago, où elle décroche un master[2]. Elle est lauréate d’une bourse Woodrow Wilson[2].
Avant de se consacrer pleinement à l’écriture, Elizabeth A. Lynn exerce plusieurs métiers, notamment dans l’enseignement et dans la gestion hospitalière, et enseigne au sein du programme de Women’s Studies de l’université d'État de San Francisco[2]. Elle est également formée aux arts martiaux, qu’elle pratique et enseigne[2].
Elizabeth A. Lynn est ouvertement lesbienne[3],[4].
Carrière littéraire
[modifier | modifier le code]Elizabeth A. Lynn publie sa première nouvelle, We All Have to Go, en , dans l’anthologie Tricks and Treats dirigée par Joe Gores et Bill Pronzini[1]. Son premier roman, L'Œil du peintre (A Different Light, ), relève de la science-fiction et met en scène un artiste atteint d’un cancer, confronté à la décision d’utiliser ou non le voyage par hyperspace, mortel pour sa santé[1],[5]. Ce roman inclut une relation entre deux hommes, et son titre inspire le nom d’une librairie LGBT célèbre de San Francisco[2],[4]. Son deuxième roman, The Sardonyx Net (), approfondit une réflexion morale autour de l’esclavage, des drogues et du sadisme, au travers de personnages complexes[1].
Les Chroniques de Tornor
[modifier | modifier le code]Elizabeth A. Lynn s’impose sur la scène littéraire avec de la fantasy. Sa trilogie Les Chroniques de Tornor, qui comprend La Tour de guet (Watchtower, ), Les Danseurs d'Arun (The Dancers of Arun, ) et La Fille du nord (The Northern Girl, ), est remarquée pour l’introduction explicite de relations homosexuelles et bisexuelles, représentées comme une part normale du contexte culturel, en fantasy[4],[6]. La Tour de guet remporte le prix World Fantasy du meilleur roman en , tandis que la nouvelle The Woman Who Loved the Moon obtient le prix World Fantasy de la meilleure nouvelle la même année[7],[8].
La trilogie se distingue aussi par son approche politique pacifiste, dans laquelle les protagonistes, malgré les guerres et les contraintes sociales, cherchent des alternatives à la violence[9],[10]. Elle est lue en France dans un contexte militant féministe et lesbien, aux côtés d’autrices comme Joanna Russ ou Ursula K. Le Guin[3].
Œuvres ultérieures
[modifier | modifier le code]Après Les Chroniques de Tornor, Elizabeth A. Lynn publie The Silver Horse (), un roman de fantasy pour la jeunesse[10]. Dans les années , Elizabeth A. Lynn souffre d’un blocage d’écriture prolongé qui l’éloigne de la publication pendant plus d’une décennie[7],[11]. Elle est revient à la littérature à la fin des années avec Dragon’s Winter (), puis Dragon’s Treasure (), deux romans de fantasy centrés sur des jumeaux partageant une nature magique divergente[10],[11].
Plusieurs de ses nouvelles sont rassemblées et rééditées dans les recueils The Woman Who Loved the Moon and Other Stories () et Tales from a Vanished Country ()[1],[10].
Analyse de l'œuvre
[modifier | modifier le code]L’œuvre d’Elizabeth A. Lynn occupe une place singulière dans les littératures de l’imaginaire de la fin du xxe siècle. Ses premiers récits associent des thématiques de science-fiction classiques (comme le voyage spatial ou l’hyperespace) à une interrogation existentielle sur la maladie, la liberté et la moralité[1]. Elle est également reconnue comme l’une des premières autrices de fantasy et de science-fiction à représenter de manière explicite et positive des personnages homosexuels et bisexuels[2],[4]. Ses romans mettent en scène des relations amoureuses entre personnes du même sexe sans les traiter comme des exceptions, mais comme des éléments intégrés à la société fictive[6].
La trilogie Les Chroniques de Tornor marque la critique par son discours sur la politique sexuelle et par la mise en avant de protagonistes pacifistes[9],[10]. Le second volume, Les Danseurs d'Arun, aborde notamment une relation incestueuse entre deux frères, ce qui contribue à l’image de Lynn comme autrice transgressive et novatrice dans l’exploration de la sexualité[12].
Ses textes sont étudiés dans le cadre des recherches sur le féminisme, la représentation des minorités sexuelles et raciales, ainsi que des constructions de genre en science-fiction et en fantasy[1],[13]. Pour certains critiques, l’évolution ultérieure de son œuvre, davantage tournée vers la fantasy classique, constitue une perte pour la science-fiction, compte tenu de l’originalité de ses premiers romans[1].
Œuvres
[modifier | modifier le code]Série Les Chroniques de Tornor
[modifier | modifier le code]- La Tour de guet, Jean-Claude Lattès, coll. « Titres/SF », 1981 ((en) Watchtower, 1979), trad. Éléonore Bakhtadze
- Les Danseurs d'Arun, Jean-Claude Lattès, coll. « Titres/SF », 1981 ((en) The Dancers of Arun, 1979), trad. Éléonore Bakhtadze.
- La Fille du nord, Jean-Claude Lattès, coll. « Titres/SF », 1982 ((en) The Northern Girl, 1980), trad. Monique LebaillyParu en français en deux tomes.
Série Karadur Atani
[modifier | modifier le code]- (en) Dragon's Winter, Macmillan, 1998, 358 p. (ISBN 0-333-72372-4).
- (en) Dragon's Treasure, Pan Macmillan/Tor, 2004, 329 p. (ISBN 0-333-72373-2).
Romans indépendants
[modifier | modifier le code]- L'Œil du peintre, Jean-Claude Lattès, coll. « Titres/SF », 1981 ((en) A Different Light, Berkley Books, 1978 (ISBN 0-425-03890-4)), trad. Bernard Ferry.
- (en) The Sardonyx Net, G. P. Putnam's Sons, 1981, 301 p. (ISBN 0-399-12588-4).
- (en) The Silver Horse, Bluejay Books, 1981, 126 p. (ISBN 0-312-94404-7).
- (en) The Red Hawk, Cheap Street, 1984, 68 p. (ISBN 0-941826-04-X).
Recueils de nouvelles
[modifier | modifier le code]- (en) The Woman Who Loved the Moon and Other Stories, Berkley Books, 1981, 197 p. (ISBN 0-425-05161-7).
- (en) Tales from a Vanished Country, Pulphouse Publishing, 1990, 110 p.
Nouvelles
[modifier | modifier le code]- (en) « Jubilee's Story », dans Virginia Kidd, Millennial Women (en), Delacorte Press, (ISBN 0-440-05599-7).
- (en) « The Woman Who Loved the Moon », dans Jessica Amanda Salmonson, Amazons!, DAW Books, (ISBN 0-87997-503-2)
- (en) « At the Embassy ClubTitle », Omni, June 1984, Omni Publications International Ltd., (ISSN 0149-8711).
- (en) « The Silver Dragon », dans Ellen Datlow et Dick Teresi, Flights: Extreme Visions of Fantasy, Roc / New American Library, (ISBN 0-451-45977-6).
Prix et distinctions
[modifier | modifier le code]Lauréate
[modifier | modifier le code]- 1980 : prix World Fantasy du meilleur roman pour La Tour de guet[7].
- 1980 : prix World Fantasy de la meilleure nouvelle pour The Woman Who Loved the Moon (ex æquo)[7].
Nommée
[modifier | modifier le code]- 1978 : prix John W. Campbell du meilleur nouvel écrivain[14].
- 1979 : prix John W. Campbell du meilleur nouvel écrivain[15].
- 1979 : prix Locus du meilleur roman pour L'Œil du peintre[16].
- 1980 : prix Locus du meilleur roman de fantasy pour La Tour de guet[17].
- 1980 : prix Locus du meilleur roman de fantasy pour Les Danseurs d'Arun[17].
- 1980 : prix World Fantasy du meilleur roman pour Les Danseurs d'Arun[18].
- 1981 : prix Locus du meilleur roman de fantasy pour La Fille du nord[19].
- 1982 : prix Locus du meilleur roman de science-fiction pour The Sardonyx Net[20].
- 1982 : prix Locus du meilleur recueil de nouvelles pour The Woman Who Loved the Moon and Other Stories[20].
- 1982 : prix Mythopoeic de fantasy pour The Woman Who Loved the Moon and Other Stories[21].
- 1984 : prix World Fantasy du meilleur roman court pour The Red Hawk[22].
- 1985 : prix Locus de la meilleure nouvelle pour At the Embassy Club[23].
- 1996 : prix James Tiptree Jr. (liste rétrospective) pour La Tour de guet[24].
- 1999 : prix Locus du meilleur roman de fantasy pour Dragon’s Winter[25].
- 1999 : prix James Tiptree Jr. pour Dragon’s Winter[26].
- 2005 : prix Locus du meilleur roman de fantasy pour Dragon’s Treasure[27].
- 2005 : prix Locus du meilleur roman court pour The Silver Dragon[27].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) « SFE: Lynn, Elizabeth A »
, sur The Encyclopedia of Science-Fiction (consulté le )
- (en) Robin Anne Reid, Women in science fiction and fantasy, Greenwood press, (ISBN 978-0-313-33589-1, 978-0-313-33591-4 et 978-0-313-33592-1), vol. 2, p. 208-209
- Manon Berthier, « Mauvais genres : 1924 ?-2022, écrire le lesbianisme dans les littératures de l’imaginaire », dans Écrire à l'encre violette, Paris, Le Cavalier bleu, (ISBN 979-10-318-0516-0), p. 180-181.
- (en) LGBT Themes in Science Fiction, Fantasy and Horror, PediaPress (lire en ligne), p. 9.
- ↑ Fred Combo, « L'Œil du peintre », ActuSF, (lire en ligne
, consulté le ).
- Reid 2009, vol. 2, p. 34.
- (en) « Locus: Elizabeth A. Lynn interview », Locus Magazine, (lire en ligne
, consulté le ).
- ↑ (en) Don D'Ammassa, Encyclopedia of Fantasy and Horror Fiction, Infobase Publishing, (ISBN 978-1-4381-0909-1, lire en ligne), p. 389.
- (en) David Pringle et Tim Dedpulos, The Ultimate Encyclopedia of Fantasy: The definitive illustrated guide, Headline, (ISBN 978-1-78739-746-0, lire en ligne), p. 221.
- (en) Brian Stableford, The A to Z of Fantasy Literature, Lanham, Plymouth, The Scarecrow Press, Inc. (no 46), , 499 p. (ISBN 978-0-8108-6345-3), p. 257.
- « Elizabeth A. Lynn »
, sur Elbakin.net (consulté le ).
- ↑ Reid 2009, vol. 1, p. 71.
- ↑ Reid 2009, vol. 1, p. 193.
- ↑ (en) « sfadb : Elizabeth A. Lynn Awards »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Astounding Award »
, sur The Hugo Award, (consulté le ).
- ↑ (en) « Locus Awards 1979 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- (en) « Locus Awards 1980 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « World Fantasy Awards 1980 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « Locus Awards 1981 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- (en) « Locus Awards 1982 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « Mythopoeic Awards 1982 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « World Fantasy Awards 1984 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « Locus Awards 1985 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « James Tiptree Jr Memorial Award 1996 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « Locus Awards 1999 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- ↑ (en) « James Tiptree Jr Memorial Award 1999 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
- (en) « Locus Awards 2005 »
, sur Science Fiction Awards Database (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives à la littérature :
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