Bibliothèque verte

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Volumes de la Bibliothèque verte
(3e et 4e séries)

La Bibliothèque verte est une collection française de livres pour la jeunesse créée en 1923 par les éditions Hachette, qui se caractérise par une couverture de couleur verte. Grand succès commercial, la Bibliothèque verte atteint son apogée de 1955 à 1980.

Genèse[modifier | modifier le code]

Créée en 1923 pour les jeunes adolescents – et plus particulièrement pour les garçons[1] – la collection Bibliothèque verte est d'abord conçue pour rééditer les grands classiques de la littérature pour la jeunesse, en particulier les auteurs de la collection « Bibliothèque d'éducation et de récréation » des éditions Hetzel (dont Jules Verne), éditions rachetées par Hachette en 1914[2].

Avant d'être baptisée « Bibliothèque verte », cette nouvelle version s'intitulera d'abord Nouvelle Bibliothèque d'éducation et de récréation ; les livres sont déjà de couleur verte, couleur caractéristique de la collection jusqu'à nos jours. Les premiers volumes publiés dans la Bibliothèque verte garderont les pages de titre tirées de cette première version, avec l’inscription Nouvelle Bibliothèque d'éducation et de récréation[3].

C'est à partir de 1948 que des nouveautés paraîtront en nombre significatif dans cette collection, et que seront publiées des séries étrangères à héros récurrent. La toute première de ces séries sera Alice de l'Américaine Caroline Quine, dont le premier titre, Alice détective, paraît dans la Bibliothèque verte en août 1955. Il ouvre le bal à de nombreuses séries anglo-saxonnes dont Hachette a racheté les droits. C'est également en 1955 que commencent à être éditées dans la collection Bibliothèque rose - l'autre collection à succès des éditions Hachette - les séries de l'Anglaise Enid Blyton : Le Club des Cinq et Oui-Oui.

Les Bibliothèques verte et rose rencontrent un succès sans précédent qui perdurera jusqu'au début des années 1980. D'autres séries seront commandées à des auteurs français et viendront alimenter le succès : Michel de Georges Bayard, en 1958, Les Six Compagnons de Paul-Jacques Bonzon en 1961, toutes deux publiées dans la Bibliothèque verte, et Fantômette de Georges Chaulet, publiée en 1961 dans la Bibliothèque rose.

Les enfants des années soixante et soixante-dix vont s’approprier ces ouvrages, édités à des millions d'exemplaires, et en garnir les étagères de leur chambre.

La Bibliothèque verte aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la Bibliothèque verte est essentiellement centrée sur la novélisation des séries télévisées et des films : les romans d'action et d'aventure pour les enfants de six à douze ans. Elle est ainsi complémentaire de la Bibliothèque rose, qui regroupe actuellement des romans d'humour, d'émotion ou de magie.

La collection est segmentée en fonction de la tranche d'âge des lecteurs :

  • Première Bibliothèque verte pour les 6-8 ans
  • Bibliothèque verte pour les 8-10 ans
  • Bibliothèque verte Plus pour les 10-12 ans

Les étapes de la modernisation de la Bibliothèque verte[modifier | modifier le code]

Première série de livres (1923 à 1957)[modifier | modifier le code]

Les premiers volumes se présentent sous forme cartonnée in-12 carré et sont reliés.

Ils sont recouverts de toile verte ornée de dorures de formes diverses selon la décennie :

  • 1923 à 1929 : petites fleurs parsemées sur toute la couverture avec un cartouche central contenant le nom de l'auteur et le titre du roman
  • 1929 à 1957 : six bandes horizontales : 3 vers la bordure supérieure, 3 vers la bordure inférieure avec, entre les deux, le nom de l'auteur et le titre du roman

La jaquette en papier est illustrée en couleur. Le dos de la jaquette est blanc ; le titre est en lettres rouges et l'inscription "Bibliothèque verte" figure en lettres vertes vers le haut.

Le cahier est réalisé avec du papier recyclé de faible qualité, résultat des restrictions d'après-guerre.

Les premiers volumes ne comporteront aucune illustration intérieure. Il y aura par la suite huit dessins in-texte (intérieurs) de pleine page en noir et blanc qui seront trichromes (noir, orange, jaune) dans les années 1940 et jusqu'au début des années 1950). Le texte demeure le texte original.

Ces volumes sont dits « Bibliothèque verte de 1re série. »

À noter : parallèlement à la collection classique de la Bibliothèque verte, une autre collection est créée en 1956 : la Bibliothèque Hachette. Elle comporte, elle aussi, une jaquette. Sur le dessin de couverture figure le bandeau "Bibliothèque Hachette" en lettre jaunes dans un cadre vert. L'aspect de la jaquette de cette collection préfigure la Bibliothèque verte de troisième série. Peu de titres ont paru dans cette collection éphémère qui cessera en 1959.

Deuxième série de livres (1958 à 1961)[modifier | modifier le code]

En 1955, Hachette décide de relancer sa collection en éditant des séries anglo-saxonnes et en optant pour une présentation plus moderne et plus attractive. L’idée est d’en faire une véritable collection populaire. Le prix des ouvrages est ainsi fixé en fonction de l’argent de poche mensuel de l’époque.

C'est en 1958 qu'a lieu le premier grand changement dans l'aspect des volumes édités : la jaquette en papier est désormais collée sur le cartonnage et recouverte d'un film en plastique appelé pelliculage. La production des matières plastiques, autrefois coûteuse, s'était en effet fortement développée après la Seconde Guerre mondiale et était devenue plus abordable.

Le cahier n'est plus relié, mais broché, procédé moins onéreux. Le papier reste de qualité médiocre, le dos reste blanc et comporte désormais une numérotation (de 1 à 44). Un bandeau jaune avec l'inscription "bibliothèque verte" est apposé sur le haut de la couverture. Cette série a été éditée de 1958 à 1961.

Ces volumes sont dits "Bibliothèque verte de 2e série".

Troisième série de livres (1959 à 1983)[modifier | modifier le code]

En 1959, Hachette opte pour un dos (ou tranche arrière) entièrement vert des volumes, avec en son milieu une case portant une illustration résumant l'intrigue. Le bandeau jaune avec l’inscription "bibliothèque verte" demeure.

Autre innovation importante : quatre illustrations de pleine page en couleur sont insérées dans tous les volumes ainsi que de nombreuses illustrations de demi-page en noir et blanc. Apparaissent également des vignettes de cul-de-lampe à la fin de chaque chapitre.

La qualité du papier, lequel est toujours issu du recyclage, demeure très médiocre et empire à partir des années 1976 où il devient marron clair, et les feuilles, d'une minceur extrême.

De 1959 à 1983, de légères variations dans l'aspect du design auront lieu, dont la plus importante sera la disparition du bandeau jaune avec l'inscription "bibliothèque verte" apposé sur le haut de la couverture. Le bandeau sera remplacé, à partir de 1975, par un logo ayant la forme d'un rectangle, et dans lequel figurent les mots "Bibliothèque verte".

2e logo de la collection Bibliothèque verte

À partir de 1972, la numérotation n'est plus visible sur les volumes.

Ces volumes sont dits "Bibliothèque verte de 3e série".

Quatrième série de livres (1983 à 1988)[modifier | modifier le code]

Le début des années 1980 voit une baisse notable des vente des livres de la Bibliothèque verte. Afin de relancer les ventes, Hachette fait évoluer l'aspect et le format de ses volumes. Ainsi, en 1983, le format est-il légèrement réduit en largeur, et le dos comporte des hachures blanches en diagonale. La case portant l'illustration migre du milieu vers le haut de la tranche. Enfin, sur la quatrième de couverture est ajoutée une petite illustration en couleur tirée d'une planche intérieure du livre. Le texte d'origine est parfois abrégé.

Ces volumes sont dits « Bibliothèque verte de 4e série » ou « série hachurée. »

Cinquième série de livres (1988 à 2000)[modifier | modifier le code]

En 1988, la chute des ventes se confirme. Dans un souci d'économie, Hachette abandonne les couvertures cartonnées et adopte le format de poche souple. Les illustrations intérieures en couleur sont remplacées par des illustrations en noir et blanc, moins nombreuses que dans les volumes cartonnés. La numérotation réapparaît au dos des volumes. La qualité du papier s'améliore. Le texte d'origine est remanié, abrégé et modernisé.

Des légères variations dans l'aspect du design auront lieu.

Ces volumes sont dits "Bibliothèque verte de 5e série".

Sixième série de livres (2000-présent)[modifier | modifier le code]

Depuis les années 2000, un format hybride entre le format cartonné et le format souple, est créé, plus luxueux et plus esthétique. Une partie du dessin de l’épaisse couverture est en relief et en surbrillance. Le papier utilisé est du haut de gamme. Pour la plupart des titres, le texte est encore davantage remanié et modernisé par rapport au texte d'origine, au point que les nouvelles versions des séries telles que Le Club des Cinq ou Alice suscitent la polémique auprès des parents dont beaucoup considèrent que la traduction originale a été par trop dénaturée et le niveau de langage, trop affaibli[4].

De nouvelles séries font leur apparition à partir des années 2000, dont beaucoup sont tirées de films ou de bandes dessinées.

Les séries éditées dans la Bibliothèque verte[modifier | modifier le code]

Note : liste non exhaustive, classement par ordre alphabétique.

Séries actuelles (postérieures à 2000)[modifier | modifier le code]

  • Alice[5], de Caroline Quine. Alice Roy est un détective amateur américain de 18 ans. Avec ses amies Bess et Marion, elle résout des énigmes.
  • Les Aventures d'Hercule Poirot, d'Agatha Christie : Hercule Poirot est un détective privé belge qui élucide des meurtres dans la haute société.
  • Batman, adaptée des films et bandes dessinées du même nom.
  • Cars, adapté des films d'animation américains du même nom.
  • Code Lyoko, adapté de la série télévisée d'animation française du même nom. Les aventures de science-fiction de quatre adolescents de la région parisienne.
  • Dragon Ball, adapté de la série télévisée d'animation japonaise du même nom.
  • Foot 2 Rue, d'après la série télévisée d'animation française du même nom : des enfants de race différentes, Tag, Gabriel, Éloïse, Tarek et Nordine, tentent d'organiser dans leur ville la première Coupe du monde de foot de rue (variante du football).
  • Gormiti, adapté de la série télévisée d'animation franco-italienne du même nom : les Gormiti, personnages ayant l'aspect de monstres, possèdent chacun des pouvoirs souvent surnaturels ou, du tout du moins, extraordinaires.
  • Indiana Jones Jr. de Les Martin, d'après les films du même nom : les aventures de l’archéologue et chercheur de trésor Indiana Jones au début du XXe siècle, lors de la Première et la Seconde Guerre mondiale, ainsi que pendant la guerre froide.
  • L'Instit, inspiré de la série télévisée française du même nom. Victor Novak, instituteur, effectuant des remplacements à travers toute la France ; il se trouve, dans chaque épisode, confronté à un problème concernant un enfant et débouchant sur un sujet de société.
  • Kenshin de Watsuki Nobuhiro, Nobuhiro Watsuki et Kaoru Shizuka, adapté de la série télévisée d'animation du même nom.
  • Kid Paddle, d'après la série de bande dessinée humoristique belge du même nom créée par Midam : les aventures du jeune garçon Kid Paddle, fan de jeux vidéo qui a tendance à confondre les univers de ces jeux avec le monde réel.
  • Les Légendaires, d'après l’œuvre de Patrick Sobral (novélisation de Nicolas Jarry) : cinq justiciers aux pouvoirs surnaturels redevenus enfants après un combat contre les forces du mal, tentent de réparer leur erreur.
  • Les Légendes d'Avantia, série de science-fiction d'Adam Blade.
  • Lucky Luke, d'après la série de bande dessinée franco-belge de western humoristique créée par Morris : les aventures du cow-boy Lucky Luke et de son cheval Jolly Jumper dans l'Ouest américain.
  • Naruto, adapté de la série télévisée d'animation de science-fiction du même nom : Naruto, orphelin de douze ans, vit des aventures dans un monde rétro-futuriste.
  • One Piece , de Eiichirō Oda, adapté de la série télévisée d'animation fantastique du même nom : dans un monde fictif, à la géographie dominée par les océans, des pirates aspirent à une ère de liberté.
  • Prince of Persia, d'après la série de jeux vidéo du même nom : des aventures fantastiques dans la Perse ancienne empreinte de légendes et de magie.
  • Shaman King, de Hiroyuki Takei et Hideki Mitsui, adapté de la série d'animation fantastique du même nom : Manta est un collégien ordinaire qui, un jour, rencontre Yoh, un Chaman. Manta va alors tout faire pour devenir le roi des chamanS.
  • Spiderman, adapté des films et des BD du super-héros du même nom.
  • Star Wars, d'après les films de science-fiction du même nom.
  • Storm Hawks, adapté de la série télévisée d'animation canadienne du même nom : cinq adolescents et un chien-lapin luttent, à l'aide de motos qui se transforment en avions et de cristaux d'énergie, contre leur ennemi, l'empire cyclonien.
  • Transformers, adaptées des films fantastiques du même nom : les Transformers sont des robots transformables.

Anciennes séries (1955 à 2000)[modifier | modifier le code]

  • Alice[5] de Caroline Quine. Alice Roy est un détective amateur américain de 18 ans. Avec ses amies Bess et Marion, elle résout des énigmes.
  • Les Aventures de Harry de Derek Denton : Harry et ses amis vivent des aventures fantastiques de magie, d'étrange et de sorcellerie.
  • Auteurs en herbe : récits écrits par des jeunes de moins de dix-huit ans, sur un thème choisi.
  • Les Aventures de Patrick Valmont d'Eric Lestier : un jeune garçon vit des aventures dans de nombreux pays.
  • Les Aventures d'Eric Matras de François Celier : un jeune radio-reporter vit des tas d'aventures diverses et variées.
  • Birdy Jones et ses musiciens de E. W. Hildick.
  • Le Carré d'as d'Odette Sorensen : les aventures de détective de quatre jeunes parisiennes : Patricia, Laurence, Annette et Kito, alias Pique, Cœur, Trèfle, Carreau, et de leur ami Marc, dit "le joker".
  • Cécile de Georges Bayard : Cécile et ses amies Laure et Juju résolvent des mystères.
  • Le Cheval fantôme de Christine Pullein-Thompson : les aventures de Jane et de son frère Gary et leur cheval sauvage nommé Fantôme.
  • Chris Cool de Jack lancer : un jeune étudiant américain est un agent du contre-espionnage américain. Son ami Géronimo, le Sioux, l'accompagne dans ses aventures.
  • Cinq jeunes filles de Georges-Gustave Toudouze : Martiale Cartier et ses quatre camarades, jeunes françaises, font une croisière à bord de leur yacht, l'Arélbuse. Des mystères les attendent dans les pays qu'elles traversent.
  • Frank et Dave les rois du volant d'Eric Speed : les courses de voitures déjantées de deux amis, Frank et Dave.
  • Ji Ja Jo de Pat Smythe : Jimmy, Jacqueline et Josy, dits Ji, Ja, Jo, sont d'excellents cavaliers et participent à des concours hippiques.
  • Planète verte (série écrite par divers auteurs): une équipe de jeunes gens est confrontée à des situations liés à des problèmes écologiques.
  • Richard Bolitho d'Alexander Kent : les aventures d'un jeune capitaine de navire au XIXe siècle.
  • Trampton School d'Anne Digny : une fillette vit des aventures dans son école.
  • Le Trio de la Tamise d'Edward Jones[7] : trois adolescents londoniens forment une équipe de détectives en herbe.

Romans édités dans la Bibliothèque verte[modifier | modifier le code]

Les illustrateurs de la Bibliothèque verte[modifier | modifier le code]

Note : classement par ordre alphabétique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Liste des romans de la Bibliothèque verte : jusqu'en 1955, de très nombreux titres sont en effet destinés aux garçons, contre quelques titres seulement destinés aux filles.
  2. Au début, les ouvrages de Jules Verne sont édités chez Hachette dans la « Collection Jules Verne », puis ils intégreront également la Bibliothèque verte.
  3. Cf. page 78 de Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans, 1901-2000 de Raymond Perrin.
  4. Un article de Libération au sujet de la modernisation des séries de la Bibliothèque rose et verte.
  5. a et b En 2011, la série Alice passe dans la Bibliothèque rose.
  6. A paru dans la Bibliothèque verte sénior. Le nom original du héros est David Starr
  7. Edward Jones est un pseudonyme inventé par les éditions Hachette, l'auteur de la série originale italienne étant Paul Dorval, pseudonyme d'un collectif d'écrivains des éditions Mondadori
  8. Il s'agit d'un collectif d'écrivains simplement présenté par le cinéaste Alfred Hitchcock, mais non de livres rédigés par lui, de même qu'il prêtait son nom à des recueils de nouvelles policières ou d'angoisse.
  9. J.-P. Ariel est le pseudonyme de Raoul Auger.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • André-François Ruaud et Xavier Mauméjean, Le Dico des héros, Éditions Les Moutons électriques / Bibliothèque rouge, janvier 2009.[1] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Armelle Leroy, Le Club des Cinq, Fantômette, Oui-Oui et les autres : Les grandes séries des Bibliothèques rose et verte, Hors Collection, , 110 p. (ISBN 2258067537) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marc Soriano, Guide de Littérature pour la jeunesse, Delagrave, , 568 p. (ISBN 2-206-08607-7, lire en ligne)|. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Raymond Perrin, Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans (1901-2000) à travers les romans, les contes, les albums et les publications pour la jeunesse, L'Harmattan, 2003, 511 p. (ISBN 2-7475-5680-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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