Institut mémoires de l'édition contemporaine

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Institut mémoires de l'édition contemporaine
Bibliothèque de l'IMEC
Bibliothèque de l'IMEC
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Saint-Germain-la-Blanche-Herbe
Adresse L'abbaye d'Ardenne, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe
Coordonnées 49° 11′ 47″ Nord 0° 24′ 50″ Ouest / 49.1964917, -0.4138917
Informations générales
Date d’inauguration 1988
Collections Fonds d'archives
Informations visiteurs
Site web http://www.imec-archives.com

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Institut mémoires de l'édition contemporaine

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Institut mémoires de l'édition contemporaine

L'Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC) est une association française créée en 1988 à l'initiative de chercheurs et de professionnels de l'édition pour rassembler des fonds d'archives[1] et d'études consacrés aux principales maisons d'édition, aux revues et aux différents acteurs de la vie du livre et de l'écrit du XXe siècle : éditeurs, écrivains, historiens, philosophes, critiques, traducteurs, graphistes, libraires, imprimeurs, revuistes, journalistes, directeurs littéraires.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC), est le nom d'une association à but non lucratif[2], créée à l'automne 1988 à partir d'une initiative privée, mais soutenue par le ministère de la culture et de la communication. L'institut est le fruit d'une idée, émise[3] et développée par les membres fondateurs Olivier Corpet, Jean-Pierre Dauphin et Pascal Fouché, qui ont fait le constat qu'il faut créer les conditions permettant un véritable travail de recherche sur des archives littéraires contemporaines, dont l'accès est difficile voir impossible. Jean-Pierre Dauphin est le premier président et Olivier Corpet est nommé directeur[4].

Durant l'année 1989, l'association se structure avec le renforcement de son conseil d'administration[5], qui outre les trois membres fondateurs, comprend des membres tutélaires (Centre national des lettres et les ministères de la culture et de l'éducation), et des personnalités scientifiques et professionnelles du monde de l'édition. Claude Durand, président directeur général des éditions Fayard est élu président[4]. L'institut s'installe à Paris, au 25 de la rue de Lille, en mars, il y ouvre une bibliothèque. Les deux premiers fonds accueillis sont ceux de Louis-Ferdinand Céline et Jean Genet.

Sept années après sa création, en 1995, l'institut a déjà 120 fonds confiés en dépôts[4]. On y trouve notamment, le fonds Hachette classé monument historique, ainsi que ceux des éditeurs Denoël, Fayard, Flammarion, Stock et Seuil, et de nombreuses revues comme la Revue des deux Mondes ou Esprit[6]. Les auteurs sont également présents avec entre autres quelques grands noms : Roland Barthes et Michel Foucault pour les sciences humaines, les romanciers Marguerite Duras et André Pieyre de Mandiargues, le poète et dramaturge Georges Schehadé, le musicien Erik Satie et le peintre du mouvement Cobra Christian Dotremont. Les capacités de conservation de l'institut sont à saturation lorsque son directeur Olivier Corpet rencontre René Garrec, président du Conseil régional de Basse-Normandie[6]. Les deux hommes vont trouver un terrain d'entente, notamment financier, pour redonner vie à l'Abbaye d'Ardenne, immense ruine depuis les bombardements et combats de 1944, en y installant l'institut[6]. En 1996, l'assemblée régionale vote le financement de la restauration[4],[7] et l'IMEC crée une antenne permettant d'initier un programme d'activités culturelles en préparation de son installation.

En 1998, l'IMEC déménage au 9 de la rue Bleue à Paris. Il est également labellisé « Centre culturel de rencontre »[8]. De nouvelle archives entrent et en 1999, l'institut peut publier une première liste de ses collections, le répertoire contient près de 190 fonds[4]. Le début des travaux de restauration et d'aménagement de l'abbaye en 2000, est l'aboutissement d'un long travail ayant permis de concilier la mise en valeur du patrimoine architecturale du site et les besoins de l'Institut. La tâche est confiée à Bruno Decaris, architecte en chef des monuments historiques.

C'est en 2004, après la fin des travaux[4], que l'IMEC entreprend le transfert de son fonds d'archives dans l'abbaye d'Ardenne totalement restaurée et aménagée pour abriter une bibliothèque de 80 000 ouvrages, des salles d'archivage en sous-sol représentant plus de 15 km de linéaire, tandis que la grande nef reconstituée abrite la salle de consultation ouverte aux chercheurs. L'ouverture de l'abbaye et de la bibliothèque a lieu en octobre 2004[9].

Article détaillé : Abbaye d'Ardenne.
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Il faut attendre 2006 pour que l'institut rende opérationnel l'ensemble du programme du projet culturel prévu. Ouvert aux visites, le site est également un lieu de « lectures, débats, rencontres, expositions, actions éducatives, séminaires de recherches, colloques,... »[4]. L'institut ne coupe cependant pas avec la capitale, il installe des bureaux au 174 de la rue de Rivoli[4]. Le 20 décembre 2007, Christian Bourgois, président de l'institut, décède[10] ; il est remplacé au début de l'année 2008 par l'ancien ministre de la culture Jack Lang[11].

L'année 2009 voit la mise en ligne d'une nouvelle mouture du répertoire de l'ensemble des collections[12].

Statut et missions[modifier | modifier le code]

Présidée successivement par les directeurs des grandes maisons d'édition françaises, l'IMEC est soutenu par le ministère de la Culture (Service du Livre et de la Lecture) et le Conseil régional de Basse-Normandie.

Le fonctionnement de l'IMEC est fondé sur la charte des Centres culturels de rencontre. La mission principale est de réaliser la synthèse entre un grand monument ayant perdu sa fonction originelle et un projet intellectuel qui assure son sauvetage et sa réhabilitation. Ils conjuguent ainsi deux objectifs majeurs de l'action culturelle : la sauvegarde du patrimoine et l'enracinement du développement culturel. Établi à l'écart ou inscrit, au contraire, dans la ville, le monument considéré constitue un espace propice au travail individuel et collectif. L'activité qu'il abrite, centrée sur la rencontre, suppose la disponibilité d'espaces équipés pour celle-ci. C'est pourquoi le Centre culturel de rencontre peut accueillir en ses murs un ou plusieurs groupes totalisant quelques dizaines de personnes, et ceci sur plusieurs jours[13].

Budget[modifier | modifier le code]

Son budget annuel de fonctionnement, qui s'élève à 3,9 millions d'euros en 2008, est subventionné par le Conseil régional de Basse-Normandie à hauteur de 1,5 million, et par l'État, à hauteur de 1,5 million également.

Controverse[modifier | modifier le code]

Contestée, notamment lors de sa création[14], par des professionnels des archives – en particulier par les conservateurs du patrimoine – qui regrettent un professionnalisme peu traditionnel et la précarité de collections reposant sur le dépôt, et non sur la propriété, critiquée par certains anthropologues du patrimoine qui y voient une « affaire de famille », la création d'une mémoire ségrégative d'un monde des écrivains qui refuse l'assimilation dans le patrimoine de la nation, cette institution a toutefois le grand mérite de mettre à la disposition de chercheurs – et dans de bonnes conditions – des archives qui sans elle se trouveraient, dans de nombreux cas, sur le marché, dans des collections particulières.

En 2009, les débats autour de l'opportunité de publier des inédits « intimes » de Roland Barthes ont remis l'IMEC au cœur d'une polémique[15],[16].

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Les présidents du conseil d'administration furent successivement :

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Didier Sénécal, « La mémoire des Lettres », dans L'Express, Paris, 1er mai 2003, [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  2. Michel Trebitsch, « Mémoires de l'édition contemporaine », dans Vingtième Siècle. Revue d'histoire, n° 25, janvier-mars 1990, pp. 115-116 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  3. Olivier Le Naire, « Imec : la nouvelle Thélème », dans L'Express, Paris, 2 février 2004 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Site de l'IMEC, Historique
  5. « Conseil d'administration de l'IMEC », dans le Bulletin d'informations de l'association des bibliothécaires de France, n°145, 1989 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  6. a, b et c Pierre-Marc de Biasi, « Olivier Corpet : la belle histoire de l'IMEC », dans Magazine littéraire, n° 349, 1er décembre 1996 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  7. « L'institut mémoire de l'édition contemporaine (IMEC) » dans Caen Magazine, n°53, mai–juin 2002 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  8. Association des centres culturel de rencontre
  9. « Visite de l'IMEC », Bulletin de l'association des bibliothécaires de France, 2004 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  10. « Christian Bourgois, figure de l'édition française est mort », dans LeMonde.fr, 20 décembre 2007 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  11. « Jack Lang président de l'Imec », dans Livres hebdo.fr, 16 janvier 2008 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  12. Site IMEC, liste des fonds conservés (consulté le 3 juin 2010)
  13. Extraits de La charte des centres culturels de rencontre, 1992
  14. Duclert Vincent, « Les historiens et les archives. Introduction à la publication du rapport de Philippe Bélaval sur les Archives nationales », dans Genèses, vol. 36, n°36, 1999, p. 146 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  15. Éric Aeschimann, « Désaccords autour des notes posthumes de Roland Barthes, François Wahl, son ex-éditeur et ami, conteste la parution de certains de ses écrits intimes », Libération, 21 janvier 2009 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]
  16. Chantal Guy, « Les inédits de Roland Barthes : la littérature en héritage », Cyberpresse, 5 avril 2009 [lire en ligne (page consultée le 3 juin 2010)]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Michel Trebitsch, « Mémoires de l'édition contemporaine », dans Vingtième Siècle, Revue d'histoire, n°25, janvier-mars 1990, pp. 115–116
  • Pierre-Marc de Biasi, « Olivier Corpet : la belle histoire de l'IMEC », dans Le Magazine littéraire, n° 349 du 1er décembre 1996.
  • Olivier Corpet, « L’Institut mémoires de l’édition contemporaine : la politique de constitution des fonds », BBF, vol. 42, no 2,‎ , p. 30–35 (lire en ligne)
  • Didier Sénécal, « La mémoire des Lettres », dans l'Express, 1er mai 2003.
  • Olivier Le Naire, « IMEC : la nouvelle Thélème », dans l'Express, 2 février 2004.
  • Éric Aeschimann, « Désaccords autour des notes posthumes de Roland Barthes », Libération, 21 janvier 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]