Maison de la Mutualité

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Maison de la Mutualité
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La Maison de la Mutualité vue de la rue Monge.

Présentation
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La Maison de la Mutualité (aussi surnommée la « Mutualité » ou « Mutu ») est une salle polyvalente située à Paris au 24, rue Saint-Victor, dans le 5e arrondissement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction et description du bâtiment[modifier | modifier le code]

Construite en 1930 par l'architecte Victor Lesage, à côté de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la Maison de la Mutualité est inaugurée, comme théâtre, en 1931 par le président de la République Paul Doumer[2].

Sa façade art déco, sa toiture ainsi qu'une bonne partie des espaces intérieurs, font l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis le [1].

La salle comptait à l'origine 1 789 places assises, en référence à la Révolution française[3]. L'escalier intérieur menant à cette salle est de marbre blanc et comporte des « éléments de ferronnerie identiques à celles du paquebot Normandie »[3].

Le bâtiment est désormais composé d'une salle polyvalente de 1 732 places, d'un salon de 800 m² ainsi que de neuf salles de 35 à 130 m².

Tradition de gauche[modifier | modifier le code]

Une des premières grandes utilisations de la salle date de 1933, où est organisé le 30e Congrès national de la SFIO[3]. Siège social de la Fédération mutualiste de Paris (FMP), la maison de la Mutualité accueille depuis sa création de nombreux salons, congrès, séminaires et meetings politiques. À ce titre, elle est devenue un haut-lieu historique du militantisme des partis français de gauche. Néanmoins, elle est aussi parfois utilisée par l'extrême-gauche, l'extrême-droite et les écologistes[3].

Le , 4 000 sans-papiers s'y sont réunis pour s'organiser face aux circulaires Marcellin-Fontanet de 1972 limitant les régularisations[4].

Les congrès d'investiture des candidats du PS y ont eu lieu[3], en 2002 (Lionel Jospin) et en 2006 (Ségolène Royal).

Des concerts s'y déroulent régulièrement. Léo Ferré est certainement l'artiste qui, par fidélité à la Fédération anarchiste, y a donné le plus grand nombre de galas au fil du temps.

Dans un autre cadre, d'autres personnalités s'y produisent, comme le boxeur Marcel Cerdan, le comédien Charlie Chaplin ainsi que le chanteur Jacques Brel[5].

Reprise du bâtiment[modifier | modifier le code]

Pour cause de déficit, la FMP envisage, en décembre 2008, de fermer les deux centres de santé (installés dans les locaux depuis 1949) et de sous-traiter à un opérateur privé la gestion des salles de meeting ou de déménager les salariés du siège social et du restaurant d'entreprise. La possible suppression de cinq cents emplois sur le site conduit les syndicats à un rassemblement devant la Mutualité, le 2 décembre 2008[6].

Placée sous administration provisoire de GL Events[3]. Le bâtiment continue néanmoins à être utilisé, par exemple lors des élections régionales françaises de 2010 où la candidate UMP Valérie Pécresse, soutenue par le Premier ministre François Fillon, y tient un meeting devant 2 000 sympathisants[7].

La Maison de la Mutualité rouvre ses portes le 6 mars 2012 après vingt deux mois de travaux menés par l'architecte Jean-Michel Wilmotte, et qui auront coûté au total 20 millions d'euros[5]. Après ces travaux de remise aux normes, elle ne compte plus désormais que 1 732 places assises, contre 1 789 autrefois. La rénovation des lieux a permis de mettre au jour des moulures et des fresques d'origine, alors que certains ornements ont été copiés à l'identique. Des ascenseurs « design aux parois transparentes » et des « équipements technologiques dernier cri » ont été également installés[5].

GL Events dispose désormais d'un bail emphytéotique de trente-cinq ans. Le nouveau directeur de la Mutualité, Alexandre Fougerole, déclare en 2012 vouloir faire des lieux « un petit palais des congrès de la Rive gauche, [pour] accueillir aussi bien des concerts de musique classique, […] des soirées évènementielles, des lancements de produits par exemple, [des] défilés de mode, des salons ou des meetings politiques ». Le bâtiment compte désormais, outre l'auditorium de 1 728 places assises (escamotables), trois salons au premier étage et neuf salles de réunion au second, qui donnent sur un jardin suspendu et un bar[5].

Le soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy y prononce son discours d'après l'annonce des résultats, devant des militants de l'UMP[8] ainsi, qu'au second, celui où il reconnaît sa défaite et déclare se mettre en retrait de la vie politique.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Une scène de la série télévisée Baron noir est tournée à la Maison de la Mutualité.

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Maubert - Mutualité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Maison de la Mutualité ou Palais de la Mutualité », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Document de la FMP [PDF]
  3. a, b, c, d, e et f Judith Waintraub, « La Mutualité, fief de gauche convoité à droite », in Le Figaro, samedi 20 / dimanche 21 août 2011, page 15.
  4. De la clandestinité à la reconnaissance, entretien avec Said Bouziri par Hélène Trappo, Plein Droit n° 11, juillet 1990 « Travail au noir ? Travail clandestin ? Travail illégal ? »
  5. a, b, c et d Caroline Sallé, « La Mutu se rêve en nouveau palais des congrès de la Rive gauche », in Le Figaro, mardi 6 mars 2012, page 13.
  6. « La Mutu menacée », le Parisien, mercredi 4 décembre 2008, édition de Paris, page II.
  7. Fillon entretient la flamme - Le Journal du dimanche, 18 mars 2010
  8. Résultats présidentielle : À la Mutualité, les militants UMP attendent - Thomas Morel, France-Soir, 22 avril 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]