Régionalisme (littérature)

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Le régionalisme est un courant littéraire qui s’attache aux détails et aux caractéristiques d’une région en particulier, qu’on retrouve dans les littératures française, canadienne et américaine du XIXe siècle. Ce genre existe toujours en France, où l'on parle aussi de littérature de terroir.

En Europe[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature de terroir française.

C’est à la fois un mode d’écriture pour certains écrivains dont ce n’est pas l’essentiel de l’œuvre, comme George Sand, et un courant littéraire présent dans différentes régions françaises. C’est ainsi le cas du Midi (Provence, avec le félibrige) ou de l’Ouest.

Les écrivains régionalistes français chantent chacun une spécificité régionale : us et coutumes des provinces de l'Ancien Régime ou conscience plus moderne due à la décentralisation administrative de la France, le plus souvent, en restant fidèles à la langue française, parfois en utilisant un dialecte ou une langue régionale.

C’est le cas des auteurs suivants, par exemple : Jean Alambre pour le Limousin, Armand Got pour le Périgord et la Guyenne, Jean-Pierre Chabrol pour le Languedoc, Colette pour la Bourgogne (plus particulièrement l'Yonne) ou encore Émile Badel pour la Lorraine.

Le régionalisme s'est également exprimé au début du XXe siècle dans des expériences de théâtre populaire, comme à Courçay (Indre-et-Loire), autour de Hubert-Fillay et de Jacques-Marie Rougé.

Le régionalisme en Allemagne[modifier | modifier le code]

On peut faire remonter les origines du régionalisme allemand en littérature aux contes paysans de la période Biedermeier : les premiers auteurs du genre sont Jeremias Gotthelf (Le Miroir des paysans, 1837 ; Uli le fermier, 1840) et Karl Immermann (La Basse-cour). Ainsi, les précurseurs seraient les auteurs du « Réalisme poétique », tels (outre ceux évoqués plus haut) Theodor Storm, Theodor Fontane et Klaus Groth, qui ont imprégné le genre de la notion de « Heimat ».

Berthold Auerbach appartient lui aussi à cette première génération de la Heimatliteratur : ses Récits de la Forêt-Noire et son roman Pied-Nus (Barfüßele) comblèrent les lecteurs au point de lancer véritablement la littérature de terroir auprès du grand public germanophone.

Mais ce sont encore Ludwig Ganghofer et Peter Rosegger qui bénéficièrent le plus de ce nouvel engouement. Rosegger lança même son propre magazine littéraire, Heimgarten, en 1876, 23 ans après le succès du magazine familial Die Gartenlaube.

Sous l'ère nazie, les thèmes et les traits caractéristiques du roman de terroir furent exploités pour nourrir le paradigme de la littérature « Blut und Boden ». Mais même si la politique culturelle du régime nazi a favorisé cette tendance, il faut bien reconnaître qu'une grande partie de l'idéologie était en germe dans la Heimatliteratur des décennies passées, et qu'elle était prête à servir la propagande nazie.

Après la capitulation, le roman de terroir parvint à survivre grâce aux magazines, aux théâtres régionaux, au cinéma et dans certaines séries télévisées, pour devenir une littérature populaire.

Les auteurs autrichiens Hans Lebert (La Peau du loup, 1960), Thomas Bernhard (Gel, 1963) et Gerhard Fritsch (Fasching, 1967) sont à l'origine du courant régionaliste critique (Antiheimatroman) : leurs personnages sont en butte à l'atmosphère pesante, angoissante et menaçante de la campagne. Un auteur comme Reinhard P. Gruber (Une tranche de vie d'Hödlmoser, 1973) se plaît, lui, à tourner en dérision les ressorts typiques du roman de terroir, et dresse ainsi une caricature féroce du genre.

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Au Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Roman du terroir.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Parmi ses représentants, Mark Twain est le plus célèbre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Croix, Guide de l'histoire locale, Seuil, 1990 (ISBN 2-0201-2395-9)
  • Henri Vincenot : La Billebaude, Le Pape des escargots, La Pie saoûle.
  • Daniel Schweitz, « Un haut lieu du régionalisme ligérien d’avant 1914 : le Théâtre de la Nature de Courçay-sur-Indre », " Bulletin de la Société archéologique de Touraine", 2009, p. 207-243.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]